DAG
la cour de Dagobert. V. au mot Saint-Ouen.
DAGOBERT Ier. — Statue de ce prince, assis et revêtu du manteau royal (1), la couronne sur la tête; autrefois à l'église Saint-Denis, près le grand porche à main gauche. V. Sculpture du vne siècle. Montfaucon , Monuments de la monarchie française, t. I, pi. xii, et p. 162; Beaunier et Ralhier, Costumes français, t. I, pi. xix et xx; d'Agincourt, Sculpture , pi. xxix, n°12. Autre, même église, ib.f planche ib., n° 15; Trésor de la couronne de France, t. 1, pi. xni, n° 3; ib., pi. xn, n° 5.
Tombeau de Dagobert. Ce célèbre mausolée, que l'on sait être un monument votif construit sous le règne de saint Louis (2), était autrefois placé entre deux arcades du chœur de l'église Saint-Denis , comme le prouve le plan de cette basilique et de ses anciens tombeaux, publié par dom Félibien , Histoire de Vabbaye royale de Saint- Denis , etc., \ vol. in-folio, pi. delà p. 550. Lettre A du plan ; passé au Musée des Petits- Augustins , fondé par Alex. Lenoir; il fut placé dans le jardin dit Elysée, ainsi qu'on peut en voir la disposition dans les planches publiées par Réville et Lavallée pour l'ouvrage intitulé : Vues pittoresques des salles du Musée, etc., in-folio, et par Riet, architecte, Souvenirs du musée des monuments français, in-folio, pi. xxxvn.
M. le comte de Lasteyrie en a aussi fait une lithographie d'après un dessin de M. Vauzelle; nous possédons une épreuve de celte planche devenue rare.
Ce mausolée, reporté à l'église Saint- Denis depuis sa restauration et la destruction du Musée des Pelits-Auguslins, en 1821, est placé à l'entrée de l'église sous le grand porche, après avoir été dédoublé (5). C'est dans ce dernier étal que M. le comte Alex, de La Borde a le premier fait graver les deux monuments, qui jusque-là n'en avaient toujours fait qu'un. V. la
(1) Si réellement cette statue appartient au siècle qui est ici désigné par d'à. incourl, elle serait bien précieuse, mais nous n'osons croire à une origine de celle date. Voir à ce sujet Émeric David. Discours sur la sculpture en France, ancienne édition, p. 12, 36, 39 cl suiv.
(2) C'est ce que nous apprend Alex. Lenoir dans son Histoire dits arts en France, in-8", t. I, p. 152. Déjà il avait été élevé un autre tombeau à ce prince et à sa femme vers le vue siècle, et il élail orné de deux bustes d'argent doré. Félibien ci-dessus cilé, p. 547 et Ém.'ric David, Discours sur la sculpture, tr* édition, p. 3U, citent ce monument de sculpture et d'orfèvrerie, mais ce tombeau et ces bustes ne sont pas venus jusqu'à nous.
(3) Quel que soit celui qui a eu l'idée de faire scier ce monument en d< ux, nous devons lui en savoir gré, puisqu il a trouvé le seul moyeu, par celle opération
pi. clïiï du tome II de l'ouvrage intitulé : Monuments français, etc., in-folio, et le texte, p. M,
On en doit la gravure à M. Leroy dont la pointe spirituelle a si bien reproduit tous les détails de cette curieuse sculpture.
Nous nous permettrons cependant encore de faire remarquer que le graveur a oublié de reproduire les flammes infernales qui remplissent plusieurs arcades placées au-dessus de la barque dans laquelle la bande satanique emmenait sans pitié l'âme de Dagobert, si saint Denis ne fût intervenu dans ce moment critique et presque désespéré. On trouve encore une gravure du mausolée de Dagobert dans le 1er volume du Musée de M. Alex. Lenoir. Voir pi. xix bis, n° 5 du catalogue et dans la France monumentale d'Ab. Hugo, in-8°, t. I, pi. xxiv, mais un peu dénaturé.
Nous citerons encore la statue provenant de ce mausolée , publiée par Bonfons et Dubreul, les Antiquités et choses les plus remarquables de Paris, etc., éd. in-12, p. 70, avec cette épitaphe: Cy gist Dagobert fondateur, etc. Mais cette figure n'est nullement exacte pour la tête ni pour les draperies, ce n'est pas ainsi que l'on sculptait au xur siècle. Elle n'est même pas placée exactement, car sur le mausolée on ne peut la voir que de profil et non de face comme
Dagobert accordant à saint Ouen la charte du privilège de la Fierté. Vitrail du 16e siècle. Ici les costumes n'ont aucun rapport avec ceux de l'époque des personnages; Langlois du Pont-de-1'Arche, Histoire de la peinture sur verre, in-8°, Rouen.
Sceau de Dagobert. Trésor de la couronne de France, t. 1, planche xn , n° 6. Beaunier et Ralhier, Costumes français, t. I, pi. xxvi. *
Monuments funèbres de ses fils, ib., planche xiii. Dubreul et Bonfons , Antiquités de Paris, pi. de la p. 02.
hardie, de nous faire connaître cette autre face représentant le mausolée de Naniilde qui était resté tellement ignoré que ni Dubreul, ni Bonfons, ni Félibien, ni M. Alex. Lenoir, ni de Hoquelort, ni M Biet, ni d'autres n'en parlent, et qu'il serait resté ainsi inconnu pour toujours, à moins de le replacer dans une des arcades du chœur, comme il y était autrefois. Sans doute que I impérieuse loi de la syrnélrie a forcé rarebiteele de l'église de Saint-Oenisà prendre le parti que nous voyons; et d'ailleurs, depuis longtemps, les moines et les chefs ecclésiastiques eux mêmes ne voulaient plus de monuments funèbres dans le chœur oudans les nefs, ce qui cependant devait être irés-imposant au moyen âge, alors que tout était d'accord, et que les pierres tombales tapissaient de leur luxe féodal ou ecclésiasiique le pavé de toutes les églises, les cloîtres, les salles capilulaires, les chapelles et bien d'autres lieux.