‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 7 sur 134 · XX DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XX DISCOURS PRÉLIMINAIRE

» de plusieurs fautes , et quelquefois même une tirade de » réflexions philosophiques -, en un mot assez de variété pour » pouvoir croire que , par un endroit ou par un autre , cha- » que espèce de lecteurs trouvera ce qui l’accommode. »

Cette division indique la manière dont Bayle doit être lu pour l'ètre avec fruit ; il faut d’abord lire tout le texte d’un article, puis après l’avoir achevé passer aux remarques qui le concernent.

D’après les divisions ou distinctions établies par l’auteur lui-même, il était donc naturel d’imprimer d’abord tout le texte d’un article, puis toutes ses remarques , en mettant toutefois au bas des pages de l’un ou des autres les notes qui s’y rapportent. C’est ce qui a été fait.

Par ce que j’ai dit des dix premières éditions, on a pu juger que je les avais examinées avec quelque attention. C’était le seul moyen d’éviter leurs fautes et de profiter de leurs améliorations. J’ai signalé les unes et les autres. En relevant les fautes , j’ai' voulu prouver les peines que j’ai prises, et non faire des reproches à mes devanciers (29). Si j’étais sans indulgence pour eux , on aurait raison de me refuser celle dont j’ai besoin.

À l’occasion des premières éditions , j’ai déjà dit quelques mots de mon travail ; j’ai encore beaucoup de choses à en dire.

I. Les éditions de 1720 , 1780, 1734, etc., contiennent en tête du ier. volume la Dédicace au duc d'Orléans. J’ai déplacé celte pièce. Bayle ayant refusé de dédier son Dictionnaire (3o), on devait être choqué de voir une dédicace à l’ouvrage. C’est seulement l’édition de 1720 qui a été dédiée au duc d’Orléans, régent. Dès lors cette dédicace, ouvrage de Lamotte, qui la rédigea pour le libraire Bohm, ne devait être placée qu’à son ordre chronologique parmi les préliminaires.

Ces préliminaires très -amples, puisqu'ils comprennent non-seulement les préfaces des éditions précédentes ' mais encore la vie de Bayle par Desmaizeaux , ont été rèjjçtc,s dans

(•jg) Dans un Avant-propos ( provisoire) distribue avçc le Ier. yoluniü , j’ai accuse les éditeurs de 1720 d’avoir omis quelques morceaux de l’ediliou de 1720. Cependant ils avaient réparé ces omissions par un second erratum à la fin de la Lettre de M. Desmaizeaux a fll. de fxw{çtte , qu'ils ont imprimé au tome Ier. , apres leur Avertissement sur ççtto^uatricnie édition. Cet Avant-propos (provisoire) devanture enlevé, jfen ai conservé ou répété les choses essentielles dans mon Dïsconrs |4oit le rempla-

cer. Je me suis bien gardé de reproduire un re proche,, in juste , et dont je „e parle ici que pour faire réparation.

(3o) Voyez tome XVI , pag. 177.

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le XVI*'. volume od^ls occupent trois cents pages. Leur admission ou conservation dans le premier volume aurait retardé l’entreprise , et aurait dérangé la coupure des volumes qui est telle que trois volumes entiers (les IX , X et XIII ) sont composés chacun d une seule lettre.

II. Les quatre volumes de rédition donnée par Prosper Marchand, quoique l’édition eut été commencée en 1714? sont datés de 1720, année où l’impression fut achevée. L’inverse a été fait pour l’édition centénaire } tous les volumes portent la date de 1820. Cette uniformité peut être critiquée. A la page 3q2 du tome XI (daté de 1820), il est fait mention de rédition projetée en 1821 , et abandonnée depuis , des Œuvres chirurgicales d' Ambroise Paré. Dans le tome XII (publié avec la date de 1820) j’ai cité la Dissertation de M. Beffara, qui est de 1821. Je conviens que ce sont là des inconvéniens, mais ils ne m’ont pas paru très-grands,* et, en définitive, il a mieux valu, ce me semble y sacritier la régularité à l’uniformité , que l’uniformité à la régularité (3i). C’était, au reste, quelquefois l’usage de M. Desoer , qui a daté de 1817 ses douze volumes des. Œuvres de Po/taire, quoique les derniers n’aient été imprimés qu’en 1818.

III. J’ai rempli quelques-unes des lacunes qui existaient encore dans l’édition de 174° (32)} mais, malgré toutes mes recherches, il est trois articles où il m’a fallu laisser à faire à mes successeurs (33).

IV. Les doctrines de Bayle ont été souvent et très-longuement attaquées. Comme il entrait dans mon plan de ne donner que, des éclaircissemens ou rectifications historiques ou

f3i) Le premier volume de Bayle a paru en octobre i8x> , le 11e. en janvier iBit , lé 1 1 !•.* en mars , le IVe. en juin , le Ve. en juillet , le VIe. en septembre >V|Ie*YU*. en décembre 1821 , le VIIIe. en fe'vricr 1822, le IXe. en mai , le Xe. en juillet, le XIe. en septembre , le XIIe. en novembre , le XIIIe. en de'cembre >822, le XIVe. en mars i8a3 , le XVe. en juin i8a3 , le XVIe. te«rA‘dHtribué dans le mois de mai 1824.

MfbAréaln' que j’ai remplis sont ceux de Fuancus , 1 V, 687 ; G.

; VVindecr,, XIV, 679. J’ai complété une citation de rarocfe LbvKR que les éditeurs de 174° n’avaient point achevée.

(33) J’ai laissé eq blanc des citations dans les articles Hérault , III , 029 J. , Ir, G06 ; et 8ai>t*Çvbax , Xlll, 4> i faute d’avoir pu me

proCXïrér i 7*’. BHcrc et e taire défense de la vocation des ministres de

C ft.vaH^ile la réplique de inessire Jacques Davyt cvêcjiie d' K areux ,

père Meynier.

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littéraires , et non une réfutation , j’ai écarté toutes les critiques qui ne portaient que sur les doctrines. J’avais à présenter le résumé des observations contenues dans les écrits de Chaufepié, Guib, Joly, Lamonnoye, J. Leclerc, L. J.. Leclerc , Lcduchat, dans la Bibliothèque française , etc. ...

La BIBLIOTHÈQUE FRANÇAISE, dont il s’agit ici, n’est point l’ouvrage de l’abbé Goujet, Paris, 1740-1756, dix-huit volumes in-12; mais le journal publié à Amsterdam sous le titre de Bibliothèque française , ou histoire littéraire de France , 1724-1746 , quarante-deux volumes in- 12. Un anonyme fit imprimer dans le tome XXIX, page i85- 202, et dans le tome XXX, pages 1-20, des Observations critiques sur le Dictionnaire historique et critique de AT. Bayle .

Un partisan du philosophe de Rotterdam prit sa défense par un article inséré dans le tome XXXIII , pages 327-35 1 . Une réponse de l’auteur des Observations est insérée au tome XXX VIH, pages 195-214, sous le titre de Lettre de Monsieur **. J’avais cru pendant un temps que l’auteur des Observations était l’abbé Joly, de qui je reparlerai bientôt. Je fondais ma conjecture sur la ressemblance que je trouvais entre des phrases de ces Observations et quelques-unes des Remarques de l’abbé Joly. Je présumais (34) que l’auteur seul d’un article pouvait le copier sans le citer; j’étais dans l’erreur. Joly ne tait pas tant de façons ; au moyen d’une mention faite dans sa Préface , il s’est cru permis de passer sous silence, le plus souvent, les auteurs véritables des observations qu’il reproduit dans ses deux volumes. Or comme son livre n’est guère lu de suite , mais seulement consulté, il est d’autant plus naturel de faire honneur à Joly de tout ce qu’il n’indique pas comme étant d’autrui , que quelquefois il lui arrive de citer la Bibliothèque française et les autres critiques ses devanciers.

CHAUFEPIE. Cet auteur est surtout connu par son Nouveau Dictionnaire historique et critique pour, servir de supplément ou de continuation au Dictionnaire historique de P. Bayle , lySoSti, quatre volumes in-folio. C’est une traduction (avec corrections et additions) d’articles ajoutés

(3-4) Voyez ma note dans la Biographie uniaerseUü , tome XXI, pag. 6o5. Il est évident que Joly n’est pas l’auteur des Observations insérées dans la Bibliothèque Jrançaise . Dans la Bibliothèque française , à l’occasion de lîachovius, on lit qu’il flottait entre le pf6tè$thntfolrrtfcf et le papisme. Joly» trouvant sans doute ce dernier mot irrévérencieux , a mis à la place les mots de religion catholique. On trouve d’autres chaiigeracns d’expression dans les articles Claude, Gcjise, Macédoine, Pergame , Suétone. Joly va même dans l’article Tillet jusqu’à réfuter l’écrivain de la Bibliothèque française.

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XXI ij

par les traducteurs anglais du Dictionnaire de Bayle. Sur près de quatorze cents articles que contient l’ouvrage de Chaufepié, cinq cents environ sont entièrement de lui. Chaufepié, ministre et prédicateur calviniste, respecte les caractères dont il est revêtu , chose très-louable sans contredit-, mais n’ayant pas l’indépendance de Bayle, son style n’en a pas le piquant. La seule édition qui ait été faite du Dictionnaire de Chaufepié n’est pas encore épuisée. Ce serait une témérité que de le réimprimer. C’eût été une grande maladresse que de refondre son ouvrage dans celui de Bayle. Rédigés dans la même forme , les deux livres diffèrent touta-fait dans le fonds, et très-souvent sont complètement disparates.

GUIB ( Jean-Frédéric) , docteur en droit à Orange, au commencement du XVIIIe. siècle, a fait insérer dans les Nouvelles littéraires du 29 mai 1717, tome V, pages 34&-35 1 , des Remarques critiques sur quelques endroits du Dictionnaire de Bayle (elles portent sur les articles, Ànt. Arnatjld , Auberi, Bion, Espagne, Mariana). C’est sur d’autres articles ( Apollinaris , Mestrezat, Le P a ïs et Thoriüs) que portent les remarques du même Guib , imprimées dans le Mercure de novembre 1722 , tome II , pages 23-29. n a probablement pas eu connaissance de cet auteur ; car il ne l’a ni cité, ni dépouillé.

JOLY (PHiLippE-Louis),chanoineàDijon,etdontiln déjà été question , fit imprimer, en 1748 , des Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle , en deux parties formant un volume in-folio. En tète de l’ouvrage il y a quelques pages consacrées à des corrections et additions. Joly n’a guère fait que copier scs devanciers, et il ne l’a pas toujours dit. Il a fallu un travail comme celui dont je me suis chargé, pour faire cette découverte. J’ai noté sur mon exemplaire de Joly tout ce qui est pris à Leclerc, Leduchat et autres, et les marges sont tôutes noires. Je n’hésite pas à regarder Joly comme l’un des plus grands et des plus effrontés plagiaires. Ce qui m’autoriée à le traiter si sévèrement, c’est le soin qu’il a eu tantôt d'e transposer des phrases de ses devanciers, tantôt de les retournée ou <d’y faire tel autre changement pour dénaturer le travail d’autrui. Ainsi dans Parti cl e Fl. dk Rémond, Leclerc disait : il y a mille cndtQits , .ftte. ; Joly a mis ( tonie II , page 6j5) : il y a deux cents endroits ,< etc. Leclerc, dans une remarque sûr Nestor 1 es ,l ay ànt écrit : comme personne nen doute , Joly a mis : comme aucun chrétien nen (Urnte. Sur la

Jo

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remarque H de l’article Politien , Leclerc s’exprime ainsi : J’ai sous les yeux les Lettres de Politien avqg les commentaires de Sylvius et de B ad lus , imprimées in-fy*. par le rriéttief Badius , en i5‘ao. Joly se contente de dire : Badius imprima Van i520, iVz-4°. T les Lettres de Politien avec ses commentaires et ceux de Sylvius .

On ne doit donc pas être étonné de voir Joly cité' rarejpjtçfltj j’ai presque toujours indiqué l’auteur primitif de la critique. Si i’ai un reproche à me faire, c’est peut-être

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avoir, par ignorance Ou inadvertance, laisse le nom de )ly a quelques notes qui ne sont pas de lui. jOÜRKAL DE TRÉVOUX. On désigne ordinairement sous ce titre les Mémoires pour servir à l histoire des sciences et des beaux-arts , rédigés par des jésuites, et imprimés d’abord à Trévoux, puis continués à Paris. Us contiennent quelques articles sur Bayle, et entre autres ceux du P. Merlin, en décembre 1 735 , juillet i ^ 36 , avril, mai, août et novembre i^3B.

JUGEMENTS SÜR QUELQUES OUVRAGES NOU- VEAUX, par l’abbé Desfontaines, de Mirault, Fréron et autres. Çet ouvrage a onze volumes qui ont paru en 1745 et 1746.

LAMONNOIE. Les remarques de cet auteur sur Bayle se trouvent dans trois ouvrages : i°. le Menagiana , 1715, 4 volumes in- 1*2, et ses réimpressions; 20 les Jugemeiïts des Savons , par Baillet , édition de 172?. , 8 volumes in-4*. , ou 1726, dix-sept parties in-12; 3°. la réimpression dbhhée en 1772, par Rigoley de Juvigny, des Bibliothèques françaises de Lacroix du Maine et Duvcrdier. J’ai indiqué chaque fois dans lequel de ces trois ouvrages sè trduVent les observations de Lamonnoie que j’ai citées. nnn* *

LECLERC (Làurent-Josse) n’est pas Eauteiii^dé lâ' /fr-

plusieurs fois attaqué dans ses Bibliothèques. Jéan LêêleCC est cité quelquefois; mais l’attention que j’ai eue de faire ^dtij ours précéder son nom de l’initiative de son pCctiom préviendra toute confusion.

Laurent-Josse Leclerc, que le plus Souvent ‘j£ b’ai appelé que Leclerc, donna en 1732 une lettre critirfue sur le Dictionnaire de Bayle , un volume in- 12.' Scs'ôbsèrvations sont lourdes, diffuses, présentées sans aucun ordre, et ne por-

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tent que sur un très-petit nombre d’articles ; mais il a , depuis ,, revu , corrigé, augmenté son travail; il a rangé v$çs notes par ordre alphabétique , et elles ont ainsi été réimprimées, comme je 1 ai dit, à la suite de chacun des cinq ^volumes de l’édition faite en 1734, à Trévoux (sous le titre d’Amsterdam) , du Dictionnaire de Bayle . L’auteur s’y montre ultramontain , ce qui ne fait pas grand’cliose ici ; la nouvelle forme qu’il a donnée à ses notes en a fait un ouvrage curieux et instructif. Aussi est-ce Leclerc qui a fourni au plagiaire Joly la plus grande partie de ses Remarques .

L. J. Leclerc renvoie quelquefois à la Bibliothèque de Richelet,, Cette Bibliothèque e£c. , ou liste des aufeurs cités dans le Dictionnaire de la langue française de Richelet , se trouve dans le premier volume de l’édition de ce livre faite à Lyon en 1727 , en trois volumes in-folio (35).

LEDUCHÀT. Ses Remarques sur le Dictionnaire de Bayle sont aux pages 145-217 du tome Ier. du Ducatiana , 1738, 2 volumes in-12. Leduchat est , comme je Tai fait voir (36) , l’auteur d’une partie des Remarquas ^critiques ajoutées en

MARCHAND (Prosper), qui n’a consigné qu’un trèspetit nombre de critiques de Bayle dans son Dictionnaire historique, crui fut publié en *758, par Allamand , deux parties in-folio , formant un volume assez mince , aura probablement fourni quelques-unes des Remarques critiques de 1720; mais rien ne m’a indiqué celles qui peuvent lui appar- .. tepir.

,, -REM. CRIT. Les notes à la fin desquelles on trouvera ces abréviations sont celles qui furent ajoutées dans l’édition

V. Comme dans les dernières éditions , les lettrines ont <t ç tç (employées pour les notes du texte, les chiffres arabes popr les notes des remarques. Les notes qui , dans les édi— (fprçs , ^xUérieures , avaient des étoiles , des croix ou autres çigpesa^Qurd’hui inusités , ont des étoiles entre parenthèses , avgjc, (dgSj chiffres supérieurs lorsqu’il y en a plusieurs dans .la.mèçru:, colonne. ,

r , , P’esJL, , pzr fa , étoiles , japs parenthèses et avec des chiffres supérieurs , au besoin, que j’ai indiqué les notes nouvelles. Lorsque j^egjjnp^s ajx^i^çs portent elles-mêmes sur des notes,

■*(35) La Bibiio^héque do Jtichclol , par Leclerc , a etc le sujet d’une violente critique de dam Lecerf, qui üt insérer, en i^îi , dans la Bibliothèque française , tome XVl , pages 86-107, sa Lettre d un religieux bénédictin , etc.

(36) Pag. xiij.

xxvj DISCOURS PRÉLIMINAIRE

elles sont tout simplement ajoutées au milieu ou à la suite, mais entre deux crochets.

Mes notes ne sont guère que le dépouillement des critiques dont j’ai fait l’énumération. Je me suis borné le plus souvent à de courtes indications.

Quelquefois j’ai trouvé les critiques amers de Bayle en défaut. C’était une bonne fortune dont je n’ai pas manqué de profiter. !..

Tout pénétré que j’étais de l’obbgation de faire mes notes trèsTtcmirtes , j’ai cédé à la tentation d’en étendre quelquesunes ; je signalerai seulement celles des articles François Ier., Launoi , Longus, Louis XII , Ménagé , Poqlelin (Molière), et les deux du tome XV , page 4^9 et 44^* J’avoue n’avoir mis ces deux dernières que comme remplissage, et pour que la dernière page du volume ne fût pas blanche.

Dans ma note ajoutée à l’article François Ier. (tome VI, p. 56 1 ) j’ai rapporté de ce monarque une lettre citée par M. Dulaure (3^) d’après la Chronique manuscrite de Nicaise Ladam et les registres manuscrits du Parlement .

Cette lettre est une des deux que donne M. Delort dans Mes voyages aux environs de Paris (38). Son texte, un peu différent de celui qu’on lit dans l’ouvrage de M. Dulaure, mérite d’ètre rapporté; le voici :

« Pour vous faire asscavoir Madame corne se porte la reste » de mon infortune de toutes choses non mest demuré que » Ihonn et la vie qui est sayne et pour ce que an vostre ad- )> versité ces te novelle vous sera quelqs peu de reconfort , » ay prie que Ion me leyssast vous e9cripre ceste ïetre ce que w Ion ma aisément acorde vous supliant ne vouloir prendre » lestremite de vous mesmes , en usant de vostre acostumée » prudance. Car je ay espérance que a la fin Dieu no me » abadonera point, vous recomandant vostres petits enfans » et les miens. An vous supliant feres donner leur passage » pour aller et revenir an Espagne au presant porteur , car » il va devers lanpereur pour scavoir comad il voudra que » je sois traitté. Et sur ce me voys recomder humblement à » vostre bone grâce.

» Vostre très humble et très ' "

» obeisant fylz

» François. »

(37) Histoire physique , civile cl momie de Paris , Guillaume, IrC. édition, tome III , pages \ et 5; seconde édition , tome IV, pages 86 et 87.

(38) 1821 , «leux volumes in-8°. , tome II , pages 177 à 179.

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D'après le texte de cette lettre , j'ai rangé dans les mots bien trouvés , mais qui ne sont pas vrais, le fameux Tout est perdu fors C honneur i qu’on attribue à ce pudibond monarque. Un critique (39) croit qu’à moins d'être un docteur bien subtil tout homme de bonne f oi ne trouvera aucune différence essentielle entre la phrase devenue proverbiale et les expressions de la lettre. Le critique pense que , pour le sens et le noble sentiment qu'ils expriment , les mots des deux versions présentent à t esprit la meme chose . Cela peut être tout aü plus pour le sens , mais non pour \v senliment , ou pour le caractère, ' ‘J 1* ♦ », .

VI. Ce n’est pas seulement lé préambule < de l’article Achille que j’ai rétabli (4o)^ j’ai rétabli aussi le commencement d’une remarque vde l'article Spinosà (tome XIII, page 432 ).

Les nombreux lecteurs de Voltaire auront sans doute remarqué le passage de sa lettre à Cideville (en tête du Temple du goût) , où il fait dire à un M. de*** « qu’en cherchant » (dans Bayle) l’article César, il n’avait rencontré que celui » de Césarius , professeur à Cologne. » La manière dont Bayle a écrit ces deux noms les lui a fait placer à quelque distance l’un de l’autre $ c’est ce que n’a pas aperçu Voltaire. Cœsarius est le premier article de la lettre C ; César est le soixante-douzième \ et le Napoléon romain a un article assez étendu , puisqu’il remplit 82 pages in-8°. La remarque de Voltaire m’a donné l’idée de mettre avant l’article Cæsàiios, un renvoi ainsi conçu : Cæsàr , voyez César. J’ai aussi, dans le tome XV, ajouté le renvoi : Zéa voyez Zia.

Plus scrupuleux que le président Chasseneux , Bayle n’avait, dans la remarque B de son article Hélène, cité que les sept premiers vers sur les trente beautés d’une femme, lé sais très-bien que le lecteur français veut être respecté ; mais comme les vers sont en latin , je n’ai vu nul inconvénients» allonger la citation que faisait Bayley et je ne me suis pas permis cela deux fois.

VIL» C’est à regret que j’ai laissé employer, dans les imparfaits et autres mots, lésa au lieu des o ; non que je blâme l'orthographe aujourd’hui généralement reçue , grâce à Voltaire*, mais parce que Bayle loue avec raison (41 ) et conséquemment recommande l’exactitude à suivre ponc-

(3q) Gazette *te France du 1 6 décembre i8x3. ('H Voyez ci-dessus pages vij et viij.

44») Dans les articles Espagnet et Ossat.

xxviij DISCOURS PRÉLIMINAIRE

tuellement toute l’orthographe des auteurs qu’on reproduit.

La composition du premier volume était très-avancée quand on m’apporta les premières épreuves. Afin d’éviter les embarras, les frai*, les retards, il me fallut consentir à ce quittait. .fait* < 'tir »*teiun •

..Pour une justification qui n’est pas la mienne , j’ajouterai qu’enofait<l’orthographe les plus rigoristes ne se conforment pas toujours, pour :1 es auteurs du XVIIe. siècle, à celle qu’ils devraient suivre- -d’après leur principe. Ainsi dans les édilioi^tde Corneille eti Racine , onn imprime plus moy , loy , roy vluyi ie ètc. , tels - qu'ils ont écrit et imprimé , mais moi , loi ^ roi ^ lui , ici , etc.» * . unir* ’ •

, J’ai du-, reste respecté>cfei que Bayle appelle l’orthographe d’érudition (4^). ; mu * •• v

. VIIL L’impression dû- premier volume faite ( aux a près ) aussi fidèlement que possible sur l’édition de i^4°»a^on~ né lieu à quelques observations. Des savans se sont plaints de l’incorrection dés «passâmes grecs cités par Bayle. Pour être à l’avenir à l’qbriidq Lsemblables reproches, je ne pouvais* guère «mieux m’adrceser qu’au: moderne traducteur d’Homère (43)* Le plus âgé de nous deux n’a pas dix lustres, et notre amitié date de huit. C’est par pure amitié que M. Dugas-Montbel a non-seulement vérifié les citations, tmais encore suppléé aux indications des citations qui étaient anonymes ou vagues. C’est de lui que sont entièrement les notes nouvelles qu’on lit aux pages 279, 327 , 335 du tome II, et autres de la même famille qui sont répandues dans les volumes suivans. * " » "l,>-

Malheureusement cet ami ne reste pas toujours à * Pariai - Pendant son absence on l’a remplacé comme on a put1 'Dante les cas difficiles , j’ai eu recours au membre de l’Institut? qjadJa1 France peut opposer à ce que l’Allemagneet l’Angleterre ^>bssèdeutHie plus profond dans la littérature grecque* la crainte d’ètre indiscret m’a empêché d’employer habituellement les lumières de M. Boissonade , comme celles- die- mon ami Dugas. Si c’est à eux que l’on est redevable de-hécd^ rection des citations grecques , quand on en; rencontrera de fautives, on doit hardiment conclure qu’eiies n’ont point passé sous leurs yeux. 1 1/1 b * >1> iij«m ».

(4a) Voyez tome XVI , page i*fy ri-dfcLus p.>ge V. I (43) V Iliade d’ Homère , i8r5, deux volumes in-8°. : YOdjrsséc, suivie de la Batrachomjromachic , des Hymnes , de Divers pot mes et fragment attribues a Homcrc , i8t8 , deux volumes in-8°.

DE LA ONZIÈME ÉDITION

IX. Quoique j’aie eu jusqu’à présent l’usage d’acquérir, à mes frais , les livres nécessaires pour les travaux qui me sont confiés , je n’ai pas été sans profiter fréquemment de la complaisance de M. Van Praet, 1 un des conservateurs de la Bibliothèque du roi. Ce n’est pas soulicnietit aux instans où les lecteurs sont admis dans ce bel établissement qué ^i eu recours à M. Van Praet: hors des heures i Auxquelles la Bibliothèque est ouverte et môme pendant le temps de» -vacances, je l’ai toujours trouvéi disposé à m’être itdfcuuo.»

X. M. Desoer revoyait ilai-unêine îles épreuve^ 4vec beaucoup de soin. 11 vérifiait les renvois et a- corrigé plus d’une erreur. Ce libraire j qu’on a ! surnommé PElaevierTpànçais , quoiqu’il ne fût pas imprimeur, s’était chargé' spécialement ae la table de l’édition. Mt Desoer est mort le* >1 6 avril i8s3 à la fleur de son âge (44)? et c’est une perte pour la librairie française. Il est impossible de pousser plus loin que lui l’amour de son état.- Aussi les iamateurs Ont-ils bien accueilli plusieurs de ses éditions* Sôiy travail mit la table était à peine commencé quand il se scndrfrappé dé la maladie qui l’a enlevé. Peu de temps avant sa mort il prit le parti de la confier à un homme de lettresiqui , après en avoir fait le quart , y a renoncé. C’est à partir delà lettre D inclusivement, qUe M. Champagnac a pris une tache dontf il s’est très^bien acquitté. Mais par la mort de M. Desoe^et par cela môme'que le travail n’était pas de la môme main v c’est sur moi. qu est retombé le fardeau de revoir le tout et de faire les additions.

Jfia liste alphabétique des articles, imprimée séparément dans les éditions précédentes , a été refondue dans la table deg'Uiatièresi Les mots qui sont le sujet d’articles dans le Dàcfibnnaire sont imprimés en petites capitales. L’astérisque indique ceux qui contiennent des notes nouvelles.

. H ne faut pas croire que le travail de la table se soit borné àcUattger les chiffres indicatifs des volumes et des pages , et à- ihire quelques additions. Très-souvent les renvois étaient fau&eti > ce n est pas sans peine qu’on les a redressés. Les plus diflicilés étaient mon lot. Aux deux exemples que j’ai cités, (45)*îje puis, en ajouter un. Dans les éditions de 1780 , 1738 et i74°> 'on lisait dans la table : « Saurin (Eliéh II est mort le jour de Pâques, 8 d’avril. I. 703. » Ce qui renvoie au tome i*r. , page jo3. Les éditeurs de 1734, ici encore

•w.jW *'1 r, n • ? >,*« •' * . “

iU) Jean-TiuîQdorc-AugasIe Desoer était ne' à Lie'ge en 1788 ou «789.

vP) Page xv.

XXX DISCOURS PRÉL1M1N. DE LA ONZIEME ÉDIT. etc.

ont escobardé-, ils ont supprimé les mots 11 est mort etc. Je croyais faire mieux qu’eux en mettant, de mon chef, (nu lieu de I. ^o3) 1703 , année de la mort de Saurin. Je ne fesais que rétablir le texte de 1720 , où la phrase dont il s’agit se trouve pour la première fois.

Deux phrases cependant ont résisté à toutes mes recherches , dans les artiefes Ouvrages et Pandectes. Au lieu de les supprimer, j’ai préféré laisser en blanc un peu d’espace que rempliront les lecteurs qui trouveront ces articles.

Au mot Bibliothèque universelle , l’auteur de la table, après avoir indiqué un seul endroit du Dictionnaire , où le journal de J. Leclerc est cité , avait ajouté et passirn alibi. J’ài* supprimé ces trois mots latins qui ne servent à rien puisqu ils ne donnent aucune indication. Mais, repentant de cette suppression , j’ai laissé ces mômes mots dans les autres endroits où je les ai trouvés.

XI. Mon intention était d’avoir des collaborateurs : je croyais ne pouvoir soutenir seul le fardeau. C’est donc uniquement par méfiance de moi-môme , et non pas pour tromper les souscripteurs, que j’ai, dans le prospectus, parlé d’une société de gens de lettres. J’avais besoin de donner cette explication.

XII. Un ouvrage d’aussi longue haleine ne pouvait s’imprimer sans faute. . .

. . 1 Optinms ille est

Qui luinimis urgelur.

Quelques personnes croient bien agir en taisant les leurs \ mais un éditeur de Bayle doit se rappeler les éloges que son auteur donne à la bonne foi de Sébastien (fHYPHics pour ses errata. Cet habile imprimeur les mettait à la plus belle place oh on ne manque jamais de jeter les yeux. C’est donc immédiatement après mon Discours préliminaire que je dois placer Ycrrata dans lequel je comprends toutes les fautes que j’ai aperçues jusqu’à ce jour , sans prétendre avoir relevé toutes celles qui existent.

A Paris, ce icr. mai i8?4 > anniversaire du jour où, en t68a , Piaule commença sa Critique générait: de l’ Histoire du t albinisme.

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