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que le meunier ni sa femme n'en surent trouver le défaut. Le maître du moulin, ayant été appelé; il s'avisa d'y amener ladite sorcière, qui, s'étant mise à genoux sur l'engin avec lequel le meunier avait coutume d'arrêter l'eau , fit en sorte qu'un quart d'heure après le moulin se remit à moudre avec plus de vitesse qu'il n'avait jamais fait1.
Nodier ( Charles ), — spirituel auteur de Trilby ou le lutin d'Argail (Argyle), et beaucoup d'écrits charmants où les fées et les follets tiennent poétiquement leur personnage.
Noël (Jacques), — prétendu possédé qui fit quelque bruit en 1667. Il était neveu d'un professeur de philosophie au collège d'Harcourt à Paris. Il s'imaginait sans cesse voir des spectres. II était sujet aux convulsions épileptiques , faisait des grimaces, des contorsions, des cris et des mouvements extraordinaires. On le crut démoniaque, on l'examina; il prétendit qu'on l'avait maléficié, parce qu'il n'avait pas voulu aller au sabbat. Il assura avoir vu le diable plusieurs fois en différentes formes 2. On finit par découvrir qu'il était fou.
Noh, — nom du premier homme selon les Holtentots. Ils prétendent que leurs premiers parents entrèrent dans'le pays par une porte ou par une fenêtre; qu'ils furent envoyés de Dieu même, et qu'ils communiquèrent à leurs enfants l'art de nourrir les bestiaux avec quantité d'autres connaissances.
Noix. — « Un grand secret est renfermé dans les noix ; car si on les fait brûler, qu'on les pile et qu'on les mêle avec du vin et de l'huile , elles entretiennent les cheveux et les empêchent de tomber 3. »
Nono , — génies malfaisants que les Indiens des îles Philippines placent dans des sites extraordinaires entourés d'eau ; ils ne passent jamais dans ces lieux, qui remplissent leur imagination d'effroi , sans leur en demander permission. Quand ils sont attaqués de quelque infirmité ou maladie, ils portent à ces génies en forme d'offrande du riz, du vin , du coco , et le cochon qu'on donne ensuite à manger aux malades.
Nomes , — fées ou parques chez les Celtes. Elles dispensaient les âges des hommes , et se nommaient Urda (le passé ), Verandi (le présent) , et Skalda (l'avenir).
1 Delancre, Incrédulité et mécréance de la divination, du sortilège, etc., tr. 6, p. 318.
2 Lettivs de Saint- André sur la magie, etc. J Alb. rt le Grand, p. 199.
Nostradamus (Michel), — médecin et astrologue, né en 1503 à Saint-Remi en Provence, mort à Salon en 1566. Les talents qu'il déploya pour la guérison de plusieurs maladies qui affligeaient la Provence lui attirèrent la jalousie de ses collègues ; il se retira de la société. Vivant seul avec ses livres , son esprit s'exalta au point qu'il crut avoir le don de connaître l'avenir. Il écrivit ses prédictions dans un style énigmalique ; et pour leur donner plus de poids , il les mit en vers. Il en composa autant de quatrains, dont il publia sept centuries à Lyon en 1555. Ce recueil eut une vogue inconcevable ; on prit parti pour le nouveau devin ; les plus raisonnables le regardèrent comme un visionnaire , les autres imaginèrent qu'il avait commerce avec le diable, d'autres qu'il était véritablement prophète. Le plus grand nombre des gens sensés ne virent en lui qu'un charlatan qui, n'ayant pas fait fortune à son métier de médecin, cherchait à mettre à profit la crédulité du peuple. La meilleure de ses visions est celle qui lui annonça qu'il s'enrichirait à ce métier. Il fut comblé de biens et d'honneurs par Catherine de Médicis, par Charles IX, et par le peuple des petits esprits. — Le poète Jodelle fit ce jeu de mots sur son nom :
No-.tra damus cùm falsa damus, nam fallere nostrum est; Et cùm falsa damus, nil nisi nostra damus.
Ce n'est point merveille, dit Naudé, si, parmi le nombre de mille quatrains , dont chacun parle toujours de cinq ou six choses différentes, et surtout de celles qui arrivent ordinairement, on rencontre quelquefois un hémistiche qui fera jmention d'une ville prise en France, de la mort d'un grand en Italie, d'une peste en Espagne, d'un monstre, d'un embrasement, d'une victoire, ou de quelque chose de semblable. Ces prophéties ne ressemblent à rien mieux qu'à ce soulier de Théramène , qui se chaussait indifféremment par toutes sortes de personnes. Et quoique Chavigny, qui a tant rêvé là-dessus, ait prouvé dans son Janus français que la plupart des prédictions de Noslradamus étaient accomplies au commencement du dix-septième siècle, on ne laisse pas néanmoins de les remettre encore sur le lapis. Il en est des prophéties comme des almanachs; les idiots croient à tout ce qu'ils y lisent, parce que sur mille mensonges ils ont rencontré une fois la vérité. — Nostradamus est enterré à Salon ; il avait prédit de son vivant que son tombeau changerait de place après sa mort. On l'enterra dans l'église des Cordeliers, qui fut détruite. Alors le tombeau se Irouva dans un champ, et le peuple
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est persuadé plus que jamais qu'un homme qui prédit si juste mérite au moins qu'on le croie,
Kîotarique, — une des trois divisions de la cabale chez les Juifs. Elle consiste à prendre, ou chaque lettre d'un mot pour en faire une phrase entière , ou les premières lettres d'une sentence pour en former un seul mot.
Noyés. — Les marins anglais et américains croient que retirer un noyé et l'amener sur le pont d'un navire qui va appareiller, s'il y meurt, c'est un mauvais présage, qui annonce des malheurs et le danger de périr : superstition inhumaine. Aussi laissent-ils les noyés à l'eau. «Voici une légende qui a été raconlée par le poète OEhlenschlœger. Ce n'est point une légende, c'est un drame de la vie réelle. Un pauvre matelot a perdu un fils dans un naufrage, et la douleur l'a rendu fou. Chaque jour il monte sur sa barque et s'en va en pleine mer; là , il frappe à grands coups sur un tambour, et il appelle son fils à haute voix : «Viens, lui dit-il, viens! sors de ta retraite! nage jusqu'ici! je te placerai à côté de moi dans mon bateau ; et si tu es mort, je te donnerai une tombe dans le cimetière, une tombe entre des fleurs et des arbustes; tu dormiras mieux là que clans les vagues. » — Mais le malheureux appelle en vain et regarde en vain. Quand la nuit descend, il s'en retourne en disant : « J'irai demain plus loin , mon pauvre fils ne m'a pas entendu 1. »
Nuit des Trépassés. — «De tOUS lesjour»
de l'année, il n'en est point que l'imagination superstitieuse des Flamands ait entouré de plus grandes terreurs que le 1er novembre. Les morts sortent à minuit de leur tombe pour venir, en longs suaires, rappeler les prières dont ils ont besoin aux vivants qui les oublient; la sorcière et le vieux berger choisissent cette soirée pour exercer leurs redoutables maléfices; l'ange Gabriel soulève alors pour douze heures le pied sous lequel il retient le démon captif, et rend à cet infernal ennemi des hommes le pouvoir momentané de les faire souffrir D'ordinaire la désolation de la nature vient encore ajouter aux terreurs de ces croyances : la tempête mugit, la neige tombe avec abondance , les torrents se gonflent et débordent; enfin la souffrance et la mort menacent de toutes parts le voyageur 2. »
Numa-Pompilius, — second roi de Rome.
1 Marmier, Tradi ions#des bords de la Baltique.
2 H. Bcrthoud, La Nuit de la Toussaint.
9 — NYiU Il donna à son peuple des lois assez sages, qu'il disait tenir de la nymphe Égérie. Il marqua les jours heureux et les jours malheu reux, etc. — Les démonomanes font de Numa un insigne enchanteur et magicien. Cette nymphe, qui se nommait Égérie, n'était autre chose qu'un démon qu'il s'était rendu familier, comme étant un des plus versés et mieux entendus qui aient jamais existé en l'évocation des diables. Aussi tient-on pour certain , dit Leloyer, que ce fut par l'assistance et l'industrie de ce démon qu'il fit beaucoup de choses curieuses , pour se mettre en crédit parmi le peuple de Rome, qu'il voulait gouverner à sa fantaisie. — A ce propos, Denys d'Halicarnasse raconte qu'un jour, ayant invité à souper bon nombre de citoyens, il leur fit servir des viandes fort simples et communes en vaisselle peu somptueuse; mais dès qu'il eut dit un mot, sa diablesse le vint trouver, et tout incontinent la salle devint pleine de meubles précieux , et les tables furent couvertes de toutes sortes de viandes exquises et délicieuses. — Il était si habile en conjurations qu'il forçait Jupiter à quitter son séjour et à venir causer avec lui. Numa Pompilius fut le plus grand sorcier et magicien de tous ceux qui aient porté couronne, dit Delancre, et il avait encore plus de pouvoir sur les diables que sur les hommes. Il composa des livres de magie qu'on brûla quatre cents ans après sa mort — Voy. Égérie.
Nybbas , — démon d'un ordre inférieur, grand paradiste de la cour infernale. Il a aussi l'intendance des visions et des songes. On le traite avec assez peu d'égards , le regardant comme bateleur et charlatan.
Nymphes, — démons femelles. Leur nom vient de la beauté des formes sous lesquelles ils se montrent. Chez les Grecs, les nymphes étaient partagées en plusieurs classes : les mélies suivaient les personnes qu'elles voulaient favoriser ou tromper; elles couraient avec une vitesse inconcevable. Les nymphes genetyllides présidaient à la naissance, assistaient les enfants au berceau , faisaient les fonctions de sages-femmes, et leur donnaient même la nourriture. Ainsi Jupiter fut nourri par la nymphe Mélisse, etc. — Ce qui prouve que ce sont bien des démons , c'est que les Grecs disaient qu'une personne était remplie de nymphes pour direqu'elle était possédée des démons; du reste, les cabalistes pensent que ces démons habitent les eaux, ainsi que les salamandres habitent le feu ; les sylphes , l'air; et les gnomes ou pygmées, la terre. Voy,
OSDINS.
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Hynauid (j. DE), auteur d'un traité De la Lycanthropie , publié en 1615.
Nyol , — vicomte de Brosse , poursuivi comme sorcier à la fin du seizième siècle. Il confessa qu'ayant entendu dire qu'on brûlait les sorciers , il avait quitté sa maison , et en élait demeuré long-temps absent. Ses voisins l'ayant suivi l'avaient trouvé dans une étable de pourceaux; ils l'interrogèrent sur différents maléfices dont il était accusé; il reconnut qu'il était allé une fois au sabbat à la croix de la Motte , où il avait vu le diable en forme de chèvre noire, à laquelle il s'était donné sous promesse qu'il aurait des richesses et serait bien heureux au monde , « et lui bailla pour gage sa ceinture , partie de ses cheveux, et après sa mort un de ses pouces. Ensuite le diable le marqua sur l'épaule : il lui commanda de donner des maladies, de faire mourir les hommes et les bestiaux , et