‹ Dictionnaire infernalChapitre 131 sur 368 · EMP · texte numérisé non relu

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sifflet faire venir devant lui qui bon lui semble, s'en servir comme d'un esclave, et le vendre même s'il le juge à propos.

Émeraude. — La superstition a long- temps attribué à cette pierre des vertus miraculeuses, telles entre autres que celles d'empêcher les symptômes du mal caduc, et de se briser lorsque la crise est trop violente pour qu'elle puisse la vaincre. La poudre de franche émeraude arrêtait , disait-on , la dyssenterie et guérissait la morsure des animaux venimeux. Les peuples de la vallée de Manta, au Pérou, adoraient une émeraude grosse comme un œuf d'autruche, et lui offraient d'autres émeraudes.

Emma, — fille de Richard II, duc de Normandie. Cette princesse épousa Élhelred , roi d'Angleterre , et en eut deux fils , dont l'un régna après la mort de son père ; c'est saint Edouard. Ce prince écoutait avec déférence les pieux avis de sa mère ; mais Godwin , comte de Kent, qui était son ministre, et qui voyait avec peine son autorité partagée avec Emma , chercha à perdre cette princesse : il l'accusa de différents crimes, et il eut l'adresse de faire appuyer son accusation par plusieurs seigneurs mécontents comme lui du pouvoir d'Emma. Le roi dépouilla sa mère de toutes ses richesses. — La princesse eut recours à Alvvin, évêque de Winchester, son parent. Le comte de Kent, voulant écarter un protecteur aussi puissant, accusa la princesse d'un commerce infâme avec ce prélat : cette odieuse accusation , appuyée par les ennemis de la princesse et de l'évèque , fit impression sur l'esprit d'Édouard ; il eut la faiblesse de mettre sa mère en jugement , elle fut condamnée à se purger par l'épreuve du feu. — La coutume de ce temps-là voulait que l'accusé passât nupieds sur neuf coutres de charrue rougis au feu, et la condamnation portait qu'Emma ferait sur ces coulres neuf pas pour elle-même et cinq pour l'évèque de Winchester : elle passa en prières la nuit qui précéda cette périlleuse épreuve; puis elle marcha sur les neuf coutres au milieu de deux évèques , habillée comme une simple bourgeoise et les jambes nues jusqu'aux genoux. Le feu ne lui tit aucun mal , de sorte que son innocence fut reconnue.

Émodes , — démon de Madeleine de La Palud. Voy. Gaifridi.

Emole , — génie que les basilidiens invoquaient dans leurs cérémonies magiques.

Gmpuse, — démon de midi, qu'Aristophane, dans sa comédie des Grenouilles, représente comme un spectre horrible, qui prend diverses

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formes, de chien, de femme, de bœuf, de vipère, qui a le regard atroce, un pied d'âne et un pied d'airain, une flamme autour de la tête, et qui ne cherche qu'à faire du mal. — Les paysans grecs et russes, qui ont conservé des idées populaires attachées à ce monstre , tremblent au temps des foins et des moissons à la seule pensée de l'Empuse, qui, dit-on , rompt bras et jambes aux faucheurs et aux moissonneurs s'ils ne se jettent la face en terre lorsqu'ils l'aperçoivent, On dit même en Russie qne l'Empuse et les démons de midi , qui sont soumis à cet horrible fantôme, parcourent quelquefois les rues à midi en habits de veuve, et rompent les bras à ceux qui osent les regarder en face. — Le moyen de conjurer l'Empuse et de s'en faire obéir chez les anciens, c'était de lui dire des injures; chacun a ses goûts. — Vasco de Gama , cité par Leloyer *, rapporte qu'il y a dans la ville de Calicut un temple consacré à des démons qui sont des espèces d'Empuses. Personne n'ose entrer dans ces temples, surtout le mercredi, qu'après que le midi est passé ; car si on y entrait à cette heure-là, on mourrait à l'instant même.

Énarque. — Il revint de l'autre monde ( ou d'une syncope) après avoir passé plusieurs jours en enfer, et raconta à Plutarque luimême tout ce qui concernait Pluton , Minos, Éaque, les Parques, etc. 2.

Encens. — « En la région Sachalite , qui n'est autre que le royaume de Tartas, l'encens qui s'y recueillait se mettait à grands monceaux en certaine place, non loin du port, où les marchands abordaient. Cet encens n'était gardé de personne, parce que le lieu était assez gardé des démons; et ceux qui abordaient près de la place n'eussent osé, en cachette ni ouvertement, prendre un seul grain d'encens et le mettre en leur navire sans la licence et permission expresse du prince ; autrement leurs navires étaient retenus par la puissance secrète des démons, gardiens de l'encens, et ne pouvaient se mouvoir ni partir du port3. »

Enchantements. — On entend par enchantement l'art d'opérer des prodiges par des paroles chantées ; mais on a beaucoup étendu le sens de ce mot. — On voyait, au rapport de Léon l'Africain , tout au haut des principales tours de la citadelle de Maroc, trois pommes d'or d'un prix inestimable, si bien gardées par enchantement que les rois de Fez n'y ont

1 Histoire des spectres, etc., liv. in, ch. 14.

2 M.Salgues, Des Erreurs et des préjugés, t. Ier, p. 313.

3 Leloyer, Disc, et hist. des spectres, p. 415.

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jamais pu toucher, quelques efforts qu'ils aient faits. Ces pommes d'or ne sont plus. — Marc Paul conte que des Tartares ayant pris huit insulaires de Zipangu, avec qui ils étaient en guérie, se disposaient à les décapiter; mais ils n'en purent venir à bout, parce que ces insulaires portaient au bras droit, entre cuir et chair, une petite pierre enchantée qui les rendait insensibles au tranchant du cimeterre ; de sorte qu'il fallut les assommer pour les faire mourir. Voy. Paroles magiques, Charmes, Fascination , Tour enchantée, etc. — On entend souvent par enchantement quelque chose de merveilleux. Les arts ont aussi produit des enchantements, mais naturels et regardés comme œuvre de magie, par ceux-là seuls qui lui attribuent gratuitement tout ce qui est extraordinaire. — M. Van Estin, dit Decremps , dans sa Magie blanche dévoilée , nous fit voir son cabinet de machines. Nous entrâmes dans une salle , bien éclairée par de grandes fenêtres pratiquées dans le dôme. « Vous voyez, nous dit-il , tout ce que j'ai pu rassembler de piquant et de curieux en mécaniques ; » cependant, nous n'apercevions de tout côté que des tapisseries sur lesquelles étaient représentées des machines utiles, telles que des horloges, des pompes, des pressoirs, des moulins à vent, des vis d'Archimède, etc. & Toutes ces pièces ont apparemment beaucoup de valeur, dit en riant M. Hill ; elles peuvent récréer un instant la vue , mais il paraît qu'elles ne produiront jamais de grands effets par leurs mouvements. » M. Van Estin • répondit par un coup de sifflet: aussitôt les quatre tapisseries se lèvent et disparaissent , la salle s'agrandit, et nos yeux éblouis voient ce que l'industrie humaine a inventé de plus étonnant: d'un côté, des serpents qui rampent, des fleurs qui s'épanouissent, des oiseaux qui chantent; de l'autre , des cygnes qui nagent, des canards qui mangent et qui digèrent, des orgues jouant d'elles-mêmes et des automates qui touchent du clavecin.

M. Van Estin donna un second coup de sifflet, et tous les mouvements furent suspendus. — Un instant après , nous vîmes un canard nageant et barbotant dans un vase , au milieu duquel était un arbre. Plusieurs serpents rampaient autour du tronc , et allaient successivement se cacher dans les feuillages. Dans une cage voisine, étaient deux serins qui chantaient en s'accompagnant, un homme qui jouait de la flûte, un autre qui dansait, un petit chasseur et un sauteur chinois, tous artificiels et obéissant au commandement. Voy. Mécanique.

Encbiridion, — Voy. LÉON.

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