GER
GEY
que Dieu ne te traite dans sa rigueur, et ne te retire la miséricorde que lu nous refuses, et surtout garde-toi bien d'exécuter la résolution que tu as prise d'aller à la guerre avec le comte Amédée ; si tu y vas , tu y perdras la vie et les biens. » — Humbert se disposait à répondre au fantôme, lorsque l'écuyer Richard de Marsay, conseiller de Humbert, arriva venant de la messe ; aussitôt le mort disparut. Dès ce moment Humbert, travailla sérieusement à soulager son père et Geoffroi, et il fit le voyage de Jérusalem pour expier ses péchés. — Ce fait est rapporté par Pierre le Vénérable.
Géomancie OU Géomance , — divination
par la terre. Elle consiste à jeter une poignée de poussière ou de terre , au hasard , sur une table, pour juger des événements futurs, par les lignes et les figures qui en résultent, c'est à peu près la même. chose que le marc de café. Voy. Marc de café. — Selon d'autres elle se pratique, tantôt en traçant par terre des lignes et des cercles, sur lesquels on croit pouvoir deviner ce qu'on a envie d'apprendre ; tantôt en faisant au hasard , par terre ou sur le papier, plusieurs points sans garder aucun ordre ; les figures que le hasard forme alors fondent un jugement sur l'avenir ; tantôt enfin en observant les fentes et les crevasses qui se font naturellement à la surface de la terre, d'où sortent, dit-on, des exhalaisons prophétiques, comme de l'antre de Delphes.
Gerbert. — Voy. SYLVESTRE IL
Géréahs. — Les habita tants de Ceylan croient les planètes occupées par autant d'esprits qui sont les arbitres de leur sort. Ils leur attribuent le pouvoir de rendre leurs favoris heureux en dépit des démons. Ils forment autant d'images d'argile appelées Géréahs, qu'ils supposent d'esprits mal disposés, et leur donnent des figures monstrueuses ; le festin qui suit en cette occasion est accompagné de tambours et de danses jusqu'au point du jour ; les images sont jetées sur les grands chemins, où elles reçoivent les coups et épuisent la colère des démons malintentionnés.
Germanicus , — général romain qui fut empoisonné par Plancine. On ne dit pas si ce fut par des parfums ou par le poison ; mais ce qui est certain, dit Tacite, c'est que l'on trouva dans sa demeure des ossements et des cendres de morts arrachés aux tombeaux , et le nom de Germanicus écrit sur une lame de plomb qu'on avait dévouée à l'enfer *.
1 Leloyer, lïist. des spectres et apparitions des esprits, p. 370.
Gerson ( Jean Charmer de). — Chancelier, pieux et savant, de l'université de Paris, mort en 1 429 , auteur de Y Examen des esprits où l'on trouve des règles pour discerner les fausses révélations des véritables , et de V Astrologie réformée, qui eut un grand succès. Nous ne parlons pas ici de ses ouvrages de piété.
Gert (Berthomine de ) , — sorcière de la ville de Préchac en Gascogne , qui confessa vers 1 608 que lorsqu'une sorcière revenant du sabbat était tuée dans le chemin, le diable avait l'habitude de prendre sa figure, et de la faire reparaître et mourir dans son logis pour la tenir en bonne réputation. Mais si celui qui l'a tuée a quelque bougie ou chandelle de cire sur lui, et qu'il en fasse une croix sur la morte, le diable ne peut, malgré toute sa puissance , la tirer de là , et par conséquent est forcé de l'y laisser 9.
Gervais, — archevêque de Reims, mort en '1067, dont on conte cetle aventure. Un chevalier normand qui le connaissait voulant, pour le besoin de son âme , aller à Rome visiter les tombeaux des saints apôtres, passa par Reims, où il demanda à l'archevêque sa bénédiction, puis il reprit son chemin, dont il s'était écarté. Il arriva à Rome, et fit ses oraisons. Il voulut ensuite aller au mont Saint-Ange. Dans son chemin , il rencontra un ermite qui lui demanda s'il connaissait Gervais , archevêque de Reims ; à quoi le voyageur répondit qu'il le connaissait. — Gervais est mort, reprit l'ermite. — Le Normand demeura stupéfait; il pria l'inconnu de lui dire comment il savait cette nouvelle. — L'ermite lui répondit, qu'ayant passé la nuit en prières dans sa cellule, il avait entendu le bruit d'un foule de gens qui marchaient le long de sa cellule en faisant beaucoup de bruit; qu'il avait ouvert sa fenêtre, et demandé où ils allaient; que l'un d'eux lui avait répondu : — Nous sommes les anges de Satan , nous venons de Reims. Nous emportions l'âme de Gervais; mais à cause de ses bonnes œuvres , on vient de nous l'enlever, ce qui nous fâche cruellement. — Le pèlerin remarqua le temps et le jour où il avait appris tout cela, et, de retour à Reims, il trouva que l'archevêque Gervais était mort à la même heure 3.
Geyserio, — démoniaque goth, dont Pâme fut emportée par le diable en enfer, après que
1 De probatione spirituum, etc.
a Delancre, Tableau de l'inconstance des démotts.etd, p. 455.
3 Manuscrit de la Bibliothèque royale, rapporté pat Lenglet-Dufrcsnoy, Dissertations, t, P*.
gil — :
son corps eût crevé , comme ceux de Bucer et d'Arius, pendant qu'il était au lit '.
Ghilcul ou Gilgul. — Chez les juifs modernes, c'est la métempsycose ou transmigration des âmes en d'autres corps , doctrine reçue dans quelques-unes de leurs sectes.
Ghirardelîi (Corneille), — franciscain, né à Bologne vers la fin du seizième siècle. Il étudia l'astrologie et la métoposcopie ; on connaît de lui des discours astrologiques, des almanachs comme celui de Matthieu Laensberg , enfin la Céphalonie Physionomique , avec cent têtes dessinées , et des jugements sur chaque figure , lesquels jugements sont renfermés en un sonnet rehaussé d'un distique; in-4°, 4 630.
Gholes. — La croyance aux vampires, aux gholes, aux lamies, qui sont à peu près le même genre de spectres, est répandue de temps immémorial chez les Arabes, chez les Perses, dans la Grèce moderne et dans tout l'Orient. Les Mille et une Nuits, et plusieurs autres contes arabes, roulent sur cette matière, et maintenant encore cette terrible superstition porte l'épouvante dans plusieurs contrées de la Grèce moderne et de l'Arabie.
Ghoolée-Beenban . — vampire , ou lamie , ou ghole. Les Afghans croient que chaque solitude, chaque désert de leur pays, est habité par un démon, qu'ils appellent le Ghoolée-Beenban , ou le spectre de la solitude. Ils désignent souvent la férocité d'une tribu en disant qu'elle est sauvage comme le démon du désert.
Giall, — fleuve des enfers Scandinaves; On le passe sur un pont appelé Giallar.
Gian-Ben-Gian , — VOy . GÉNIES.
Gibel, — montagne volcanique, au sommet de laquelle se trouve un cratère d'où l'on entend, lorsqu'on prête l'oreille, des gémissements et un bouillonnement effroyable. Les Grecs jetaient , dans ce soupirail, des vases d'or et d'argent, et regardaient comme un bon présage lorsque la flamme ne les repoussait pas ; car ils pensaient apaiser par là les dieux de l'enfer, dont ils croyaient que cette ouverture était l'entrée 2.
Gilbert, — démon dont parle Olaus Magnus. Il se montrait chez les Ostrogoths; et il avait enchaîné dans une caverne le savant Catillus, nécromancien suédois qui l'avait insulté 5.
1 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc\, p. 5.
2 Leloyer, Histoire des spectres ou apparitions des* esprits, p. 50.
3 Wierus, De prsest., p. 466.