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versa la coupe qu'il portait à sa bouche ; ce qui était Taccomplissement de la prophétie. — Dans la suite l'empereur Domitien , Tayant soupçx)nné de sorcellerie, lui fit raser le poil pour s'assurer s'il ne portait pas les marques du diable , comme dit Pierre Delancre ; mais Apollonius disparut sans qu'on sût par où il s'était sauvé. Ce n'était pas la première fois qu'il s échappait ainsi. Sous Néron, on avait dressé contre lui un acte d'accusation ; le papier se trouva tout blanc au moment où le juge voulut en prendre lecture. — De Rome il se rendit à Éphèse. La peste infestait cette ville; les habitants le prièrent de les en délivrer. Apollonius leur commanda de sacrifier aux dieux ; après le sacrifice , il vit le diable en forme de gueux tout déguenillé; il commanda au peuple de l'assommer à coups de pierre, ce qui fut fait ; lorsqu'on ôla les pierres, on ne trouva plus à la place du gueux lapidé qu'un chien noir qui fut jeté à la voirie, et la peste cessa. — Au moment où Domitien périt, Apollonius, au milieu d'une discussion publique , s'arrêta , et , changeant de voix, s'écria, inspiré parle diable : « C'est bien fait, Etienne, courage ! tue le tyran. » Ensuite, après un léger intervalle, il reprit : « Le tyran est mort. » Etienne en ce moment assassinait Domitien. — Ce fut alors, à ce qu'on croit, que le sorcier Vespésion, pour montrer qu'il pouvait enchanter les arbres, commanda à un orme de saluer Apollonius ; ce que l'orme fit, mais d'une voix grêle et efféminée *. C'était bien excusable de la part d'un orme. — Apollonius était, dit-on, habile faiseur de talismans; il en fit un grand nombre à Tyanes, à Rome, à Byzance, à Antioche, à Babylone et ailleurs , tantôt contre les cigognes et les scorpions , tantôt contre les débordements et les incendies. Il fut regardé par les uns comme un magicien , comme un dieu par les autres; on l'honora même après sa mort. Mais sa vie, nous le répétons, n'est qu'un roman calculé. Apollonius est annoncé par un démon. Les cygnes chantent à sa naissance, tous les autres prodiges sont combinés ainsi de manière à pouvoir être comparés, avec cette différence que ceux d'Apollonius ne méritaient pas même le peu de succès qu'ils ont eu. — La foudre qui tombe du ciel est opposée à rétoile qui parut en Bethléem ; les lettres de félicitalion que plusieurs rois écrivirent à la mère d'Apollonius répondent à l'adoration des^nages; les discours qu'il prononçait fort jeune dans le temple d'Esculape, à la dispute dé Jésus enfant parmi les doc-
' Jacques d'Autan, Tlncrédulité savante et la crédulité ignorante.
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tours; le fantôme qui lui apparut en traversant le Caucase, à la tentation du diable dans le désert, etc. « Ces parallèles montrent la malice grossière et la finesse mal tissue de Philostrate ( pillard de Lucien ^ ] , et le cas qu'on doit faire de ces fables n'est pas de les rapporter à la magie, comme a fait François Pic, mais de les nier totalement * comme des stupidités grossières. » — Hiéroclès, qui osa faire sous Dioclétien , dans un écrit spécial, la comparaison d'Apollonius et de notre Seigneur Jésus-Christ, a été réfuté par Eusèbe, qui veut bien regarder Apollonius comme un magicien. Leloyer pense que ce fut Simon qui lui enseigna la magie noire ; et Ammîen-Marcellin se contente de le mettre dans le nombre des hommes qui ont été assistés de quelque démon familier, comme Socrate et Numa. — On sait peu de chose sur la fin de la vie d'Apollonius. On assure qu'à l'âge de cent ans il fut emporté par le diable, qui était son père, quoiqu'Hiéroclès ait eu le front de soutenir qu'il avait été enlevé au ciel. Vopiscus dit que, par la suite, le spectre d'Apollonius apparut à l'empereur Aurélien qui assiégeait •Tyanes, et lui recommanda d'épargner sa ville, ce que fit Aurélien. — Il y a eu des gens qui ont trouvé Apollonius vivant au douzième siècle. Voy. Artephius.
Apomazar. — Des significations et événements des songes , selon la doctrine des Indiens, Perses et Égyptiens, par Apomazar. Vol. in-S*» ; Paris, 4580. Fatras oublié, mais rare.
Apone, — voy. Pierre d'Apone.
Apparition. — On ne peut pas très-bien préciser ce que c est qu'une apparition. Dom Calmet ditque, si l'on voit quelqu'un en songe, c'est une apparition, a Souvent, ajoute-t-ii, il n'y a que l'imagination de frappée; ce n'en est pas moins quelquefois un fait surnaturel quand il a des relations. » — Dans la rigueur du terme une apparition est la présence subite d'une personne ou d'un objet contre les lois de la nature : par exemple, l'apparition d'un mort, d'un ange, d'un démon, etc. — Ceux qui nient absolument les apparitions sont téméraires. Spinosa, malgré son athéisme, reconnaissait qu'il ne pouvait nier les apparitions ni les miracles. On ne raisonne pas mieux lorsqu'on dit qu'une chose qui est arrivée autrefois devrait arriver encore. Il y a bien des choses qui ont eu lieu jadis et qui ne se renouvellent pas, dans le système même des matérialistes. — Nous devons admettre et croire les apparitions rapportées dans les
' Dans Alexandre de Paphlagonie.
* Nandé, Âpol. pour les grands personnages, ch. 12.
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saintes Écritures. Npus ne sommes pas tenus à I9 même foi dans les simples histoires ; et il y a des apparitions qui , réelles ou intellectuelles, sont fort surprenantes. On lit dans la vije de s^int Macaire qu'un homme ayant reçu UQ dépôt le cacha sans rien en dire à s^ femme, et mourut subitement. On fut Irès-embarrassé quand le maître di^ dépôt vint le réclamer. Saint Macaire pria, dit |a légende, et le défunt apparut à sa femme, à qui il déclara que Targent redemandé était enterré au picjd de son lit, c,e qui fut trouvé vrai. — Ce sont les ^p-r paritions des morts, chez les anciens, qui ont donné naissance à la nécromancie. Voy. NécboteANGiE. — Nous ne spngeons à nous occuper ici que des ppparilions illusoires ou douteuses, et le nombre en est immense. Nous suivrons un moment les écrivains qui ne doutent c|6 rien. Quelqgefois, disent-ils, les apparitions ne sont que vocales : c'est une voix qui appelle, l^^is ()ans les bpnn^s apparitions Tesprlt se mpï)tre. — Quand les esprits se font voir à uij hoipme seul, ajoutient les ca^alistes, ils ne présagent rien de bon; quand ils apparaissent a deux personnes à la fois, rien de mauvais ; ils ne se montrent gu|ère ^ trois personlies ensemble. — Il y a des apparitions ifpqginaires causées par les remords; des meurtriers se sont cru§ harcelés ou poursuivis^ par jeufs viclinies. Une femme, en 1726, accusée, à Londres, d'être complice du meqrtre de son mari, nijiit le fait; oq lui présente l'habit du mort, qu'on secoue devant e|le; son imagination épouvantée lui fait Voir son mari même; elle se jette à ses pieds et déclare qu'elle voit son mari. Mais on trouvera des choies plus inexplicables. — Lesapparilionsdu diable, qui a si peu besoin de se montrer pour noiis séduire, faibles que nous sommes, ont donné lieu à une multitude de contes merveilleux. Des sorciers, brûlés à Paris, ont dit en justice que, quand le diable veut se faire un corps aérien pour se montrer aux hommes, « il faut que le vent soit favorable » et que la lune soit pleine. » Et lorsqu'il apparaît, c'est toujours avec quelque défaut nécessaire, ou trop noir, ou trop pâle, ou trop rouge, ou trop grand, ou trop petit, ou lé pied fourchu, ou les mains en griffes, ou la queue au derrière et les cornes en tête, étc ; à moins qu'il ne prenne uno forme bizarre. C'est ainsi qu'il parlait à Simon le magicien et à d'autres, sous la figure d'un chien; à Pythagore, sous celle d'un fleuve ; à Apollonius, sous celle d'un ormo \ etc. — Excepté les démons de midi, les démons et les spectres
' Gabriel Naiidé , Apol, pour les grands personnages, chap. XI T.