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VERS

GRAVÉS AU BAS DU PORTRAIT DU DUC D’ORLÉANS , RÉGENT, dans qüelqües exemplaires de l'édition de 1720.

Cesse de t’affliger, ô France!

Assez et trop long-temps ont duré tes malheurs;

Tes trésors épuises, tes peuples sans finance,

Assez et trop long-temps ont fait couler tes pleijrs;

Ouvre ton cœur à l’espérance,

Par un rare bienfait ton destin va changer : Philippe voit tes maux, cesse de t’affliger.

Ce prince généreux, sensible à tes alarmes.

Va tarir pour jamais la source de tes larmes.

Vois comme, par ses soins, en métal transformé , Le papier enrichit le Français alarmé;

Vois ce pays lointain d’où renaît l’abondance;

Vois renaître à la fois la douce confiance;

Vois ce riche palais, où , sur un fonds certain ,

Tout ce peuple, à l’envi, court assurer son gain ; Vois les arts en honneur; vois partout la Sagesse Animer du Régext la vigilante adresse :

Tels sont , sous son pouvoir, les essais inouïs • Du nouveau régne de Louis.

H.-P. DR I.IMIEHS.

DE PIERRE RAYLE.

A ARON , grand-prêtre des Juifs et frère de Moïse. Son histoire est trop facile à trouver dans le Pentateuque, dans le Dictionnaire de Moréri , dans celui de M. Simon , pour ne me dispenser pas d’en faire ici un article. Je dirai seulement que la faiblesse qu’il eut de condescendre aux désirs superstitieux des Israélites dans l’affaire du veau d’or, a donné lieu à bien des mensonges (A). Un certain Monceau , ou Moncæius * , publia, vers le commencement du dix-septième siècle , une apologie d’Aaron (a) , qui fut condamnée à Rome par l’inquisition , comme le jésuite Cornélius à Lapide l’avait prédit à l’auteur (b). On suppose , dans cette apologie , qu’Aaron eut dessein de représenter le même objet que Moïse représen-

* Joljr dit qu'il s'appelait Monceaux ou des Monceaux.

(a) Elle a pour titre : Aaron Purgatus. On la réimprima à Francfort , l'an 1075, in-8.

L’ édition de Leipsick . 1689, ùt- 13, dont il est fait mention au Wll tome de la Bibliothèque Universelle , ne différé de celle de Francfort qu'en ce que les libraires ont imprime un nouveau titre.

{b) Corne), à Lapide, Commentai-. inExod. Cap. XXXI J , vs. 4, p«g. 6u5.

ta quelque temps après, je veux dire un chérubin , et que , contre son intention, les Israélites adorèrent cette figure. Un docteur de Sorbonne , chanoine d’Amiens (c) , réfuta solidement ces suppositions l’an 1609. II y en a qui disent que la crainte d’être assommé fit qu’Aaron eut cette criminelle complaisance , et qu’il espérait qu’en proposant aux femmes de fournir leurs pendans d’oreilles, il éluderait la demande de ce peuple , comme si elles eussent du aimer mieux n’avoir point de divinité visible que se priver de leurs ornemens ; mais qu’il éprouva que rien ne coûte à des esprits enivrés de superstition et d’idolâtrie ( d ). L’Écriture Sainte ne favorise nullement ceux qui prétendent que le veau d’or n’était que de bois doré (B).

Je ne crois point que l’on doive dire que Dieu suspendit en faveur d’Aaron l’action du feu, tout comme en faveur des trois Hébreux qui furent jetés dans la

(c) Il se nomme YUorius. Son livre a pour titre : Destructio pscudo-Chertibi Monc«i.

{d; Idem CorneL à Lapide , ilid.

TOMF. I-

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