‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 89 sur 138 · O.Macmre étant en oraison,entcndit une voix qui · texte numérisé non relu

O.Macmre étant en oraison,entcndit une voix qui

luidisoit: «JtÎB«rice,tun'espasencoi-earrivéàiineaii«i

«erandevertuque celle dedeusfemmes,qiiidcTn«ireiit

«fiHscmblc dans une telleville. » Aussitôt le saintvieil-

Urd prit son bâton , se transporta dans cette ville , rt

chercha la demeure des deux femmes. L'ayant trouvée,

il frappa à la porte : l'une des deux vint lui ouvrir et le

reçut avec bien de la joie. 11 demanda aussi à parler à

l'autre. Lorsqu'elle fiit venue, il s'assit avec elles,etleïir

dit : « C'est pourvous que je suis venu du fond du désert:

« c'est pour savoir ce que vous faites et comment vous

tf vivee. Je vous prie de m'en informer. — Très - saint

« père , lui répondirent - elles, quelles l>onnes oeuvres

« pouvez-vous attendre de personnes enga<i;écs, comme

« nous, dans le mariage, et qui habitent avec leurs ma-

« ris ? « Macmre les pressant toujours de lui déclarer

comment elles vi voient, elles lui dirent: «Nous avons

« épousé deux frères ; et il y a quinze ans que nous de-

«meurons ensemble. Depuis ce temps-I.î,nousneiioiis

« souvenons point d'avoir proféré une seule parole li-

« bre , ni d'avoir eu la moindre dispute , nous avons

<£ toujours vécu dans une parfaite union. Nous avons

« essaye tous les moyens possibles pour enf^aycr nos

(t époux à nous permettre de nous retirer dans une

« communauté de vierges chrétiennes; mais, comme

« ils n'ont pas voulu y consentir, nous nous sommes

« promis l'uue à l'autre , en la présence de Dieu. (ie

« conserver pure la virginité conjugale , et de ne pto-

« noniier jamais aucune parole mondaine, tant que nous

«vivrons.» S. Macaire ayaat entendu ce discours,

s'écria : « Qu'il est bien vrai , mon Dieu ! que vous ne

« retardez point si l'on est vierge ou femme mariée;

« si l'on est moine ou séculier! vous ne considérez qiie '

«la disposition du cœur ; vous donnez votre esprit

« saint à tous ceux qiii veulent vous servir , quels

« que soient leur condition et leur genre de vie. »

2. Sainte Genevièi^e avoit environ sept ans y lorsque S. Germain y évoque d*Auxerre, et S.Loup , évéque dç Troyes , passèrent à Nanterre , sa patrie , pour auer en Angleterre combattre contre l'hérésie de Pelage. A leur arrivée y une foule de gens , attirés par la réputation de leur sainteté , s^assembla autour d'eux pour ver -ceyoiTlenrhénédiclion.Genei^ièi^efaWsL avec lesautres « conduite par son père et sa mère. Germai» la distingua di:^milieu de la foule ; et Fayant fait approcher «Ma lille, lui dit le prélat , voulez-vous vous consacrer II « J. C. pour être son épouse ?— C'est tout mon désir , « mon père y répondit la sainte. » Germain la mena dans le moment a Téglise y lui imposa les mains y et la pria de le venir voir. Elle y alla le lendemain , conduite par son père et sa mère ; et le pieux évêque Payant prise à part : «Ma fille , lui dit-il , vous souvenez-vous « de ce que vous m'avezpromis hier ? — Oui , mon père ; « et j'espère l'observer par le secours de Dieu et par •« vos prières. » Alors Germain regardant à terre y vit une médaille de cuivre où la croix étoit empreinte : il la lui donna , en lui recommandant de la porter à son cou ; puis il ajouta ces paroles remarquables , qui soixt une leçon pourtoutes les vierges chrétiennes : «Ne souf- « frez pas que votre cou ou vos doigts soient chargés « d'or , d'argent , ou de pierreries î car si vous aimez; « la moindre parure du siècle , vouç s.erez privée des « ornemens célestes et étemels. »

3* Sainte £ï/p Arabie perdit son père fort jeune j et sa mère , dame vertueuse , prit soin de l'élever dans les principes les plus austères du christianisme. Euphrasic avoit reçu en partage tous les dons de la nature et de la fortune. Sa mère l'avoit promise , dès l'âge de cinq ans , au fils d'un sénateur de Constantinpple ; et pour la rendre digne de son époux, elle se retira dans un monastère de vierges, afin d'y cultiver en sûreté cette jeune plante, et de la faire fructifier à l'abri du souffle corrupteur du monde. La supérieure de cette communauté prenoit un saint plaisir de s'entretenir avec cette jeune fille , qui n'avoit alors que sept ans. Elle aimoit à l'entendre raisonner sur la piété, et admiroit ce que

54^ V î > C IN T T E.

Dieu peut dtms un cœur qu'il prévient àe sa grâce , et qu'ildaigne éclairer de ses luniières.Un jour, lui ayant demandé qui elle aimoit davantage, ou de celles qu'elle ■voyoit dans le monastère , ou de l'ôponx auquel elle ^loit accordée ^lajenneEMpAraJiC lui répondit: «Je ne « connois point ceUii qu'on m'a destiné, et je n'en suis ;« point connue : pour vous autres , je vous connoJset « je vous aime toutes. — Si vous m'aimez, dit la supé- « rieure en riant , demeurez donc avec nous. — Jele «veux bien, dit l'enfant, pourvu qne ma mère y con- '« sente.» Elle lui demanda en effet son af^rénicnt , en lui témoignant un yrand désir de demeurer dans le monastère ; mais la snpcrienre eraiynant que cette inclination ne vînt d'une alLache passagère , assez ordinaire aux efans , à qui la oouveaiité pjalt toujours , lui dit: 8 Ma chère fille , on ne peut demeurer ici, si oa « ne se consai-re entièrement à Jcsus-Christ. — Et où « est Jësus-Chrijt ? repartit Euphrasie. » On lui mon- WaTin crucifix , en lui disant que c'étoit l'image de Jésus-Christ , le sauveur de tout le }>enre humain. Euphrasie lemhrassa tendrement, en disant : «Vous « êtes mon seigneur ; je me consacre à vous pour lou- « Jours ; je ue veux point d'aiilve cpnnx que vous ; je '« ne sortirai point d'ici. - Vous n'y pouvez dcnieurer, « lui répliqiia la supérieure : on ne sauroit où vous «loger. — Eh quoi !nepiiîs-jc être où vous logez vous- « même ? — Mais si vous demeurez ici , il faudra que « vous appreniez tout le psautier, que vous jeûniez « tons les jours , que vous veilHez , et que vouspra- « tiquiez beaucoup d'autres mortifications. — Ahîma * mère , j'espère être fidelle à tout , pourvu que vous « rne laissiez avec vous. » Ëùphrasie pei"dit , peu de temps après avoir pris le voile , sa tendre et pieuse -lucre ; et l'empereur Tkéodosele-Grand ayant su sa mort, en apprit la nouvelle au sénateur à qui la jeune vierge avoit été accordée , et lui fit savoir en même temps qu'elle avoit pris Jésus-Christ, pour époux. Cependant , à 9H prière , il écrivit à Euphrasie , afin de l'informer de l'i^n^.'risementqne sesparensavoient contiaeié pour clic-. Cette gcii6c;rEC t'[;riLisc de Jésus-

^ TIVACITÉ. 343

Christ récrivit à ^empereur une lettre pleine de respect , et en même temps pleine de religion. « Je suis a Jésus-Christ , dit-elle , je ne puis me donner à un autre : tout ce que je souhaite 3^ c'est que le monde ne se souvienne plus d'Euphrasîe.Je supplie très-humblexnent votre majesté de faire distribuer aux pauvres et aux orphelins tous les biens que mes parens m^ont laissés à Gonstantinople et aux environs j défaire donner la liberté aux esclaves de ma famille , et de faire remettre aux fermiers de mes biens tout ce gu^ils doivent depuis la mort de mes parens. » L^empereur fut si touché de ces nobles sentimens , qu^il fît lire la lettre en plein sénat , et exécuta ponctuellement tout ce que la sainte avoit demandé, f^oyez Chasteté^ Pudeur.

%\\\\\%'VV\\%%\\VV\%\\%%V%\%X%%VV\%%%\V\VViVV\\V\Vt\%%VVVVW(V\\V\%\\\%\\\V

Page 1