‹ Dictionnaire infernalChapitre 93 sur 368 · COB · texte numérisé non relu

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Caron; mais Plutarque dit qu'elle est dans la lune, dont elle dirige les mouvements.

Clou. — H y a, sur les clous, quelques petites superstitions dont on fera son profit. Les Grecs modernes sont persuadés qu'en fichant le clou d'un cercueil à la porte d'une maison infestée, on en écarte à jamais les revenants et les fantômes. — Boguet parle d'une sorcière qui, pour un cheval blessé, disait certains mots en forme d'oraison, et plantait en terre un clou qu'elle ne retirait jamais. Les Romains, pour chasser la peste, fichaient un clou dans une pierre qui était au côté droit du temple de Jupiter; ils en faisaient autant contre les charmes Bt sortilèges, et pour apaiser les discordes qui survenaient entre les citoyens. « Il y en a pareillement qui , se voulant prévaloir contre leurs ennemis, plantent un clou dans un arbre. Or, quelle force peut avoir ce clou ainsi planté *? »

Clovis, — fils de Chilpéric Ier. Il ne restait à Chilpéric que ce fils de sa première femme; il fut assez indiscret pour s'expliquer sans ménagement sur Frédégonde, qu'il regardait comme son ennemie. Elle résolut de s'en débarrasser. Clovis aimait une jeune fille de basse extraction : un émissaire de Frédégonde vint dire au roi que c'était la fille d'une magicienne ; que Clovis avait employé les artifices de cette femme pour se défaire de ses deux frères (empoisonnés, à ce qu'on croit) et qu'il tramait la mort de la reine. La vieille femme, mise à la question, fut forcée d'avouer qu'elle était sorcière. Clovis, convaincu, fut dépouillé de ses riches vêtements et conduit dans une prison où des assassins le poignardèrent, si les historiens disent vrai ; et on fit accroire au monarque qu'il s'était tué luimême. La magicienne, dont la fille venait aussi d'èlre mise à mort, fut épouvantée de ses aveux, qu'elle rétracta ; mais on se hâta de lui imposer silence en la conduisant au bûcher. C'est du moins ainsi que racontent les choses, des chroniqueurs peu favorables, il est vrai, à Frédégonde.

Cobales, — génies malins et trompeurs de la suite de Bacchus, dont ils étaient à la fois les gardes et les bouffons. Selon Leloyer, les Cobales, connus des Grecs, étaient des démons doux et paisibles, nommés par quelques-uns bonhomets ou petits bonshommes des montagnes , parce qu'ils se montrent en vieux nains de basse stature ; ils sont vêtus court, demi -nus, la manche retroussée sur l'épaule, et portent un tablier de cuir sur

1 Boguet, Discours des sorciers, ch. 40.

les reins. « Celte sorte de démons est présentement assez plaisante, car tantôt vous les verrez rire, tantôt se gaudir, tantôt sauter de joie et faire mille tours de singe; ils contreferont et imiteront les singes, et feront tant et plus les embesognés, combien qu'ils ne fassent rien du tout. A cette heure, vous les verrez bêcher dans les veines d'or ou d'argent, amasser ce qu'ils auront bêché, et le mettre en des corbeilles et autres vaisseaux pour cet effet préparés , tourner la corde et la poulie afin d'avertir ceux d'en haut de tirer le mêlai, et fort rarement voit-on qu'ils offensent les ouvriers, s'ils ne sont grandement provoqués de brocards, injures et risées dont ils sont impatients. Alors ils jetteront premièrement de la terre et des petits cailloux aux yeux des pionniers, et quelquefois les blesseront \. »

Coboli, — génies ou démons révérés par les anciens Sarmates. Ils croyaient que ces esprits habitaient les parties les plus secrètes des maisons, et même les fentes du bois. On leur offrait les mets les plus délicats. Lorsqu'ils avaient l'intention de se fixer dans une habitation, ils en prévenaient ainsi le père de famille : la nuit ils assemblaient des tas de copeaux et répandaient de la fiente de divers animaux dans les vases de lait; gracieuses manières de s'annoncer. Si le lendemain le maître de la maison laissait ces copeaux en un tas, et faisait boire à sa famille le lait ainsi souillé, alors les cobolis se rendaient visibles et habitaient désormais avec lui ; mais s'il dispersait les copeaux et jetait le lait , ils allaient chercher un autre gîte.

Cocconas, — VOy. ALEXANDRE DE PAPHLA- GONIE.

Cochon. — Est-il vrai, comme le croit le peuple, que de tous les animaux le cochon soit celui dont l'organisation ait le plus de ressemblance avec celle de l'homme? « Sur ce point, dit M. Salgues, on ne saurait mieux faire que de s'en rapporter à Cuvier. Or, voici ce que lui ont révélé ses recherches. L'estomac de l'homme et celui du cochon n'ont aucune ressemblance : dans l'homme, ce viscère a la forme d'une cornemuse ; dans le cochon, il est globuleux; dans ■ l'homme, le foie est divisé en trois lobes; dans le cochon, il est divisé en quatre; dans l'homme, la rate est courte et ramassée; daus le cochon, elle est longue et plate; dans l'homme, le canal intestinal égale sept à huit fois la longueur du

1 Leloyer , Hist. et Disc, des spectres, etc., p. 345 ; post Wierum, De pnest., lib. i, cap. 22.

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corps; dans le cochon, il égale quinze à dixhuit fois la même longueur. Son cœur présente des différences notables avec celui de l'homme; et j'ajouterai, pour la satisfaction des savants et des beaux-esprits, que le volume de son cerveau est aussi beaucoup moins considérable , ce qui prouve que ses facultés intellectuelles sont inférieures à celles de nos académiciens. » — Il y aurait bien des choses à dire sur le cochon. Le diable s'est quelquefois montré sous sa figure. On conte, à Naples, qu'autrefois il apparaissait souvent avec cette forme dans le lieu même où l'église de Sa in te -Ma ne-Majeure a depuis été bâtie , ce qui réjouissait peu les Napolitains. Dès que l'église fut commencée, la singulière apparition ne se montra plus. C'est en mémoire de cet événement que l'évêque Pomponius fit faire le pourceau de bronze qui est encore sur le portail de cette église. — Camérarius raconte que, dans une ville d'Allemagne, un Juif malade étant venu chez une vieille, et lui ayant demandé du lait de femme, qu'il croyait propre à le guérir, la sorcière s'avisa de traire une truie et en porta le lait au Juif, qui le but. Ce lait commençant à opérer, le Juif s'aperçut qu'il grognait et devina la ruse de la sorcière, qui voulait sans doute lui faire subir la métamorphose des compagnons d'Ulysse. Il jeta le reste du lait sans le boire, et incontinent tous les cochons du voisinage moururent 1

Coclès (Barthélémy) , — chiromancien du seizième siècle. Il avait aussi des connaissances en astrologie et en physiognomonie. Il prédit à Luc Gauric, célèbre astrologue du même temps, qu'il subirait injustement une peine douloureuse et infamante, et Luc Gauric fut en effet condamné au supplice de l'estrapade par Jean Bentivoglio, tyran de Bologne, dont il avait pronostiqué l'expulsion prochaine. Coclès prophétisa qu'il serait luimême assassiné, et périrait d'un coup sur la tête ; son horoscope s'accomplit ponctuellement, car Hermès de Bentivoglio , fils du tyran, ayant appris qu'il se mêlait aussi de prédire sa chute, le fit assassiner par un brigand nommé Caponi, le 24 septembre '1504 2. On assure même que, connaissant le sort qui le menaçait, il portait depuis quelque temps une calotte de fer, et qu'il ne sortait qu'armé d'une épée à deux mains. On dit encore que celui qui devait l'assassiner étant venu le consulter peu auparavant, il lui prédit qu'avant vingt-quatre heures il se rendrait cou-

1 Camcrnriux, De nat. et affcct. dœmon., in prcemio. a M. Saignes, DfcBEfretitS et des préjugés.

43 — (101 pable d'un meurtre. Il est probable que ces prophéties n'ont été faites qu'après coup. — Coclès a écrit sur la physiognomonie et la chiromancie ; mais son livre a subi des modifications.. L'édition originale est : Physiognomiœ ac chiromanciœ Anastasis, sive compendium ex pluribus et penè inftnilis autorihus, cum approbatione Alexandri AchiUini, Bologne, 1504, in-fol. La préface est d'Achillini.

Cocoio, — démon succube, adoré aux Indes occidentales et mentionné par Bodin *.

Cocyte, — l'un des fleuves de l'enfer des anciens. Il entourait le Tartare et n'était formé que des larmes des méchants.

Code des Sorciers, VOlJ. SORCIERS.

Codronchi ( Baptiste ) , — médecin d'Irnola au seizième siècle. Il a laissé un traité des années climatériques, de la manière d'éviter le danger, études moyens d'allonger sa vie2.

Cœlicoles, — secte juive qui adorait les astres, et les anges gardiens des astres.

Cœur. — Des raisonneurs modernes ont critiqué ce qui est dit dans Y Ecclésiaste , que le cœur du sage est au côté droit, et celui de l'insensé au côté gauche. Mais il faut entendre cette maxime comme le mot de Jonas, à propos de ceux des ISinivites qui ne savaient pas faire la différence de leur main droite et de leur main gauche, c'est-à-dire du bien et du mal. — Que le cœur de l'homme soit situé au côté gauche de la poitrine, c'est un sentiment qui, à la rigueur, peut être réfuté par l'inspection seule, dit le docteur Brown; car il est évident que la base et le centre du cœur sont exactement placés au milieu. La pointe à la vérité incline du côté gauche; mais on dit de l'aiguille d'un cadran qu'elle est située au centre, quoique la pointe s'étende vers la circonférence du cadran. — Nous rappellerons que quelques hommes ont eu le cœur velu. Voij. Aristomène.

Coiffe. — On s'est formé différentes idées sur la membrane appelée coiffe , qui couvre quelquefois la tète des enfants lorsqu'ils sortent du sein de leur mère. Les personnes superstitieuses la conservent avec soin , comme un moyen de bonheur, et on dit d'un homme heureux qu'il est né coiffé. On a même dit que cette coiffe étend ses effets favorables jusque sur ceux qui la portent avec eux. Spartien

1 Démonomanie, liv. n, ch. 7.

2 De annis climatericis, nec non de ratione vitandt eorum pericula, itemque de modis vitam producendi commentarius. In-S". Bologne, 1G2<).

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