LÉO
Lémures, — génies malfaisants ou âmes des morts damnés qui (selon les croyances superstitieuses) reviennent tourmenter les vivants, et dans la classe desquels il faut mettre les vampires. On prétend que le nom de Lémure est une corruption de Rémure , qui vient à son tour du nom de Rémus, tué par Romulus. fondateur de Rome; car après sa mort les esprits malfaisants se répandirent dans Rome *. Voy. Lares, Larves, Spectres, Vampires, etc.
Lenglet-Dufresnoy (NICOLAS) , — né à Beauvais en 1674, et mort en 1755. On lui doit 1° une Histoire de la philosophie hermétique, accompagnée iïun catalogue raisonné des écrivains de cette science , avec le véritable philalète, revu sur les originaux, 1742, 3 vol. in-12; 2° un Traité historique et dogmatique sur les apparitions , visions et révélations particulières , avec des observations sur les dissertations du R. P. Dom Calmet sur les apparitions et les revenants, 1751 , 2 vol. in-12; 3° un Becueil de Dissertations anciennes et nouvelles sur les apparitions, les visions et les songes, avec une préface historique et un catalogue des auteurs qui ont écrit sur les esprits, les visions, les apparitions, les songes et les sortilèges ; 1752, 4 vol. in-1 2. Nous avons puisé fréquemment dans ces ouvrages.
Le Nurmant (Martin) , — astrologue qui fut apprécié par le roi Jean, auquel il prédit la victoire qu'il gagna contre les Flamands 2.
Lenormant (MADEMOISELLE) , — Sibylle qui
exerçait avec bruit au faubourg Saint-Germain sous l'empire et sous la restauration. Elle devinait par les cartes et par le marc de café. Morte en 1843. Elle a publié des mémoires et des souvenirs sibylliens. On a donné aussi sous son nom , depuis sa mort, de prétendues prophéties. Le seul fait vrai en tout cela, c'est que sous l'empire mademoiselle Lenormant était un des organes de la .police de Napoléon.
Léon III, — élu pape en 795. On a eu l'effronterie de lui attribuer un recueil de platitudes et de choses ridicules, embrouillées dans des figures et des mots mystiques et inintelligibles, composé par un visionnaire, plus de trois cents ans après lui , sous le titre tfEnchiridion Leonispapœ 3. On a ajouté qu'il
1 Leloyer, Hist. des spectres ou Appar. des esprits, ch. 5.
2 Manuscrit cité à la fin des rem. de Joly sur Bayle.
3 Enchiridion Leonis papœ serenissimo imperatori Carolo Magno in munus pretiosum datum, nuperrime mendis omnibus purgatum , etc.
LÉO — i
avait envoyé ce livre à Charlemagne. — Voici le titre exact de cet ouvrage : Enchiridion du pape Léon, donné comme un présent précieux au sérénissime empereur Charlemagne, récemment purgé de toutes ses fautes. Rome, 4 670, in-42 long, avec un cercle coupé d'un triangle pour vignette, et à l'entour ces mots en légende : formation , réformation , transformation. Après un avis aux sages cabalistes, le livre commence par l'Évangile de saint Jean, que suivent les secrets et oraisons pour conjurer le diable. Voy. Conjurations, etc.
Léonard , — démon du premier ordre , grand maître des sabbats, chef des démons subalternes , inspecteur général de la sorcellerie, de la magie noire et des sorciers. On l'appelle souvent le Grand Nègre. Il préside au sabbat sous la figure d'un bouc de haute taille; il a trois cornes sur la tète, deux oreilles de renard , les cheveux hérissés, les yeux ronds, enflammés et fort ouverts, une barbe de chèvre et un visage au derrière. Les sorcières l'adorent en lui baisant ce visage inférieur avec une chandelle verte à la main. Quelquefois il ressemble à un lévrier ou à un bœuf, ou à iin grand oiseau noir, ou à un tronc d'arbre surmonté d'un visage ténébreux. Ses pieds, quand il en porte au sabbat, sont toujours des pattes d'oie. Cependant les experts, qui ont vu le diable au sabbat, observent qu'il n'a pas de pieds quand il prend la forme d'un tronc d'arbre , et dans d'autres circonstances extraordinaires. — Léonard est taciturne et mélancolique ; mais dans toutes les assemblées de sorciers et de diables où il est obligé de figurer, il se montre avantageusement et montre une gravité superbe i.
Léopold, — fils de l'empereur Rodolphe.
Il embrassa la magie et étudia les arts du diable, qui lui apparut plus d'une fois. Il arriva que son frère Frédéric fut pris en bataille en combattant contre Louis de Bavière. Léopold voulant lui envoyer un magicien, pour le délivrer de la prison de l'empereur sans payer rançon , s'enferma avec ce magicien dans une chambre, en conjurant et appelant le diable , qui se présenta à eux sous forme et costume d'un messager de pied, ayant ses souliers usés et rompus, le chaperon en tête; quant au visage, il avait les yeux chassieux. Il leur promit, sans que le magicien se dérangeât, de tirer Frédéric d'embarras, pourvu qu'il y consentît. Il se transporta de suite dans la prison , changea d'habit et de forme, prit celle d'un écolier, avec une nappe autour du cou , et invita Frédéric à entrer
1 Delrio, Delancre, Eodin, etc.