F LA
fait, qui conduit et conserve tout. Daignez me l'envoyer du ciel, votre sanctuaire , et du trône de votre gloire, afin qu'elle soit et qu'elle travaille en moi; car c'est elle qui est la maîtresse de tous les arts célestes et occultes, qui possède la science et l'intelligence de toutes choses ; faites qu'elle m'accompagne dans toutes mes œuvres ; que par son esprit j'aie la véritable intelligence; que je procède infailliblement dans l'art noble auquel je me suis consacré , dans la recherche de la miraculeuse pierre des sages que vous avez cachée au monde , mais que vous avez coutume au moins de découvrir à vos élus; que ce grand œuvre que j'ai à faire ici-bas , je le commence, je le poursuive et je l'achève heureusement; que, content, j'en jouisse à toujours. Je vous le demande par Jésus-Christ, la pierre céleste, angulaire, miraculeuse, et fondée de toute éternité, qui commande et règne avec vous 1 , » etc. — Cette prière eut tout son effet, puisque Flamel convertit d'abord du mercure en argent, et bientôt du cuivre en or. — Il ne se vit pas plutôt en possession de la pierre philosophale , qu'il voulut que des monuments publics attestassent sa piété et sa prospérité. Il n'oublia pas aussi de faire mettre partout ses statues et son image, sculptées , accompagnées d'un écusson où une main tenait une écriloire en forme d'armoirie. Il fit graver aussi le portrait de sa femme, Pernelle, qui l'accompagna dans ses travaux alchimiques. — Flamel fut enterré dans l'église de Saint-Jacques-la-Boucherie, à Paris. Après sa mort, plusieurs personnes se sont imaginé que toutes ces peintures et sculptures allégoriques étaient autant de symboles cabalistiques qui renfermaient un sens qu'on pouvait mettre à profit. Sa maison , vieille rue de Marivaux, n° 16, passa dans leur imagination pour un lieu où l'on devait trouver des trésors enfouis; un ami du défunt s'engagea, dans cet espoir, à la restaurer gratis ; il brisa tout et ne trouva rien. — D'autres ont prétendu que Flamel n'était pas mort, et qu'il avait encore mille ans à vivre; il pourrait même vivre plus , en vertu du baume universel qu'il avait découvert. Quoi qu'il en soit, le voyageur Paul Lucas affirme, dans une de ses relations, avoir parlé à un derviche, ou moine turc , qui avait rencontré Nicolas Flamel et sa femme s'embarquant pour les Indes. — On ne s'est pas contenté de faire de Flamel un adepte , on en a fait aussi un auteur. En 4561 , cent quarante-trois ans après sa mort , Jacques Gohorry publia , in-1 8 , sous
,i HyJrolicus sophicus seu aquarium sapicnt. Bibl. chim. de Manget, t. II, p. 557.
\ — FLA le titre de Transformation métallique , trois traités en rhythme français : la Fontaine des amoureux des sciences; les Remontrances de nature à V alchimiste errant, avec la réponse, par Jean de Meung , et le Sommaire philosophique attribué à Nicolas Flamel. On met aussi sur son compte le Désir désiré , ou Trésor de philosophie , autrement le Livre des six paroles, qui se trouve avec le Traité du soufre, du cosmopolite, et l'œuvre rovale de Charles VI, Paris, 1618, 1629, ih-8°. On le fait encore auteur du grand Eclaircissement de la pierre philosophale pour la transmutation de tous métaux, in— 8°, Paris, 1628. L'éditeur promettait la Joie parfaite de moi } Nicolas Flamel, et de Pernelle, ma femme, lequel n'a point paru ; on a donné enfin la Musique chimique , opuscule très-rare , et d'autres fatras qu'on ne recherche plus. — Au résumé, Flamel était un homme laborieux, qui fit quelque fortune en travaillant avec les juifs; et, comme il en fit mystère, on l'attribua à des moyens merveilleux. — L'abbé de Villars fit de Flamel, dans le Comte de Gabalis, un chirurgien qui commerçait avec les esprits élémentaires. On a débité sur lui mille conles singuliers; et de nos jours un chercheur de dupes, ou peut-être un plaisant, répandit en mai 1 81 8 , dans les cafés de Paris , une espèce d'avertissement où il déclarait qu'il était le fameux Nicolas Flamel, qui recherchait la pierre philosophale au coin de la rue Marivaux, à Paris, il y a plus de quatre cents, ans; qu'il avait voyagé dans tous les pays du monde, et qu'il prolongeait sa carrière depuis quatre siècles par le moyen de Yélixir de vie, qu'il avait le bonheur de posséder. Quatre siècles de recherches l'avaient rendu, disaitil , très-savant , et le plus savant des alchimistes. Il faisait de l'or à volonté. Les curieux pouvaient se présenter chez lui , rue de Cléry, n° 22 , et y prendre une inscriptinn qui coûtait trois cent mille francs, moyennant quoi ils seraient initiés aux secrets du maître, et se feraient sans peine un un million huit cent mille francs de rente....
Flaque (Louis-Eugène), — sorcier jugé à Amiens en 1825. On l'accusa d'escroqueries à l'aide d'opérations magiques et cabalistiques , de complicité avec Boury, teinturier, logé rue des Hautes-Cornes , à Amiens , et encore avec François Russe, laboureur de Conti. — Au mois de mars 1825, la cour royale d'Amiens confirma un jugement par lequel il appert que les trois individus susnommés ont, par des manœuvres frauduleuses , persuadé à des particuliers l'existence d'un pouvoir mystérieux surnaturel ; sur quoi ,