‹ Dictionnaire infernalChapitre 166 sur 368 · GAB · texte numérisé non relu

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Gaap (autrement dit Tap)> — voy. Tap.

Gabinius ou Gabienus. — Dans la guerre de Sicile, entre Octave et Sextus-Pompée. un des gens d'Octave, nommé Gabinius, ayant été fait prisonnier, eut la tète coupée. Un loup emporta cette tête; on l'arracha au loup, et sur le soir on entendit ladite tête qui se plaignait et demandait à parler à quelqu'un. On s'assembla autour; alors la bouche de cette tète dit aux assistants qu'elle était venue des enfers pour révéler à Pompée des choses importantes. Pompée envoya aussitôt un de ses lieutenants , à qui le mort déclara que Pompée serait vainqueur. La tête chanta ensuite dans un poème les malheurs qui menaçaient Rome; après quoi elle se tut, à ce que disent Pline et Valère Maxime. — Si ce trait a quelque fondement , c'était une fourberie inventée pour relever le courage des troupes; mais elle n'eut point de succès : Sextus-Pompée, vaincu et sans ressource, s'enfuit en Asie , où il fut tué par les gens de Marc- Antoine.

Gabkar. — Les Orientaux croient à une ville fabuleuse appelée Gabkar, qu'ils disent située dans le désert habité par les génies.

Gabriel (Gilles) , — a écrit au dix-septième siècle un essai de la morale chrétienne comparée à la morale du diable : Specimina moralis christianœ et moralis diabolicœ in 'praœi. Bruxelles , 1675, in-12.

Gabrielle. — Dans le Vexin français , le bourgeois qui a quatre filles et veut avoir un garçon, nomme la dernière Gabrielle, charme qu'il croit de nature à lui amener infailliblement un fils.

Gabrielle d'Bstrées, — maîtresse de Henri IV, morte en '1 599. Elle cherchait à épouser le roi , et se trouvait logée dans la maison de Zamet, riche financier de ce temps. Comme elle se promenait dans les jardins, elle fut frappée d'une apoplexie foudroyante. On la porta chez sa tante, madame de Sourdis. Elle eut une mauvaise nuit ; le lendemain elle éprouva des convulsions qui la firent devenir toute noire; sa bouche se contourna, et elle expira horriblement défigurée. On parla diversement de sa mort; plusieurs en chargèrent le diable. On publia qu'il l'avait étranglée.

Gabrielle de P., — auteur de V Histoire des Fantômes et des Démons qui se sont mon-

trés parmi les hommes, in-12, 4 819 , et du Démoniana , ou Anecdotes sur les apparitions de démons, de lutins et de spectres, in-18 ,

Gaeth , — dieu des morts chez les Kamtschadales. Voy. Lézards.

Gaffarel (Jacques) , — hébraïsant et orientaliste, né en Provence en 1 601 , mort en 4 681 . Ses principaux ouvrages sont : Mystères secrets de la cabale divine , défendus contre les paradoxes des sophistes , Paris, 1825, in-4°. Curiosités inouïes sur la sculpture talismanique des Persans, V horoscope des patriarches et la Lecture des Etoiles , Paris , 1629 , in-8°. Index de 19 cahiers cabalistiques dont sest servi Jean Pic de La Mirandole , Paris, 4 654 , in-8°. Histoire universelle du monde souterrain, contenant la description des plus beaux antres et des plus rares grottes, caves } voûtes , cavernes et spélonques de la terre. Le prospectus de ce dernier ouvrage fut imprimé à Paris, 1666, in-folio de 8 feuillets : il est très-rare. Quant au livre, il ne parut pas à cause de la mort de l'auteur. On dit que c'était un monument de folie et d'érudition. 11 voyait des grottes jusque dans l'homme, dont le corps présente mille cavités : il parcourait les cavernes de l'enfer, du purgatoire et des limbes, etc.

Gaïlan. — Les Arabes appellent ainsi une espèce de démon des forêts , qui tue les hommes et les animaux.

Gaillard, — voy. CoiRIÈRES.

Gaius, — aveugle guéri par un prodige, du temps d'Antonin. Esculape l'avertit, dans un songe, de venir devant son autel , de s'y prosterner, de passer ensuite de la droite à la gauche, de poser ses cinq doigts sur l'autel, de lever la main, et de la mettre sur ses yeux. Il obéit, et recouvra la vue en présence du peuple, qui applaudit avec transport. C'était une singerie qu'on faisait pour balancer les miracles réels du christianisme.

Galachide ou Garachide , — pierre noirâtre, à laquelle des auteurs ont attribué plusieurs vertus merveilleuses, celle entre autres de garantir celui qui la tenait des mouches et autres insectes. Pour en faire épreuve, on frottait un homme de miel pendant l'été, et on lui faisait porter cette pierre dans la main droite; quand cette épreuve réussissait, on

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reconnaissait que la pierre était véritable. On prétendait aussi qu'en la portant dans sa bouche , on découvrait les secrets des autres.

Galanta, — sorcière du seizième siècle.

Elle donna un jour une pomme à goûter à la fille du suisse de l'église du Saint-Esprit à Bayonne, qui désirait en avoir trois paniers. Celte fille n'eut pas plutôt mordu la pomme, qu'elle tomba du haut-mal, et la force du maléfice fut telle qu'elle en fut tourmentée toute sa vie. Aussitôt qu'elle voyait la sorcière, les accès lui prenaient très-violemment: « ce qui a été confirmé devant nos yeux, » comme dit Delancre. De nos jours on n'attribuerait pas cela au sortilège ; mais alors on poursuivit la sorcière.

Galien. — Le plus grand médecin des temps passés après Hippocrate. On lui attribue un Traité des enchantements, et les médecins empiriques ont souvent abusé de son nom.

Galigaî (Léonora) , — épouse du maréchal d'Ancre Concino Concini , qui fut tué par la populace en 4617. On la crut sorcière. On publia que par ses maléfices elle avait ensorcelé la reine; surtout lorsqu'on eut trouvé chez elle trois volumes pleins de caractères magiques, cinq rouleaux de velours destinés à dominer les esprits des grands, des amulettes qu'elle se mettait au cou, des agnus que l'on prit pour des talismans et une lettre que Léonora avait ordonné d'écrire à une sorcière nommée Isabelle. Il fut établi au procès que le maréchal et sa femme se servaient , pour envoûter, d'images de cire qu'ils gardaient dans de petits cercueils; qu'ils consultaient des magiciens, des astrologues et des sorciers; qu'ils en avaient fait venir de Nancy pour sacrifier des coqs, et que dans ces cérémonies Galigaî ne mangeait que des crêtes de coq et des rognons de bélier qu'elle faisait charmer auparavant. Elle fui encore convaincue de s'être fait exorciser par un certain Matthieu de Montanay, charlatan sorcier. Sur ses propres aveux, dit-on, elle eut la tête tranchée, et fut brûlée en 4 617. Cependant le président Courtin lui demandant par quel charme elle avait ensorcelé la reine, elle répondit fièrement : « Mon sortilège a été le pouvoir que les âmes fortes ont sur les âmes faibles. »

Galilée. — Les protestants, copiés par les jansénistes, ont beaucoup déclamé contre la prétendue persécution qu'essuya Galilée , à cause de ses découvertes astronomiques. On a fait fracas de sa prétendue condamnation au tribunal de l'inquisition romaine. Mais il est prouvé, depuis long-temps déjà, qu'on

en impose dans ces récits infidèles. Galilée ne fut pas censuré comme astronome, mais comme mauvais théologien ; car il voulait expliquer la Bible. Ses découvertes , à l'appui du système de Copernic , ne lui eussent pas fait plus d'ennemis qu'à cet autre savant. Ce fut son entêtement à vouloir concilier, à sa manière, la Bible et Copernic, qui le fit rechercher par l'inquisition. En même temps que lui vivaient à Rome plusieurs hommes célèbres, et le saint-siége n'était pas entouré d'ignorants. En 4 614. pendant son premier voyage à Rome, Galilée fut admiré et comblé d'honneurs par les cardinaux et les grands seigneurs auxquels il montra ses découvertes. Lorsqu'il y retourna, en 1615, le cardinal Delmonte lui traça le cercle dans lequel il devait prudemment se renfermer. Mais son ardeur et sa vanité l'emportèrent. « 11 exigeait, dit Guichardin , que le pape et le saint-office déclarassent le système de Copernic fondé sur la Bible. » Il écrivit à ce sujet mémoires sur mémoires. Paul V, fatigué de ses instances , accorda que cette controverse fût jugée dans une congrégation. Malgré tout l'emportement qu'y mit Galilée, il ne fut point intéressé dans le décret rendu par la congrégation, qui déclara seulement que le système de Copernic ne paraissait pas s'accorder avec la Bible. Avant son départ, il eut une audience très-gracieuse du pape, et Bellarmin se borna, sans lui interdire aucune hypothèse astronomique , à lui interdire ses prétentions théologiques. — Quinze ans après, en 1632, sous le pontificat d'Urbain VIII, Galilée imprima ses célèbres dialogues Délie due massime sisteme del mondo, avec une permission et une approbation supposées; personne ne réclama. Il fit reparaître ses mémoires écrits en 4 61 6 , où il s'efforçait d'ériger la rotation du globe sur son axe en question de dogme. Ses bravades le firent citer à Rome. Il y arriva le 3 février 4 633. Il ne fut point logé à l'inquisition , mais au palais de l'envoyé de Toscane. Un mois après il fut mis, non dans les prisons de l'inquisition, comme tant de menteurs l'ont écrit , mais dans l'appartement du fiscal. Au bout de dix-huit mois, s'étant rétracté , c'est-à-dire ayant renoncé à sa conciliation de Copernic et de la Bible, seule question qui fût en cause , il s'en retourna dans sa patrie. Voici ce qu'il écrivait en 4 633, au P. Récénéri , son disciple : — « Le pape me croyait digne de son estime. Je fus logé dans le délicieux palais de la Trinité du Mont. Quand j'arrivai au saint-office, deux pères dominicains m'invitèrent très-honnêtement à faire mon apologie. J'ai été obligé

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