‹ Dictionnaire international des ecrivains du jourChapitre 311 sur 318 · LEA · texte numérisé non relu

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« Ein psychologischer Blick in unsere Zeit », 2^- éd., 1872; « Was heisst national? », 2^ éd., 1880; « Schiller und die Schillerstittung », 1884; « Idéale Fragen », 3'"^ éd., 1885.

Lazzaro (Nicolas), écrivain italien, né, à Naples, le 6 juin 1842. Ancien employé, il a pria part aux campagnes de 1866 et de 1867; depuis lors, il s'est adonné entièrement au journalisme et à la littérature. Il débuta par des nouvelles dans Vltalia de De Sanctis, et dans le journal Roma, oîi il inséra en 1870 un roman intitulé: « Il giornale di un giovane pazzo », et auquel il envoya des correspondances de Rome, où il entra, au mois de septembre, avec les troupes italiennes, comme attaché à la division Angioletti. Il se signala encore par des correspondances au Piccolo de Naples et au Monitore datées de l'Herzégovine, et par des lettres adressées de Serbie à la Tribune et au Moniteur Universel en français, au Roma et à Vlllustrazione Italiana en italien, de Bulgarie à V Illustrazione Italiana, au Roma et à la Gazzetta Piemontese. Ses correspondances de Serbie ont été réunies en un volume publié à Milan par les frères Trêves. Suivirent: « A zouzo per il Golfo di Napoli », Naples, 1880; « L'Esposizione artistica di Roma », 1883. Il a suivi et décrit les événements de Tunisie, et le bombardement d'Alexandrie d'Egypte; à son retour, il a fondé le Club Africain, devenu (S'oci'efà Af ricana d'italia, dont il est le vice-président depuis 1883. En 1885, il a fait une conférence intitulée: « L'Africa e la politica coloniale ». Il a aussi collaboré au Graphie de Londres, à Vlllustration Universelle, au Giornale di Sicilia et à plusieurs autres journaux italiens et étrangers.

Leader-Scott (pseudonyme de M'"» Lucy-Emily Baxter, née Barnes). M""= B. est fille du révérend William Barnes, orientaliste, philologue et poète, décédé il y a trois ans, et resté très populaire sous le nom de poète du comté de Dorset. A l'âge de dix-huit ans, elle débuta dans la vie littéraire par une nouvelle dans le Ladies' treasury, intitulée : « The three squires of Lindenhurst », 1862; elle continua à travailler pour cette revue jusqu'à 1877. Mariée à Florence à M. B., elle s'occupa beaucoup d'études artistiques, et elle a publié: « A nook in the Apenuines », Kegan Paul and C", 1879, 2'"8 éd. 1881 ; « Fra Bartolomraeo, Andréa Del Sarto and his pupils », Sampson Low and C'\ 1880 ; « Ghiberti, Donatello and other early italian sculptors », id., 1882 ; « Luca Délia Robbia and other Italian sculptors », 1883. Ces différents ouvrages refondus, et suivis d'une série d'études sur la sculpture formèrent un livre, remarquable sous tous les égards, sous le titre de « Sculpture, Renaissance and Modem », Sampson Low and C", 1884. M""" B. n'avait point restreint son œuvre à la sculpture. Dès 1882, Saujpson Low and C° avaient publié:

« The Renaissance of art in Italy », beau volume illustré; Chapman and Hall, en 1887, en fii-ent une nouvelle édition plus riche en dessins, dûut plusieurs polychromes, qui se donne comme prix à l'Ecole du Musée de Kensington. Ces ouvrages de haute critique de l'art italien n'empêchent pas que M'"« B. consacre son temps et sa plume à des livres d'un genre plus léger. Nous avons d'elle: « Mesaer Agnolo's household, a cinquecento florentine story », Longman and C, 1882; et « A bunch of berries », charmant petit livre pour les enfants, Griffith and Farran, 1885; « Tuscan studies and sketches », F. Fisher and Unwin, 1887. M™« B. a, dans la même année 1887, publié, chez Macmillan and C", la vie de son père: « The life of William Barnes poet and philologist ». En 1889, elle a traduit pour Barbera de Florence, l'édition anglaise du « Giovanni Acuto » de MM. Temple-Leader et Marcotti et maintenant elle prépare un ouvrage sur Vincigliata et Majano. M™'' L. B. est membre honoraire de l'Académie des Beaux-Arts de Florence et correspondante pour la Toscane du Magazine of Art de Londres.

Leathes (Rev. Stanley), théologien anglais, docteur honoraire de l'Université d'Edimbourg, né, le 21 mars 1830, à Eilesborough, a fait ses études à Cambridge; en 1863, il remplaça le docteur Mac Caul dans la chaire d'hébreu au King's Collège de Londres; il a fait beaucoup de conférences à Londres, à Cambridge, à Oxford. Parmi ses nombreux écrits, citons : « The Witness of the Old Testament to Christ », 1868; « The Witness of Saint-Paul to Christ »; < The Witness of Saint-John to Christ » ; « University Sermons » ; « Hebrew Grammar » ; « Truth and Life », sermons, 1872; « Structure of the Old Testament », essais populaires, 1S73; « The Gospel its Own Witness », 1874; « Religion of the Christ », id. ; « The Christian Creed ; its Theory and Practice », 1878 ; « Studies in Genesis », 1880; « The Foundations of Morality », 1882.

Lébédéii (Basile), économiste russe, professeur de la Science des finances à l'Université de Saint-Pétersbourg depuis 1867, né, à Nijni- Novgorod, en 1883, a fait ses études à l'Université de Kasan, qu'il a poursuivies à Berlin, à Leipzig, à Heidelberg et à Paris. On lui doit: « Étude sur l'impôt foncier », 1868; la traduction russe du 2'"'' tome du livre de Rau : « Gmndsatze der Finanz- icissenschajt », u].; « Cours de la Science et du droit des finances, 1882-85 », quatre vol., nouvelle édition refondue, 1889 et suiv. Cet ouvrage essentiel donne l'exposé de la science financière, illustrée des études comparatives sur les législations en matière de finances des principaux états de l'Europe, avec des renseignements nombreux historiques et statistiques; « Étude sur les impôts locaux » (un fort vol. iu-8", qui contient la théorie du sujet

et des études détaillées sur les finances locales de l'Angleterre, de la France et de la Prusse, comme trois pays exemplaires à ce sujet; plusieurs petites études économiques et financières dans des difféi'ents journaux russes. Toutes les publications de M. L. sont en russe.

Lebèg:ue (Adolpbe-Gustave-Auguste), directeur du journal bruxellois L'Office de Publicité. Fils d'Alphonse-Nicolas Lebègue (1814- 1885), français arrivé en Belgique en 1843 et dont nous avons parlé déjà au mot Corkelis, il naquit à Bruxelles le 22 octobre 1855, et eut pour parrain Adolphe Thiers, qui devait devenir Président de la République Française, mais qui avait été, après le coup d'État du 2 décembre 1851, un des proscrits auxquels s'ouvrait presque chaque jour la maison hospitalière de Lebègue. Après de fortes études, il entra dans l'armée belge et fit partie de la compagnie de télégraphistes de place et d'artificiers. Son père avait pensé laisser à un autre de ses fils, Prosper Lebègue, avocat de talent qui a signé du pseudonyme Paul Mon- PLAISIE de gracieuses œuvrettes, la direction du journal L'Office de Publicité, fondé par lui en 1857, et qui était devenu bien vite, grâce à la collaboration d'érainents écrivains belges et français, une feuille libérale grandement estimée. « L'Office de Publicité, a dit autrefois Le Figaro, est un des journaux les mieux faits de la Belgique, et l'on comprend qu'il ait séduit Proudhon ». Mais ce fils l'ayant précédé dans la tombe, ce fut à M. A. L. qu'échut, à la mort du fondateur de L'Office, la direction du journal. Le 23 décembre 1885, le correspondant bruxellois de La Meuse, de Liège, esquissait ainsi le portrait de son nouveau confrère: « Adolphe Lebègue, ancien oiScier du génie, âgé de trente ans, est un des plus brillants sujets sortis premiers de l'École militaire. Affable et modeste, quoique savant, il saura continuer l'œuvre de son père, on peut en être sûr ». Le pronostic s'est réalisé, mais il faut regretter que M. A. L., imitant un peu trop en cela les editors des grands journaux anglais, n'écrive que fort rarement dans L'Office de Publicité.

Leber (Théodore), oculiste et odontologiste allemand, professeur d'ophtalmologie à l'Université de Goettingue, né en 1840, on lui doit, entr'autres, deux ouvrages essentiels : « Anatomische Uutersuchungen iiber die Blutgefàsse im menschlicheu Auge », Vienne, quatre éd., 1864 ; « Untersuchungen iiber die Caries der Zâhne », en collaboration avec Rottenstein, Berlin, 1867, huit éditions.

Leblois (George-Louis), pasteur et écrivain religieux alsacien, est né, à Strasbourg, le 21 juin 1825. Après avoir fait ses études littéraires au gymnase protestant de cette ville, il suivit les cours de sciences au lycée, puis passa une année, eu qualité do maître d'études, au

Collège de Colmar. En 1848, il fonda, avec quelques amis, sous le nom de Société du Progrès religieux, une alliance religieuse universelle, où entrèrent non-seulement des membres des divers partis protestants, mais encore des catholiques et des Israélites. Il en sortit d'une part : U Alliance chrétienne universelle, de l'autre, L'Alliance israélite universelle. Nommé pasteur à Wisserling en 1850, M. L. fut trois ans plus tard rappelé dans sa ville natale en qualité de pasteur au Temple-Neuf. En 1834, il prononça un discours hardi dans lequel il se déclara contre la divinité du Christ, dans le même sens que l'avaient fait en Amérique Channing et Parker. A partir de ce discours, il eut à subir toutes les peines et toutes les amertumes qu'entraînent les luttes religieuses. Ses adversaires ne négligèrent aucun moj'en de faire le vide autour de lui, et on alla jusqu'à défendre aux étudiants en théologie d'aller l'entendre ou de le fréquenter. Ces persécutions inspirèrent à quelques amis courageux l'idée de lui prouver leur attachement. Un corps de disciples dévoués, appartenant à tous les cultes, se forma et remplit son église. Ses sermons furent imprimés et répandus ; enfin, après quinze ans de combat, le ministre et ses doctrines obtinrent la victoire aux élections consistoriales. M. L. publie chaque année une ou plusieurs brochures qui traitent des questions morales et religieuses les plus diverses. Nous citerons : « De l'inspiration des premiers Chrétiens » ; « De l'harmonie entre la connaissance de Dieu et la vie du chrétien » ; « Idées sur l'éducation » ; « Du vrai sens des mots Chrétien, Christianisme »; « La Mission de la femme et son rôle dans l'éducation religieuse de l'enfance » ; « Da rôle de la douleur »; « Du vrai et du faux bonheur » ; « La Tâche du protestantisme » ; « Luther avant et après la réforme » ; « Prières pour les différents âges » ; « Les livres de la Nouvelle Alliance, ou l'Histoire et la Littérature chrétienne des premiers siècles », 1888. La publication capitale de M. L. est celle qu'il a intitulée: « Les Bibles et les Initiateurs religieux de l'Humanité », 1883-87, 6 vol., illustrés de dessins, de planches hors texte et de cartes géographiques.

Lebon (André; pseudonyme André-Daniel), publiciste français, chef du cabinet du Président du Sénat depuis 1882, professeur à l'École des Sciences politiques depuis 1884, né, à Dieppe, en 1850, a publié : « La Législation électorale de l'empire d'Allemagne » ; « L'Année politique » (depuis 1880) ; « L'Angleterre et l'Émigration française de 1792 à 1801 », 1882 ; « Staatsrecht der Franzôsischen Republik ; Handbuch do Marquardsen », Fribourg en Brisgau, 1886 ; « Procès verbaux des Etats du Dauphiné en 1788, Introduction », Lyon, 1888; des articles dan., les Annales de l'École des sciences polili-

LEO qms, dans la Revue Internationale de l'En^ciment, dans la Eevue Bleue. En collaboration avec M. Arnaune, il a publié : « Étude sur les débats du Parlement anglais sur la représentation des minorités », avec M. Max Boston ; « Code annoté du divorce », 1884, avec Paui Palet; « France as it is », Londres, 1888.

Le Bourdellès (Raymond), jurisconsulte français, procureur de la République à Auxerre, né, à Vitré (Ille-et-Vilaire) , le 17 août 1855, docteur en droit et avocat, a occupé le siège du ministère public aux Assises de l'Yonne, en 1888, dans la dramatique affaire de l'horlogor Vétard de Joigny. M. Le B. est un apôtre ardent de l'unification de la race latine. Dans cet esprit, il a publié : « Le traité de 1760 entre la France et la Sardaigne, toujours en vigueur entre les deux nations », Paris, Pédone éd. ; « La culture du droit en Italie » ; « L'organisation judiciaire en Italie », il y rend hommage au sens juridique du législateur italien. On lui: doit, en outre : « Nouvelles » (sous le pseudonyme de Buisson, Bordeaux, Frèret éd.) ; « De la sophistication des boissons », Marchai éd. ; « De l'établissement d'un registre municipal du travail » ; « De la création d'une inspection du notariat », et un grand nombre d'articles dans le recueil La France judiciaire, dont il est un des plus anciens collaborateurs.

Lebrecht (Guillaume), économiste et statisticien italien, d'origine allemande, né, à Padoue, le 30 septembre 1845, fit ses premières études à Vérone et fréquenta l'Université de Padoue. En 1874, attaché à la Direction Générale de la Statistique k Rome, il fut un des principaux collaborateurs de la Statistique internationale des Caisses d'épargne, publiée par le Gouvernement italien en 1875. Membre de la Junte Municipale et de la Chambre de Commerce de Vérone, il s'occupa activement du bien-être de la ville et surtout du développement de l'épargne dans les classes populaires. En 1886, il assistait à Florence au Congrès National des Caisses d'épargne, comme délégué de la Caisse de Badia, et il y prenait une part considérable; on lui doit: « Del Socialisnio », deux conférences, Vérone, 1871; « Cenni teorico-pratici sul censimento générale délia popolazione del Regno », id., 1871 ; « U Risparmio e l'Educazione del popolo », 1875, ouvrage distingué par S. M. le Roi, par une médaille d'argent; « Per l'inchiesta governativa sugli scioperi », notes statistiques et économiques. Milan, 1878; « U Risparmio nelle scuole », Vérone, 1884; « Unionismo e Socialisnio? », deux conférences, id., 1886; « Les Caisses d'épargne scolaires en Italie, historique, statistique, administration », Vérone,

Le Camus (l'abbé Emile), ecclésiastique et écrivain français, docteur en théologie, chanoine honoraire de Carcassonne, d'Avignon, etc., an-

LEC cion directeur et fondateur du Collège catholi- . que de Castelnaudarj^, est né, à Paraza (Aude), le 24 août 1839. Il a fait ses études ecclésiastiques au séminaire de Saim-Sulpice ot à Rome. Il avait déjà jirêché dans les principales églises de France et assisté au Concile du Vatican comme théologien, quand il fut appelé, en 1870, à devenir co-directeur de l'École de Sorèze. En 1875, il réussit à ramener les Dominicains du Tiers-ordre sur le tombeau du P. Laoordaire, leur fondateur. Son évêque de Carcassonne , Mgr. Leuillienx, le chargea alors de créer un collège ecclésiastique à Castelnaudary. Cette nouvelle mission ayant pleinement réussi, M. l'abbé Le C. après l'avoir gouvernée douze ans, l'a remise, de concert avec son nouvel évêque Mgr. Billard, aux mains des R. P. S. du Saint- Esprit. Il a ainsi repris sa liberté pour donner plus de temps à ses prédications et à ses écrits exégétiques. Il a publié : « La vie de N.-S. Jésus-Christ », 2 vol., Poussielgue frères, 1883, 2™« et 3"'e éd., 3 vol., chez Letouzey; « Notre voyage en Orient », 2 vol., 1888 ; « L'Œuvre des apôtres », 1889, à la même librairie.

Lccliler (Gotthard-Victor), théologien allemand, ancien rédacteur de VAllgemeine Kirehenzeitung de Darmstadt, professeur de théologie à l'Université de Leipzig, né en 1811 : on lui doit, entr'autres : « Geschichte der englischen Deismus », Stuttgard, 1841 ; « Das apostolische und das nachapostol. Zeitalter », ouvrage couronné, trois éd., 1851, 1857, 1885 (traduction anglaise, Edimbourg, 1886) ; « Geschichte der Presbyterial- und Synodalverfassung », ouvrage couronné, Leyde, 1854 ; « Die Apostelgeschichten », Bielefeld, 1860, quatre éd., une traduction anglaise, 1865 et une traduction américaine, 1866 ; « Joannis de Wiclif Tractatus de officie pastorali », Leipzig, 1863 ; « Joann. de Wiclif, Trialogus », Oxford, 1869; « Johann von Wiclif und die Vorgeschichte der Reformation », deux vol., Leipzig, 1873, traduction anglaise de Lorimer, deux vol., Londres, 1878; « Urkundenfunde zur Geschichte des christlichen Alterthums », id., 1886.

Leciejeirski (Jean), philologue polonais, professeur libre de philologie slave à l'Université de Vienne, né en 1854, a traduit en polonais le Nala et autres épisodes du Mahâbhârata, et publié : « Die polnische Mundart von Gôrchen und Umgegend », 1882 ; « Die Sprache des polnischen Theils des Florianer Psalters », trois mémoires, 1882-74; « De la Vie des Slovènes » (en polonais), Niwa, 1885 ; « Der Lautwerth der Niisalvocale im Altpolnischen », Vienne, 1886.

Lecky (William-Edward-Hartpole), éminent écrivain irlandais, né, le 26 mars 1838, près de Dublin, où il a fait ses études et reçu en 1859 son doctorat. Parmi ses ouvrages, dont plusieurs ont été traduits en allemand et dans d'autres langues, signalons: « The Leaders of

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Public Opinion in Ireland », 1861, 2» éd., 1871- 72 ; * History of the Rise and Influence of the Spirit of Ratioualism in Europe », deux vol., 1865, 5^- é 1. en 1872 ; « History of European Morals from Augnstus to Charlemagne », deux vol., 1869 ; « History of England in the Eighteenth Century », plusieurs volumes depuis 1878. Leclair (Anton von), philosophe autrichien, directeur du gymnase de Mies en Bohème depuis 1883, né, à Vérone, en 1848, a fait ses études à l'Université de Gratz. Parmi ses écrits, signalons : « Der Realismus der modernen Naturwissenschaft im Lichte der von Berkeley und Kant angebahnten Erkenntniskritik », 1879; « Beitràge zu einer monistischeu Erkanntnisthenie », 1882 ; « Krit. Idealismus uud Positivismus » ; « Das kategoriale Gepràge des Denkens in seinem Einflusse auf die Problème der Philesophie insbes. der Erkenntnistheorie ». Leclerc de FonroUes (Jules-Eugène-Victor), jurisconsulte français, avocat, ancien magistrat, membre de la Société de Géographie depuis 1873, et de la Société des Sciences de l'Yonne, né, à Joigny, en 1850, résidant à Auxerre ; on lui doit: « Projet de la loi sur la chasse », mémoire couronné par un prix de raille francs et par une médaille d'or; « Questions de chasse d'après les décisions les plus récentes des Cours et Tribunaux » ; « Le Code de justice militaire, annoté d'après la jurisprudence et la doctrine ».

Leclercq (Jules), écrivain belge, voyageur et géographe, ne, à Bruxelles, le 4 décembre 1848. Après avoir beaucoup vu et beaucoup retenu, il occupe aujourd'hui les fonctions de juge au tribunal de l'' instance de Bruxelles. Il est Président de la Société Royale Belge de Géographie et membre correspondant de plusieurs sociétés de géographie dans les deux mondes. Il fit ses études universitaires dans sa ville natale: ayant pris le grade de docteur en Droit et celui de docteur en Sciences politiques et administratives, il suivit les cours scientifiques à l' Ecole polytechnique de la même ville. Au début de sa carrière d'écrivain voj^ageur, il publia en France deux volumes qui ont eu beaucoup d'éditions : « Voyages dans le nord de l'Europe », 1871-1873, et « Promenades et escalades dans les Pyrénées ». En 1876, il fit un premier voyage en Amérique, qui parut l'année suivante à Paris, chez Pion, sous le titre: « Un été en Amérique, de l'Atlantique aux Montagnes Rocheuses ». Le même éditeur a publié deux autres volumes qui nous mènent sous les latitudes bien différents des îles Canaries et de l'Islande; leurs titres seuls forment un contraste frappant: le premier « Voyage aux îles Fortunées », a paru en 1880 sous forme de lettres adressées de TénérifFe à un membre de l'Académie française; le voyage en Islande a paru en 1883 sous le titre: « La Terre de Glace ».

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Uu autre livre est conaacré à la région la plus pittoresque des Alpes.: « Le Tyrol et le pays des Dolomites », Quantin, 1880. Chez Chalïamel, a paru en 1880: < Maroc et Algérie, de Mogador à Biskra ». En 1883-84, M. L. fit un nouveau voyage en Amérique qui nous valut deux ouvrages publiés dans la belle collection de voyages illustrés de Hachette. L'un sous le titre: « Voyage au Mexique », nous promène de New-York à Vera-Cruz par les routes de terre et contient des pages émouvantes et d'un grand intérêt historique sur Maximilien et le drame de Querétaro. L'autre: « La Terre des Merveilles, Promenade au Parc national de l'Amérique du Nord », nous montre les incomparables beautés de la célèbre région volcanique arrosée par la Yellov^stone, dans les Montagnes Rocheuses. M. L. a publié un voyage en Portugal dans le « Tour du Monde ». Il a publié encore une traduction du voyage au Caucase de M. Grove. Il a entrepris, dans ces derniers temps, de faire connaître en France la littérature du Nord et nous a donné la traduction de la « Mythologie Scandinave », d'Anderson et de plusieurs monuments de l'ancienne littérature islandaise, spécialement les sagas du X*' siècle. Longue serait la liste des articles de revue qu'il a publiés sur des sujets géographiques et historiques dans la Revue coloniale internationale, la Revue générale, la Revue britannique, la Revue scientifique, les Bulletins des Sociétés de Géographie de Paris et de Bruxelles, les Annuaires du Club Alpin Français, le Bulletin du Club Alpin Belge, VAthénœum belge, etc. Depuis qu'il a embrassé la carrière de la magistrature, M. L ne peut plus consacrer aux voyages que le temps trop limité des vacances judiciaires. Son dernier voyage a eu lieu dans l'Asie Centrale, et vient d'être publié sous ce titre: « Du Caucase aux Monts Alaï », Pion, 1890. En quelques semaines de vacance, le voyageur a trouvé moyen d'aller aux frontières de la Chine en visitant eu chemin Merv, Boukhara, S.imarcande, Kokand. Il se prépare à visiter prochainement le Caucase, la Transcaucasie et le Mont-Ararat.

Leclercq (P.-J .-Emile), éminent publiciste belge, né, à Blonceau-sur-Sambre, le 10 février 1827. Il étudia la peinture dans l'atelier d'un maître célèbre, Navez, et cette éducation artistique, de même que les beaux travaux de critique qu'il a publiés, lui ont valu les fonctions d'inspecteur des beaux-arts dont il est actuellement investi. Dans sa jeunesse, M. L. aborda la poésie et le théâtre; mais le romancier surtout est célèbre. Voici une liste, certainement incomplète, des romans et des nouvelles de notre auteur: « Le Caméléon », 1857; « Albert Mauvais », 1858; « L'avocat Richard », 1858; « Constance », 1859; « Séraphin », 1860; « Tableau.x de genre », 1860; « Les amours siucè-

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res », 1860; « La duchesse d'Alcamo; le chevreuil », 1861; « Histoire de deux armurières », 1864; « Gabrielle Hauzy », 1866; « Les petitsfils de don Quichotte », 1867; « Histoire intime d'un homme », 1868; « Maison tranquille », 1872; « Romans à l'eau de rose », 1874; « Une fille du peuple », 1874; « Cécile » (publié dans V Indépendance belge) ; « Contes populaires », 1879; « A quelque chose malheur est bon », 1879; « rieurs de jeunesse », 1881; « Les scrupules de Bernus », 1882; « Gaillard frère et sœur », 1888. Pour les enfants et les adolescents, il a écrit des livres exquis dont la plupart ont eu de nombreuses éditions: « Contes vraisemblables », Bruxelles, 1866 (couronné par l'Académie Royale de Belgique) ; « Les héros de la liberté en Belgique », id., 1875 (signé du pseudonyme Hément) ; « Livre de lecture pour le premier âge », id., 1876; « Nos amis les animaux », id., 1880; « Histoire d'une statue », id., 1882 (couronné par l'Académie Royale de Belgique); « La beauté dans la nature et dans l'art », id., 1883; « Le théâtre à la maison », id., 1884; « François Annessens », id., 1885. Du critique d'art, il faut citer surtout: « L'art et les artistes », Bruxelles, 1877, 2" éd., 1880 ; « Caractères de l'école française moderne de peinture », 1881; « L'art est rationnel », id., 1882; « Louis Robbe », id., 1889. Enfin, mentionnons encore de M. E. L.: « La guerre de 1870 », Bruxelles, 1871 ; « La morale et sou enseignement », id., 1878; puis sa collaboration à deux grands ouvrages collectifs, la « Patria Belgica », et la « Belgique illustrée », et à une foule de revues et de journaux: Le Libre Examen, La Liberté, La Pensée nouvelle, la Revue trimestrelle, la Revue de Belgiq^ie, La Presse belge, La Chronique, la Gazette des Beaux-Arts de Paris, etc. — M. L. est officier de l'ordre de la Couronne d'Italie. Beaucoup de ses meilleures pages ont eu les honneurs de la traduction.

Lecomte (Louis-Henry), journaliste et poète français, né, à Saint-Jean-de-Losne (Côte-d'or), le 16 avril 1844. Il a débuté en 1863 dans le journalisme, auquel il a fourni jusqu'à dix volumes environ de critique dramatique ou littéraire. Il est actuellement rédacteur en chef du Témoin (ancien Spectateur), revue littéraire et dramatique bi-mensuelle ; auparavant il avait fondé plusieurs journaux: Le Réveil (1864), L' Avant-garde (1866), La Revue théâtrale illustrée (1872), La Chanson (1878). Dans La Chanson, M. H. L. reprit l'idée émise par lui en 1863, d'ériger dans le square du Temple une statue à Béranger, idée qu'un Comité formé par ses soins réalisa en 1885. Il a publié: « Frederick Lemaître », 1865; « Virginie Déjazet », 1865; « Bouffé », 1867; « Frederick Lemaître dans Vautrin », 1869; « M"" Déjazet dans les Pistolets de mon père », 1870; « Les Brigands»,

LEO drame en 6 actes, en vers, imité de Schiller , 1881: « Vers et Chansons », 1882: « Mathurin Régnier », comédie en 3 actes, en vers, 1887; « Un Comédien au XIXi^ siècle: Frederick Lemaître, étude biographique et critique d'après des documents inédits », 1888.

Leconte (Armand), poète et bibliophile français, né, en 1830, à Cetou (Orne). Il a donné à la maison de librairie fondée par Belon à la fin du XYIII» siècle l'importance qu'elle a conservée. Sous sa direction, elle devint le rendezvous des savants, des lettrés et des bibliophiles de la région. M. A. L. a collaboré à un grand nombre de journaux: Le Nogentais, U A venir de l'Orne, Le Patriote de Châteaudun, La Revue de la Poésie, La Muse Républicaine, Les Voix de la Patrie, Les Olympiades, Les Muses Santones, Le Bulletin de la Société philotechnique du Maine, Le Biographe, etc. En 1882, il a fondé avec M. Galpin, député de la Sarthe, la Reiue Littéraire du Maine. André Lemogne, Alfred et Emmanuel des Essarts, François Coppée, Jules Claretie, SuUj- Prudhomme, Eugène Manuel, Barthélem}' Hauréau, etc., ne dédaignent pas d'y collaborer. M. A. L. a publié: « Voix du matin », poésies, Dubuisson, Paris; « Voix intimes », poésies, Nogent-Le-Rotrou ; « Voix du Soir », poésies.

Le Conte (Joseph), savant américain, né, le 26 février, à Liberty County dans la Georgia, ancien médecin à Mâcon (Georgia), ensuite à Cambridge (Massachussetts), où il étudia avec Agassiz. Nommé en 1869 professeur de géologie et d'histoire naturelle à l'Université de Californie, il a publié : « The Mutual Relations of Religion and Science », 1874; « Eléments of Geology », 1878 ; « Sight », 1881 ; « A Compend of Geology », 1884, et une série de monographies scientifiques ; citons : « The Agencj' of the Gulf Stream in the Formation of the Peninsnla of Florida » ; « On the Corrélation of Vital Force with Chemical and Physical Forces »; « On the Phenomena of Binocular Vision » ; « A Theory of the Formation of the Great Features of the Earth's Surface »; « On some of the Ancient Glaciers of the Sierras » ; « The Great Lava Flood of the Northwest »; € On the Structure and Age of the Cascade Mountains ».

Leconte de Lisle ( Marie-Charles ), illustre poète français, ancien sous-bibliothécaire du Luxembourg, bibliothécaire du Sénat, membre de l'Académie Française, où il a eu l'honneur de remplacer Victor Hugo, est né, en 1818, à l'île de Bourbon. Dans sa jeunesse, il fit plusieurs voyages de son île natale en France ; il s'y établit définitivement en 1847. Il débuta dans la Revue des Deux Mondes par des pocmes antiques, qui établirent immédiatement sa renommé. Malgré ses précédents républicains , I l'Empire apprécia ses talents et en 1867 lui fit

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une pension de 3600 francs ; la République l'attacha en 1872 à la Bibliothèque du Luxembourt; et ensuite à celle du Sénat. Ses œuvres et traductions d'Homère {Iliade et Odi/ssée), d'Hésiodo, Eschyle, Sophocle, Euripide, Théocrite, Bioii, Moschus, ainsi que ses « Poèmes antiques », ses « Poèmes barbares » (qui ont précédé les Odi Barbare de Carducci), ses « Poèmes tragiques », ses Œuvres complètes ont été publiées chez Lemerre. On lui doit aussi une tragédie imitée du grec, intitulée : « Les Erj^nnies ». Des vers d'une splendeur précise, une sérénité imperturbable, voilà ce qui frappe, tout d'abord, chez M. L. de L. Au fond cependant, il y a autre chose, ainsi qu'un de ses critiques, M. Lemaître, le fait observer: « Mais cela est ca- « ché et ne se révèle qu'à ceux qui ont le cœur « simple. C'est pourquoi il n'y a pas de poète « qui soit moins connu du public, ni plus sa- « cré pour ses fidèles ; qui ait moins de lec- « teurs, ni des lecteurs plus fanatiques. Ses vers « intransigeants ne condescendent point aux « faiblesses ni aux habitudes du troupeau, n'en- « tren't point dans ses émotions, ne le bercent « ni le secouent ». Ceux-là même qui sont au courant des œuvres littéraires de notre temps se trouvent désorientés devant les poèmes hindous, hébraïques, grecs et Scandinaves de M. L. de L. « Il est complètement dépourvu de « sensibilité » s'est écrié M. Homail. « C'est « un poète qui s'isole et se désintéresse de son « siècle. En a-t-il même le droit? Je me le de- « mande. Au reste j'ai peu lu cet auteur. J'ai « vu ses Eryniiies à l'Odéon ; Clyteranestre s'ap- « pelait Klutaïmnestra, et c'était fort ennuyeux ». Il est bon de noter ce sans-gêne de certaines critiques lorsqu'il s'agit d'un poète que les fins connaisseurs, les érudits et surtout les meilleurs d'entre les jeunes poètes ont bien envie de proclamer le plus grand poète de la France. C'est qu'il offre à ses dévots des œuvres parfaites, où les gens du métier trouvent un plaisir sans mélange; « presque jamais un sentiment per- « sonnel au poète n'y éclate, dont la sinôerité, « l'originalité ou l'expression puisse être con- « testée, qui semble, suivant les jours, insuffi- « sant ou démesuré, ni qui détourne l'atten- « tion des mystères savants de la forme ». {Jules Lemaître). H nous semble que les critiques qui ne veulent voir dans M. L. de L. qu'un amant de la forme, de la ciselure, ne sont pas dans le vrai. Certes, M. L. de L. n'a pas les envolées de Victor Hugo, mais il suffit de lira Ka't'n, son chef-d'œuvre, pour comprendre que les magnifiques vers sculptés dans le bronze ot dans le marbre n'empêchent pas l'âme de Tartiste de se dévoiler. Dans ce poème il a mis ce qu'il avait de plus sincère en lui, la protestation obstinée contre le mal physique et moral et aussi la sérénité de l'artiste paisiblement enivré de visions précises. Kaïn se presse dans soa

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tombeau, situé au sommet île la plus haute tour do Kénokia, la ville des géants, impose silence au cavalier qui insulte et charge d'imprécations le rebelle et ses fils; il se souvient et raconte son histoire, sa sombre histoire:

Celui qui m'engendra m'a reproché de vivre ;

Poussé par le destin à tuer son frère qu'il mait pourtant, il s'écrie après son crime:

Dors au fond du Scliéol! Tout le sang de tes veint O préféré d'Héva, faible enfant que j'aimais, Ce sang que je t'ai pris, je le saigne ù jamais! Dors, ne t'éveille plus! Moi, je crierai mes peines, J'élèverai la voix vers Celui que je hais.

Kaïn se vengera et vengera les hommes. Quand Dieu voudra détruire la race humaine par le déluge, Kaïn la sauvera. Le poète (et ceci a tout l'air d'une trotivaille de génie, observe un de ses critiques), veut que l'arche ait été construite malgré Jéhovah et que Kaïn, son Kaïn immortel et symbolique. Fait empêchée de sombrer. — L'homme, continue le vengeur, couvrira de nouveau la terre, non plus indompté, mais lâche et servile. Ici il faut encore citer quelques vers, car rien ne saurait donner une idée de la grande valeur à la fois du penseur et du poète, comme ces vers d'un poème qui n'est pas assez connu, d'un poème que très-peu de personnes apprécient comme il mérite:

Dans les siècles ob:

Se précipitera sans A ton spectre implacable horribl.

homme multiplié

« Mais un jour mon souffle » dit Kaïn, « redrossera ta victime vivace » :

Tu lui diras: Adore! Elle répondra: Non! ....

Afin d'exterminer le monde qui te nie,

Tu feras ruisseler le sang connue une mer,

Tu feras s'acharner les tenailles de fer,

Tu feras flamboyer, dans l'horreur infinie,

Près des bûchers hurlants le goufire de l'enfer ;

, Mais quand tes prêtres, loups au.\ mâchoires robustes. Repus de graisse humaine et de rage amaigris, De l'holocauste offert demanderont le prix, Surgissant devant eux de la cendre des justes. Je les flagellerai d'un immortel mépris.

Il est facile de comprendre même par ces modestes extraits, que M. L. de L. est indubitablement un des plus grands poètes de son temps. (Je poème de Kaïn traduit, sous une forme saisissante, un sentiment éternel et profondément humain: n'est-ce point là justement la définition des chefs-d'œuvre? « Jamais blasphème n'est « sorti d'une bouche d'homme, plus tragique « depuis Eschyle, ni plus triomphant depuis « Lucrèce », dit encore un de ses critiques que nous avons déjà cité, et il est, nous semble-til, parfaitement dans le vrai. Du reste, en dehors de Kaïn, l'œuvre considérable de M. L. de h; le met hors de pair et Victor Hugo don-

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nait la mesure de son estime pour lui en demandant que son fauteuil à l'Académie fut réservé à M. L. de L., vœu qui a été compris et exaucé sans hésitation. M. L. de L. a eu le bonheur de trouver des critiques de haute envergure pour parler de son œuvre, pour lui assigner la place élevée à laquelle il a droit parmi les grands poètes ; citons, entr'autres, M. Paul Bourget et M. Jules Lemaître qui en parlent avec un véritable enthousiasme. Un jeune critique italien lui a consacré aussi un essai qui nous paraît avoir droit à l'attention des érudits. M. Cesareo (G. A.) a fait une étude profonde et sévèi-6 du grand poète français dont il n'est pas enthousiaste, et qu'il ne goûte guère; il le considère comme appartenant à une école fausse. Dans le travail de M. Cesareo, il faut suivre surtout le parallèle qu'il établit entre Leopardi et M. L. L., et leur pessimisme respectif: « Ainsi donc, dit M. Cesareo, en fins- « sant, le romantisme français qui a sa source « dans la foi sentimentale du vicomte de Chà- « teaubriaud meurt avec le pessimisme rageur « de M. L. de L. : triste sort, mais digne d'une « école qui vécut toujours en dehors de la réa- « lité, de la nature, de l'histoire ». Ce jugement est peut-être sévère: l'état d'esprit ovi nous met la poésie de M. L. de L. est à l'abri de la banalité; le domaine qu'elle exploite (l'aspect matériel des mœurs et dos civilisations, les passions des hommes d'autrefois) étant beaucoup moins épuisé que celui des passions et des affections humaines tant ressfissé. M. L. de L. n'a pas dit son dernier mot et le poète a encore promis tout récemment une œuvre nouvelle qu'on attend, dans le monde des lettres, avec grande impatience.

Le C'onltre (Jean-Jules), érudit suisse, fils du pédagogiste distingué Élie Le Coultre (mort en 1882), né, à Genève, le 29 mars 1849. Il commença au Gymnase et à l'Académie de cette ville des études philosophiques et littéraires poursuivies à Paris, à l'école des Hautes-Etudes, aux Universités de Berlin et de Leipzig. Cette dernière lui conféra en 1874 le grade de Dr phil. ; la Faculté des Lettres de Paris lui avait déjà octroyé en 1871 la licence. En 1874, M. Li C. fut appelé comme professeur de français au Collège Vitzhum à Dresde; en 1876, il remplit les fonctions de précepteur à Naples chez l'opulent banquier Meuricoiïre. Le Gymna.se de Neuchâtel l'a chargé en 1878 de l'enseignement du latin et du grec. L'Académie du même Canton le nomma en 1884 professeur de littérature latine et d'histoire de la langue française. On lui doit: « L'ordre des mots dans Chrestien de Troyes », dissertation doctorale, 1876; « Quintilien, institution oratoire, collation d'un manuscrit du X« siècle », en collab. avec M. Châtelain, 1875; « Sonetti composti per M. Johann'Antonio de Petruciis conte di Policastro »,

LED en collaboration avec M. V. Schulze, 1879; « Contes dévots tirés de la vie des Anciens Pères », 1884.

Le Coultre (Henri-Auguste), historien suisse, frère du précédent, né, à Genève, le 4 février 1853, étudia de 1871 à 1877 la théologie à la Faculté libre de Lausanne et à l'Université de Tubingue, prit en 1877 auprès de la première d'entre elles son grade de bachelier et obtint en 1883 la licence de la Faculté de Paris. Le ministère évangélique actif fut exercé par M. L. C. en même temps qu'il se livrait à de fortes recherches scientifiques : il remplit successivement les fonctions de suffragant de l'église françai.so à Francofort-sur-le-Mein et de pasteur de l'église libre à Carouge près Genève. La Faculté de théologie libre de Lausanne lui a confié en 1883 la chaire d'histoire ecclésiastique devenue vacante par la mort de M. C.-O. Viguet. On lui doit: « La doctrine de Dieu d'après Aristote et St.-Thomas d'Aquin », thèse de baccalauréat, 1877; « Essai sur la psychologie des actions humaines d'après les systèmes d'Aristote et de St.-Thomas d'Aquin », thèse de licence, 1883; « De censu Quiriniano et anno nativitatis Christi secundum Lucam Evangelistam >, id., 1883; « La moral d'Aristote et la justification par les œuvres », 1885; « Le séjour de Calvin en Italie d'après des documents récents », 1886. M. L. C. collabore en outre au Chrétien évangélique, à la Revue de Théologie et de Philosophie, etc.

Lederer (Abraham), éminent pédagogiste autrichien, professeur de pédagogie à l'Ecole Normale israélite de Budapest, né, à Libochowitz en Bohême, le 9 janvier 1827, membre de plusieurs sociétés savantes et philanthropiques: il a donné environ un millier d'élèves à l'état, dispersés maintenant en Hongrie, en Autriche, en Serbie et en Turquie. L'un de ses élèves a le premier fondé une institution pour les enfants idiots; un autre dirige la célèbre école des sourdsmuets de Budapest. Ses publications sont nombreuses. Citons dans le nombre : « Heimatkunde von Ungaru », 1859; « Erziehungslehre fur isr. Eltern, Lehrer und Schulfreunde », 1865, et plusieurs savantes monographies en hongrois; à signaler: « La méthodologie de l'exemple », 1877 ; « La méthodologie de l'enseignement », 1884 ; « La méthodologie de l'hygiène » ; « La correction à la maison et à l'école » ; eu outre, des traductions en hongrois de livres scolaires allemands.

Lederer (Siegfried), littérateur et philologue autrichien, professeur dans un gymnase de Vienne depuis 1887, né, le 30 juin 1861, à Prague, a découvert un nouveau manuscrit de l'Anabasis d'Arrien, et publié: « Aus sonnigen Landen » (traduction de nouvelles italiennes et espagnoles) ; remanié le < Giovine Ufficiale » de Ferrari, sous le titre : « Das Geheimuis des

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