‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 151 sur 183 · SIX · texte numérisé non relu

SIX

pèlueux, vindicatif, arrogant; ce caractère semble adouci dan» les épreuves de son noviciat. Commence-til à jouir de quelque crédit dans son ordre , il s'emporte contre un gardien , et l'assomme à coups de poing; est-il inquisiteur à Venise , il exerce sa charge avec insolence ; le voilà cardinal, il est possédé deilarahbia papale : cette rage l'emporte sur son naturel; il ensevelit dans l'obscurité sa personne et son caractère ; il contrefait l'humble et le moribond : on l'élit pape , ce moment rend au ressort que la politique avait plié toute son élasticité longtemps retenue ; il est le plus fier et le plus despotique des souverains.

Naturam ixpellatfurcâ, tamen utquereeumt.

m Chauez le naturel, il revient au galop. »

La religion, la morale, mettent un frein à la force du naturel ; elles ne peuvent le détruire. L'ivrogne dans un cloître, réduit à un demi-setier de cidre à chaque repas, ne s'enivrera plus, mais il aimera toujours le vin.

L'âge aûaiblit le caractère ; c'est un arbre qui ne produit plus que quelques fruits dégénérés, mais ils sont toujours de même nature : il se couvre de nœuds et de mousse , il devient vermoulu ; mais il est toujours chêne ou poirier. Si on pouvait changer son caractère, on s'en donnerait un ; on serait le maître de la nature. Peut-on se donner quelque chose ? lVe recevons-nous pas tout ? Essayez d'animer l'indolent d'une activité suivie, de glacer par l'apathie l'âme bouillante de rimpétueux, d'inspirer du goût pour la musique et pour la poésie à celui qui manque de goût et d'oreille ; vous n'y parviendrez pas plus que si vous entrepreniez de donner la vue à un aveugle-né.

Nous perfectionnons, nous adoucissons, nous cachons ce que la nature a mis dans nous ; mais nous n'y mettons rien.

On dit à un cultivateur : Vous avez trop de poissons dans ce vivier, ils ne prospéreront pas ; voilà trop de bestiaux dans vos près, l'herbe manque, ils maigriront. Il arrive après cette exhortation que les brochets mangent la moitié des carpes de mon homme, et les loups la moitié de ses moutons, le reste engraisse. L'applaudira-t-on de son économie? Ce campagnard , c'est toi-même ; une de tes passions a dévoré les autreB , et tu crois avoir triomphé de toi. Ne ressemblonsnous pas presque tous à ce vieux général

SMO 477

de quatre-vingt-dix ans, qui, ayant ren* contré de jeunes officiers qui fesaient un peu de désordre avec des filles, leur dit tout en colère : c Messieurs, est-ce là l'exemple que je vous donne ? >

(Dictionnaire philosophique.)

-i- sa mort (26 août i5oo). — Le peuple romain , qui gémissait sous le fardeau aes taxes, et qui haïssait un gouvernement triste et dur, éclata à la mort de Sixte; on eut beaucoup de peine à l'empêcher de troubler la pompe funèbre , de déchirer en pièces celui qu'il avait adoré à genoux. Presque tous ses trésors furent dis» sipés un an après sa mort , ainsi que ceux de Henri iv: destinée ordinaire qui fait voir assez la vanité des desseins des hommes. ( Essai sur les mœurs.)

SMOLENSKO (bataille de), -chari rs xii combat bn FBRsoifitB (aa septembre 1708.) — Le aa septembre de cetle année 1708, le roi attaqua auprès de Sinolensko un corps de dix mille hommes de cavalerie , et de six mille Caimoucks.

Ces Caimoucks sont des Tartares qui habitent entre le royaume d'Astracan, domaine du czar, et celui de Samarcande,

Çays des Tartares Usbecks, et patrie de 'imur, connu sous le nom de Tamerian.

Le pavs des Caimoucks s'étend à l'orient jusqu aux montagnes qui séparent le Mogol de l'Asie occidentale. Ceux qui habitent vers Astracan sont tributaires du czar ; mais leur vie vagabonde l'empêche d'en être le maître, et fait qu'il se conduit avec eux , comme le grand-seigneur avec les Arabes, tantôt souffrant leurs brigandages , et tantôt les punissant. Il y a toujours de ces Caimoucks dans les troupes de Moscovie. Le czar était même parvenu à les discipliner comme le reste de ses soldats.

Le roi fondit sur cette armée, n'ayant avec lui que six régimens de cavalerie , et quatre mille fantassins. Il enfonça d'abord les Moscovites à la tête de son régiment d'Ostrogothie ; les ennemis se retirèrent. Le roi avança sur eux par des chemins creux et inégaux , où les Caimoucks étaient cachés : us parurent alors , et se

I'etèrent entre le régiment où le roi combattait et le reste de l'armée suédoise. A l'instant, et Russes et Caimoucks entourèrent ce régiment , et percèrent jusqu'au roi. Ils tuèrent deux aides de camp oui combattaient auprès de sa personne. Le cheval du roi fut tué sous lui : un écuyer lui en présentait un autre ; mais l'écuyer

et le cheval furent percés de coups.

Charles combattit a pied entouré de quelques officiers qui accoururent incontinent autour de lui.

Plusieurs furent pris, blessés ou tué* , ou entraînés loin du roi par la foule oui se jetait sur eui ; il ne restait que cinq hommes auprès de Charles. Il avait tué plus de douze ennemis de sa main , sans avoir «eçu une seule blessure , par ce booheur inexprimable qui jusqu'alors l'avait accompagné partout, et sur lequel il compta toujours. Enfin un colonel, nommé Dardof , se fait jour à travers des Calmoucks avec seulement une compagnie de son régiment; il arrive à temps pour dégager le roi : le reste des Suédois Ht main basse sur ces Tartarcs : l'armée reprit ses rangs: Charles monta à cheval ; et , tout fatigué qu'il était , il poursuivit les Russes pendant deux lieues.

(Histoire de Charte» XII.)

SORBONNE. — son Dscasr uomicidr cumbk les jouas o'HBnai m — (7 janvier 1589). — Nous avons cru devoir imprimer ici le décret de la Sorboone, qui ne se trouve que dans des livres qu'on ne lit plus.

Page 1