‹ Dictionnaire infernalChapitre 22 sur 368 · ANG · texte numérisé non relu

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.-ail que je n'ai pas le moyen de le nourrir. Lève-toi, » ajoutait-il. L'âne n'en faisait rien. Ce que voyant , le maître annonçait que le Soudan avait fait crier à son de trompe que le peuple eût à se trouver le lendemain hors de la ville du Kaire, pour y voir de grandes magnificences. «Il veut, ajoutait-il, que les plus nobles dames soient, montées sur des ânes...» — L'âne se levait à ces mots, dressant la tête et les oreilles en signe de joie. « Il est vrai, ajoutait le bateleur, que le gouverneur de mon quartier m'a prié de lui prêter le mien pour sa femme , qui est une vieille roupilleuse édentée. » L'âne baissait aussitôt les oreilles et commençait à clocher comme s'il eût été boiteux l. — Ces ânes merveilleux, disent les démonographes, étaient, sinon des démons, au moins des hommes métamorphosés , comme Apulée, qui fut, ainsi qu'on sait, transmué en âne. Vincent de Beauvais parle2 de deux femmes qui tenaient une petite auberge auprès de Rome, et qui allaient vendre leurs hôtes au marché après les avoir changés en cochons de lait, en poulets, en moutons. Une d'elles, ajoute-t-il, changea un comédien en âne, et, comme il conservait ses talents sous sa nouvelle peau, elle le menait dans les foires des environs, où il lui gagnait beaucoup d'argent. Un voisin acheta très-cher cet âne savant; en le lui livrant, la sorcière se borna à lui recommander de ne pas le laisser entrer dans l'eau, ce que le nouveau maître de l'âne observa quelque temps. Mais un jour le pauvre animal , ayant trouvé moyen de rompre son licou , se jeta dans un lac, où il reprit sa forme naturelle, au grand étonnement de son conducteur. L'affaire fut portée au juge, qui fit châtier les deux sorcières. — Les rabbins font très-grand cas de l'ânesse de Balaam. C'est, disent-ils, un animal privilégié que Dieu forma à la fin du sixième jour. Abraham se servit d'elle pour porter le bois destiné au sacrifice d'Isaac; elle porta ensuite la femme et le fils de Moïse dans le désert. Ils assurent que cette ânesse est soigneusement nourrie et réservée dans un lieu secret jusqu'à l'avènement du Messie juif, qui doit la monter pour soumettre toute la terre. Voy. Borack.

Angat. — Nom du diable à Madagascar, où il est regardé comme un génie sanguinaire et cruel. On lui donne la figure du serpent.

Angelieri , — * Sicilien du dix-septième siècle, qui n'est connu que par un fatras dont

* Léon Africanus, part. S délia Africa, cité dans Leloyer.

? In Specul. natur., lib. fif, cap. 109.

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