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Dion lout-puissant, père de noire Seigneur Jésus-Christ, Alpha et Oméga, qui êtes sur le trône souverain, sur les chérubins et les séraphins, sur l'ange Uriel, l'ange Raguel, l'ange Cabuel, l'ange Michel, sur l'ange Inias, l'ange Tabuas, l'ange Simiel et l'ange Sabaoth, je vous prie de m'aceorder ce que je vais vous dire. » — C'était , comme on voit , trèsingénieux. Dans un fragment conservé des mémoires qu'il avait écrits sur sa vie, il raconte que sa mère, étant enceinte de lui, crut voir sortir de son côté droit un veau; ce qui était, dit-il, le pronostic des grâces dont il fut comblé en naissant par le ministère d'un ange.
— On arrêta le cours des extravagances de cet insensé en l'enfermant dans une prison où il mourut.
Adam, — le premier homme. Sa chute devant les suggestions de Satan est un dogme de la religion chrétienne. Les Orientaux font d'Adam un géant démesuré, haut d'une lieue; ils en font aussi un magicien , un cabaliste ; les rabbins en font de plus un alchimiste et un écrivain. On a supposé un testament de lui », et enfin les musulmans regrettent toujours dix traités merveilleux que Dieu lui avait dictés. Il avait aussi inventé l'alphabet. Voyez Abraham 2.
Adam (l'abbé). — Il y eut un temps où l'on voyait le diable en toutes choses et partout, et peut-être n'avait-on pas tort. Mais il nous semble qu'on le voyait trop matérielle-^ ment. Le bon et naïf Césaire d'Heisterbach a fait un livre d'histoires prodigieuses où le diable est la machine universelle; il se montre sans cesse et sous diverses figures palpables. C'était surtout à l'époque où l'on s'occupait en France de l'extinction des Templiers. Alors un certain abbé Adam, qui gouvernait l'abbaye du Vaux-de-Cernay, au diocèse de Paris, avait l'esprit tellement frappé de l'idée que le diable le guettait, qu'il croyait le reconnaître à chaque pas sous des formes que sans doute le diable n'a pas souvent imaginé de prendre.
— Un jour qu'il revenait de visiter une de ses petites métairies, accompagné d'un serviteur aussi crédule que lui, l'abbé Adam racontait comment le diable l'avait harcelé dans son voyage. L'esprit malin s'était montré sous la figure d'un arbre blanc de frimas, qui semblait venir à lui.— C'est singulier! dit un de ses amis ; n'étiez-vous pas la proie de quelque illusion causée par la course de votre cheval ? — Non ; c'était Satan. Mon cheval s'en effraya ; l'arbre pourtant passa au galop
' Voyez Fabricius, Codex pseurî.
s Voyez les Légendes de l'ancien Testament.