‹ Dictionnaire infernalChapitre 109 sur 368 · DÉ M · texte numérisé non relu

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1er à l'orgueil ; ils osèrent se croire aussi grands que leur Créateur , et entraînèrent dans leur crime une partie de l'armée des anges. Satan , le premier des Séraphins et le plus grand de tous les êtres créés J, s'était mis à la tête des rebelles. Il jouissait dans le ciel d'une gloire inaltérable et ne reconnaissait d'autre maître que l'Éternel. Une folle ambition causa sa perte ; il voulut régner sur la moitié du ciel, et siéger sur un trône aussi élevé que celui du Créateur. L'archange Michel et les anges restés dans le devoir lui livrèrent combat. Satan fut vaincu et précipité dans l'abîme avec tous ceux de son parti 2. — Dieu exila les anges déchus loin du ciel, dans un lieu que nous nommons l'enfer ou Vabùne. ■ — Quelques opinions placent l'enfer au centre de notre globe. Plusieurs rabbins disent que les démons habitent l'air, qu'ils remplissent. Saint Prosper les place dans les brouillards. Swinden a voulu démontrer qu'ils logeaient dans le soleil ; d'autres les ont logés dans la lune. Bornons-nous à savoir qu'ils sont dans les lieux inférieurs, bien loin du soleil et de nous, comme dit Milton, et que Dieu leur permet toutefois de tenter les hommes qui sont sur la terre, et de les porter au mal. — Tout chrétien connaît la dure et incontestable histoire du péché originel, réparé, dans ses effets éternels, par la divine rédemption. On sait aussi que depuis la venue du Messie le pouvoir des dénions, resserré dans d'étroites limites, se borne à un rôle vil et t 'mébreux, qui a produit quelques tristes récits mêlés souvent de mensonge. — On ne sait trop se figurer le nombre des démons. Wiérus, toutefois, comme s'il les avait comptés, dit qu'ils se divisent en six mille six cent soixante-six légions, composées chacune de six mille six cent soixante-six anges ténébreux ; il en élève ainsi le nombre à quarante-cinq millions, ou à peu près, et leur donne soixantedouzeprinces, ducs, marquis, prélats ou comtes. — Mais il y en a bien davantage, et ils ont leur bonne part dans le mal qui se fait ici-bas, puisque les mauvaises inspirations viennent d'eux seuls. Honte et malheur â qui les écoute î — Selon Michel Psellus, les démons se divisent en six grandes sections. Les premiers sont les démons du feu, qui en habitent les régions éloignées ; les seconds sont les démons de l'air, qui volent autour de nous, et ont le pouvoir d'exciter les orages ; les troisièmes sont les démons de la terre, qui se mêlent avec les hommes et s'occupent de les tenter;

1 Quique creaturse prsel'ulsit in ordine primus.... Aie. Aviti poem., lib. il.

1 Apocalypse, ch. v, vers. 7 et 9.

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les quatrièmes sont les démons des eaux, qui habitent la mer et les rivières, pour y élever des tempêtes et causer des naufrages; les cinquièmes sont les démons souterrains, qui préparent les tremblements de terre, soufflent les volcans, font écrouler les puits et tourmentent les mineurs; les sixièmes sont les démons ténébreux, ainsi nommés parce qu'ils vivent loin du soleil et ne se montrent pas sur la terre. On ne sait trop où Michel Pselius a trouvé ces belles choses; mais c'est dans ce système que les cabalistes ont imaginé les salamandres, qu'ils placent dans les régions du feu ; les sylphes, qui remplissent l'air ; les ondins, ou nymphes, qui vivent dans l'eau, et les gnomes, qui sont logés dans l'intérieur de la terre. — Des doctes ont prétendu que les démons multiplient entre eux comme les hommes ; ainsi , leur nombre doit s'accroître surtout si l'on considère la durée de leur vie, que quelques savants ont bien voulu supputer; car il en est qui ne les font pas immortels. Hésiode leur donne une vie de six cent quatre -vingt mille quatre cents ans. Plutarque, qui ne conçoit pas bien qu'on ait pu faire l'expérience d'une si longue vie, la réduit à neuf mille sept cent vingt ans..... — Il y aurait encore bien des choses à dire sur les démons et sur les diverses opinions qu'on s'est faites d'eux. On trouvera généralement ces choses, à leurs articles, dans ce dictionnaire. — Les Moluquois s'imaginent que les démons s'introduisent dans leurs maisons par l'ouverture du toit, et apportent un air infect qui donne la petite-vérole. Pour prévenir ce malheur, ils placent à l'endroit où passent ces démous certaines petites statues de bois pour les épouvanter, comme nous hissons des hommes de paille sur nos cerisiers pour écarter les oiseaux. Lorsque ces insulaires sortent le soir ou la nuit, temps destiné aux excursions des esprits malfaisants, ils portent toujours sur eux un oignon ou une gousse d'ail, avec un couteau et quelques morceaux de bois; et quand les mères mettent leurs enfants au lit, elles ne manquent pas de mettre ce préservatif sous leur tète. — Les Chingulais, pour empêcher que leurs fruits ne soient volés, annoncent qu'ils les ont donnés aux démons. Dès lors, personne n'ose y toucher. — Les Siamois ne connaissent point d'autres démons que les âmes des méchants qui, sortant des enfers où elles étaient détenues, errent un certain temps dans ce monde et font aux hommes tout le mal qu'elles peuvent. De ce nombre sont encore les criminels exécutés, les enfants mort-nés, les femmes mortes en couches et ceux qui ont été tués en duel. Voy. Diable.

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