‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 218 sur 319 · MIL · texte numérisé non relu

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4697. Uo speetre , disait-on . s'était montré à un bourgeois de la ville et lui avait ordonné d*aller parler à Louis XIV, qui était alors à Versailles. Il lui avait recommandé le secret envers tout autre que Tintendant de la province, sous peine de mort. Ce bourgeois effrayé conta sa vision à sa femme et paya son indiscrétion de sa vie. Quelque temps après la même apparition s'étant adressée à un autre habitant de Salon , il eut l'indiscrétion d*en faire part à son père; et il mourut comme le premier. Tous les alentours furent épouvantés de ces deux tragédies. Le spectre se montra alors à Michel, qui se rendît aussitôt chez Tintendant, oiî il fut d'abord traité de fou ; mais ensuite on lui accorda des dépêches pour le marquis de fiarbezieux , lequel lui facilita les moyens de se présenter au premier ministre du roi. Le ministre voulut savoir les motifs qui engageaient ce bonhomme à parler au prince en secret. Michel, à qui le spectre apparut de nouveau à Versailles, assura qu'au risque de sa vie il ne pouvait rien divulguer ; et comme il était néanmoins pressé de lui parier, il dit au ministre que, pour lui prouver qu'il ne s'agissait pas de chimères, il pouvait demander à Sa Majesté si, à sa dernière chasse de Fontainebleau , elle-même n'avait pas vu un fantôme ? si son cheval n'en avait pas été troublé? s'il n'avait pas pris un écart? et si Sa Majesté, persuadée que ce n'était qirune illusion , n'avait pas évité d'en parier à personne? — Le marquis et le ministre ayant informé le roi de ces particularités, Louis XIV voulut voir secrètement Michel le jour même ; personne n'a jamais pu savoir ce quj eut lieu dans cette entrevue. Mais Michel, après avoir passé trois jours à la cour, s'en revint dans sa province , chargé d'une bonne sommed'argentquelul avaitdonnée Louis XIV avec ordre de garder le secret le plus rigoureux sur le sujet de sa mission. — On ajoute que , le roi étant un jour à la chasse , le duc de Doras, capitaine des gardes du corps, ayant dit qu'il n'aurait jamais laissé approcher Michel de la personne du roi s'il n'en avait reçu l'ordre , Louis XIV répondit : « !l n'est pas fou comme vous le pensez, et voilà comme on juge mal.» Mais on n'a pu découvrir ce mystère.

Michel de Sufaouripe , — SOrcier du pays de Saxe, qui déclara qu'il avait vu au sabbat un grand et un petit diable ; que le grand se servait du petit comme d'un aide-de-camp ; et que le derrière du grand-maître des sabbats était un visage.

Miohel rÉcostaû, — astrologue du seizième, siècle. Il prédit qu'il mourrait dans une

église ; ce qni arriva , dit Oranger. Gomme il était un jour à l'office, il lui tomba sur la tète une pierre qui le tua.

Midai. — Lorsque Midas, qui fut depuis roi de Phrygfe , était encore enfant , on jour qu'il dormait dans son berceau , des fourmis emplirent sa bouche de grains de froment. Ses parents voulurent savoir ce que signifiait ce prodige ; les devins consultés répondirent que ce prince serait le plus riche des hommes *. Ce qui n'a été écrit qu'après qu'il Tétait devenu.

Midi, — VOy, DÉMON DE MIDI.

BEîgaleiui , — sorcier du pays de Labour, qui fut arrêté à l'âge de soixante ans , et traduit devant les tribunaux en même temps que Bocal, autre sorcier du même pays. Migalena avoua qu'il avait été au .sabbat, qu'il y avait fait des sacrifices abominables, qu'il y avait célébré les mystères en présence de deux cents sorciers. Pressé par son confesseur de prier Dieu , il ne put réciter une prière couramment, il commençait le Pater ^ VAve, sans les achever, comme si le diable qu'il servait l'en eût empêché •.

Milan , — oiseau qui a des propriétés admirables. Albert-le-Grand dit que si on prend sa tète et qu'on la porte devant son estomac, on se fera aimer de tout le monde. Si on rattache au cou d'une poule, elle courra sans relâche jusqu'à ce qu'elle l'ait déposée; si on frotte de son sang la crête d'un coq , il ne chantera plus. Il se trouve une pierre dans ses rognons qui, mise dans la viande que doivent mangOi' deux ennemis, les rend bons amis et les fait vivre en bonne intelligence.

Millénaîre*. — On a donné ce nom i"* à des gens qui croyaient que notre Seigneur, à la fin du monde, régnera mille ans sur la lerre ; 2° à d'autres qui pensaient que la fm du monde arriverait en Tan mil ; 3® à d'autres encore qui avaient imaginé que, de mille ans en mille ans , il y avait pour les damnés une œssation des peines de l'enfer.

Millo, — vampire de Hongrie au dix-huitième siècle. Une jeune fille, nommée Slanoska, s'étant couchée un soir en parfaite santé, se réveilla au milieu de la nuit toute Iremb'ante, jetant des cris affreux, et disant que le jeune Millo , mort depuis neuf semaines, avait failli l'étrangler. Celle fille mourut au bout de trois jours. On pensa que Millo pouvait être un vampire ; il fut déterré , re-

I Valère -Maxime.

> Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, liv. VI, p. 423.

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oonnu pour tel, et décapité après avoir eu lo cœur percé d'uo clou. Ses restes furent brûlés et jetés dans la rivière. Voy. Vampires.

MUon, — athlète grec qui était doué d'une force prodigieuse. Galien , Mercurialis et d*autres disent qu'il se tenait si ferme sur une planche huilée , que trois hommes ne pouvaient la lui faire abandonner. Athénée ajout» qu'aux jeux olympiques il porta long-tempA sur ses épaules un bœuf de quatre ans, qu'il mangea le même jour tout entier; lait aussi vrai que le trait de Gargantua , lequel aval^ six pèlerins dans une bouchée de salade ^.

Muner. — En faco de Kulîan, on aperçoit une colline couverte de verdure qu*on appelle la colline d*Odin. C*est ta, dit-on, que le dieu Scandinave a été enterré. Mais on n'y voit que le tombeau du conseiller d*élat Schimmelmann, qui était un homme fort paisible, trèspeu soucieux, je crois, de monter au Valhalfa et de boire le miœd avec les valkyries. Cependant une enceinte d*arbres protège Tendroit où les restes du dieu suprême ont étô déposés; une source d'eau limpide y coule avec un doux murmure. Les jeunes filles des environs qui connaissent leur mythologie disent que c'est la vraie source de la sage^ie , la source de Mimer, pour laquelle Odin saenfia un de ses yeux. Dans les beaux iours d'été, elles y viennent boire*.

Mîml , — voy. Zozo>.

Kmi^e , — art de connaifre les hommet par leurs gestes, leurs attitudes , etc. C'est ta partie ta moins douteuse de la physiognomonie. La figure est souvent trompeuse; mais les gestes et les mouvements d'une personne qui ne se croit pas observée peuvent donner une léé» pks «m moijBS parfaite d« soa canctère Aten n'est plus sijçaifieatif, dit Lavater, que les gestes qui accompagnent l'attitude et la démarche. Natiu el ou afleetè , rapide on lent., passioDoèou froid, uxiifonne ou varié, gvave ott badin, aisé ou forcé, dvgagà ou roi* de , iKible' «u bas, Q»r o» huaibèa,. hardi ou timide, décent «t» riéficuto, ^^éalmler gr»* cieux, imposant, m^^iacant, le geste est différencié de mille manières. L'iwrmonie étonnante qui existe entre la démarche, la voix et le geste, se dément rarement. Mais pour démêler le fourbe, il faudrait le surprendre au moment où se croyant seul ij est encore luimême, et n'a pas eu lé temps de faire prendre à son visage l'expression qu'il sait lui donner. Découvrir l'hypocrisie est la chose la plus dif-

' Drown, Essai surles erreurs popul.,1. vu, ch. xviii, p. 334.

*" î»farmîer, Souvenirs dïmoit.

ficile et en même temps la plus aisée : difficile tant que l'hypocrito se croit observé ; fa* cile dès qu'il oublie qu'on l'observe. — Cependant on voit tous les Jours que la gravité et la linudité dooneot à la physionomie la plus honnête un aperçu de malbounèteté. Souvent c'est parce qu'il est timide, et non poiat parce qu'il est faux, que celui qui vous fait un récit ou une coofidenee n'ose voua regarder en face. — N'attendez jamais une buDieor douce et tranquille d'un bonune qui s'agite sans cesse avec vielenoe , «i ea géoéral ne CFaignez oi emporlemeat ni eicès de quel^ qu'un dont le œaiatieA est toujours sage et jpfisé. ikvec une démarche alerte , on ne peut guère être leat ei paresseux î el celui qui se traiae nonchalamment à fiaa eoniptéa n'aa- BODce (las Geie^prit d'aetiv^té qui ne craint oi dangers, ni ot»tacies pour arriver an but. -*- Une bouche béante et SanéOi, aae attitude inai* pide, les bras pendants et la niaia gauche tour* née en dehors, sans qu'on en daviae te notif, annoncent la stupidité oaiureAle» la nalblé, le vide, une ctiriosité hébétée. — La démarche d'ua sage est différente de celle d'an idiot , et un idiot est assi& autrement qu'un homiia sensé. L'atiUude du sage asnonee la méditatien» le recueiiloment ou le repos^ L'imà^ifte reste sur sa etiaise sans savoir pourquoi ; û semble fixer quelque chose et son regard ae porte sur ri«a ; s«m assiette est i^alée comoie lui-même* — « La prétention suppose un fond de sottise. Attendez-vous à rencontrer l'une el L'aalre. dans toute physionomie disproportloottée et ^roaûère «fui affeete aa air de solemiii^ et d'autofité. Jawaia l faosuoe seoaé ne se doiMsfira des a^ , m ne fireadr a Tattitude di'MAe ^ke éveatée^. Si saa aOealioD excitée Tobliga à le^er 1» tète • il aa eroisera poHrtaot pas les bra» sur Le des; ee maiatiea su|>pose de l'alfectatioo, surtaut avtt&une physionomie qui n'a Eîea de désagréable, mai? qui n'est [)i\^ celle 4'im penseiur. -^ Un air d'iocertitudte daas l'ensemble, ^a visage qat dans son imraobijyité ne diit vieQ.d«]>toi|t, ue sont pa^ desi signes (^e sagesse. Un heinaie qiû, réduit î son Qéa<)(ii,s'appiûudit cricocç luiraièiueavec joÂe^ qui rit o^wmQ un sot sans savoir pourq^ioi, nu parviendra jamais à former ou à suivre une idée raisonnable. — La craiate d'être distraie se remarqua d^ns U boijche. Dans l'aiÊentipn elle n'ose- respirer. — Un hoounc vide de sens, et qui veui se donner des airs, met la main droiXe dans sonseia et La gauche dans la poche de sa. culotte avec un maiuiien affecté et théâtral. — Une personne qui est toujours ajux écoutes ne promet rien de Lien cljïî.lin;^é. ■— Qui(;onquc souiit ^aps suietavec

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une ièvfe de Imverâ, quiconcfuo 84^ ïm^l Mutent isoté sans aucune direction, sans aucune tendance déterminée ; quiconque saiue le eorpa nûde, n'indiaent que la lèle en avant, eel un fou. -^ Si la dénutrche d'une femme est siustre, non-^-seulemeot désagréable, mais gauohe, impétueuse, sans dignité^ se précipitant ^n Avant et de edlé d'un air dédaigneux, soyez sur vos gardes. Ne voua itmèe^ ébkonir, B4 par le charme de la beauté, ni par les^grâ- Qfia de sa» esprit, ni même par l'attrait dQ la conHance .qu'elle peurra vous témoigner ; sa bouche aura les mêmes caraclères que sa démarche , et ses procédés seront durs et faux comme sa bouche ; elle sera peu touchée de tout ce que vous ferez pour elle , et se vengera de la moindre chose que vous aurez négligée Comparez sa démarche avec les lignes de son front et les plis qui se trouvent autour de sa bouche, vous serez étonné du merveitkeux accord de toutes ces lignée cavactéri^iques. -*- Ayez le pkis de né^erve possible en présenee de rbomme gra^ et d^un lemr pérament colère qui semble toujours mâcher, roule sans cesse les yeux autour ée soi, ne parie jamais de sens rassis , s-'est donné oe^ pendaçi FbabUnde d'une poliiesse affecté», mais traite lout avec une espèce de désordre et d'iivpropreté. Daas son nez rond , eoart, relrouasé, dans sa bouche bécinte, dans les mouvements- irrégttlievs de sa lèvre inférieuce, de son front saiilaat et pkein d'excroissaaees^ dans sa démarche ^ise fait entendre de loin, vous reconnaîtrez rexpressien. du mépriaetde la dureté^ de& demi^talents a^ee la purélvaèLon d'un taient acoomplà , de la méchaoceté sous une gauche apf^areiioe de bonhomie. •*< Fuyep tout homme dont la voix toujours tendue, tou^ joujKS montée, toiyoïi^s haute et sonore, ne cesse de décider ; doqt les yeux , tandis qu'il décide, s'agrandia^ent, socteoi de kur orbite ; d(»ii les so«rciis se liériaseut, les veines se gonflent, la lèvre - inféfieure se pousse en avant, deoiles main&se touitAenLea poing»; maJsqni se calme tout à coup, qui- veprend le ioad'.une poiitesise fioiiip, q/ui fait rentres ses yeux et ses lèvres, s'il est interrompu par lu pi^nice imprévue d'U(n peràotry^^g^e im^o^nt qui sfi trouîve êtçe volce ai»i. — L, homme donli les IraiU et la couleur du visag;e changent. subitement, qui cherche ^yec soj^ à çachjêr cetie 9H.erdti.01». soudaine, et, sait r.epi(ÇOr dre aussitôt u;) air calme ; celui qui possède l'aft de tendre et détendre les muscles de sa bouche, de les tenir pour ainsi dire en bride, particulièrement lorsqiie l'oeil observateur se dirige sur lui : cet homme a moins de probité qu^ ûfi pçudjçppe i ijl e^l plu$ courtiçaij que

sitge et modéré. «^ Itnppelez-vbus les ge»3 qui gilsseot ptulèt qalb ne roarclient, qui Fe« culent en s'avançont, qui disent des g^o&^iè-» retés d'une voa- basse et d'un air timide, qui vous fixent hardiment dès que vous ne les voyez plus i et n'osent jamais vous regarder tranquillement en face, qui ne dirent dn bien de personne , sinon des-méelvmts , qui trout vent des exceptions à tout et paraissent avoir toMJours contre l'assertion la plus SHople une contradiotien toute prête; et fuyez l'atafMHsphère oà ces gens respirent. — Celui q^i relève la tète et la porto en arrière (que cette tète soit grosse ou singulièrement petite) ; ce-^ lui qui se mire dans ses pieds mignons dé manière à les faire remarc|uer ; celui qui, vo»r lani montrer de grands yeux encore plus grands qu'ils ne sont» les tourne exprès de côté convr me pour regarder tout par - dessus l'épauia ; celui qui , après vous avoir prêté long-teeups un silenre orgueilleux, vous fait ensuite une répense courte, sèche et tranchante, qu'il ac»compagne d'un froid sourire; qui, du meoietti qu'il aperçoit la réplique sur vo» lèviws., prend un air sourcilleux et aiimuure tout has d'un ton propre à \Qm ordonner le silence : cet hûQiMne a peur le mains trois qualités haïssables avec tous leurs symptêmes , l'enr tèieuFient, Uorgineil, la dureté ; très-probahki' ment il y joint encore la fausseté, la fouflie^ rie et l'avance. — . Le corps penché en Client annonce un hooi^ifie pcudeat et Laborieux, to cor^ penché en arrière annonce un bonin^ vain, médiocre et orgueiAleux. — Les bor^ j$ne:^} les boiteux et surtout les bossus, dit À^ bert-le-Grqnd, sont ri^és, spirituels, ua pe^ malins et pass^tiWment mécb«^nts. -^ t'hoe^mo sag^ rit rarement et. peu. U set cont^t^ ef?dlaairemaat de sonifiiie. QyeÙe diQjar.^p eetre le iNre. gif^ctuiçux de l'humanité et lé rire iafornal qui se r,éjoi|it du mol d'aUilrui 1 V est çles iaf i^s qiii i^i^èi^eoi les çi^ux ; il e^ e^ d'autres, qj^ pçovoquient ViQ<ii^Q^iipn, 4;t le mépris,, — Bj^fw^rquez aus^i. la voix (comme les ItaUeos, fout dans, leur;^ ^a:^e-Tpoj;t;à. qt da^leurs.^gnaJomepi4); di^io^iez si elle e>t hau,t,e Qu basse , forte OM faible , clairç, o;i SQi^rde, douce ou rud/e, JM3te 01^ fau^^e. M •so,n de la voij^> sp;? ariicuilation , sa faiblesse et sop étendue, ses inilexioD^ dans Iq haut et da^s Iç bas, 1^. vo]ui;>iiiié et i;embaj:ras de Ifi Ui^g,uo, t^ut cela qst in^nipieot c^actérisliqm?. Le cri (jl^s animaux les plus courageux esi simple» dit Âristote, et ils le ppussçnt saj)3 eijtort i^^^qué. Celui des animaux lirpides ^ beaucouj^, plus, perçai^t- Comparez à cet égard le lion, le bœuf, le coq qui chante son triomphe, avec le cerf et le fièvre ; ceci peut Vagr

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