MES
présenta ses découvertes. — Il vint à Paris: le peuple et la cour eurent quelque temps les yeux éblouis par ce nouveau genre de cures. On nomma des docteurs pour examiner le magnétisme animal , et on publia des écrits contre Mesmer, qui fut contraint de quitter la France, emportant avec lui une somme de 300,000 francs. 11 alla vivre incognito en Angleterre , ensuite en Allemagne , où il mourut. Il reste de lui : 1° De l'influence des planètes1, Vienne, 1766, in— -12 ; 2° Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, Paris, 1779, in-12 ; Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal , jusqu'en avril 1781 , Londres, 1781 , in-8°; 4° Histoire abrégée du magnétisme animal , Paris , 1783, in-8° ; 5° Mémoire de F. -A. Mesmer sur ses découvertes, Paris, an VU (1799), in-8°.
Messa-Hala , — VGIJ. MachA-HaLLA.
Messe du Diable. — On a vu, par différentes confessions de sorciers, que le diable fait aussi dire des messes au sabbat. Pierre Aupetit, prêtre apostat du village de Fossas, en Limousin , fut brûlé pour y avoir célébré les mystères. — Au lieu de dire les saintes paroles de la consécration, on dit au sabbat: Belzébuth, Belzébuth, Belzébuth ; le diable vole sous la forme d'un papillon autour de celui qui dit la messe, et qui mange une hostie noire, qu'il faut mâcher pour l'avaler2.
Messie des Juifs. — Quand le Messie viendra sur la terre (disent les rabbins dans le Talmud), comme ce prince sera revêtu de la force toute-puissante de Dieu , aucun tyran no pourra lui résister. Il remportera de grandes victoires sur tous ceux qui régneront dans le monde et tirera d'entre leurs mains tous les Israélites qui gémissent sous leur domination. Après les avoir rassemblés, il les mènera en triomphe à la terre de Chanaan , où ils trouveront les habits les plus précieux, qui se feront d'eux-mêmes, et s'ajusteront à toute sorte de grandeur et de taille; ils y auront aussi toutes les viandes qu'on peut souhaiter, que le pays produira cuites et bien apprêtées, un air pur et tempéré, qui les conservera dans une santé robuste , et prolongera leur vie au delà de celle qui a été accordée aux premiers patriarches. — Mais tout cela n'est rien , en comparaison du festin que leur fera le Messie, où, entre autres viandes, seront servis le bœuf Behemoth, qui s'engraisse depuis le commencement du monde , et mange chaque jour toute l'herbe qui croît sur mille
' De planetarum inflcxu.
Delaricre, Incrédulité et mérréance, etc., p. &Q8;
montagnes; le poisson Loviathan, qui occupe une mer tout entière ; et l'oiseau fameux qui , en étendant seulement ses ailes, obscurcit le soleil. On raconte qu'un jour cet oiseau ayant laissé tomber un de ses œufs, cet œuf abattit par sa chute trois cenîs gros cèdres, et inonda, en se crevant, soixante villages. — Avant de mettre ces animaux à la broche, le Messie les fera battre ensemble , pour donner à son peuple un plaisir agréable et nouveau : car, outre la monstrueuse grosseur de ces animaux qui s'entre-choqueront , il est rare de voir le eombat d'un animal terrestre, d'un poisson et d'un oiseau. Mais aussi faut-il que toutes les actions de ce Messie soient extraordinaires. Il tiendra dans son palais , pour marque de sa grandeur, un corbeau et un lion qui sont des plus rares. Le corbeau est d'une force prodigieuse . une grenouille, grosse comme un village de soixante maisons , ayant été dévorée par un serpent, le corbeau du Messie mangea l'un et l'autre aussi aisément qu'un renard avale une poire, comme dit le rabbin Bahba, présumé témoin oculaire du fait. Le lion n'est pas moins surprenant : un empereur romain en ayant ouï parler et prenant ce qu'on en disait pour une fable, commanda au rabbin Josué de le lui faire voir. Le rabbin, ne pouvant désobéir à de pareils ordres, se mit en prières; et Dieu lui ayant accordé la permission de montrer cette bête, il alla la chercher dans le bois d'Éla, où elle se tenait. Mais quand elle fut à quatorze cents pas de Rome , elle se mit à mugir si furieusement que toutes les femmes enceintes avortèrent, et que les murs de la ville furen renversés. Quand elle en fut à mille pas, elle rugit une seconde fois, ce qui fil tomber les dents à tous les ciloyens; et l'empereur, ayant été jeté à bas de son trône, fit prier Josué de reconduire au plus tôt le lion dans son bois.
Métamorphoses. — La mythologie des païens avait ses métamorphoses; nous avons aussi les transformations moins gracieuses des sorciers. Mais nous avons aussi les fées. — Les sorciers qu'on brûla à Vernon, en I066, s'assemblaient dans un vieux château, sous des formes de chats. Quatre ou cinq hommes, un peu plus hardis qu'on ne l'était alors , résolurent d'y passer la nuit, mais ils se trouvèrent assaillis d'un si grand nombre de chats que l'un d'eux fut tué et les autres grièvement blessés. Les chats , de leur cote . n'étaient pas invulnérables : et on en vit plusieurs le lendemain qui, ayant repris leur ligure d'hommes cl de femmes, portaient les marques du combat qu'ils avaient soutenu. Voy. Loi ps - garoi s. — Spranger conte
qu'un jeune homme de 1 île de Chypre fut changé en àne par une sorcière , parce qu'il avait un penchant pour l'indiscrétion. Si les sorcières étaient encore puissantes, bien des jeunes gens d'aujourd'hui auraient les oreilles longues. On lit quelque part qu'une sorcière métamorphosa en grenouille un cabaretier qui mettait de l'eau dans son vin. Voy. Fées, Mélye , etc.
Métempsycose. — La mort, suivant cette doctrine, n'était autre chose que le passage de l'âme dans un autre corps. Ceux qui croyaient à la mélemspycose disaient que les âmes , étant sorties des corps, s'emolaient sous la conduite de Mercure dans un lieu souterrain où étaient d'un côté le Tartare , et de l'autre les Champs-Elysées. Là, celles qui avaient mené une vie pure étaient heureuses, et celles des méchants se voyaient tourmentées par les furies. Mais, après un certain temps, les unes et les autres quittaient ce séjour pour habiter de nouveaux corps , même ceux des animaux; et, afin d'oublier entièrement tout le passé, elles buvaient de l'eau du fleuve Léthé. On peut regarder les Égyptiens comme les premiers auteurs de cette ancienne opinion de la métempsycose , que Pythagore a répandue dans la suite. — Les manichéens croient à la métempsycose, tellement que les âmes, selon eux , passent dans des corps de pareille espèce à ceux qu'elles ont le plus aimés dans leur vie précédente ou qu'elles ont le plus maltraités. Celui qui a tué un rat ou une mouche sera contraint, par punition, de laisser passer son àme dans le corps d'un rat ou d'une mouche. L'état où l'on sera mis après sa mort sera pareillement opposé à l'état où l'on est pendant la vie. Celui qui est r.che sera pauvre, et celui qui est pauvre deviendra riche. C'est celte dernière croyance qui dans le temps multiplia le parti des manichéens. Voy. Ghilcul et Transmigration.
Métoposcopie , — art (le connaître les hommes par les rides du front. Cardan publia dans le seizième siècle un traité de Métoposcopie , dans lequel il fait connaître au public une foule de découvertes curieuses. Le front, dit-il , est de toutes les parties du visage la plus importante et la plus caractéristique ; un physionomiste habile peut, sur l'inspection du front seul , deviner les moindres nuances du caractère d'un homme. En général, un front très-élevé avec un visage long et un menton qui se termine en pointe est l'indice de la nullité des moyens. Un front très-osseux annonce un naturel opiniâtre et querelleur; si ce front est au:?si très-charnu, il est le signe de la grossièreté. Un front carre, large, a\ec