PHU
leur dit avec une coatenance morno : « Hélas! mon père, et vous, ma mère, vous détruisez ma félicité en m^empécliant, par votre présence importune, de vivre seulement trois jours. Votre curiosité vous sera funeste, car )e m*en retourne au séjour delà mort, et vous me pleurerez autantque quand je fus portée en terre pour la première fois. Mais je vous avertis que je ne suis pas venue ici sans la volonté des dieux. » — Après ces mots, elle tomba morte ; et son corps fut exposé sur un lit à la vue de tous ceux de la maison. On alla visiter le tombeau, où Ton ne trouva point son corps, mais seulement Tanneau de fer et la coupe que Mâchâtes lui avait donnés.
Fhîlosopliîe hermétique, — voy. Pi ERRE PHILOSOPHALE.
Philotanoe, — • démon d'ordre inférieur, soumis à Bélial.
Phîlire , -* breuvage on drogue , dont l'effet prétendu est de donner de Tamour. Les anciens , qui en connaissaient l'usage , invoquaient dans ta confection des philtres les divinités infernales. Il y entrait différents animaux, herbes ou matières, tels que le poisson appelé remore, certains os de grenouilles, la pierre aslroïte et surtout l'hippomane. Delrio, qui met les philtres au rang des maléfices , ajoute qu'on s'est aussi servi pour les composer de rognures d'ongles, de métaux, de reptiles, d'intestins de poissons et d'oiseaux, et qu*on y a mêlé quelquefois des fragments d ornements d'église. Les philtres s'expliquent comme les poisons par la pharmacie. — L'hippomane est le plus fameux de tous les philtres; c'est un morceau de chair noire et ronde , de la grosseur d'une figue sèche, que le poulain apporte quelquefois sur le front en naissant. Suivant les livres de secrets magiques, il fait naître une passion ardente, quand, étant mis en poudre , il est pris avec le sang de celui qui veut se faire aimer. Jean -[Baptiste Porta détaille au long les surprenantes propriétés de Thippomane ; il est fâcheux qu'on n'ait jamais pu le trouver, ni au front du poulain naissant, ni ailleurs. Voy. Hippo- MANE. — Les philtres sont en grand nombre et plus ridicules les uns que Ié§ autres. Les anciens les connaissaient autant que nous, et on rejetait chez eux sur les charmes magiques les causes d'une passion violente , un amour disproportionné , le rapprochement de deux cœurs entre qui la fortune avait mis une barrière^ ou que les parents ne voulaient point unir. — Il y a de certains Ioniques qui enflamment les intestins, causent la démence ou la mort et inspirent une ardeur qu'on a prise
pour de Tamour. Telles sont les mouches cantharides avalées dans un breuvage. Un Lyonnais, voulant se faire aimer de sa femme qui le repoussait , lui fit avaler quatre de ces insectes pulvérisés dans un verre de vin du Rhône ; il s'attendait à être heureux : il fut veuf le lendemain. A ces moyens violents on a donné le nom de philtres.
Phlègéton . — fleuv» d'enfer, qui roulait des torrents de flamme et environnait de toutes parts la prison des méchants. On lui attri* buait les qualités les plus nuisibles. Après un cours assez long en sens contraire du Gocyte, il se jetait comme lui dans l'Achéron.
Phrènologîe OU OrAnologîe , — art OU
science qui donne les moyens d0 juger les hommes par les protubérances du crâne. Nous ne voyons pas, comme quelques-uns l'ont dit, que la crànologie consacre le matérialisme , ni qu'elle consolide les funestes principes delà fatalité. Nous sommes persuadé au contraire que les dispositions prétendues innées se modifient par réducation religieuse , surtout par rapport aux mœurs. Dans les arts on dit bien que le génie est inné : c'est vrai en partie seulement, car il n'y a pas de génie brut qui ait produit des chefs-d'œuvre. Les grands poètes et les grands peintres ne sont pourtant devenus grands qu'à force de travail. Le génie, a dit Buffon, c'est la patience; et Socrate, né vicieux, est devenu homme de bien. — Avant Gall et Spurzheim, les vieux physiologistes n'avaient jeté que des idées vagues sur la crànologie, ou crânoscopie, ou phrœnologie, qui est l'art de juger les hommes au moral par la conformation du crâne et ses protubérances. Gall et Spurzheim en firent un système qui , à son apparition , divisa le public en deux camps, comme c'est l'usage ; les uns admirèrent et applaudirent ; les autres doutèrent et firent de l'opposition. Peu à peu on reconnut des vérités dans les inductions crânologiques des deux Allemands. Le système devint une science ; la médecine légale y recourut; aujourd'hui il y a des chaires de crànologie, et peut-être cette science, dont on avait commencé par rire, deviendra un auxiliaire de la procédure criminelle. — On a soutenu que l'âme a son siège dans le corveau. Dans toute l'échelle de la création, la masse du cerveau et des nerfs augmente en raison de la capacité pour une' éducation plus élevée. La gradation a lieu jusqu'à l'homme, qui, parmi tous les êtres créés, roi de la création, est susceptible du plus haut degré d'ennoblissement , et à qui Dieu a donné le cerveau le plus parfait et proportionnellement le