‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 130 sur 319 · PAU · texte numérisé non relu

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mait des cercles rapides en courant autour de lui; une trace ardente brillait à la suite du chien. Faust étonné s'arrête; les cercles que formait le chien devenaient toujours plus petits ; il s'approche bientôt de Faust et le flatte. Le savant s'en retour-ne pensif, et le barbet le suit. — Faust ne se retrouva seul que pour se livrer à de noires idées. Le chien, son nouveau compagnon , les interrompait par des hurlements. Faust le regarde , s'étonne de le voir grandir, s'aperçoit qu'il a reçu un démon, saisit son livre magique, se place dans un cercle, prononce la formule et ordonne à l'es-» prit de se faire connaître. Le chien s'agite, une fumée l'environne , et à sa place il voit un démon sous le costume d'un jeune seigneur vêtu avec élégance. C'était le démon Méphistophelès, le second des archanges déchus, et^ après Satan, le plus redoutable chef des légions infernales... — Les divers légendaires rapportent cet événement avec des variantes. Widman dit qu'étant décidé à évoquer un démon, Faust alla dans l'épaisse forêt de Mangeall, près de Wittemberg ; là il fit à terre un <;er* de magique» il se plaça au milieu et prononça la formule de conjuration avec tant de rapidité qu'il se fit autour de lui un bruit effroyable. Toute la nature parut s'ébranler. Les ar-* bres pliaient jusqu'à terre, de grands coups de tonnerre interrompaient les sons lointaios d'une musique solennelle, à laquelle se mêlaient des cris, des gémissements, des cliquetis d'épées. De violents éclairs déchiraient le voile noir qui cachait le ciel. Une masse enflammée parut, se dessina peu à peu, et forma iin spectre qui , s'approchant du cercle sans parler, se promena alentour, d'une marche inégale, pendant un quart d'heure. L'esprit revêtit enfin la figure et le costume d'un moine gris et entra en conversation avec Faust. — Le docteur signa de son sang, sur un parchemin vierge , avec une plume de fer que lui présenta le démon, un pacte par lequel Méphistophelès s'obligeait à le servir vingt-quatre ans, après quoi Faust appartiendrait à l'enfer. Widman, dans son Histoire de Faust, rapporte les conditions de ce pacte, dont on assure qu'on trouva le double parmi les papiers du docteur. Il était écrit sur parchemin en caractères d'un rouge foncé, et portait : 4® que Tesprit viendrait toujours au commandement de Faust, lui apparaîtrait sous une figure sensible , et prendrait celle qu'il lui ordonnerait de revêtir; 4® que l'esprit ferait tout ce que Faust lui commanderait; 3® qu'il serait exae.t et soumis comme un serviteur; 4» qu'il arriverait à quelque heure qu'on l'appelât; 5® qu'à la maison il ne serait vu ni reconnu que de

lui. De son ôôté , Faust s'abandonnait au diable, sans réserve d'aucun droit à la rédemption ni de recours fntur à la miséricorde divine. Le démon lui donna, pour arrhes de ce traité, un coffl-e plein d'or ; dès lors, Faust fut maître du monde, qu'il parcourut aveeèclat.*^ Il allait partout , lorsqu'il ne voyageait pas à travers les airs , dans de riches équipages , accompagné de son démon. Il vit tin jour, au village de Roseniha), une jeune fiUe ingénue, que Widman représente comme surpassant en grâces toutes les beautés de la terre , et qu'il appelle Marguerite. Il en devint épri» ; mais elle était vertueuse. Méphisto^helès , pour le détourner de cette passion qu'il re* doutait, le mena à la oour. Charles^Quint, sa'chant ses talents magiques, le pria de lui faire voir Alexandre-<le-Grand ; Faust obligea au&« sitôt le fameux roi de Macédoine à paraître. Il vint sous la figure d'un petit homme trapu, haut en couleur, avec une espèce de barbe rousse, le regard perçant et la contenance fière. Il fît à l'empereur une révérence, et loi adressa même quelques mots dans une langue que Gharles-Quint n'entendait point* D'ailleurs il lui était défendu de parler. Toutt ce qu'il put faire lut de le bien considérer, ainsi que César et quelques autres que Faust raoîmâ un instant pour lui. -^ L'enchanteur opéra mille merveilles sembbtble^. A en croire ses historiens, il usait sans discrétion de son pou^ voir surnaturel. Un ysar^ ae rencontrant à table dans on cabaret avec douze ou quinze buveurs qui avaient entendu parler de ses prestiges , ils le supplièrent de leur en ftiire voir quelque chose. Faust perça-la table avec un foret, et en fit sortir les vins les plus délicats. Un deS'Convive6'n>'ayant pas rois la coupe assez vivement sous le jet, la liqueur -prit iéù en tombant à terre, e^ ce prodige effraya quelques-uns des assistants. Li^ docteur sut dissiper leur trouble ; et ces gens, qui avaient la tête échaufi'ée, lui demandèrent unanimement qu'il leur fît voir une vigne chargée de raisins mûrs. Ils pensaient que, comme on était alors en décembre , il ne pourrait produire un tel prodige. Faust leur annonça qu'à l'instant , sans sortir de table , ils allaient voir une vigne telle qu'ils la souhaitaient, mais à condition que tous ils resteraient à leurs places, et attendraient, pour couper les grappes de raisin , qu'il le leur commandât, les assurant que quiconque désobéirait, courait risque de la vie. Tous, ayant promis d'obéir, le ma^cien fascina si bien les yeux dq ces gens, qui étaient ivres , qu'il leur sembl?^ voir une très-belle vigne chargée d'autant de longues grappes de raisin qu'ils étaient de oOBvivee; Cette VM les

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