AGA
aussi à soutenir les opinions qu'il embrasse : on s'aperçoit aisément qu'il y procède de bonne foi , et qu'il agit de tout son mieux; et, si ses preuves sont inférieures à ses objections , il faut s'en prendre à la nature des choses. L'application avec laquelle il a réfuté toutes les subtilités qui ont été inventées par les scolas tiques , pour montrer que deux propositions contradictoires sont quelquefois véritables, et quelquefois favisses (C), suffit à persuader qu'il avait à cœur les intérêts des dogmatiques contre les pyrrhoniens. Il a quitté sur plusieurs matières de physique les opinions les plus générales de l'école , comme sur la composition du continu , sur la raréfaction , etc : et c'est pourquoi il a pris à tâche (d) de justifier les innovateurs en matière de philosophie. C'est dommage qu'un esprit si net et si pénétrant n'ait pas eu plus d'ouverture sur les véritables principes; car il eut pu les pousser bien loin. Une légère connaissance de l'hydrostatique lui eût fait trouver la raison d'une expérience (D) , pour l'explication de laquelle il s'est tourmenté inutilement.
Ses efforts , ses instances , ses souplesses là-dessus , font regretter qu'il ait couru avec tant de force hors du bon chemin.
(d) Dans la préface de son Cours «le Philosophie.
(A) Il publia plusieurs livres. ] Un Cours fie Philosophie en un volume , et un Cours de Théologie , en huit volumes ■''. Le Cours de philosophie , imprimé in-folio , à Anvers, l'an i632,
* Joly donne la liste exacte des éditions des OUÏ inges philoiophiqucs et tbéologiques d'Arriaga.
a été réimprimé plusieurs fois. L'édition de Lyon, en 1669, est augmentée.
Le I«^ et le IP. volumes de son Cours de Théologie furent imprimés en i643; le m«. et le IV«. , l'an 1644 ; le V«. , l'an 1649 ; le Vl«. , l'an i65o ; le VIP. et le VHP., l'an i655. Ce sont tous des in Jolio, impriniéschezBalthasarMoret, à Anvers(i).IltravaillaitaulX* tome, lorsqu'il mourut : c'était celui de Jure et Justiiiâ (al. Don Nicolas Antonio adonné à Arriaga un livre </e Oratore, imprimé à Cologne , l'an 1687, elBref^is Exposiiin Litterœ Magistri Sententiarum, cum Quaestionibus quœ circa eam moueri possunt, et auctoribus qui de illis disputant , imprimé à Lyon , l'an i636, inS°- , après d'autres éditions (3) ; mais comme le père Sotuel ne parle pas de ces deux ouvrages , quoique le premier eût été donné à ce jésuite par Alegambe , il y a lieu de croire que don Nicolas Antonio s'est trompé *.
(B) On prétend que il est de-
i'enu le fauteur du pyrrhonisme/] C'est le sentiment de M. de Viilemandy :
Sunt alii , dit-il (4) > 9"' periculosiUs adhuc sollicitant ( sacratiora fidei dogmata ) cujus modi Arriaga suis in Thomam Disputationibus theologicis j nihil enim non moliuntur, utahorum quorumcumque placita reflexionibus et objectionibus suis destruant ,
ipsi auteni nihil Jerè adstruunt
Celebris est inter romanenses scholas-
ticos Roder icus ille Arriaga Is
multis t'olum. fol. et philosophiam et theologiam est persecutus ; jani autem singula queeqnc sic tractât , ut aliorum ferè omnium opiniones uariis rationibus injinnnre studeat , suas autem le-
(i) Nicolas Antonio, Bibliotfa. Hispaa. , tom. II , pag. 209 , marque que plusieurs de ces volumes Jurent imprimés aussi a Lyon.
{2) Tire' de Sotuel , Biblioth. Script. Soc. Jesu , pag. 73g.
(3) Nicol. Antonio, Biblioth. Script. Hispaa. , tom. II, pag. 209.
* L'onvrage intitulé Br«vi; Exposilio, etc.,Co- I ogne, 1635, est, ditJoly, du père Jean Martinez de Ripalda. Quant au Traite de Oratore , il a été imprimé avec le nom de l'auteur , et la permission du provincial de la société des jésuites en Bohême. Le libraire déclare en outre , dans soa avant-propos, le tenir d' Arriaga. Ces trois eirconsunces paraissent à Gibert {Jugemens sur les Savans qui ont traite de la Hhétorique.) pouvoir au moins balancer l'opinion de Bayle.
(4) Peirus de Viilemandy , in Scepticismo debellato , cap. II , pag. i3.
ARRIAGA. 439
vissimè sujffulciat. Si ex hâc methodo ingenii conditio dijudicetur, uerè pyrrhonius pntest haberi; ciim tamen placita sua, quantum potest firmet , iisque constanter inhœreat , non potest légitimé eo nornine donari (5). On peut assurer que , si la lecture des écrits de ce jésuite inspire le caractère pyrrhonien, c'est par accident et contre son intention ; car il est aussi décisif qu'un autre et aussi ardent à confirmer ses décisions 5 mais , ou par la faiblesse de l'esprit humain , ou par la difficulté des matières, il s'est trouvé dans le cas d'une infinité d'auteurs qui découvrent admirablement le faible d'une doctrine , et qui n'en peuvent jamais rencontrer le fort Ils ressemblent à des guerriers qui mettent à feu et à sang le pays de l'ennemi , sans pouvoir mettre leurs frontières en état de résistance- M. Ancillon trouvait ce jésuite assez singulier en sa manière d'écrire , et plus libre que les autres qui, par une indigne seri'itude , n'osent abandonner les sentimens des écrivains de la société , et qui les suii'ent ai^ec scrupule comme
infaillibles Rapportant l'opinion
de f^asquez , il dit nettement que , tout bien compté, il ne se fie pas beaucoup à la solution du père Vasquez (6). 7'ai remarqué, ajoute M. Ancillon , en lisant Arriaga et Ot'iédo , que toujours , lors qu'un de ces deux jésuites soutient l'affirmatiue d'une proposition, l'autre soutient la négative ; ce qui est assez rare, même parmi les docteurs de la religion romaine en général, et que je n'ai guère vu qu'en Cornélius a Lapide et en Estius. 11 n'est point rare, que sur une infinité de questions , tant de la philosophie, que de la théologie scolastique , les jésuites s'entre-réfutent les uns les autres. On peut même dire que cela est très- commun. Suarez et Vasquez en sont un exemple.
(C) Il a réfuté avec application toutes les subtilités des scolastiques , pour montrer que deux propositions contradictoires sont quelquefois véritables, et quelquefois fausses. 2 11 a très-bien démêlé tous ces sophismes.
Voyez sa II*. Dispute sur les Summu-
(5) Idem, ibid. , cap. If, pag. 32
(5) Idem, ibid. , cap. If, pag. 32.
(6) y oyez le MélaBge critique de Litléralare, tom. I , pag. ao8.
les de logique (7). J'ai vu des professeurs bien embarrassés lorsqu on leur faisait ces objections , qui , dans le vrai , ne doivent passer que pour des chicaneries inventées mal à propos par des gens de trop de loisir , mais qui ne prétendaient pas, comme Heraclite , qu'en efl'et une même chose soit et ne soit point. Ils n'avaient en vue que de donner de l'exercice à leur esprit. Notez qu'Aristote ne croit pomt que si Heraclite a dit cela, il l'ait néanmoins pensé : 'AcT^^vatov ya.p ovri^iouv
net^XTrip T.viç oÏovt*i KÎyuv 'Hf«tx^îl^;ov. t,ÔKiç-tyipivat.yiia:lov * Tiç Kiyii,'rct,vTA KCL, ^î^roXA/zf iv«.v (8). Impossibilenamque est quempiam idem putare esse et non esse, quemadmodkm quidam Heraclitunt dicerearbitrabantur. Non enim necesse est qucecumque quis dicat, ea etiani putare.
(D) Il n'a putroufcr la raison d'une expérience , pour l'explication de laquelle il s'est tourmenté i/iutilement.] Cette expérience est que le bois plus léger que l'eau ne se soutient pas néanmoins sur l'eau à l'égard de toute son épaisseur. Une poutre qui flotte dans une rivière est en partie sous l'eau , et en partie au-dessus de l'eau. On ne saurait expliquer cela selon les principes ordinaires de la pesanteur et de la légèreté : delà viennent les vains efforts d'Arriaga (9). Les nouveaux philosophes ne trouvent là aucun embarras. Voyez le système de M. Gadrois.
(7) Secl. V , subsecl. III et iy,pag. 19, et Seti- edil. Parisinte, an. lâSg.
(8) Arislot. Melaphys. , lib. III, cap- III , pag. 667 . G.
(o) Arriaga , Disputât. IV de General. , sect. y ,'de Elementis , subsect. VI, pag. Sig.
ARSÉNIUS , diacre de l'église romaine , illustre par la noblesse de sa famille , mais beaucoup plus par sa vaste érudition et par sa piété, fut choisi pour être envoyé à l'empereur Théodose , qui cherchait un précepteur à son fils Arcadius. Ce fut le pape Damase qui fit ce choix. Arsénius arriva à Constantinople l'an 383.
11 y fut très-bien reçu par l'empereur , qui se fâcha même un jour , et contre le disciple , et
ARSÉNIUS.
contre le maître , parce qu'il avait vu celui-ci debout , et l'autre assis, pendant la leçon. Il ordonna que son fils , quoiqu'il l'eût déjà déclaré Auguste, se tînt debout et découvert quand Arsénius l'instruirait , et quittât en ce temps-là les marques de la dignité impériale. Arsénius, employant toute son industrie à élever son disciple aux sciences et à la vertu , se crut obligé d'ajouter enfin le châtiment aux censures. Le jeune Arcadius en fut si outré , qu'il pria un de ses officiers de le défaire de son précepteur {a). L'officier en avertit Arsénius , qui prit le parti de se retirer secrètement , et de s'en aller dans les déserts de l'Egypte. Il y passa un fort grand nombre d'années, avec les solitaires de Sceté, dans les exercices de la plus fervente et de la plus austère dévotion. Il y mourut à l'âge de quatre-vingtquinze ans (A). Théodose, qui apprit avec regret la retraite d'Arsénius , le fit chercher partout , sans le pouvoir découvrir [b). Il y a quelques fautes dans le Dictionnaire de Moréri qui concernent cet article (B). J'en ai trouvé aussi quelques-unes dans d'autres écrivains (C).
On trouve plusieurs actions , et plusieurs sentences d'Arsénius, parmi les Apophthegwata Patriim , que M. Cotelier a publiés dans ses Ecclesiœ grœcœ Mo— numenta (c).
(a) Tiré des Annales de Barooius, à l'an 383. , nnm. 23 , 23. // ci<e Mftaphraste sous leUdemai, et Surius, sous le 19 Ae juillet.
(Il) FlécUier , Histoire de Théodose , pag. 273, 274.
(c) Voyez-en le premier volume , imprimé à Paris , en 1677.
ARSÉNIUS. 44r
{tî) Il mourut dansUs déserts de l' E- corde point avec RuGn*, qui dit
gypte, à l'âge de quatre-vingt-quinze qu'ils fuient mis entre les mains d'Ar-
ans.'] Voici le partage que M. Ar- sénius aussitôt après leur baptême (']) :
nauld d'AndilU donne à cette longue outre que Baronius lui-même a re-
vie d'Arsënius. Il en passa, dit-il (i), marqué qu'on se trompe dans la vie
quarante dans la cour de l'empereur d'Arsénius , lorsqu'on dit qu'il fut
Théodose, quarante en Sceté , dix h envoyé par Damase pour être pré-
Trohé, qui est au dessus de Babflone, cepteur d'Arcadius et d'Honorius.
à l'opposite de la ville de Memphis , Le dernier n'était pas encore né ;
trois en Canapé d'Alexandrie , et deux l'autre avait environ huit ans , et il
en ce même lieu de Trohé , oit étant n'y a point d'apparence qu'Arsénius
retournéilfinitsacoursedans la crainte soit demeuré à la cour de Théodose
de Dieu. Cette expression, il passa jusqu'au temps qu'Honorius eut be-
quarante ans danslacour de Théodo- soin de précepteur. 3", M. Ftéchier
se. est très-impropre; car si l'on n'y dit en propres termes, que Théodose
veut pas trouver une insigne fausseté , Jit chercher Arsénixis dans toutes les
il la faut prendre en ce sens-ci : il avait terres de l'empire. Il n'est donc guère
quarante ans, lorsqu'il sortit de la apparent qu'Arsénius ne soit sorti de
cour de Théodose. En effet , en la pre- la cour qu'après la mort de Théodose,
nant selon la signification propre et en SgS. Cela , dis-je , n'est guère ap-
naturelle des termes, il faudrait qu'Ar- parent , quoi qu'on le donne pour
sénius eût vécu plus de six-vingts ans. un fait certain et dans le premier vo-
II faudrait ajouter aux quatre-vingt- lume du Dictionnaire , et dans le
quinze ceux qu'il avait lorsqu'il partit troisième. 4° ^1 "e fallait pas sup-
di; Constantinople , choisi précepteur primer lacirconstance que M. Fléchier
d'Arcadius par Damase. Ce pape n'au- a expressément marquée : c'est que
rait pas choisi un jeune garçon de vingt l'officier qu'Arcadius chargea de tuer
ans. Outre que Théodose ne régna Arsénius en avertit ce précepteur,
qu'environ seize ans , et qu'il ne reçut Le Supplément du Dictionnaire sup-
Arsénius qu'en la quatrième année de pose qu'Arsénius en fut averti divi-
son empire. nement. 5°. Arcadius ne fut point
(B) Il y a quelques fautes dans le associé à l'empire à l'âge de six ans ,
Dictionnaire de Moréri , qui cancer- mais l'âge de sept ou huit ans, comme
nent cet article.'] i°. Arsénius n'a Baronius et M. Fléchier le remarquent,
point pu être envoyé à Tliéodose l'an Erat tune .Arcadius annum œtatis
383 , pour être précepteur d'Arcadius agens octavum , natus nimirùm sub
et d'Honorius , puisque Honorius ne consulatu Gratiani quarto et Mero-
naquit qu'en 384. Baronius avait mar- baudis, triennio ante Theodosii patris
que cette faute à ceux qui ont fait la imperium (8). 6°. Sncrate n'avait que
vie d'Arsénius , et il l'avait attribuée faire d'être cité , car ce qu'il a dit
à quelqu'un qui savait en général que d'Arsénius n'a presque point de rap-
Théodose avait deux fils, a/t</«i5 <7«ôJ port à l'article du Supplément. En
sciret duos fuisse Theodosio filios , tout cas , il fallait citer le chapitre
adjecit Honorium (2). Cette faute est XXIII du III*=. livre,
demeurée dans la vie d'Arsénius (C) p^oid quelques fautes d'autres
dressée par M. Arnauld d'Andilli (3), écrivains touchant Arsénius.'\ Mat-
qui cite Rufin (4) pour son garant, thias, dans son Théâtre historique (9),
a°. J'avoue que Baronius (5) , sur la suppose perpétuellement qu'Arsénius
foi de la Vie des Pères (6) , avance f^j précepteur d'Honorius aussi-bien
qu'Arsénius fut le parrain des deux que d'Arcadius, et cela en même temps,
fils de Théodose; mais cela ne sac- Une considère pas qu'Honorius n'était
(1) D'Andilli, yie? des Pères des Déserts, . Ce RuCn n'est pas. dilLeclerc,Ie fameuK toin. II , pag. :ioi,. Edition de i6'j6, in-S». Rufin qui eut des démêlés avec saint Jérôme.
(2) Baron., ad ann. 383 , num. 22. et qui est mort long-temps avant Arsénius ; ce à
(3) Elle est au II'. tome des Vies des Pères quoi Bayle n'a pas fait altentioo.
des Déserts , par Arnauld d'Andilli, pag- 188. (^) Voyez Arnauld d'Andilli , Vies des Pères
(4) Lib. III , num. 37. des Déserts, Wm. //, pag. 188.
(5) Ad ann. 3g5 , num. 26. (8) Baron. , ad ann. 383, num. 22.
(6) Part. II , tnp. XXXVI. (9) Pag. 7j3 , édiUon d'Ainsterd. en i668«
point ne lorsqu'on envoya Arsénius à Théodose , pour instruire Arcadius 5 il ne songe pas qu'Honorius , étant plus jeune de neuf ans que son frère, n'était guère propre à assister aux leçons qu'on faisait à Arcadius pendant la vie de Théodose. Remarquez bien cette circonstance, puisque Matthias n'ignorait point qu'Ai'sénius s'évada avant la mort de cet empereur; car il remarque que Théodose le fit chercher soigneusement. 11 cite le chapitre XXIII du IV«. livre de Socrate , où l'on ne trouve quoi que ce soit de ce qu'il a débité. Il ajoute qu'Arcadius , après la mort de son père, apprit où était Arsénius , et lui fît demander pardon de ce qui s'était passé , et sa sainte bénédiction. M. Doujat, entraîné parle torrent, associe Honorius à Arcadius (10).
Charles Etienne n'a connu notre Arsénius que sous la qualité de patrice : il ne lui fait point quitter la cour , mais son simple patrimoine, pour l'envoyer dans un couvent , en vertu d'une voix tombée des nues , qui lui ordonnait la fuite, le silence et le repos. M. Hofman n'a joint à cela que la charge de précepteur d' Arcadius.
M. Lloyd a supprimé tout l'article.
Notez que Nicephore fils de Calliste assure que Théodose donna Arsène pour précepteur à ses fils (11).
(10) Arsénius, non Me Arcadii et Honorii prwceplor. Doujacii Praenotiones Canon. , p. 42 9.
(11) Nicepbor. Hist. Ecdesiast. , lib. XII , cap- XXIII,
ARSÉNIUS, patriarche de Constantinople dans le XII P.
siècle , était natif de cette ville.
Il fut élevé dans un monastère de Nicée , et en fut même supérieur; mais il renonça à cette charge pour se mieux appliquer à la vie monastique, soit dans les couvens d' ApoUoniade , soit dans ceux du Mont Athos. Il fut tiré de cet état en i255, par l'empereur Théodore Lascaris , qui le fit patriarche de Constantinople. Le même empereur quatre ans après le déclara en mourant l'un des deux tuteurs
ARSÉNIUS.
de Jean son fils. L'autre tuteur était George Muzalon. Celui-ci ^ témoignant des intentions fort pernicieuses pour le jeune prince , dégoûta si fort Arsénius de son emploi , qu'il fut cause de son retour au couvent. Mais lorsqu'en 1 26 1 les Grecs eurent regagné Constantinople sous la conduite de Michel Paléologue, Arsénius y fut appelé pour reprendre le patriarcat , et en occuper le siège duquel les patriarches avaient été exclus pendant plus de cinquante ans.
L'année d'après , l'empereur Michel Paléologue fit crever les yeux à Jean Lascaris , fils de l'empereur Théodore. Arsénius , indigné d'un traitement si barbare fait à son pupille , excommunia Michel qui , pour repousser ses foudres ecclésiastiques , convoqua un concile , et , sous de fausses accusations , y fit déposer Arsénius , et le relégua dans l'île de Proconnèse. Il vécut long-temps dans cet exil ; mais on ne trouve pas précisément en quelle année il mourut.
C'était un homme de bien , mais tout-à-fait mal propre aux affaires (a). Il est auteur (A).
(a) Tiré de Case, HLstoria litteraria Scriptor. Eccles. , pag. 725.
(A) Il est auteur.'^ II a fait un JYonio-Canon , ou un Recueil de canons, divisé en CXLI titres, à chacun desquels il ajoute quelques points , ou quelques chefs des lois impériales.
On Va inséré en grec et en latin dans la Bibliothèque du droit canonique publiée par MM. Justel et Voel. On a aussi le Testament d' Arsénius , publié en grec et en latin par M. Cotelier, dans le tome II de ses Monumens de l'église grecque (i).
(i) Cave , Hist. litter. , pag. 726. Doujatii Prœnot. Can. , pag. 4'(<-
ARSÉNIUS.
ARSÉNIUS , archevêque de Monembasia , ou Malvasia , dans la Morée, au XVP. siècle, a passé pour un savant humaniste.
Il fut l'ami particulier de Paul III , et il lui écrivit des lettres fort élégantes , une entre autres , oii il se plaint du peu d'affection de l'église romaine pour la nation grecque (A). Il se soumit à l'église romaine , ce qui le rendit si odieux aux Grecs schismatiques , que Pachome , patriarche de Constantinople , l'excommunia , et que les Grecs disent qu'Arsénius fut après sa mort broukolakas , c'est-à-dire que le démon venait errer à l'entour de son cadavre , et l'animait encore {a). On a quelques ouvrages de sa façon (B).
{a) Voyez Guillet, Lacédémone ancienne et nouvelle , pag. 327, ^' Crusius , dans sa Turco-Greecia.
( A) Il s'est plaint du peu d'affection de l'église romaine pour la nation grecque."] Voici les paroles de M. Guillet. Arsénius a écrit de très-élégantes lettres au pape Paul III , qui se trouvent encore. Il y en a une , où il se plaint fort du peu d'affection de l'église romaine pour la nation des Grecs, en ce quelle n'en a élevé aucun a la di-
fnilé de cardinal. Paul fut créé pape an i535 (i). Si l'on donnait à cette plainte une e'tendue générale , on imputerait un mensonge à Arsénius j car il est certain que le cardinal Bessarion était grec : il faut donc croire que les reproches d'Arsénius étaient semblables à ceux de Musurus. Celuici se plaignit amèrement , de ce qu'aucun Grec n'avait eu part à la nombreuse promotion que Léon X venait de faire (a). Paul 111 fut élu pape au mois d'octobre i534.
J'ai été averti par M. de la Monnoie , qu'il ne se troui'e nulle autre
(i) Guillet, Lacédémone anc. et nouvelle , pag. 3î7.
(aj Vojes VarticIcMviVTLva.
ARSINOÉ
lettre d' jiirsénius a ce pape , que celle qui sert de dédicace aux Scolies d''Euripide. C'est la qu'il se plaint que, parmi tant de cardinaux de toutes nations, il ne s'en trouvât pas au moins un ou deux grecs . KaiToi o(/<f' à.TroiX''^ "» «va » «Ttio Tûiv 'Exxîivœv jv TOirouToif •3-i«VTO<r*croîç ha.féixuT^a.t rSv YLetfJ'ivtt,xîmv. Rien n'est plus utile , ni plus ne'cessaire que d'aller aux sources.
(B) On a quelques ouvrages de sa façon."] On a un Recueil d'Apophiheg mes , imprimé à Rome , en grec j un autre Recueil des Scolies sur sept tragédies d' Euripide, imprivaéàVémse en i534- Il dit dans son épître dédicatoire au pape Paul III , qu'il l'avait dressé en Candie , à Venise , et à Florence. Voyez la Bibliothèque de Gesner.
ARSÉNIUS, moine grec, a écrit une lettre contre Cyrille Lucar , patriarche de Constantinople , qui a été publiée en grec et en latin à Paris, l'an 1643, avec les actes du concile oii Parthenius, patriarche de Constantinople , fit condamner la confession de ce Cyrille , l'an 1642- Chacun sait que cette confession de Cyrille était conforme aux sentimens de Genève.
M. Claude a soutenu que cette condamnation est une pièce supposée {a). Le catalogue de la bibliothèque d'Oxford a confondu Arsénius, auteur du Nomo-Canon , avec notre moine grec.
(a) Claude, Be'ponse à M. Ârnauld, libi Tir, chap. XII , pag-. 473.
ARSINOÉ. Il y a eu plusieurs i-eines de ce nom. M. Moréri a parlé des principales , non sans se tromper quelquefois. Il a été un peu trop court sur Arsinoé , soeur de Cléopâtre : nous réparelons cette brièveté dans l'article de Ptolomée Aulètes (a).
(a) Remarque (A). ,
444 ARSINOÉ
ARSINOÉ , femme de Magas , fet (c).
roi de Cyrène (A) , se déshonora par ses impudicités. Magas , un peu avant que de mourir , accorda leur fille unique Bérénice au fils de Ptolomée, roi d'Egypte.
Dès qu'il fut mort , Arsinoé , qui n'avait vu qu'à regret ces fiançailles , prit des mesures pour les rompre. Elle fit offrir Bérénice, avec le royaume de Cyrène, à Démétrius frère du roi Antigonus (a). Ces offres furent acceptées. Démétrius s'embarqua tout aussi tôt , et eut un vent si favorable , qu'il ne tarda guère à voir Bérénice. Il était bel homme, et cela le rendit d'autant plus fier, qu'il s'aperçut promptemeut de l'impres
Justin , si je ne me trompe , est le seul historien qui nous apprenne cela : j'en suis surpris , car une action de cette nature méritait bien d'être remarquée. Ce qu'il y a encore de bien étrange , c'est que personne ne nous dit ce que devint Arsinoé , ni d'oU elle était , ni ce que devint cette Bérénice; et bien loin que l'on rapporte que Ptolomée Évergètes , fils de Ptolomée Philadelphe , l'ait épousée , on nous assure qu'il se maria avec Cléopâtre. Matthias , qui le dit (<5?), ne cite personne; mais on voit dans Josephe , au chapitre IV du XIF. livre de ses Antiquités judaïques , que la femde Ptolomée É\
me de Ptolomée Evergètes se sion que sa beauté avait faite sur nommait Cléopâtre. Notez que le cœur d' Arsinoé. Il négligea Ptolomée Évergètes eut un fils la fille pour se rendre plus agréa- appelé Magas (e) , d'oii l'on peut ble à la mère; il traita les troupes de haut en bas ; enfin il se rendit si odieux, que tout le peuple tourna ses désirs vers le fils de Ptolomée. On résolut de se défaire de Démétrius , et l'on en concerta les moyens avec Bérénice (6). On lâcha sur lui les assassins destinés à le tuer ; on les lâcha , dis-je , dans un temps qu'il avait choisi pour coucher avec Arsinoé (B). Cette femme ayant ouï sa fille , qui se tenait à la porte , et qui commandait que l'on épargnât sa mère , couvrit de son corps son galant le mieux qu'elle put ; mais ses efforts furent inutiles. On le tua , ensuite de quoi le mariage de Bérénice avec le fils de Ptolomée sortit son plein et entier ef-
(a) Il était roi de Macédoine.
(b) On peut inférer cela des paroles de Justia.
conjecturer que le père de sa femme se nommait Magas , comme Justin le rapporte. Je marquerai quelques erreurs de M. Moréri (C) , et une de M. Ménage (D).
(c) Tiré de Justin, liv. XXVI , chap. 111. {d) Matlh. Theatrum histor. , pag. 363.
(e) Plutarch. in Agide et Cleoiuene , pag.
(A) Elle était femme de Magas ^ roi de Cyrène. ] 11 est nommé Agas dans les éditions de Justin ; mais les bons critiques ont remarqué , il y a long-temps , qu'il faut lire Magas :
c'est ainsi, ajoutent-ils, que Pausanias, Polyaenus et Athénée le nomment (i). On leur objectera , peut-être , que celui dont Pausanias a fait mention n'est point le mari de notre Arsinoé ; car il était frère utérin de Ptolomée Philadelphe , au lieu que le mari d' Arsinoé était frère de Ptolomée Évergètes. Voici l'histoire de ce Magas , selon Pausanias. Il était llls de
(i) Voyei te Commentaire Je 3as\'in , dans Védiion de M- Gra.'vius, à Leyde , en i683.
ARSINOÉ
Bérénice , et d'un Macédonien nommé Philippe , homme de basse extraction. Eurydice , fille d'Antipater , ayant été mariée avec Ptolomée fils de Lagus , mena en Egypte cette Bérénice. Celle-ci coucha avec Ptolomée, et lui donna entre autres enfans Ptolomée Philadelphe, qui régna après son père. Elle fit donner le gouvernement de Cyrène à son fils Magas , qui épousa Apame fille du roi Antiochus , et fut fort brouillé avec Ptolomée Philadelphe. Voilà le Magas de Pausanias
tait un homme qui, jouissant de la paix, Se plongea dans les délices et dans la fainéantise , et qui , à force de manger, devint si gros , que la graisse rétoufifa (8j. Mais celte objection n'est pas insoluble : un prince dont le règne dure cinquante ans ne peut-il pas s'engager à quelcjues guerres , et s'abandonner ensuite à un long repos ?
(B) On lâcha sur lui les assassins , . . dans un temps qu'il aidait choisi pour coucher a^'ec Arsinoé. ] Le jésuite Bisselius a trouvé là un su-
(3). N'est-il pas clair , dira-t-on , qu'il jctd'admiration. Aduileris autemAuo
ne peut pas être celui de Justin , ce Magas qui était mari d'Arsinoé , et qui mourut environ le temps que le fils de Pyrrhus fut rétabli dans le royaume d'Épire (3)? Les critiques peuvent répondre que Magas , roi de Cyrène , ayant régné cinquante ans (4) , rien n'empêche qu'il n'ait vécu
bus ilLis , dit-il (9), Berenicdjilid moechœ conscid , tensce per aispositos percussores ità sunt insidiœ {(juod mireris), ut in ipso Jlagrantis sceleris ar dore deprehensis supetveniens adulterœ filia , mœchique conjux Bérénice pro ihalanii nefandi foribus subsis~ Cens , etc. La circonstance du temps ,
jusqu'au rétablissement du filsdePyr- ni celle du lieu , n'ont rien d'admira
l'hus , que les meilleurs chronologues placent sous l'an de Rome 49^ (5),
3ui était le vingt-cinquième du règne e Ptolomée Philadelphe. Au lieu donc de dire , comme l'on fait ordinairement, que Justin parle de Ptolomée E vergetés dans son livre XXVI (6) , il faut établir qu'il parle de Ptolomée Philadelphe , et que c'est à celui-ci qu'il donne pour frère Magas roi de Cyrène. Que s'il nomme Arsinoé la femme de Magas , ce n'est pas un signe que son Magas soit différent de celui de Pausanias, puisque le même roi de Cyrène a pu être marié successivement avec Apame fille d'AntiochuS; et avec notre Arsinoé. Quant au reste , les guerres où il s'engagea contre Ptolomée Philadelphe , selon Pausanias, conviennent très-bien au Magas dont parle Justin. Rex Cyrenarum yigas decedit qui ante injirmitatem Berenicen unicam JUiam ad finienda cuin Ptotemœo j'ratre certami-
ble ici. Il était aisé de remarquer auand Démétrius allait à la chambre d'Arsinoé , et c'était l'occasion la plus plausible que les conjurés pussent prendre.
(C) yoici quelques erreurs de M.
Moréri-I 1°. Il n'y a point d'exactitude dans cette expression , Magas donna en mariage Bérénice sa fille a Ptolomée : le latin porte Beronicen. . . filiam desponderat (10). Les paroles de Moréri nous cachent un fait qui ne se développe pas dans la suite de sa narration, c'est que Bérénice demeura auprès de son père et de sa mère. On songe à toute autre chose, quand on lit qu'elle fut donnée en mariage à un fils du roi d'Egypte. Afin donc de ne faire pas égarer ses lecteurs , il fallait suivre rigoureusement le mot despondere. Cette remarque est petite en elle-même, mais ses usages peuvent être considérables par rapport à ceux qui veulent traduire. Ils ne sauraient
na , fiHo ejus desponderat (7). J'avoue jamais être trop scrupuleux dans l'ob
qu'elles ne semblent pas convenir au Magas dont Athénée a parlé ; car c'é-
(ï) Pausanias , lih. I , Tpag. 6.
(3} Justin, lib. XXVI, cap. III.
(4) Alhen. , lib. XII, pag. 55u.
(5) f^ojei Calvisius ,^ a<i annuin mundi 36go.
(6) Voyez /'Index du Justin de M. Graevius , et notez que Bisselius à la IV^. décade Ruinarunt illustrium , pag. i534i suppose que Justin parle d'un Agas frère de Ptolomée Evergiles .
(7) Justin , lib'. XXVI , cap. III.
servation de cette règle : c'est qu'ils doivent éviter tous les termes r'quivoques, tout ce qui peut empêcher que le lecteur n'ait les idées les plus conformes à la nature de chaque sujet.
(8) Atben. , lib. XII, pag- 55o.
(g) Bisselius, Ruio. illustrium decad. IV, pa^. i536. Justin a dit. Oui (Demelrio) cum. in lectum socrû» concessisset , percussores imjuittuntur.
(lOy Justin , lib. XXVI , cap. III.
ARTABA.N.
a". Il n'est pas vrai que Justin dise que notre Arsinoé était fille d'Antiocnus Sotev ; 3°. Ni que son mari se nommait Magus (il) 5 4°- Ni que ce pre'tendu Magus était fils de Ptolomée Lagus (12) 5 5°. Ni qu'elle ^t épouser sa fille à Démétrius ; 6°. Ni qu'elle eut dessein de lui mettre la couronne sur la tête ; 5°. Ni qu'elle fut chassée. Peut-on assez condamner une licence si hardie ? On narre tout ce qu'on veut sans qu'on le trouve dans «n auteur , et puis on a la hardiesse de le citer. Je sais , qu'en prenant pour suide un historien d'un aussi petit jugement que Justin , on est obligé de suppléer bien des circonstances ; mais alors il faut avertir qu'on les supplée, il ne faut pas les donner pour une version de Justin. J'ai dit que cet abréviateur n'a guère de jugement , et je suis sûr que Trogue Pompée pesterait cent fois le jour contre lui ,
la qualité de fiancée (i3). Quoi qu'il en soit, ni Justin , ni plusieurs autres abréviateurs , ne savent pas qu'un abrégé doit ressembler aux pygmées qui ont toutes les parties du corps humain , mais chacune à proportion plus petite que celles d'un homme de belle taille. Apetissez dans un abrégé les parties d'une narration , tant qu'il vous plaira , mais ne les retranchez pas entièrement. Comptons pour la V1I1«. faute de M. Moréri, la contradiction où il est tombé.
11 veut ici que Bérénice , femme de Ptolomée Evergètes , fût fille de Magus; ailleurs (14), il assure qu'elle était la propre sœur de ce Ptolomée.
(D) et une de M. Ménage. ]
Elle est dans sa note sur ces paroles de Diogène Laè'rce : Avifxnrfilou tou
ôîîva.( Ksyirxi ('A/!K6tr/A*oç) (i5). Deme-
s'il pouvait connaître le mauvais état trium qui Cyrenem (16) naifigavit où son ouvrage a été réduit par ce amasse plurimiini dicitur (ArcesUsiUs) .
faiseur d'abrégés. Il se perdrait lui même dans les ténèbres de son abréviateur. Presque tous les Antiochus et les Ptoloraées , et les Antigonus y paraissent sans les marques de leur distinction : on ne sait s'il parle du père , ou du fils , ou du petit-fils ; il faut le deviner la plupart du tjemps.
Il n'a pas seulement pris la peine de dire si le mariage de Démétrius avec Bérénice fut consommé. Belle demande ! me dira-t-on ; et moi je dis qu'il eût dû marquer expressément le oui ou le non ; car il n'est pas sans apparence qu'un homme qui observa avec joie qu'il était aimé de la mère , consentît que l'on différât ses noces avec la fille. Vous m'allez dire que Justin donne à Arsinoé la qualité de belle-mère de Démétrius , nimis placere socrui cœperal; mais je vous ré-
t tonds qu'il donne ensuite à Bérénice a qualité de pucelle , quœ res suspecta primo uirgini : par conséquent , l'une de ces phrases renverse l'autre , et l'on soupçonne qu'il ne se sert point des termes dans le sens le plus exact. L'index de Justin , dans l'édition de
Je ne m'étonne pas , dit M. Ménage , que ce philosopne amoureux des jeunes garçons ait aimé Démétrius , qui semble ai^oir eu une beauté men^eilleuse , et qui enfin le perdit ; car on le tua dans le lit de sa marâtre, In novercœ concubitu cœsus est. Justin, cité par M. Ménage , ne permet pas de dire qu' Arsinoé eut une telle alliance avec le mignon d'Arcésilas. On eût mieux fait de marquer la faute de l'interprète latin (17).
(i3) Démétrius à sponsd sud interficilur. , 26, 3,7.
(i4) Dans le second article Bérénice.
(i5) Diog. Laërtius, in Arcesilao, lib. IF, num. 4'' t
(16) Il J' a dans les éditions , cum is Cyre- Dem navigâsset. Ce qui est faux; car l'amour d'Arce'silas ne vint point après le voyage de Cj'rène.
(17) Voyez la note précédente.
ARTABAN, fils d'Hystaspe(A), et frère de Darius V\ du nom , roi de Perse , nous est représenté par Hérodote comme un homme sage, qui déconseillait toujours M. Grsevius, ne donne à Bérénice que ^^^ expéditions d'éclat qui furent si funestes à la monarchie
(tt) Son nom dans les éditions de Justin »t , -r» ^ N Tl «^ A,* «/M'nt
yigj: son vrai nom est Magas. dcs Perses(a). Une tut pomt
(ti) Hélait fils d'un certain Philippe et de , , ., , ,., ,„ rvYY/;/
la maîtresse de ce Ptolomée. («) Herodot. , lib. IF, cap. LXXXIII.
ARTABAN
d'avis que Darius allât attaquer auteurs qn'll a cites (i) ne disent les Scythes (b); encore moins rien de semblable. Ctésias donne pour St-' 7 \ ' ' «^ < f • I père a Artdban, un iavori de Camque Xerxes s engageât a taire la Yyyses, quil nomme Artasyras, qui guerre aux Grecs. Hérodote nous d'abord favorisa l'usurpation du maa conservé les raisons solides sur ge , et ensuite le dessein aue sept lesquelles il appuyait son avis g-nds^se^gneurs formèrent 3e chas- (B) , et le jugement qu il porta (g^ Hérodote nous a consente les sur la prodigieuse armée de mer raisons solides sur lesquelles il apet de terre avec laquelle Xerxès puyait son a('is{i).] On dirait qu'Héd'Asie en rodote avait pris à tâche de faire honneur , et à la prudence , et à l'esprit d'Artaban : il ne donne jamais f»lus d'essor à son imagination, que orsqu'il fait raisonner ce prince.
Xerxès , après s'être bien fâché , et après l'avoir outragé , s'était rendu à ses raisons , et ne voulut plus penser au voyage j mais deux songes consécutifs le poussaient à continuer l'expédition (4). Il s'en va trouver Artaban, et lui dit ses songes : Je t>eux savoir , ajoute-t-il , si uous en aurez de semblables. Prenez mes habits , asseyez - i^ous sur mon trône , couchez dans mon lit. Artaban répond qu'il n'est pas digne de tant d'honneur , et raisonne fort sensément sur les songes. Il dit que s'il y a quelque chose de divin dans ceux de Xerxès , sa majesté a eu raison d'espérer qu'il en ferait de semblables : « car, que » serait-ce , si un dieu qui aurait à » cœur une guerre , et qui viendrait » de nuit la commander à un mo- » narque résolu de vivre en paix , » ne venait point ordonner la même » chose au premier ministre d'état , » lorsqu'on veut connaître à cette )> preuve si ce dieu souhaite la guerre? « Mais , poursuit-il , ne croyez pas » qu'il soit nécessaire pour cela que je » prenne vos habits , et que je cou- )) che dans votre lit. Ce je ne sais 1) quoi , qui vous est apparu en songe, )) n'est pas assez bête pour conclure » que je suis vous , de ce qu'il me )) verra revêtu de vos habits ; et , s'il » ne daigne s'adresser à moi , vos ha- » bits non plus que les miens ne l'o- » bligerout pas à changer de senti -
se préparait a passer Europe (c). Les difficultés qu' Artaban lui représenta furent cause qu'on aima mieux le renvoyer dans la Perse , pour y commander en l'absence du roi , que de lui faire continuer le voyage (d). L'événement montra combien ses conseils avaient été judicieux et fidèles. Il ne persévéra pas toujours dans cette fidélité, car il conspira contre Xerxès , et le tua (e) ; et puis il engagea Artaxerxès , fils de Xerxès , à se défaire de son frère Darius : il l'y engagea, dis-je, en lui faisant accroire que Darius était le meurtrier de Xerxès.
Mais Artaxerxès connut la vérité peu après , et tua Artaban dans Je temps que celui-ci ôtait sa cuirasse (/"). Diodore de Sicile parle autrement que Justin de la manière dont Artaban fut châtié de son crime (g). On verra dans la remarque (B) de quelle manière ce prince savait raisonner sur les songes , et sur la durée de notre vie.
(b) Id, , ibid.
(c) Ibidem, cap. XLIX , et seq, \d)Idem, lib. VU, cap. LU, LUI.
(e) Diodor. , lib. X/; Justin, lib.
eap. T.
(/) Justin , lib. III, cap. 1.
{g) Diodor. Siculus , lib. XI.
(A) Fils d''Hystaspe.^ Je ne sais point où M. Moréri avait lu qu'Artaban était natif d'Hireanie. Les deux
(i) Diodore de Sicile, liv. XI , et Jii.itio, liv. II. Il fallait citer Justin , i,V. /// , thap. I.
(1) In Persic. , cap. XIII, XIV, XX.
(3) Herodot., lib. III , cap. X.
(4) Idem, lib. Vil , cap. XV, ci se<)
» ment à mon égard. » Xerxès voulut absolument être obe'i : Artaban songea en conformité avec son maître, et ne s'opposa plus à la guerre j mais il en devint le promoteur , quoiqu'il lui restât une assez grande défiance du succès (5). Si ces choses étaient vraies, n'en faudrait-il pas conclure qu'elles venaient de l'esprit menteur et meurtrier dès le commencement j car on menaçait Xerxès d'un honteux abaissement , s'il désistait de l'entreprise (6) ? Une autre fois , Artaban raisonna d'une manière très-peu commune sur la brièveté de notre vie ,
ARTABAN r^
bien les vanités et les misères du genre humain; mais il affectait un peu trop d'en chercher la cause dans la jalousie ou dans la malignité des dieux. Plutarque lui en a fait un procès (9).
fg) Voyei la remarque (K.) de l'article PÉai. CLES , vers la fin.
ARTABAN I"^- , roi des Parthes,le septième depuis Arsaces, fondateur de la monarchie {a) , était fils de Priapatius , et frère
. . .. , V -1 dePhrahateet deMithridatefA),
chose qui avait fait pleurer Aer ses a la . . ^ ■ • •
Tuede ses troupes innombrables (7). 4"! avaient tous trois règne suc-
Nous ne vwons qut trop, dit-il : no- cessivement Sur les Parthes. Il
tre fie, toute courte qu'elle est, a succéda à Phrahate son neveu,
plus d'étendue qu'il n'en faut pour ^^ courut peu de temps après,
nous faire bien enraser , et pour nous ^'^'ii ' i ^i^ ,
faire souvent souhaiier la mort comme «jant ete blesse au bras dans la
un doux refuge contre les misères qui guerre qu'il fit aux Thoga—
nous accablent. Que sinéanmoins latrie riens (b), a été assaisonnée d'un goût agréable ,
c'est une preuve que Dieu porte enyie („) Environ deux cent quarante ans avant
au genre humain *. Où sont les philo- Jésus-Christ.
sophes grecs qui n'eussent dû dire (ij Justin. , lib. XLIl , cap. II. de cette manière de penser ce que dit
Pyrrhus, quand il eut été reconnaître (A) Il était fils de Priapatius , et
l'armée romaine : L'ordre de bataille frère de Phrahate et de Mithridate. ]
de ces barbares, dit-il, et leur façon M.Moréri le fait fils de Phrahate \".,
de camper , n'ont rien de barbare (8). et oncle de Phrahate II : mais voilà
C'est aux chrétiens à rectifier cela, deux relations incompatibles 5 car
Kotez qu'Hérodote connaissait très- Phrahate II était fils de Mithridate ,
et celui-ci était frère de Phiahate l*"". :
(5) Herodot. , lib. VU, caf>. XLVII.
(6) Idem , ibid. , cap. XIV.
(7; Idem, ibid., cap. XLVI. Voyez la remarque (L) de l'arlicle Périclès , à la fin.
* L'abbé Bellenger dans le tome XI des Jugejnem sur quelques outrages nouveaux reproche à Bayle d'avoir suivi la version latine de Valla qui ne répond point au texte grec , et donne son opinion sur le sens de ce passage. Joly , dans ses Additions , examine la critique de Bellenger. Larcher dans sa traduction d'Hérodote a ainsi rendu cette phrase : « En assaisonnant notre vie » de quelques plaisirs, le dieu fait bien voir sa » jalousie. «Larcher ajoute en note : « On s'était » trompé dans ce passage, ctM. Bellenger aussi. » Valla avait mal traduit Dulce guitans >œcu- » lum Portus ou Henri Etienne avalent très bien » corrigé Dulci gusLu vUam aspergens M. Bel- » lengfr a eu tort de reprendre celle version » qu'il attribue mal à propos à Valla. La tra- » ductioii de Valla est alisurde ; car la divinité > ne fait point paraître de jalousie parce qu'elle n est heureuse , mais parce qu'elle garde le bon- » heur pour elle-même cl qu'elle n'en commu- » nique qu'une légère portion aux hommes, dont • elle assaisonne les maux qu'ils éprouvent pen- ■> danl leur vie. »
(8) PluUrcU. , in Pyrrho , pag. SgS.
comment donc se pourrait-il faire qu'un fils de Phrahate !*■'. fut oncle de Phrahate II ? Cette raison a été cause , qu'encore que Justin ne donne à Priapatius que deux lils , je lui en ai donné un troisième , savoir Artaban I*"".
Quand des auteurs s'expliquent mal, ils nous donnent cette liberté sur eux. Justin débite deux choses(i) : 1°., que Priapatius, en mourant l'an i5 de son rèsne , laissa deux fils , dont l'aîné , qui s'appelait Phrahate , ré^na avant MithriJate son cadet ^ .1°. Que Phrahate , tlls de Mithridate , régna après son père , et qu'il eut pour successeur Artaban , son oncle paternel (2). C'est une grande brouillerie j c'est insinuer que Mithridate et Phrahate étaient les seuls fils de Priapatius j et c'est dire qu'il en eut encore
(1) Justin. , lib. XLI , cap. V.
(2) Justin. , lib- XLll , eap. I et II.
«a autre , puisque sans cela Arfaban ne saurait être l'oncle paternel du lils de Mithridate. J'ai cherche en vain cette difiiculté dans plusieurs commentateurs de Justin, et même dans les notes du dernier traducteur français (3).
(3) Il prend le titre de monsieur D. L. M. Sa traduction a été réimprimée à Amsterdam en 1694 , 'ur Ve'dition de Paris , en 1693.
ARTABAN II , roi des Par-
thes , n'étaat encore que roi des Mèdes (A) , fut appelé par les Parthes , afin qu'il régnât sur eux à l'exclusion de Yonoues , qu'ils avaient été chercher jusqu'à Rome , et que Tibère leur avait accordé de fort bonne grâce (a).
Artaban était de la race des Arsacides, aussi-bien que Vonones, et il avait d'ailleurs l'avantage que l'éducation romaine ne le rendait pas odieux à ces peuples (0). La première bataille fut heureuse pour Vonones ; mais il fut si maltraité à la seconde , qu'il fut obligé de s'enfuir en Arnaénie (B). Le victorieux Artaban ne l'y laissa pas en repos :
et comme Tibèi'e ne promettait point à Vonones la protection qui lui était nécessaire (c) , celuici se vit contraint de sortir de l'Arménie , et de se retirer auprès de Silanus , gouverneur de Syrie. Cela affermit beaucoup sur la tête d' Artaban la couronne qu'il avait obtenue environ l'an ■^69 de Rome, et le i6 du F^ siècle. 11 ne laissa pas d'être inquiet du séjour de son rival dans la Syrie (d); car le commerce des nouvelles étant plus aisé entretenait les factions :
(fl) Joseph. , Antiq , lib. XVIU, cap. III. {b) Tacil. , Anoal. , lib. II, cap. II. (c) Id., ibid., cap. ir.
Id) Id., ibid., cap. LVIII.
TOJIE a.
ARTABAN II. 449
ainsi il envoya une ambassade
à Germanicus , jiour le renouvellement de l'alliance, et , en attendant , il demanda que Vonones fût renvoyé hors de la Syrie. On ne sait point les suites de cette ambassade ; mais on sait qu'après la mort de Germanicus, le roi des Parthes devint fier envers les Romains , et cruel envers ses peuples (e). Les heureux succès de la guerre qu'il avait faite à plusieurs nations voisines lui avaient enflé le courage ; de sorte que , sans aucun égard pour Tibère , dont il méprisait les cheveux blancs , il s'empara de l'Arménie (C) , et la donna à Arsaces son fils aîné (D). Il envoya redemander tous les trésors que \ onones avait laissés dans la Syrie et dans la Cilicie {f); et faisant le rodomont , il publia que, si l'on ne lui rendait pas tout ce que Cyrus et Alexandre avaient possédé , il Tirait prendre par force. Les mécon— tens de sa cour députèrent secrètement à Tibère , pour lui demander Phrahate , fils du roi Phrahate {g). On le leur accorda très-volontiers ; et lorsqu'on eut su que ce prince , voulant vivre à la manière des Parthes, dont il était désaccoutumé depuis long-temps , était mort de maladie , on lui substitua Tiridate, qui était de la maison des Arsa— cides , et proche parent de Phrahate; et l'on suscita un autre adversaire à Artaban , savoir Pharasmane roi d'Ibérie. Artaban eut du dessous de ce côté-là; car après que son fils Arsaces ,
fc)Tacit , Annal., lib. VI, cap. XXXI.
(f) En L'an de Home 788.
Cg-)Taclt., lib. ri, cap. XXXII et seq.
ARTABAN II
roi d'Arménie, eut ele empoisonné , son antre fils Orode , qu'il envoya dans l'Arménie , y fut battu par Pharasmane. Il y fut battu lui-même quelque temps après ; et ayant été obligé de s'avancer vers les provinces que Vitellius, gouverneur de
de Caligula. Dix ans après , il fut détrôné , et contraint de chercher vme retraite aujîrès d'Izate roi d'Adiabène (o). 11 en fut reçu de la manière la plus généreuse : ce ne furent point de purs complimens. Izate négocia de telle sorte auprès des Parthes,
Syrie, menaçait {h), il n'y eut qu'il les obligea à le rétablir sur
plus rien qui empêchât Mithri- le trône , et ce fut Cinname mê-
date, frère de Pharasmane, de me, qu'ils avaient mis à sa place,
devenir roi d'Arménie (i). Cette qui lui remit le diadème sur la
perte d'Artaban fut bientôt tête. Il y a de l'apparence qu'Ar-
suivie d'une plus grande. Vi- taban mourut peu après, soit
tellius fit par ses intrigues et par par le crime de Gotarze son fils ,
son argent, que ce monarque quitta le pays , et se retira dans l'Hircanie, oii il fut réduit à vi-
ouson frère (E) , soit autrement.
(o) Joseph., Anliquit., lib. XX, cap. lï.
vre de ce qu'il prenait à la chasse (a) // était roi des Mèdes. ] Moréri {k) , pendant que Vitellius mit et Hofman ont dit que Tacite l'a fait Tiridate en possession de la cou- r?i des Daces. C'est à quoi cet histo ronne. Mais il se forma un parti si formidable contre le nouveau roi , qu'il ne fut pas diificile à Artaban , que l'on rappela , de contraindre Tiridate, qui était un pauvre prince , à se retirer (/). Ceci se passa l'au 36 du siècle. On ne trouva plus
rien ne songea jamais : il ne dit sinon qu'Artaban avait été' élevé parmi les Dahes , Artabanus Arsacidarum è sanguine apiid Dahas adullus excitur (i). Il y a bien de la difïérence entre les Dahes et les Daces, et il a fallu être bien distrait ( pour ne rien dire de pis ) , quand on a pu croire qu'un prince parthe avait été élevé auprès du Danube.
dans Artaban son premier or- ^ ^'^^ yononei
-, -, 1 1 j 1 • A tut SI maltraite aune seconde bataille,
gueii : il rechercha de lui-même •' - '
l'amitié de Caligula (m); et lorsque, parla diligence de Vitellius, il vit prêt à échouer le dessein qu'il avait eu de porter la guerre dans la Syrie {n) , il consentit à une entrevue avec ce Romain , et à un traité de paix dont les conditions étaient à l'avantage
{h) Idem, lib. ri, cap. XXXVl.
(J)Dio, lib. Vni,subfin.
(k) In Ilyrcnnis reperlus est inliwie obsitus , et alimenta anii expecliens. Tacit. , Annal., lib. ri, cap. XLIII.
(/) l'I , ibid. , cap. XLir.
(m) Sueton., in Calig. , cap. XIF. Vojez la rcmarrjue (C).
{n)Dio,lib.UX.
qu'il fut obligé de s'enfuir en Arménie. ] M. Moréri a débité deux autres mensonges. Il fait remporfer deux victoires sur les Partbes à Vonones , qui néanmoins ne vainquit qu'une seule fois son compétiteur (2) , et il attribue à Vitellius une défaite de l'armée d'Artaban , une défaite, disje, suivie d'autres pertes d'Artaban , vers l'an 36. Mais, 1°. , il est faux que Vitellius ait défait les troupes de ce roi des Partbes ; et en second lieu , il est certain que le mal que Vitellius lui fit par intrigues et par argent fut postérieur à ces autres perles. M. Hofman donne aussi deux victoires à Vonones , et une à Vitellius , qui fut
(i) Tacit., Annal., lih. II, cap. III. (a) Josfpli., Anll4u;t.,W. XVHI, cap. III. Tacit. , Aonal. , lib. Il , cap. III.
ARTABAN II
cause , dit-il , qu Artaban abandonna l'Arménie. Abus , mais abus incomparablement plus excusable que celui où cet e'crivain est tombé après AI. Lloyd et Charles Etienne, en disant qu''Artaban , grand ennemi de Tibère , se saisit de l'Arme'nie , et fut tué par un soldat persan nomme' Artaxerxès, depuis lequel il n'y a point eu de rois des Parthes , mais des rois des Perses. Anachronisme prodigieux !
Voyez l'article d' Artaban IV.
(C) Sans aucun égard pour Tibère,.., il s'empara de l' Arménie. ] On ne peut pas être plus insulté que le fut cet empereur par Artaban , qui n'eut pas plus tôt aperçu que son invasion de l'Arménie était une injure dont Tibère ne se vengeait pas , qu'il attaqua la Cappadoce (3). Mais que peut-on voir de plus terrible que les lettres qu'il lui écrivit ? Écoutons Suétone. Quin et Arlabani Parthorum régis laceratus esl litteris , parricidia et cœdes et ignat^iam et luxuriant objicientis , monenlisque ut i^olunîarid morte maximo justissimoque cb'ium odio quamprimiini satisfaceret (4). Il y avait là quelque chose de personnelj car, du reste, Artaban en usa le plus honnêtement du monde , et même fort humblement envers le successeur de Tibère. Écoutons encore Suétone : Artabanus Parthorum rex odiuni semper contemptumque Tiberii
se nommait Éléazar , et qui avait sept coudées. '
(D) // donna r Arménie a Arsaces sonMs acna. J C'est ainsi q„e Tacite et Dion le nomment. Jo^ephe le nom-
meOrode^(8j:. la confondu i'un des enfans d Artaban avec l'autre. Celui qui se nommait Orode ne fut point roi d Arménie ; mais il y f^ envoyé pour venger la mort d'Arsaccs son frère aîné , et il y pensa mourir à la peine ; car s'étant battu corps à corps avec Pharasmane, roi d'Ibérie du rant la bataille , il fut bien blessé mais non pas tué , comme le bruit en courut sur Iheure, au grand préjudice des Parthes (9) , et comme Josephel a depuis assurédans ses Antic/uites judaïques (10). ^
(k) Il mourut.... parle crime de Crotarze, son /ils , ou son frère.] La manière dont l'exact M. de Tillemont s est exprimé est trompeuse. Artabane mourut bientôt après , dit-il (ti) par le crime de Gotarze , son frère ' selon Tacite ou plutôt sonfih, comme l assure Josephe II n'y a personne qui , en lisant ces paroles, ne s'imagine que Josephe dit que Gotarze fit mourir son père Artaban. Néanmoins Il ne le dit pas : il parle d Artaban comme d un homme qui mourut de maladie ; il lui fait succéder Varadan, son fils et à celui-ci Gotarze, autre fils d'Artaban. Chose étrange, prœseferens, amicitiam Ç,i\V\g\\\œ ul- l^e lacite et Josephe conviennent si trô petiit , vcnitque ad colloquium le- P*^" > dans des circonstances capitagnli consularis , et transgressas Eu- '^^j sur des choses si voisines de leur phratem aquilas et signa romana Cœ- t^^ps ! celui-ci donne à Artaban une snrumque imagines adorai^it (5). Dion i^^ort paisible et plusieurs fils • l'auavait obligé ^^^ i*-' f'dt périr avec sa femme'
remarque que Vitellius Artaban à sacrifier à la statue d'Auguste et à celle de Caligula , et à donner en otages ses enfans , après avoir consenti au traité de pais qu'il lui prc^scrivit (6). Cela montre que Josephe s'est abusé lorsqu'il a cru que Tentrevue de Vitellius et d'Artaban, et tout ce qui en résulta , arriva sous Tibère (7). Ce fut à Tibère, selon lui, que Darius , fils d'Artaban , fut envoyé en otage, avec de riches présens, et avec un géant , Juif de nation , qui
(3) Dio , lib. LVIII, subfin.
(4) Suelon. , in Tiberio , cap. T.XFJ.
(5) Idem, in Caligula, cap. XIV.
(f.) Dio, lib. IJX.
(7) Josepli., Antiquil., lih. XFIII, cap. VI.
fils.
—me et son par le crime de son frère