‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 89 sur 134 · A K I BA · texte numérisé non relu

A K I BA

la loi non écrite (E). La remarque que nous faisons là-dessus contiendra quelques particularités de sa vie. S’il fallait juger de ses leçons par ses préceptes de garde-robe (F), on aurait lieu de les traiter de ridicules.

(A) On s'imagine qu'il a supposé un ouvrage au patr. Abraham.] Ce livre11 est intitule' SepherJezirah, c’està-dire, le Livre de la Création. Voyez la remarque (E) de l’article Abraham , et ajoutez-y ce supplément. Lambecius ne devait pas dire que ce livre de la Création fut imprimé à Mantoue la première fois (1) $ car l’édition de Mantoue , in-4°- , accompagnée du commentaire d’Abraham Ben-Dior , et de celui de plusieurs autres rabbins, dont vous trouverez les noms à la nage 536 de l’Histoire critique du Vieux Testament , avait été précédée

£ar l’édition de Paris, en i55a, in-8°.

e même livre a été imprimé à Bâle , in-folio, l’an 1687, avec plusieurs autres de même trempe. Il est d’un grand poids chez les cabalistes : ils son servent à faire des miracles, disent-ils (a).

(B) On l'accuse d’avoir altéré le texte hébreu de la Bible.] Cette altération sc rapporte à l’âge qu’avaient les patriarches, lorsqu’il leur naissait des enfans. Personne n’ignore qu’en cette année-là ils étaient plus vieux , scion la Bible des Septante , que selon la Bible Ilébraïque. Adam, par exemple , si nous suivons le texte hébreu , avait cent trente ans , lorsque sa femme accoucha de Seth ; mais, scion la version des beptante , il était alors dans sa deux cent trentième année.

La plupart des théologiens veulent qu’on préfère le texte hebreu au texte grec. Ceux qui tiennent l’autre parti sont en petit nombre ; mais en récora-

Sense, ce ne sont pour l'ordinaire que es savans d’élite. Le père Dom Paul Pezron , religieux de l’étroite observance de Cîteaux j etdoctcur en thcolo-

* Joly reproche a Bayle de donner le litre de Livre à un opuscule qui , bien qu'en cinq chapitres , est renfermé en trois pages de gros caractères , dans les Art» cabaiutic* Scriplorc*.

(1) Lambtcii Hiitor. Littérarité Prodrom- , pag. 53, apud Placcium de Paeadoojmi», pag. i34> (a) Placcius , ibid.

gie de la faculté de Paris, c’est rangé an petit nombre. 11 a débité, entre autres choses , que les Juifs ont altéré le texte hébreu dans le temps qui a coulé depuis la ruine de Jérusalem sous Tite .

jusques à la douzième année de l’empereur Adrien (3). Il le prouve par la version d'Aquila , publiée l'an douze de cet empereur, et assez conforme au texte hébreu d’aujourd'hui. Or , comme cet Aquila, eu passant du christianisme au judaïsme, se mit sous la discipline a Akiba , il paraît fort vraisemblable au père Pezron , qu’il faut imputer à ce rabbin cette altération de l'Écriture. Il est certain qu’ Akiba était alors en grande estime parmi les Juifs , et surtout parmi ceux de la Palestine ; car il fut environ quarante ans le maître du collège qu’ils avaient à Jabné , ou à Tibériade,

proche du lac de Genezareth (4)

Il avait beaucoup de disciples , passait pour le plus savant d'entre les Juifs , et avait tant de créance dans leur esprit, que ce fut lui qui déclara que Barcochebas était le Messie (5).

(C) Afin de pouvoir répondre à une objection des chrétiens.] .« Jamais les » chrétiens ne disputèrent contre les » juifs plus fortement qu’en ce temps- » là, dit le même auteur (6) , etja- » mais aussi ils ne les combattirent » plus efficacement. Car ils ne fai- » «aient que leur montrer d’un coté « les Evangiles , et de l'autre les nri- » nesde Jérusalem, qui étaient devant » leurs yeux , pour les convaincre que » Jéscs-Curist , qui avait si clairement >» prédit sa désolation, était le pr»

» phète que Moïse avait promis

u Mais ils les pressaient vivement pat » leurs propres traditions , qui por- » taient que le Christ se manifesterait » après le cours d’environ six mille » ans , en leur montrant que ce nom- » bre d’années était accompli. Cela » les embarrassait étrangement ; et u c’est sans doute la raison pour- » quoi il est dit dans le Talmud , » qu' Akiba et Samsai supputaient » les années (q) , dont on tirait con* a tre eux de si puissans argument. *

(3) Pe*rou, de l'Antiquité d«j Terap» , cÂop XVI , p . 389. Edit. de Paru , en 1687, in- 4°.

(4) Là même , pag. 390.

(5) Là même , pag. 391.

((») Là même.

(7) Talmud , in Tractatu de Synedïio.

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Il est certain que les juifs pouvaient répondre à l’objection des six mille ans, si la Bible était telle que nous l’avons aujourd’hui ; car il s’en faut bien qu elle ne nous donne ce nombre d’années depuis Adam jusqu’à Jésus- Christ.

• (D) Les jui fs lui donnent de grands éloges. ] Ils l’appelaient Selhumtaah (8)y c’est-à-dire, l’ Authentique. Il faudrait un volume tout entier, dit l’un dVux (9) , si l’on voulaitnarler dignement de lui. Son nom , dit un autre, a parcouru tout l'univers , et nous avons reçu de sa bouche toute la loi orale : /lu jus nomen ( inquit A ut or Libri Zcmach David ) exiit ab uno extremo rnundi usque ad aliud , aique totam legem oralem ex ejus ore accepirnus (10).

(E) Et croient qu'il leur a appris toute la loi non écrite.'] Voyez le passage qu’on vient de citer, et le livre ue le père Paul Pezron a publié à aris, l’an 1691 (n). On y trouve ( 1 a) , que Rabhi Akiba , fils de Joseph, est le premier compilateur des Deuteroses , ou des traditions judaïques , et le chef des tradilionnaires ; qu’il ramassa les traditions qu’Hillel , Simeon, et autres anciens docteurs, avaient inventées; qu’il y en ajouta d’autres de son invention ; qu’elles curent cours toutes ensemble jusqu’à la fin du Ve.

siècle, auquel temps on yen joignit d’autres, dont le Talmud fut composé; qu’ Akiba (i3) se servit du rabbin Meiir , le plus célèbre de tous ses disciples, pour rédiger par écrit une partie de ces traditions dont on a depuis composé la Misne (i.j); qu’il fut assesseurdu patriarche (i5j,et le maître d’Aquila, et du rabbin José, qui est l’auteur de la Grande Chronique des Juifs (16) ; qu’il devint chef des écoles

(8) Vide Jo. à Lent, de P»eudo-Me«»üs, p. 9.

(9) Zacutof in Jnchasiu , pag. G 6 , apud • Lent , vag «9-

( 10) Konig , Bibliotb. , pag. iq.

(11) Intitulé , Défraie de l’Antiqaité des Temps.

(11) Pag. 61.

(|3) Pag. 63 , ex Txemach David., pag. 9^.

(»4> I‘f* Juif* prétendent que te rabbin Jmu qui la compila , naquit U même jour qu’Akiba mourut. R. J ml a pr.nrrp* netus e>l illo die quo obiit R. Akiba , de quo ajunt, sot exortns est et sot occidit. Voies Pesroo , Défense de l’Antiquité de* Temps, pag. 70.

(î5) jXi-rva permit aux Juifs de se choisir un patriarche de leur nation.

(»6) Ex üicronjmo in cap. VIII Isaix.

judaïques, la même année que Josephe acheva ses Antiquités; qu’il occupa cette place durant quarante ans; qu’il est très-souvent cité dans le Ptrke- Eliezer ; et qu’il souhaitait la damnation éternelle à tous ceux qui liraient les ouvrages des chrétiens.

(F) Scs préceptes de garde- robe.] La nation judaïque a été livrée à un tel esprit de puériles et de chimériques observances , que leurs plus graves docteurs ont étendu le Rituel jusques aux actions les plus machinales, comme est celle d’aller au privé. Malheur à qui ne sait pas bien s’orienter; car les quatre points cardinaux de l’horizon ne sont pas également favorables.

Je ne puis dire qu’en latin le reste de leurs ridicules superstitions. Di.rit R.

Akiba , ingressus sum aliquando post rabbi Josuam in sedis secretœ locum , et tria ab eo didici. Didici i°. quùd non versus orientent etoccidentemt sed versus septentrionem et austrwn , convertere nos debeamus. Didici a°. quôd non in pedes ereclum , sed jam consi dentem sc rclegerc lue al. Didici 3*.

quod podex non dextrâ sed sinislrd manu abstergendus sit. Ad base objecit ibi Ben H usas ; usque adeo verè perfricuisli fronlem erga magistrum tuum ut cacanteni observâtes ? Respondit ille , le gis hœc atcana sunt , ad quœ discenda id necessarin tttihi agendum fuit (17). Voilà un merveilleux docteur , qui , même sur sa chaise percée , expliquait 6ans dire mot les mystères de la loi.

(17) Ex Barajetbâ in Maasech. Berachos , fol. 6a , apud Lent , pag. 10.

ALABASTER ( Guillaume ) , théologien anglais, naquit à Hadley, dans le comté de Suflolk. Il fut un des docteurs du collège de la Trinité à Cambridge, et il accompagna le comte d’Essex, en qualité de chapelain, à l’expédition de Cadix , sous le règne d’Élisabeth. On veut que les premières pensées de changer de religion lui soient venues, pour s’ètre laissé éblouir à la pompe des églises de la communion romaine et au respect dont il lui sembla

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que les prêtres sont honores ; et dans les remarques ce qu’ils en qu’ayant paru chancelant , il ait pensèrent , et comment il se titrouvé des personnes qui mena- rait de l’objection que l’on fait gèrent ces dispositions, et qui sur les trois jours et les trois nuits profitèrent de telle sorte des jdain- que Jésus-Christ devait être dans tes qu’il faisait d’avoir été peu le ventre de la terre comme Joavancé en Angleterre , qu’il n’hé- nas au ventre de la baleine 'b) Je sita plus à passer dans le papis- ne dois point oublier qu’011 faime , dès qoil eut bien considéré sait un très-grand cas de ses vers, que l’espérance d’un meilleur Il fit une tragédie latine , in tituavancement ne serait pas trop lée Roxama, dont la représentabien fondée. Quoi qu’il en soit , tion dans un collège de Camil s’aeréeea à la communion ro- bridge fut accompagnée d’un ac-

maine et n’v trouva point ce qu’il cident très-notable (c). 11 y eut avait espère. 11 s’en dégoûta bien- une dame qui fut si épouvantée tôt: il ne s’accommoda point d’u- du dernier mot de la tragédie , nediscipline qui ne lui passait en Seqttar, Sequar , tant il fut procompte aucun des degrés ou il noncé d’un air furieux , qu’elle était déjà monté. Apparemment en perdit l’esprit pour toute sa il ne s’accommodait pas mieux de vie. Alabaster vivait encore en ce culte des créatures, (jue les pro- i63o. Son Apparalus in révélatestans sont accoutumes de regar- iionem Jesu Chris ti fut imprimé der avec horreur ; aiusi il repassa à Anvers l’an 1607. Quant au en Angleterre, pour y reprendre Spiraruluni tuharum , seu Fons sa première religion. Il y obtint spiritualium expositionum ex un canoniqit dans l’église de œquivocis Pentaglotli (d) signi- Saint-Paul , et puis la cure de ficat ionib us , et son Eccesponsus Tharfield , dans la province de venit, seu tuba pulchritudinis,hoc Hartford. Il entendait fort bien est demonslratio quod non sii iU la langue hébraïque , mais il se licitum nec impossibile compu gâta l’esprit par l’étude de la ca- tare durât iorirrn mundi et tem baie dont il s’entêta. On en vit pus secundi adventds Chris ti , ils des preuves dans le sermon qu’il sont imprimés à Londres (e). Ou lit quand il fut reçu docteur en peut juger par ces seuls titres théologie à Cambridge. Il prit quel était le goût du personnage; pour texte le commencement du mais on en jugera mieux par les premier livre des Chrouiques , paroles d’André Rivet , que je ci- Adam.Seth , Enos ; et, après terai (B). Il ne faut pas oublier avoir touché le sens littéral , il se son Lexicon Hebraicum , in-fojeta dans le mystique , soutint lio. Je n’ai point parlé des Mo qu’Adam signifiait là malheur et tifs de conversion , qu’il publia misère, et ainsi des autres (a), apres avoir embrassé le catholi- Sa méthode d’expliquer l’Écriture ne fut point au goût des catholiques romains (A) : je dirai

(a) Ex Ubro Fullcri , cul titulut Wortbie* of Eogland.

(b) Voyez la remarque (A).

( c ) Fullcr, Wortliies of Englaod.

(d) C est ainsi que porte le Catalogua d’UsTord. Il fallait dire Peiilatcuclii.

(1 1 ) Voyez le Catalogue de la Bibliothèque d'Oxford.

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cisme : on sait assez que c’est la coutume de ceux qui changent de religion. Cette coutume était même plus en vogue eu cè tempslà qu’aujourd’hui. Le public n’avait pas encore eu le temps de se dégoûter de cette sorte de livres.

Celui d’Alabaster fut réfuté par Roger Fenton {/).'

{/)Sa réponse est intitulée , An Answer to W. ALbaster's Motives. London, 1599.

(A) Sa méthode d’expliquer lÉi riture ne fut point du g il' des catholiques romains .] François Garasse, jésuite , apres avoir rapporté une opinion assez grotesque d'Isidore de Peluse (1), continue ainsi : « 1,’expoy> sition d’Alabaster est encores plus » esloignée du sens conamuu • car il » s'en va ravaudant sur des fantaisies » rabbinesques , qui sont à la vérité

* plaisantes, si elles estoient aussi so- » lidement fondées, comme elles sont » subtilement controuvees. Il dit en J» son Apparat, cl», ix. que Jonas et » N. S ont demeuré ponctuellement » trois jours et trois nuicts, l'un dans » le ventre de la terre , et l'autre » dans le ventre de la baleine , en la " façon qui s'ensuit. Jonas , dit-il , » fut porté jusques au centre du mon - » de , comme il le dépose luy-mesme :

» Ad extrema montium dcscendi , « terra vectes circumdederunt me.

•*> Or e\l-il , qu'estant en cet endroit , » il avait le jour et la nuict tout à

* l& f°is ; car regardant vers noslre »> hémisphère , il avoil le jour en face , » et la nuict à dos: et puis le lende- » main , tout au contraire ; de façon » que n’ayant que demeuré un jour et » demi y il y a demeuré trois jours en n tiers , d autant qu il faut doubler » l’espace , pour ce qu'il avait tout à la n fois ce que nous avons successive ï» ment. Ainsi , noslre Seigneur estant » dans le ventre de la terre , a eu » comme Jonas le jour et la nuict » tout a la fois ; d’autant que son dme » s’en est allée jusques au centre de la » terre , afin d’avoir le jour d’un costé ,

» et la nuict de l’autre , et par ainsi » accourcir le terme de sa demeure sans

(0 youa la Iroweres a la fin de cette remarque.

» forcer la vérité y tant il avoit d’im- » patience de laisser ses disciples dé- » salez. Je dis que cette invention w faict tort à l’Escriture sainte, d’au- » tant qu elle est trop contraincte et » sophistiquée , et ressemble juste- » ment les fantaisies des rabbins j et » partant, ce n’est pas sans sujet que « le livre d Alabaster a esté condamné » à Rome: mais il fut si idolastre de » ses inventions, qu’il fit encores pis » que Héliodore , pource qu’il quitta « sa religion , pour ne quitter pas ses » grotesques dangereuses qu’il a faits )» sur l’Ecrilure sainte (a). » Joignons le jugement d’un jésuite du Pays-Bas à celui de ce jésuite français. Botifrerius, ayant condamné ceux qui par les machines de la cabale trouvent tout dans chaquepassage de l’Écriture, poursuit ainsi : \)u"d nuper fecit in su/sè nirms et irreligiosc Guilielmus Alabaster, qui in illosuo Apparatu ex inanibus hujusmndi fundamentis , ne dicam quisquiliis , conalus est nobis sunm mysticam theologiam , et ( ità ipse vocal j interinrem Script lira sensum ad mr.dullam ( re ipsâ aliud nihil quant défit ameuta et sontnia) exprimere. Ç)ud ex re malè audit t et Romœ censoriam Ecclesiœ virgulam merito ex per lus est. Quis enim ferai quempiam in re tant séria , Scriplurce inquam inlerpretatione , pro probatis mercibus vende re quœ ipse parum sano cerebro delirdrit (3) ? 11 rapporte ensuite quelques exemples des explications chimériques de cet homme.

Nous entendrons bientôt un protestant qui reproche aux catholiques romains d’avoir toléré les visions de cet Alabaster.

J’ai été averti par un habile homme que les lecteurs n’aiment pas qu’on leur indique en général qu’un tel ou un tel ont avancé une opinion chimérique $ cela réveille leur curiosité : ils voudraient la contenter sur-le-champ, et quelquefois même sans être obligés d’aller prendre un autre livre quais ont dans leur cabinet. Cet habile nomme aurait donc voulu , ou que je n’eussc rien dit d’Isidore de Peluse ,

(a) Garnie . Doctrine carieuse , imprimée a Pari* , chet Chapelet, Van i6)3, in-\°. , pag.

(3) l'onfreriu* , dan* les Prolégomènes de ton Commentaire sur le Pentateuque , imprimé en »6a5, in- fol. ’

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ou q u ayant marque en general, que son opinion était grotesque , je l’eusse rapportée , vu principalement que le livre de Garasse ne se trouve guère dans le cabinet des particuliers. Je profite de cet avis ; j'en sais par expérience les fondemens : et c’est pourquoi , en plusieurs autres rencontres , j’ai mieux aimé joindre des queues à mes Commentaires , qu’exciter en vain l’avidité des lecteurs. Isidore de Peluse , pour trouver le nombre complet, a supposé que les ténèbres de la passion doivent être prises pour une nuit, et que le retour de la lumière jusquesau coucher du soleil , doit être pris pour un jour. Lisez ce qui suit :

« Je respons qu’il est vrai que ce pas- » sage (/j) a bien donné de la peine » pour l’accorder avec la vérité de » l’histoire, et que c’a esté un des prin- » cipauxargutnens dont Julian l’Apos- >» tat a tasché de renverser la vérité » de l’Evangile i mais qu’il n’est point » si désespéré, qu’on n’en tire bien » une vraye et naturelle exposition , u sans recourir aux fantaisies : ce que » quelques-uns ont faict à la bonne » foy , comme nous avons veu cy- « dessus touchant l’heure de la resur- » rection. S. Isidore de .Peluse, au » premier livre de ses Épistres, en » l’Epistre exiv , en rapporte uneexpo- » sition nouvelle , en ces termes : Sic » habeto ; sextd hord P arase ev es in » crucem actus est JJominus , ab hdc » hord usque ad nonam tenebrœ exsti- » terunt ; has tu noclem intelligc : rur - » siis hord nond lux , heee tu pro die » habe : nox rursùrn Parasceves : tiun » dies Sabbathi , tùm nox Sabbathi » Dontinici diei : Suyvant cette expo- >1 sition, il est vray que Jésüs-Christ » demeura trois jours et trois nuicts » dans les entrailles de la terre: mais » ce sont des jours et des nuicts ré- » duictcs au petit pied (5).»

(B) On jugera de son goût par les paroles d'André Rivet, que je citerai.'] Anno 1607 , dit-il (6) , quidam Pontificius Anglus , Guilielmus Alabastrus , edidit Anlverpiœ librum cui titulum fecit , Apparatus in Revela-

(4) Celui du chapitre XII de saint Matthieu, où il est dit que Jesus-Chrisl devait demeurer dan* le ventre de la terre trois jour* et trois nuit*.

(5) Garasse , Doctrine carieuse, p. 5ya, 5q3.

(6) Rivcli Isagoge ad Scripturam baernm , cap- XV , Opcrum foin. II , pag. 937.

tionem Christi , in quo profitetur se novam et admirabilem rationem aj- Jerre investigandi Prophetiarum mysteria ex Scripturâ se ipsam interprétante. Ibi novam Cabbalam institua, ex qud quidlibet ex quolibet educii , et mutatis vtl inversis aut separatis et disjunctis Ebrœorum vocabulorum litteris aut syllabis , vtl etiam in iisdem variai mu numerorum ratio ne excogitatd , novis etiam signijicationibus contra grammaticœ rationem assignatis , diversis nominibus aut ver bis omnia pervertit; et ipsi adeb commenlum placet , ut quamvis scepè excipiat se nolle prcejudicare latirur versioni , cum tamen vident ex ed nul lis fidiculis sensum quem sibi proponit

Eosse erui t non veretur dicerc pag. 6i, leum Christi et Religionis Christian.* mysteria per illatu verborum formant in Ebræo legis codicc expressisse, quat sensum carnalcm et à divind mente alienum lectori primâ fronte oflèrret, atquc ità voluisse ut in Ecclesid Christian J nulla passim legeretur versio quàm quæ secundùm Lbraeorum verborum corticem conciperetur , ut hoc modo sapientia div ina non esset cuivL profano obvia. Sed posteà idem , per tolum illud opus ità sapienliam illam divinam ex Scripturœ , si Deo placet , pcnelralibus haurit , ut ne ulli quidem hac tenus ex Patribus sanctissimù , vtl unius loci talis interpretatio in mentent unquàm veneril , ne ipsis quidem omnisciis Pontificibus. M. Rivet , ayant donné deux exemples des visions de ce personnage (7) , continue ainsi son discours : A lia hui us farinæ multa , pag . 57 et seqq. aflerunlur a nugatore blasphemo , qui bus sjrllnbas unius nominis et verbi seorsim acciptens , cl à sud radice divellens , omnia sursiim deorsiim vertit. El tamen in regno Pontificio toleratur hœc novitas , ubi simplex scripturœ ex ipsd Scripturd interpretatio hœreseos uisimuiatur.Sed de nis h ne tenus. Videanl Ponlijicii an suo Alabasiro non debeant nigrum prœjxgerc thêta : nos hominis insolcntissimam audaciam delestamur , etsi eumjesuila Possevinus suis Calholicis Scriptoribus inseruerit , Appar. Sacn Tomo primo. Notez : i°. (^ue l’ouvrage dont ceci est tiré parut pour la pre-

(-) L'un est sur le verset 9 du chap. XXX l'II de la Genèse , l'autre , sur le verset 8 du chap. XL du même livre ■

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