‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 240 sur 319 · PAL · texte numérisé non relu

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spirait des idées neuves el curieuses qui le gôduisaient; le plus souvent il le poussait à de mauvaises actions. — Le terme des sept années vint vite; le jeune homme, qui avait alors vingt-cinq ans, rentra à la maison paternelle. Le démon auquel il s'était donné lui conseilla et parvint à lui persuader d'empoisonner soli père et sa mère , de mettre le feu à leur château , el de se tuer lui-même après. Il essaya de commettre tous ces crimes : Dieu, qui sans doute avait .encore pitié de lui, ne permit pas qu'il réussît; le poison n'opéra point sur ses parents. Inquiet et troublé, Louis eut des remords ; il découvrit à quelques domestiques fidèles l'état où il se trouvait, les priant de lui porter secours. Aussitôt qu'il eut fait cette démarche , le démon le saisit, quoique la dernière heure ne fût pias venue , lui tourna le corps en arrière, et tenta de lui rompre les os. Sa mère, qui était hérétique aussi bien que lui , fut contrainte de recourir aux exorcismes. Le diable parut, dit-on , avec les traits d'un sauvage hideux et velu , et jeta à terre un pacte différent de celui qu'il avait extorqué du jeune homme, pour donner à croire qu'il abandonnait sa proie. Mais on ne tomba point dans le panneau ; et enfin , le 20 octobre 4603 , on força le démon à rapporter la véritable cédule, contenant le pacte fait entre lui el Louis de Boubenhoren. Le jeune homme renonça alors au démon, abjura Thérésie , fit sa confession générale , et il sortit de son bras gauche, presque sans douleur, et sans laisser de cicatrice, le pacte secret, qui tomba aux pieds de l'exorciste. — On voyait, dans une chapelle de Molsheim, une inscription célèbre qui contenait toute l'aventure de ce gentilhomme.... Voy. Faust.

Pain (Épreuve du). — C'était un pain fait de farine d'orge, bénit ou plutôt maudit par les imprécations d'un prêtre. Les Anglo-Saxons le faisaient manger à un accusé non convameu, persuadés que, s'il était innocent, ce pain ne lui ferait point de mal ; que s'il était coupable, il ne pourrait l'avaler, ou que s'il l'avalait , il étoufferait. Le prêtre qui faisait celle cérémonie demandait, par une prière composée exprès, que les mâchoires du criminel restassent roides , que son gosier se rétrécit, qu'il ne pût avaler, qu'il rejeiAl le pain de sa bouche. C'était une profanation des prières de l'Eglise *. La seule chose qui fût réelle dans cette épreuve, qu'on appelait souvent Vépreuve du pain conjuré^ c'est que , de toutes les espèces de pain, le puin d'orge moulue un peu ;^ro^ est le plus difficile à avaler. Fojf/. CousNED , Alphitomancie , etc.

» Bergler, Dictionii. théologiqne.

Pain béott. -- Du côté de Guingamp en Bretagne, et dans beaucoup d'autres lieux, quand on ne peut découvrir le corps d'un noyé, on met un petit cierge allumé sur un pain que l'on a fait bénir et qu'on abandonne au cours de l'eau ; on trouve le cadavre dans l'endroit où le pain s'arrête ', et ce qui peut surprendre les curieux , c'est que ce miracle s'est fait souvent. Comment l'expliquer? — On a le môme usage en Champagne et ailleurs.

Pajot (Marguerite), — sorcière qui fut exécutée à Tonnerre en 4576, pour avoir été aux ai^semblées nocturnes des démons et des sorciers. Elle composiiit des maléBces et faisait mourir les hommes et les animaux. Elle avait de plus tué un sorcier qui n'avait pas voulu lui prêter un lopin de bois avec lequel il faisait des sortilèges. Une remarque singulière qu'on avait notée , c'est qu'elle revenait du sabbat toujours toute froide*.

PalingénéMe. — Ce mot veut dire renaissance. Duchène dit avoir vu , à Cracovie , un médecin polonais qui conservait, dans des fioles, la cendre de plusieurs plantes; lors* qu'on voulait voir une rose dans ces fioles , il prenait celle où se trouvait la cendre du rosier, et la mettait sur une chandelle allu- » mée : après qu'elle avait un peu senti la chaleur, on commençait à voir remuer la cendre; puis on remarquait comme une petite nue obscure qui, se divisant en plusieurs parties, venait enfin à représenter une rose si belle , si fraîche et si parfaile, qu'on l'eût jugée palpable et odorante , comme celle qui vient du rosier. — Cette nouveauté fut poussée plus loin. On assura que les morts pouvaient revivre naturellement, et qu'on avait des moyens de les ressusci:er en quelque façon. Van der Bect . surtout , a donné ces opinions pour des vérités incontestables ; et dans le système qu'il a composé pour expliquer de si étranges merveilles, il prétend qu'il y a, dans le sang, des idées séminales , c'est-à-dire des corpuscules qui contiennent en petit tout l'animal. Quelques personnes , dit-il , ont distillé du sang humain nouvellement tiré, et elles y ont vu, au grand étonnement des assistants saisis de frayeur, un spectre humain qui poussait des gémissements. C'est pour ces causes , ajoutc-t-il, que Dieu a défendu aux Juifs de manger le sang des animaux , de peur que les esprits ou idées de leurs espèces qui y sont contenues ne produisissent de funestes effets. — Ain«i en conservant les cendres de nos ancêtres, nous pourrons en tirer des fantômes qui nous en reprc^senleront la figure.

' Cambry, Voyage dans le Finistère , t. III, p. 159. ^ Bodin, Démonomanie.

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