SINCÉRITÉ
1 .LiE duc d'Epernon représenta â Henri IF' y qu^il ne faisoit point payer la solde d^une garnison catiiolique ^ 4C Sire, ajouta- t-il, on dit que si elle étoit huguenote > « voire majesté seroit plus exacte à son égard. — Je* « m^aperçois depuis long-temps, lui réponditlemonar- « que, que vous me dites des choses offensantes.— Ah ! « sire, répliqua le duc , je voi& que vous ne m^aimez « pas : je suis prêt à vous sacrifier ma vie , ma liberté , « mes biens , mais jamais k^<Térité»^Je vous trahirois ^ « sire , si j^étois assez lâche pour la déguiser. C'est « par elle seule que )e veux mériter votre estime. »
2. Le ffvatndj4lea:anâredit un jour à Pun de ses ministres qui Tavoit long-temps servi: ^ Je ne suis poinl
« salîsfail de vous ; car je snis homme , et je sais qac « comme tel , je suis sujet à l'erreur et à l'oubli : ee «pcnclant vousnemaverlisseiî jnmais de mes défaiiU : « si \oiis ne vons apereevcï pas plus que moi de mes « fautes , c'est ignorance : si vons vous en apercevez , « et que vous mêles cachiez , c'est trahison. » ■ 3. Jean lî , roi de Portugal , sollicité de nommer i nne chaîne vacante : «Je !a réserve , répondit-il , pour « quelqu'un qui ne me flattera point. »
4- f-ouis Xiy , avant montré des vers de sa façon i M. le duc de la h'euUlade , sans lui dire qu'il en étoit l'auteur , le duc les trouva mauvais. «Éh bien ! K lui dit le monarque , c'est moi qui les ai forfjés. » Alors le duc, fâché d'avoir été si sincère , dit au roi : « Sire , que je les relise. — Non , non , lui répondit « le roi ; vous joueriez le rôle de flatteur, après avoir « joué celui d'un homme sincère , que je préfère à «l'autre.»
5. Après que le vicomte de Titrenne eut embrassé la religion calhohque , il alla un jour à confesse, et le prt)tre lui demanda s'il n'étoit pas retombé dans une fente qui lui avoit été habiluelle avant sa conversion? « Je n'ai jamais manqué de parole ;tux hommes , répon- « dit le vicomte , en mauquerois-je à Dieu ? »
6. Un ami du philosophe Chrysippe lui demandait quel maître il ^lloit donner à son fils ? «Moi-même , « lui répondit-il ; car, si je connoissois quelqu'un pins 4'habile qu€ moi , je partirois à l'instant pour aller « pïèndfe se» leçons. » Cette réponse n'étoit point dictée par l'orgueil ; c'ëttHt l'aveu libre et sincère d'uo grand homme qrti sait s'apprécaer. Ckrysippe étoiten, effet alorê le seul philoSoplie :4ous les autres n'avoieni que l'ombre du savoir.
y. Dans le Icmps que Louis -YJA'éLoit indisposé contre ^-de C^tjnat ,(e monarque demanda au duc delà Feuillade, qu'il savoit n'êtie pas des amis du maréchal , ce qu'il en pcnsoil. LaFei/il/ade , avec une sincérité bien admirable , parce qu'elle est Lien rare à la conr, répondit; •ïSire.c'estunhommepropreà tout,,et t qui seroit aussi boa chancelier que maréchal d»