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l'antiquité avait nommés Massagètes (A) ; il veut qu'ils aient habité dans les vastes solitudes de Scythie , et communiqué leur nom aux nations voisines en les subjuguant , et répandu ce nom jusqu'au Gange. Quoiqu'il les représente cruels et sauvages (B) , il ne leur fait pas égaler à cet égard la brutalité des Huns ; et il remarque qu'ils exerçaient leurs brigandages jusqu'aux Palus Méotides , et jusque dans la Médie et dans l'Arménie.
(A) C'étaient les mêmes peuples que l'antiquité aidait nommés Massagètes. ] Il y a deux passages sur cela dans Ammien 3Iarcellin (i). Le premier estai! chapitre Vdu livre XXIII , et ne souflre aucune difficulté' : Lucullus pe.r j4lbanos et Massagetas , quos y4lanos nnnc appellamus , hdc quoque natione perniptâ , wiilit Caspios lacus. L'autre est au IP. chapitre du XXXP. livre , dans un endroit où les manuscrits sont si brouillés , qu'il a fallu recourir aux conjectures de la critique, pour y trouver ce que j'attribue ici à Marcellin. Ce n'est donc que suivant la conjecture du docte M. de Valois, que cet historien a dit là, adusque Alanos pen'enit, t^eteres Massagetas. Or, comme le premier passage prouve manifestement que Marcellin plaçait les Alains dans l'Asie, il me semble que l'on pourrait contester à ce savant commentateur l'explication qu'il donne à ces paroles du texte : Hister aduenarum magnitudinefluente Sauromatas prœtermeat adusque atnnem Tandim pertinentes qui Asiam terminât ab Europd. Hoc transita in immensum extentas Scythice sotitudines Alani inhabitant (3).
M. de Valois veut que Hoc transita se rapporte au Danube, et non pas au Tanaïs ; et il allègue sur cela Pline , Denys Charace'nus, Orose, et Tzetzès, qui placent les Alains dans la Sarmatie , et au delà du Danube : mais il ne s'agit pas de ce que d'autres en ont dit; il n'est question que du senti-
(i) Moréri cite le I" . livre, rjui est perdu. (2) Amm. Marcfll., lib. XXXI , cap. JI^
nient de Marcellin : et sur ce piedlà, il me semble que hoc transita se doit rapporter à Tanaïs, puisque outre que les Massai^ètes n'ont point habite entre le Tanaïs et le Danube , nous voyons que peu après cet historien met les Alalns au voisinage des Amazones, et qu'il les fait courir en brigands , d'un côté jusque dans la Médie et dans TArme'nie , et de l'autre jusques aux Marais Méotides et au Bosphore Cimme'rien. Parte alici prope ^mazonum sedes Alani sunt (Jrienti adclines, tlijf'usi per populosas Rentes et amplas, Asialicos i^ergentes in tractas (juos dilatari ad usque Gangeii accepi JlufiunL (3)... latrocinando et i'enando adusque illœolica stagna et Cirnmeriuni Bosphoruni , ilidttnque yiriitenios discurrenteset Mediam{^\\ Toutes ces choses témoignent qu il n'a pas suivi le sentiment des auteurs qui ont placé les Alains dans la Sarraatie de l'Europe ; car qui s'aviserait jamais de donner pour une chose notable, que des brigands, situés en ce lieu-là , ravageassent non-seulement la Médie et l'Arménie, mais aussi les Marais Méotides ? Marcellin ne serait pas le seul qui mettrait ces barbares dans l'Asie. M. de Valois ne cite-t-il pas Procope (5) , qui les met entre le Caucase et les Portes Caspiennes? Au reste, que veut dire M. Moréri par ces paroles : Pline les met dans la Sarinatie de l'Europe , où. est aujourd'hui la Lilhuanie ? Il veut dire sans tloute, en cas qu'il sache parler nettement français, que la Sarmatie des anciens est la Lithuanie d'aujourd'hui ; mais cela est faux ; car la Lithuanie n'est qu'une petite portion de l'ancienne Sarmatie européenne.
Kcmarquez que Ptolomée reconnaît deux sortes d'Alains, les uns en Europe, les autres en Asie.
(B) On les représente cruels et sauliages. ] Ils n'avaient point d'autres maisons que leurs chariots. C'était là qu'ils faisaient et qu'ils nourrissaient leurs enfans; et ils ne s'arrêtaient en un même lieu, qu'autant que le pâturage y durait. La chair et le lait étaient leur seul aliment; ils ne labouraient point la terre : JYec enitu
(3) Jbidem.
(4) Ibidem.
(5; Henr. Valesiiis in MirceU. , Ub. XXXI , cap. II.
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ulla sunt illis tuguria , aut l'ersandi l'omeris cura : sed carne et copia l'ictilant lactis, plaustris supersidentes... absuinptisque pahulis velut carpentis cii'itales imposUas vehunt, moresque supra cumjeminis coèunt, et nascuntur in his ei educantur infantes (6).
Ils s'accoutumaient de bonne heure à monter à cheval, et ils regardaient comme une bassesse de marcher à pied. Ils aimaient tellement la guerre, qu'il estimaient heureux ceux qui y perdaient la vie, et qu'ils accablaient d'injures et de reproches de lâcheté ceux qui mouraient de vieillesse ou de maladie. Il n'y avait rien de quoi ils tirassent plus de vanité que d'avoir tué un homme. Ils coupaient la tête à ceux qu'ils tuaient , ils lesécorchaient , et ils employaient cette dépouille à des ornemens de leurs chevaux. Ils n'avaient aucun temple, et ils ne rendaient de culte qu'à une épée nue fichée en terre : c'était leur dieu Mars, patron des pays où ils habitaient. Ils devinaient l'avenir, par le moyen de quelques verges choisies avec des enchantemens : Judicatur ibi beatus , qui in prœlio profuderit animam : senescentes enim et J'ortuitis mortibus mundo digressos ut dégénères et ignai^os com^iciis atrocibus insectantur : nec quidquant est quod elatiiis jactent , qua u homine quolibet occiso : proque exufiis gloriosis,interJectorurn auulsis capitibus delractas pelles pro phaleris jumentis accommodant bellatoriis. Nec templum apud eos l'isilur , aut delubrum, etc. (•]). C'est là la peinture qu'Ammien Marcellin nous fait de ces Barbares j et il est bon de représenter à ceux qui ne voient que des peuples civilisés, qu'il y en a d'autres si féroces, qu'on a plus de sujet de les prendre pour des bêtes brutes , que pour une partie du genre humain.
Cela peut fournir bien des réflexions, tant physiques que morales, et faire admirer les plis infinis dont notre nature est susceptible, et dont pour un bon l'on peut compter plus de cent mille mauvais.
(G) Amm. Marcell. , lib. XXXI, cap. II. (■;) Ibidem.
ALAIS , ville de France dans les Seveiines , au diocèse de Ni-
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mes , à cinq lieux d'Uzès (a), est la capitale d'une ancienne seigneurie qui a été érigée en comté , et possédée par Charles de Valois , duc d'Angouléme , fils naturel de Charles IX. C'est sous le nom de comte d'Alais qu'a été long-temps connu Louis Emmanuel de Valois {b) , colonel général de la cavalerie légère de France , et gouverneur de Provence , fils de ce duc d'Angouléme, et père de Françoise-Marie de Valois , femme de Louis de Lorraine , duc de Joyeuse. Par ce mariage , le comté d'Alais fondit dans la maison de Lorraine établie en France ; car du mariage du duc de Joyeuse avec Françoise-Marie de \alois, sortit Louis -Joseph de Lorraine, duc de Guise , qui mourut à Paris de la petite vérole , le 3o de juillet 1671 , âgé de 21 ans (c).
La ville d'Alais est devenue épiscopale depuis la révocation de redit de Nantes (A). Quelques-uns veulent qu'elle soit VAlesia décrite par Jules César, au VIF. livre de ses Commentaires.
M. de Manda] ors , qui en est maire , a fait une dissertation sur ce sujet. Voyez le Journal des Savans du 9 de mai lôgS , à la page 321 de l'édition de Hollande.
(a) Ex Baudrandi Lexico Geographico.
(h) C'est celui dont Gassendi parle si souvent, et auquel il a écrit tant de lettres, Ludovico Valesio.
(c) Le Père Anselme , Généalogie de la Maison de France, pag. ijS , ij6.
(A) La ville d' A lais est ilei'enue épiscopale depuis la révocation de l'édit(leJSantes{\).'\ Ce n'est pas sans cause que je marque cette époque j car il est certain que la suppression de cetédit a donne lieu à la création de ce nouvel ëvêchc. Ce pays-là était
(0 Faite Van i685.