‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 215 sur 300 · PAC · texte numérisé non relu

PAC

gerenseinent malades , avec des huttes sacrées, et en prononçant des prières.

i: extrême onction ne peut être administrée que par un prêtre. Tous les ans, les curés reçoivent les sainies huiles pour le baptême et poux l'extrème-onetion , lorsque l'évèque tes a consacrées le jeudi

FAI

n*see par un

▼œiTet suspendues dans les églises. Ce sont souvent des tableaux qui représentent le danger qu'a couru celui qui lésa offerts; ils étaient ordinairement accoml»agnés d'une inscription qui se terminait par ces mots ex voto offert en vertu d'un vœu ) , d'oii est venu leur nom.

FABLE. — LA faok ou apologue a ete un des premiers genres de poésie cultivés par les Français. On en trouve de fréquents exemples dans les poèmes du moyen âge ctiout le monde sait à quelle perfection La Foniaine a porté la fable. Voy. POÉSH.

FABLIAUX. — Contes ou petits poèmes des trouvères. Il existe plusieurs recueils de fabliaux. I.e plus complet est celui de Barbazan et Méon. Voy. Poésie.

FA RM EUS. — Nom que l'on donnait aux poètes qui composaieut des fabliaux.

FARUlClEBi. — On appelait autrefois fabriciens ceux qui, dans les chapitres, églises, paroisses et confréries, étaient chargés de l'administration des revenus et avaient l'intendance des édi lices. On désigne maintenant par le nom de f abrici ms les membres du conseil de fabrique d'une église.

FABRIQUE. — Atelier. Voy. Indes-

FAimiQUE D'ÉGLISE. — Conseil de laïques chargés de l'administration des revenus d'une paroisse. On appelle ordinairement les membres du conseil de fabrique viaryuillieri. Voy. Makguil-

MEllS.

FACE. — En termes de blason , ligne

qui coupe l'écu horizontalement.

FACTORERIE. — Comptoir de commerce. Au xvii» siècle, les Français avaient une factorerie à Surate.

FACTUM.— Onappelait autrefois factura un mémoire que l on remettait aux juges et où Ton exposait une affaire conientieuse. Ces mémoires étaient primitive* ment rédigés en latin et un les nommait

(actura , parce qu'ils commençaient par 'exposé du fait. Dans la suite on y ajouta les moyens de droit et l'on étendit même le nom de factura à tous les pamphlets

politiques, littéraires, etc. Loysel rapporte que le premier factura fut publié , sous le règne de Henri II, par Jean Jacques del^aVergne, sieur de Guillerargues, avocat au parlement de Paris, contre le premier président» l.emaitre , son beaupère ( Bict. de Trévoux ). — Le mot factura s'appliquait aux pamphlets littéraires et politiques aussi bien qu'aux mémoires judiciaires.

FACULTÉS. — Corps enseignants. Il n'y avait primitivement dans l'université de Paris que la faculié de théologie et la faculté des arts ou des lettres. Dans la suite on y ajouta les facultés de médecine, de décret ou de droit. Le recteur de l'Université était toujours pris dans la facuhé des arts. Il ya aujourd'hui cinq facultés : théologie, droit, médecine, scieutes et lettres. Voy. Vh«tiuî!Mi©n publique et Université.

FAIOE oc FEHDK. — Guerre privée dont il est souvent question dans les lois des barbares et dans les capitulaires.

Cliarlemagne prohiba les faidœ sous des peines sévèreâ. Vuy. Capitulaires, S IV.

FAIDITS. — On désigna sous ce nom, à l'époque de la guerre des albigeois, des habitants du midi qui furent dépouillés de leurs biens et proscrits. Le nom de faidit, qui est probablement dérivé du mot (aide ou felxde , était synonyme de proscrit.

FAIF.NCE, FAÎFNCÎERS. — La faïence est une poterie de terre vernissée, ordinairement à fond blanc. Le nom de faïence vient, selmi quelques auteurs , de Faenza, ville de la l.umegne. où l'on dit que cette potciie fut inventée, c*est-àdire où l'art en fut retrouvé; car les Egyptiens faisuient des poteries semblables couvertes d'un émail vert oo bleu. D'autres prétendent que le nom de faïence est tiré du petit bourg de Fayence ( dép. du Var), un des premiers endroits où l'on ait travaillé ces poteries. La France rivalisa, au xvi» siècle, avec l'industrie

FAI

italienne pour la fabrication de la faïence. Bernard de Palissy fut un de» artistes qui s'y distinguèrent. Le hasai d avait fuit tomber entre ses mains, en 1 555 , une coupe de faïence parfaitement émaillée et d'une rare beauté! * a cette vue, dit Le Grand d'Aussy ( IÏ<j privée des Français), son imagination g'exulla; il voulm deviner le secret qu'il admirait et parvenir à l'imiter, s'il lui était possible. Palissy était un simple ouvrier, sans t ortune , qui, après avoir parcouru une partie de la France , s'était fixé à Saintes , <>u, chargé d'une femme et de plusieurs enfants., il gagnait sa vie à peindre des images sur vcluo et des tigui es sur verre. Tout s'opposait au succès de sa tentative ; car, indépendamment des dépenses considérables qu'elle exigeait et que lui interdisait sa misère, jamais il n'avait vu cuire ni travailler l'argile; ii ne connaissait ni la matière des fourneaux ni celle des émaux et des terres dont ii allait être obligé de se servir. Aussi , scion ses propres expressions, comraença-t-il ses opérations comme un Immmê qui tàte en ténèbres , essayant chaque jour une matière nouvelle sur un procédé différent, employant tantôt les fourneaux des potiers , tantôt ceux des verriers . puis, finissant par en construire un de ses mains. C'est dans ses écrits qu'il faut chercher les détails vraiment pâture sques et attendrissants, où il nous peint tout ce qu'il eut à souffrir do peines et de travaux. Tourmenté dans l'intérieur de son ménage , harcelé au dehors, réduit à une telle détresse qu'un jour il fut obligé de donner en payement ses habits à un ouvrier, et un autre , de brûler les planchers et les tables de sa maison pour achever la cuite de son fourneau, on le vit, pendant seize années entières, lutter opiniâtrement contre tous les obstacles, et, dès qu'il eut gagné quelque argent , reprenure ses travaux avec un counge invincible. Enfin il réussit. Il parvint à travailler, à émail- 1er la terre comme il lui plut. Les plus grands seigneurs de la cour, le roi luimême et la reine mère (Catherine de Hédicis) l'emploxèrent, et c'est alors qu'il prit le titré bizarre d'ouvrier de terre et des rustiques fxyuUnes du roi. Aujourd'hui encore on voit quelquesuns de ses ouvrages dans plusieurs châteaux de France , à Nesle en Picardie , & Madrid dans le bois de Boulogno ( ce château n'existe plus) et ailleurs. Ecouen surtout, où le connétable de Montmorency le fit beaucoup travailler, offre do lui différents morceaux curieux , et, entre autres , un pavé entier de carreaux

FAI 398

• •maillés, remarquable par la vivacité de

se» couleurs et sa variété. Mais ce que Palissy aimait particulièrement à faire, ainsi que le prouvent ses écrits, ce en qitui il excellait, c'étaient- des reptiles pour en garnir les jardins de sa façon ; car cet homme , vraiment singulier, avait imaginé d«s jardins dans le goût de ceux qu'aujourd'hui nous appelons anglais. Il les ornait de grottes , de cascades , de fontaines et ruisseaux artificiels , sur les bords desquels il plaçait nés lézards, des grenouilles, etc. , email lés en couleurs naturelles. Il faisait même des poissons de ce genre, qui, à travers les eaux, semblaient des poissons véritables. Mais toutes ces découvertes n'intéressaient que le faste de quelques grands. Quoique Palissy fil aussi des plats et des jattes ornés de figures d'animaux, néanmoins il n'enqdoya guère ses talents qu'à embellir les jardins, les portiques ou les appartements des châteaux. D'ailleurs il tint toujours secrets ses procèdes. Aussi peut-on dire que, s'il travailla pour sa fortune et pour sa gloire, il ne fit rien pour l'art qu'il avait deviné. Nous n'eûmes pas plus de faïence qu'auparavant. » — On rappoite que ce fut le duc de Nevers qui introduisit en France des ouvriers italiens habiles dans l'art de travailler et de vernisser la poterie de terre. Mais, dès le commencement du règne de Henri IV, il est question des poteries de la petite ville de Fayeuce i Var). Mézeray, parlant, à l'année 1592, des succès de l.esuigmères en Provence, dit que Faycnce était plus renommée par les vaisselles de ter>e qui s'ij faisateni que par sa grandeur ni son importance.

En 1600, Henri IV donna des statuts à la corporation des faïenciers. En 1603, il établit, d'après le récit de l'historien de Thou , des manufactures de faïence blanche et peinte, en plusieurs endroits du royaume, à Paris, à Nevers,cn Saintonge. « la. faïence qu'on fil dans ces ateliers, ajoute de Thou, était aussi belle que celle qu'on lirait d'Italie. » Au xyir» siècle, ce genre d'industrie se répandit dans un grand nombre d'autres villes. Vers le commencement du xvnr» siècle, on trouva un procédé pour raccommoder la faïence: et, malgré le procès que les faïenciers intentèrent aux raccommodeurs, l'industrie de ces derniers eut le droit de s'exercer et s'exerce encore aujourd'hui dans touie la France.

FAILLE. — On appelait faWes des manteaux ou écliarpes dont les femmes s'enveloppaient aut-e:ois. De là le nom de soeurs de la faille donné à certaines

Page 1