‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 246 sur 422 · ORDONNANCES · texte numérisé non relu

ORDONNANCES

(îanliei-s.

(îunlfiiis (le l)('>li's '.

(iri'ssi's .Mari'liiuulsdf).

Haimps i \ ciulfiirs (Ici.

H<l^ll•lit■^^.

lliiillii-i-s.

liiiaj^ers.

Laliiiiiri'ui-s.

Luiiii's (Maichaiuls Je).

Lanlerniei-îi.

Lavandii'n's.

Liours (le foin.

Lin<i;i('i's.

Ma(;(iiis.

Maiumviiors.

Mart'.scliaiix -.

Mi'n'crie ^ Mariliaïuls (le.

Mesureurs Je charbon.

Mesureurs de (rrains.

Mouleurs île bois.

Moustardieis.

Muiiiei's '.

Nourrices.

Orfèvres.

Partlieniin (Marchands di-j.

Parclieinin ( Ratureui's de).

Pâtissiers.

Pelletiers.

Pifl^neresses '.

Plastriers.

Poissonniei-s d'eau douce.

Pois.sonniers de mer Porchers.

Porteurs d'eau.

Porleiu's de grains.

Porteui's de i)ois.

Vov. Ordonnance de février 1415

Porteui's de vivres.

Poricui's de charbon.

Porteurs (h' sel.

Potiers d'etain.

Poulailliers.

Kecoinniaiideresses.

Kccouvreurs de maisons.

Salt'urs de pourceaux.

Savetiers.

Savetonniei-s.

Sel Mardiands del.

Sclliei-s.

Soullletiei-s.

Sove Marchands de).

Soveui-s de j^rains.

Suifs iMarcliands de).

Tailleurs de robbes.

Tanneurs.

Tapissiers.

Taverniers.

Taxetiers.

Teinturiers.

Tisseraus de draps.

Toiles (Faiseui-s de).

Toiles ^Marchands de).

Tombiers.

Tondeurs de draps.

Tueui's de pourceaux.

Tuiliers.

Vachers.

Yeudeure de poissons.

\ endcurs de vins.

^ i<;nerons.

Vi"^nes [Femmes qui

travaillent aux).

Vins ; Marchands de).

\ oirriers ■''.

\ oituriers d'eau.

Vuidanseui-s ".

Ordonnance de février 1415. Le

principal objet de cette ordonnance fut de régler les fonctions, les droits et les devoirs des officiersjurés qui dépendaient de la municipalité. << Nous avons voulu, dit le roi, obvier aux fraudes, cautelles, déceptions et abus ([u'on pouvoit faire et commettre es biens, denrées et marchandises, tant par les marchands, voicturiers et autres conduisons et menans icelles, comme par les g'ens et officiers ordonnez et establis pour icelles vendre ou faire vendre, visiter, mesurer, compter et distribuer ».

\ endeurs. mesureurs, porteurs, etc. éfalenl

' (iniili'ucs do « ohivaux, brebis et aulres bestes ». .Vrtielf 17tS.

* (I Mareschauï, qui font liuuës, picques, scies, clefs, fernires el autres œuvres de fer », et « mareschaux qui ferrent les cbevaux ». Arlicle.s 191 et 192.

■' Meuniers.

* Do laine, de soie, etc.

' Verriers.

6 d \ lûdangeurs, ouvriers es chambres basses que l'on dit courtoises, appelez maistres tifi ». Article 234.

nommés par le |jTévôl des marchands. Il devait choisir pour remplir ces fonctions « honune (|ui, par infiirniation dneuient faite, sera trouvé estre de bonne vie, renommée et honnesl(! conversiition, siins aucun blasme ou reproche, habile, sufii>ant et idoine pour l'office exercer ». Aussil(')t noumu-, le noiiv(d officier prêtait serment entre les mains du prév(M, jurait « que justeuuMit el lojaument il exercera ledit office en sa personne, et {gardera le droict du vendeur et de l'acheteur ; qu'il ne prendra ni demandera plus grand salaire ipie celuv qui est ordonné... ; (|ne s'il s(;ait chose qui soit faicle au pn'judice des franchises el liberté/, de la Ville ou des ordonnances d'icelle, il le fera inconliiient s(;avoir aux prévôt et eschevins... ».

Ces fonctionnaires versaient une caution, puis ils étaient mis en possession de leur office par un des sergents de la prévôté. Ils servaient d'intermédiaires entre vendeurs et acheteurs, au profil surtout de ces derniers, car, à tort ou à raison. r]<]tat paraissait convaincu que tout marchand cherchait infailliblement à tromper son client.

L'ordonnance de février 1410. qui n'est au fond qu'une revision de l'ordonnance de 1351), fut revisée à son tour en décembre 1672.

L'édition la plus recherchée de l'ordonnance de 1415 est celle qui fut publiée en 1500. Le texte est imprimé en lettres gothiques et accompagné de gravures sur bois, où les officiers de la Ville et les marchands sont représentés dans l'exercice de leur profession.

Voici la liste des métiers mentionnés dans l'ordonnance de 1415. Tous les noms cités ici ont un article dans ce dictionnaire.

Bateliers.

Blé (Marchands de).

Bois (Marchands de).

Boulangers.

Bri.seurs de sel.

Chableurs.

Mesureurs de bois.

Mesureurs de charbon.

Mesureurs de chaux.

Mesureurs de fruits.

Mesureurs de grains.

Mesureurs de g-uède.

CharboinMarchandsde) Mesureurs de sel.

Compteurs de bûches. Moellon (Marchands de).

Courtiers de chevaux.

Courtiers de graisses.

Courtiers de sel.

Courtiers de vins.

Mouleurs. V. Mesureurs Plâtre (Marchands de).

Poissonniers d'eau douce Pontonniers.

Crieurs de vins et de Porteurs de charbon. Porteurs de grains. Porteurs de sel.

corps.

Débâcleurs.

Déchargeurs de vins.

Échalas (Marchands d') Farine (Marchands de).

Foin (Marchands de).

Grains (Marchands de).

Jaugeurs de vin.

Maîtres des pertuis.

Maîtres des ponts.

Merrien (Marchands de). Vins (Marchands de^ Mesureurs d'aulx et Voituriers.

d'oijfnons.

Quarreaux de grès (Marchands de).

Sel (Marchands de).

Sergents de la marchandise.

Sergents du parlois aux bourgeois.

Vendeurs de vins.

Ordonnance de janvier 1467.

Bannières (Ordonnance des).

Vo'

ORDONNANCl'] DK J)]':(:K.N[BI{K 1072 — ORDURES MENAGERES

Ordonnance de décembre 1672.

Ordonnance concernant lajurisdiction des prêtai des marchands et eschetins de la tille de Paris. C'est une revision de la jurande ordonnance de février 1415. Aux articles mentionnés dans celle-ci, elle ajoute toutefois les suivants :

Aides des maîtres des Etalonneurs des mesuponls. res de bois.

Aides des mouleurs do CJairne-deniérs.

bois. (iardes de nuit.

Archers de la Ville. (ireffiers de la Ville.

Boueurs. Maîtres des cocliesd'eau.

Chargeurs de bois. Mesureurs de fruits.

Chargeurs de fardeaux. Passeurs d'eau.

Charretiers. Plancheeurs.

Colonel des archers. Plumets.

Compagnons de rivière. Porteurs de chaux.

Compteurs de .salines. Prévôts des marchands.

Contrôleurs de bois. Procureurs du roi et de

Courtiers de lard. la Ville.

Courtiers de vin. Receveurs de la ville.

Echevins. Taverniers.

Toiseurs de plâtre.

Ordonnances.

Ëdits, etc.. etc.

Vov. Bannières.

Ordres français et étrangers. Les

croix étaient faites par les orfèvres, les rubans par les rubaniers.

.Au dix-huitième siècle, on citait parmi les orfèvres qui avaient adopté cette spécialité le sieur Coudrav. joaillier de Tordre de Saint- Lazare, demeurant place du Pont-Neuf ; et le sieur Vallayer, breveté pour la fabrication des croix de l'ordre de Saint-Louis et du Mérite militaire ; il demeurait rue du Roule.

Le sieur Louis Labbée, rubanier. rue du Faubourg Saint-Denis, tenait des « cordons d'ordres, des rubans de Saint-Louis et de Malle ^ .»

En 1807, le « bijoutier de la Légion d'honneur » élail établi quai Conti. Son enseigne, écrit Prudhomme. avait vingt-cinq pieds de long *.

Ordures ménagères i Enlèvement des).

Une ordonnance de février 1348 ordonna aux Parisiens de balayer devant leurs maisons et de faire transporter les boues et ordures dans des endroits désignés '. Il n'en fut tenu aucun compte. Cependant l'on voit, quelques années après, les habitants de certains quartiers louer en commun un tombereau pour conduire aux voiries les immondices accumulées autour de leurs demeures. Ils se bornèrent ensuite à les déposer pendant la nuit sur la place publique la plus proche. L'ordonnance de 1374 nous apprend que la place Maubert, où se tenait un marché, était ainsi devenue inaccessible, et que les denrées qu'on y exposait se trouvaient « tout empuanties >^. Leroise chargea de faire nettoyer la place, et imposa une taxe légère aux habitants et aux marchands.

1 Atf/ianacA /Mupài/i, passiin.

2 Miroir ite Parix, t. \', p, 139.

3 Delaoïarrc, Traité de la police, l. W, 20a.

Il ne fallut pas moins, qu'en mars 1388, une nouvelle ordonnance * enjoignît à « toutes manières de gens, mesmement aux gens d'Église et autres personnes privilégiées » possédant maison à Paris, d'avoir à tenir la rue « nette, en faire ester les boës *, gravoiz, fienset ordures ».

Cette ordonnance, renouvelée en novembre 1392, en juillet 1393 et en octobre 1395 ^, restai peu près .sans effet. Toutefois, les habitants s'étant plaints que les possesseurs de tombereaux exigeaient de trop fortes sommes pour l'enlèvement des ordures, le prévôt de Paris fixa un prix proportionnel à la distance qui séparait chaque rue du lieu de décharge.

Le 5 avril 1399 *, le roi, rendant de nouveau un solennel hommage au principe tle l'égalité. . . devant la peste, ordonna que personne ne serait dispensé de contribuer à l'entretien du pavé et au nettoyage des rues, personne, pas même les princes du sang et les gens d'Eglise. Les Parisiens se décidèrent alors à balayer la chaussée devant leurs maisons, mais on ne put obtenir d'eux qu'ils fissent transporter les immondices au loin. Ils continuèrent à les accumuler sur les places publi(]ues, qui devenaient ainsi inacce.ssibles, ou les jetaient dans le fleuve s'ils habitaient sur ses bords. L'état de la Seine devint tel qu'une ordonnance royale de janvier 1404 ' menaça les riverains de faire curer le fleuve à leurs frais.

Les voiries assignées pour le transport des immondices et des gravois étaient situées hors des nmrs. et l'accnumlalion des débris qu'elles reçurent constituèrent, avec le temps, des éminences que nous retrouvons dans le Paris actuel. Tant que subsista l'enceinte de Philippe-Auguste, les voiries restèrent établies sur les emplacements qu'occupent aujourd'hui la rue Baillif, le milieu de la rue Montmartre, la rue Taranne et le labyrinthe du Jardin des plantes. Sous le règne (le Charles VI, elles furent reculées ainsi que l'enceinte, au moins pour la rive droite, et transportées à la butte Saint-Roch et sur les points encore surélevés de nos boulevards Beaumarchais, des Filles-du-Calvaire, Saint- Martin, Saint-Denis et Bonne-Nouvelle.

La peste ayant de nouveau décimé Paris en 1500, en 1510 et en 1522, le lieutenant de police tenta une innovation. Une ordonnance voulut que le nettoyement des rues fût assuré par les habitants. La contribution à lever sur eux devait être fixée tous les ans. Chaque commissaire de police rassemblerait dans son quartier les bourgeois notables, et ceux-ci éliraient un certain nombre de délégués qui, « suivant l'étendue des lieux occupés et la quantité d'immondices en provenant », répartiraient la taxe par maison ef surveilleraient sa perception *. Ce nouvel impôt

' Dans Isambcrt, Anciennes lois françaises, l 1\ , p. 603.

* Les boucs.

3 Dclamarre, t. IV, p. 204 ol suiv.

* ll.lamarr.-, t. IV, ]i. 172.

5 Ordonn. royales, t. IX, |i. 43.

6 H^frlemenl ilu 17 novembre 1522, dans llelainarrc, l. IV, p. 207.

()|{|»l HKS MKX.UiKHKS

fui fcirl mal aci-iuMlli par li's l'arisiiMis. ([iii ne lardi'i-i'iil pas à s'y suuslrairi'.

Le roi revint il la charge en iiovciulpre lôGI} '. A six heures ilii malin el a trois heures du soir, les rues (levaient être pareourues par deux tomliereaux hien fermés .< auxquels il v aura )ine cloehetle pour avertir les hahitans » ; ceux-ci étaient tenus d'avoir ■< nettoyé d'avance devant leur maison, el amassé contre la muraille du lojîis les lioues. ordures et anires inunondices. ou les avoir mis dans un panier ou autre cliose «. Il était enjoint aux conuiiissaires de police d' <v aller une l'ois par jour par toutes les rues, ruelles et autres endroits de leur ijuartier, voir et visiter si l'ordonnance sera o-ardée a. Klle ne le fut pas du tout, el les arrêts relatifs au pavaf^e rencontraient la même résistance.

I)a!is une ordonnance rendue en \'->Gl, l'on voit poindre l'idée de confier le nettoiement de Paris à des entrepeneurs avec lesquels l'Etat passerait un marché et un hail. lui ellet. les bourp^eois charo;és du recouvrement de la taxe ne pouvaient l'ohtenir du clergé, des princes, des magistrats même, el cette résistance rencontrait plus bas des imitateurs. C'est en 1608 seulement que l'on tenta de réaliser le projet conçu sous Charles IX. Une ordonnance du mois de septembre - décharg:ea les bourg^eois du soin de percevoir la taxe accoutumée, et transmit ce droit à deux entrepreneurs, << Rémond Vedel, dit Laileur, capitaine général du charroy de l'artillerie, et Pierre de Sorbet, >• son associé, <[ui s'en^jafîèrenl à assurer la propreté de Paris. C'était promettre beaucoup. L'ordonnance renouvelait les injonctions déjà si souvent formulées. Elle insistait sur la défense « de jetter ou faire vuider par les fenestres des maisons, tant de jour que de nuict. urines, excrémens, ni autres eaux quelconques >..

Mais Lafleur abusa luenlôt de son privilège : « Le capitaine la Fleur, qui avoit inventé le netovement des boues de la ville, s'avisa d'augmenter la taxe qui avoit esté faite dès le commencement, et qui estoit très petite ^ pour chaque maison, et de la faire lever de force. Ce qui ayant causé une émeute dans Paris ; et le Roy, en estant averti, chargea le lieutenant civil d'examiner celte affaire et de prendre l'argent de la recepte, ce qu'il a fait, et a rendu à chaque bourgeois ce que ledit la Fleur avoit exigé au delà des vieux rôles * ». Le roi eut peut-être tort, car voici ce qu'écrivait Malherbe à son ami Peiresc le 3 octobre 1608 : « II y a à cette lieure un grand ordre à Paris pour les boues, pource <[ue les maisons .sont taxées à deux fois plus ([u'elles n'étoient. Mais j'ai peur que celte grande furie ne durera pas, qu'insen>iblemenl nous retournerons au premier désordre, et qu'il V fera crotté comme devant ^.•'>.

' Di'laniarre, t. IV, p. 212.

- Dans Isambert, t. XV, p. 343.

•' Ij» taxe ctait d'un écu par an, Lafleur en réclamait drux.

* Lcsioile, Journal lie fltnri lY, août IG09. ' ÉJit. Lalanui-, t. III, p. 79.

Milllli'riic ne >e Iruinpilil guère. Le sieur Dulliiel fut substitué aux premiers entre[)reneurs, el ne réussit pas mieux (ju'eux. Eidin, 1(,> !I1 décendire 1609, un arrêt du Conseil décida que les droits d'entrée sur clia(|ue muid de vin seraient augmentés de quinze sous, et qu'en retour, le roi prendrait à sa charge le nettoiement de la voie publique. L^ne première compagnie soumissionna l'entreprise pour six années, moyennant soixante-dix mille livres par an, et alla jus(|u'à la iiii de son bail. Deux autres compagnies, représentées par les sieurs Le Diichat et Charpentier, furent moins heureuses. L'n arrêt du IIO mars 1621 concéda alors, pour dix ans, le monopole du nettoiement des rues au célèbre Salomon de Caux, ingénieur du roi. Moyennant .soixante livres tournois et vingt mille livres « de récompense », il s'engagea en outre il prendre dans la Seine quarante pouces d'eau et à les conduire dans plusieurs fontaines publii[ues dont l'emplacement fut désigné '.

En 16;î2, la régie du pavage et du nettoiement des rues fut accordée pour dix années, au prix de cent mille li\Tes par an, aux sieur Etienne Picard, Zacharie Formé, Martin Hac(|uenier et autres *. Mais les nouveaux entrepreneurs se plaignaient de ne pas être payés, de ne pas avoir la libre disposition des lieux de décharges, etc. ; et, en 1637, ils obtinrent l'annulation de leur engagement. On rétablit aussitôt l'ancienne organisation, fondée sur le concours direct de la bourgeoisie et sur les cotisations personnelles ; seulement, les contraintes, au lieu d'être décernées par le receveur de la taxe, le furent directement par le Conseil du roi, et une ordonnance spéciale ^ y déclara assujettis tous les habitants, « de quelle qualité et condition qu'ils soient, ecclésiastiques, nobles ou roturiers, princes, seigneurs, officiers, domestiques et commensaux de la maison du Roy, des Reynes et des Princes du sang, même ceux qui demeurent dans les galeries du Louvre et des Tuilleries ».

En 1702, la taxe des boues et lanternes était fixée à 300.000 li\Tes, et en 1780, un prix de 600 livres fut proposé pour l'auteur du meilleur mémoire relatif à l'assainissement des rues. Mercier écrivait alors : « Un large ruisseau coupe quelquefois une rue en deux, et de manière à interrompre la communication entre les deux côtés des maisons. A la moindre averse, il faut dresser des ponts tremblans... Des tas de boue, un pavé glissant, des essieux gras, que d'écueils à éviter ! » .\illeurs, il nous montre le loueur à sa besogne : « Le tombereau voiture une boue liquide et noirâtre, dont les ondulations font peur à la vue ; elle s'échappe, et le tombereau entr'ouvert distribue en détail ce qu'il a reçu en gros. La pelle, le balai, l'homme, la voiture, les chevaux, tout est de la même couleur, et l'on diroit qu'ils aspirent à imprimer la même teinte sur tous ceux qui passent. Le danger est surtout

1 Voy. Cimber ot Danjuu, Archiv:s euriemes , 2« série", t. Il, p. 439.

* Ftlibion, ^rfarw, t. IV, p. 119.

'■> Du 22 sqitimbre 1638.

ORDURES MÉN'AGKRKS — ORFÈVRKS

(lu cûlé où le Jjoueur ii'esl pas ; vous lono^ez avec confiance une roue inmiohile, une pelletée (l'or(lnr(;s vous descend sur la tête ' ». Tous les écrivains nous représentent cette boue comme noire, puante, et hrùlanlles étoffes sur lesquelles on la laisse séjourner. On citait toujours le vieux proverbe : « Il tient comme boue de Paris ». *

Orfèvres. Ils ont, dans le Livre des métiers , des statuts assez curieux ^. L'apprentissafi^e était de dix années -, mais quand l'enfant devenait capafjle de mettre île côté cent sous par an, on le dispensai! d'achever son temps -, il passait ouvrier. Les orfèvres ne pouvaient travailler à la lumière, sauf pour la famiile royale ou l'évèque de Paris : « se ce n'est à l'euvre lou Roy, la Roïne, leurs enfans, leurs frères et l'évesque de Paris ». Une bouti((ue restait ouverte cliaque dimanche, et avec le bénéfice réalisé durant celte journée, la communauté offrait, à Pâques, un dîner aux malades de l'Iiôtel-Dieu. Les registres de la corporation n'oublient pas de mentionner le des malheureux ainsi traités par elle et noudjre s'éleva parfois à plus de deux

nombre dcjnl le mille.

En

il fui de

Il est prol)able que la pieuse coutume cessa d'être observée vers cette époque.

La Taille de i295 cite IIC orfèvres, celle (/« 1300 en mentionne 253.

Au treizième siècle, presque tous les orfèvres étaient éUdjlis sur le Pont-au-Change, elau quinzième ils occupaient presque toutes les maisons construites sur le Pelit-Pont. Le martelage continuel de leurs forges ébranla ses pilotis vermoulus, et il s'écroula plus d'une fois. Les orfèvTes y revenaient toujours. Pourtant, vers 1600, quand furent créés le lerre-pleiu du Pont- Neuf el un quai le long du Palais, c'est là qu'ils se transportèrent. Les hautes habitations qui, de ce côté, bordent la Seine, furent en grande partie construiles à leurs frais, el le quai prit leur nom, qu'il porte encore.

La lue des Orfèvres, située près du Ponl-Neuf, doit le sien à un édifice que les orfèvres acquirent en 1399 el qui constitua un hospice où étaient recueillis les pauvres, les infirmes el les veuves appartenant à la corporalion ^ .

La vaisselle d'or el d'argent était presque tout entière entre les mains de la noblesse, qui, ne pouvant ni faire le commerce ni prêter à

1 ntiliau ,h Paris, t. I, p 120, ol t. \', [i. 327.

2 TiUo XI.

S I,t' Roy, Slaluls des orfècres, p. 33, ut Jaillot ([nailiir .Suiuto-Opjjortuiii.', p. 10.

intérêts, se créait ainsi une fortune mobilière facile à réaliser au besoin, facile aussi à dissinmler ou à transporter. Comme nous achetons aujourd'hui des actions de chemins de fer, on conuuandail ù l'orfèvre des plats d'or que l'on étalait sur les dressoirs : la vanité satisfaite tenait lieu de dividende. On ne saurait expliquer autrement la quantité de vaisselle précieuse qui figure dans les inventaires rédigés au moyen âge. Celle de Charles V représentait à elle seule un capital énorme. Pour ne parler que des plats et des écuelles, je vois qu'il posséilait :

7 douzaines de plats d'or.

6 — d'écuelles d'or.

Page 1