SAVOIR-VIVRE
1. Al n'est que trop ordinaire aux gens du monde j \ qui, pour la plupart, bornent leur petite science àla | connoissance des usages , de mépriser ceux qui les | ignorent. M. le duc de Bourgogne ne pcnsoit pas J ainsi. En 1702, ce prince commandoit en France ^a^ : mée française. Un vieux officier , qui connoisscH t mieai I son métier que les usages de la cour , se mit à la tabfe du prince sans en avoir obtenu la permission. On IV vertit de sa faute , et il en demanda pardon : « Mo»- « sieur, lai dit obligeamment le duc deBourgogney a vous souperez avec moi 3 je vous apprendrai la coût) « et vous m^apprendrez la guerre. »
2. Un jeune gentilhomme de Parrière-ban, arrivant au camp de M. de Turenne^ demanda à ce général > stprès Ta voir saluée où il mettroit ses chevaux? A' cette
question, tous ceux qui éloient prësens éclatèrent de la manière du monde la plus mortifiante pour ce nouveau-venu ; mais le maréchal, prenant un ton sérieux : « C'est donc , dit-il à ces rieurs impito;^les; « c'est donc une chose bien étonnante, qu'un homme, « qui n'est jamais venu à l'armée , n'en sache pas les « usages ? N'y a-t-il pas bien de l'esprit à se rire de t lui, parce qu'il ne sait pas des choses qu'il ne peut « savoir , et qu'au bout de huit jours il saura aussi- € bien que vous ^ » Il ordonna en même temps à son écuyer d'avoir soin des chevaux de ce gentilhomme, et de l'instruire des autres choses nécessaires.
3, Une demoiselle de province, aussi-bien faite que spirituelle , étoit aimée d'un galant homme dont le bien répondoit à d'autres qualités fort estimables. Beaucoup de soins , de complaisances de la part de ce cavaher , mais point de déclaration : le repsect le retenoit dans les bornes les plus étroites du devoir. .Enfin , un jour qu'on parloit , dans une conversation
Î générale, d'engagement et de mariage , le cavalier reeva ce mot de manière à laisser entrevoir les sentimens de son cœur. « Voulez-vous rire , mcfcsieur ? lui dit ^« alors la demoiselle. Dans ce cas , je vais rire avec « vous. Mais parlez-vous sérieusement ? C'est à mon f père à vous répondre, y ^oyez Acrémens, Attentions , Bienséance , Civilité , Egards , Grâces , Manières , Politesse , Ton ( bon- ) , Urbanité.