‹ Dictionnaire infernalChapitre 279 sur 368 · MOR · texte numérisé non relu

MOR

royaume de Tonquin , il est d'usage , parmi les personnes riches, de remplir la bouche du mort de pièces d'or et d'argent, pour ses besoins dans l'autre monde. On revêt l'homme de sept de ses meilleurs habits , et la femme de neuf. Les Galates mettaient dans la main du mort un certificat de bonne conduite. — Chez les Turcs , on loue des pleureuses qui accompagnent le convoi , et on porte des rafraîchissements auprès du tombeau, pour régaler les passants, qu'on invite à pleurer et à pousser des cris lamentables. — Les Gaulois brûlaient, avec le corps mort, ses armes, ses habits, ses animaux, et même ceux de ses esclaves qu'il avait paru le plus chérir. Quand on découvrit le tombeau de Childéric , père de Clovis, à Tournay, on y trouva des pièces d'or et d'argent , des boucles , des agrafes , des filaments d'habits, la poignée d'une épée, le tout d'or ; la figure en or d'une tête de bœuf, qui était, dit-on, l'idole qu'il adorait; les os. le mors, un fer et quelques restes du harnais d'un cheval, un globe de cristal dont il se servait pour deviner, une pique, une hache d'armes , un squelette d'homme en entier, une autre tète moins grosse , qui paraissait avoir été celle d'un jeune homme, et apparemment de l'écuyer qu'on avait tué, selon la coutume, pour accompagner et aller servir là-bas son maître. On voit qu'on avait eu soin d'enterrer avec lui ses habits, ses armes, de l'argent, un cheval , un domestique , des tablettes pour écrire, en un mot, tout ce qu'on croyait pouvoir lui être nécessaire dans l'autre monde. Quelquefois même on enterrait avec les grands personnages leur médecin. La belle Austregilde obtint en mourant du roi Gontran , son mari, qu'il ferait tuer et enterrer avec elle les deux médecins qui l'avaient soignée pendant sa maladie. « Ce sont, je crois, les seuls, dit Saint-Foix, qu'on ait inhumés dans le tombeau des rois; mais je ne doute pas que plusieurs autres n'aient mérité le même honneur. » — On observait anciennement , en France , une coutume singulière aux enterrements des nobles; on faisait coucher dans le lit de parade qui se portait aux enterrements un homme armé de piod en cap pour représenter le défunt. On trouva dans les comptes de la maison de Polignac : Donné cinq sous à Biaise, pour avoir fait le chevalier mort, à la sépulture de Jean, fils de Randonnet- Armand, vicomte de Polignac. — Quelques peuples de l'Amérique enterraient leurs morts assis et entourés de pain, d'eau, de fruits et d'armes. — A Panuco, dans le Mexique, on regardait les médecins comme de petites divinités, à cause qu'ils procuraient la santé ,

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