‹ Dictionnaire infernalChapitre 30 sur 368 · APP · texte numérisé non relu

APP

tours; le fantôme qui lui apparut en traversant le Caucase, à la tentation du diable dans le désert, etc. « Ces parallèles montrent la malice grossière et la finesse mal tissue de Philostrate ( pillard de Lucien 1 ) , et le cas qu'on doit faire de ces fables n'est pas de les rapporter à la magie, comme a fait François Pic, mais de les nier totalement 2 comme des stupidités grossières. » — Hiéroclès, qui osa faire sous Dioclétien, dans un écrit spécial, la comparaison d'Apollonius et de notre Seigneur Jésus-Christ, a été réfuté par Eusèbe, qui veut bien regarder Apollonius comme un magicien. Leloyer pense que ce fut Simon qui lui enseigna la magie noire ; et Ammien-Marcellin se contente de le mettre dans le nombre des hommes qui ont été assistés de quelque démon familier, comme Socrate et Numa. — On sait peu de chose sur la fin de la vie d'Apollonius. On assure qu'à l'âge de cent ans il fut emporté par le diable, qui était son père, quoiqu'Hiéroclès ait eu le front de soutenir qu'il avait été enlevé au ciel. Vopiscus dit que, par la suite, le spectre d'Apollonius apparut à l'empereur Aurélien qui assiégeait Tyanes, et lui recommanda d'épargner sa ville, ce que fit Aurélien. — Il y a eu des gens qui ont trouvé Apollonius vivant au douzième siècle. Voij. Artephius.

Apomazar. — Des significations et événements des songes , selon la doctrine des Indiens, Perses et Égyptiens, par Apomazar. Vol. in-8° ; Paris, 1580. Fatras oublié, mais rare.

Apone, — VOy. PlERRE n'APONE.

Apparition. — On ne peut pas très-bien préciser ce que c'est qu'une apparition. Dom Calmet ditque, si l'on voit quelqu'un en songe, c'est une apparition. «Souvent, ajoute— t-il, il n'y a que l'imagination de frappée; ce n'en est pas moins quelquefois un fait surnaturel quand il a des relations. » — Dans la rigueur du terme une apparition est la présence subite d'une personne ou d'un objet contre les lois de la nature : par exemple, l'apparition d'un mort, d'un ange, d'un démon, etc. — Ceux qui nient absolument les apparitions sont téméraires. Spinosa, malgré son athéisme, reconnaissait qu'il ne pouvait nier les apparitions ni les miracles. On ne raisonne pas mieux lorsqu'on dit qu'une chose qui est arrivée autrefois devrait arriver encore. Il y a bien des choses qui ont eu lieu jadis et qui ne se renouvellent pas, dans le système même des matérialistes. — Nous devons admettre et croire les apparitions rapportées dans les

1 Dans Alexandre de Paphlagonic.

' Naudé, Apol. pour les grands personnages, ch. 12.

Page 1