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l'Asie et qu'ils étaient venus avec les peuplades asiatiques des Kimris, Cimbres ou Cimmériens, et qu'ils avaient enseigné aux anciens habitants de la foule , adorateurs du soleil , de la lune et des forces de la nature, une religion plus élevée, l'existence d'un Dieu suprême nommé Hesus et d'autres divinités qui présidaient aux destinées de l'homme et de l'univers, l'immortalité de l'àme punie ou récompensée dans un autre monde. Il y avait des écoles druidiques, ou les jeunes gens passaient quelquefois vingt ans, d'après César. Il fallait apprendre une multitude de vers , des poèmes entiers qui gravaient dans la mémoire, par leur forme rhythmique, tout cè que les druides savaient de théologie , d'astronomie, de médecine, de traditions nationales. Ils étaient récompensés de cette longue et pénible initiation par des honneurs et des privilèges. Juges souverains dans la grande assemblée dont parle César, ils étaient exempts d'impôts et dispensés de tout service militaire. Ils enveloppaient leur religion d'un formidable mystère, et la souillaient de sacrifices humains. Ils entassaient même quelquefois les victimes dans un colosse d'osier qu'on livrait aux flammes. Médecins, astronomes, devins, les druides acquirent une puissance considérable.
S II. Hiérarchie druidique. — Ils formaient une vaste association qui avait ses chefs et sa hiérarchie. « Il n'y a que deux ordres en Gaule, dit César, les druides et les chevaliers. » La puissance sacerdotale et la puissance militaire étaient tout ; le peuple était réduit à un état de servage. On n'entrait dans le collège des druides qu'en passant par une série d'épreuves et par les degrés d'une hiérarchie sacerdotale. Au rang inférieur étaient les bardes , qui chantaient les ex-
Iiloits des héros et conservaient dans eur mémoire les traditions religieuses et nationales. Au second rang étaient les eubages, évages ou ovates, qui étaient chargés des sac rifices et faisaient entendre au peuple la voix de la religion. Les druides occupaient le sommet de cette hiérarchie sacerdotale. Ils avaient pour chef un grand prêtre, qui était nomme par le collège entier des druides (César, Guerre des Gaules, livre VI , chap. xiii ). Cette élection don- ' naitsouventlieuàdes luttes et même à des guerres sanglantes. On ajoute quelquefois aux trois classes des bardes , des cubages ou ovates et des druides , les semof liées on vacerres et les saronides; les premiers occupés du culte divin; les seconds , de l'administration de la justice et de l'instruction de la jcunes*c. Les
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druides , armés de la faucille d'or, inauguraient l'année en coupant le gui sacré , et imposaient au peuple par leur science et par l'austérité mystérieuse de leur vie.
S III. De la religion druidique. — On trouve à la fois dans cette religion un fétichisme grossier qui adore les forces de la nature et l'idée d'êtres puissants qui dominent les hommes. Kirk ou Circius était le vent du sud. si terrible dans une partie de la Gaule ; Tarann , le dieu ou l'esprit du tonnerre ; Vogèse , la personnification des Vosges ; Pennin. des Alpes ; Arduine, des Ardennes; Bel on ftelen, le dieu du soleil. Les druides enseignèrent aux Gaulois une religion plus savante : Heus ou Hesus était le dieu de la guerre, le dieu suprême; Teutalèst le dieu du commerce, l'inventeur des arts; Ogmius.
le dieu de l'éloquence , que suivaient des captifs attachés par l'oreille à des chaînes d'or et d'ambre qui sortaient de sa bouche. Les druides enseignaient une sorte de métempsycose ou de transmigration des âmes ; ils avaient aussi quelques notions vagues d'une vie future dans un monde meilleur. Les Romains identifièrent facilement la religion gauloise avec leur polythéisme. Us y retrouvaient, sous d'autres noms, Jupiter, Apollon, Mercure, Hercule, etc. ; mais, en ménageant la religion dos Gaulois , ils s'efforcèrent de détruire les druides qui entretenaient l'esprit national. Le d midi s me fat affaibli et peu à peu aboli par la conquête romaine qui le traita toujours en ennemi.
$ IV. Destruction du druidisme ; monuments qu'il a laissés. — Dès le temps de Tibère, les druides furent maltraites à l'occasion de la révolte de Julius FJorus et de Sae.ro v i r . Leur culte fut proscrit par Claude, et, après la tentative de Sabinus, de Civilis et de la druidesse Velléda pour établir un empire gal!<>-hatave, le druidisme fut poursuivi comme une cause perpétuelle de révoltes. Il se réfugia dans l'A morique (petite Bretagne). Il y subsista longtemps , pendant que, dans le reste de la Gaule, il périssait vaincu par la double influence des conquéran ts romains et de la religion chrétienne. Le druidisme a laissé dans quelques parties de la France des monuments aussi mystérieux que sa religion. Ce sont des cercles de pierres grossièrement taillées, disposées avec une certaine régularité, tantôt superposées, tantôt alignées. Le monument le plus extraordinaire de cette nature se trouve à Karnac, dans le Morbihan. Use compose de plus de douze cents blocs de granit élèves sur les grèves de la mer, sans qu'on puisse comprendre la pensée qui les a accumulés et disposés dans un