BRUS
casseries, ITiumeurjalousie et l'insolence d'un imprésario qui, le voyant pauvre, se permettait de le traiter fort légèrement, et alla en dernier lieu jusqu'à lui donner le plus mauvais libretto qu'il pût trouver, celui de Drusshino. Rossini , qui avait engagé son talent naissant pour quelques sequins, ne se déconcerta pas. Il dit en riant à son collaborateur, après avoir parcouru le libretto : ■ Je vous prouverai que je suis plus fort que vous, en faisant de la musique encore plus détestable que votre poema. « Telle est l'histoire de Bruschino, qui précéda de quelques semaines l'avènement do Tancredi, le premier opéra séria de Rossini, et dont le manuscrit original est entre les mains d'un dilettante vraiment distingué, de M. le prince Poniatowski, le compositeur de Pierre de Médicis. Bruschino ne fut exécuté que deux fois devant le public vénitien , qui , dès les premières mesures de l'ouverture, manifesta sa mauvaise humeur. Stendhal se trompe en attribuant à la Scala di seta la plaisanterie des coups d'archet frappés par les violonistes sur le fer -blanc qui entoure la lumière aux pupitres de l'orchestre. Cette haute bouffonnerie musicale se trouve marquée à la trentième mesure de l'ouverture de Bruschino. Elle causa l'étonnement et la colère d'un public nombreux venu de tous les quartiers de Venise pour écouter l'opéra nouveau. Ce public qui, deux heures avant la représentation, assiégeait les portes, se crut personnellement insulté, et siffla comme sait siffler un public italien en colère. Rossini avait voulu simplement jouer un mauvais tour à l'imprésario qui se plaisait à l'humilier, et, pour arriver à son but, il n'avait pas craint de mystifier quelque peu le public.
Qui se serait douté qu'un demi-siècle plus tard Bruschino ferait les délices des dilettanti parisiens et les attirerait aux Bouffes ? • Cette jolie petite partition, dit Scudo, contient, après l'ouverture , un duettino pour soprano et ténor , un autre duo pour ténor et baryton, oii l'on retrouve les germes du duo du Turc en Italie : Per piar.ere alla signera ; un air do basse dont les difficultés vocales étaient une malice à rencontre du pauvre Raffanelli, qui était vieux et dans l'impuissauce de rendre le plus léger gorgheggio ; puis viennent un air de soprano avec accompagnement obligé de clarinette, un trio, un charmant quatuor et le finale, qui annonce tout ce que Rossini fera dans ce genre oii les Italiens n'ont pas de rivaux... ■ Bruschino ne fut pas trop mal chanté par les» grotesques acteurs
BUCE
des Bouffes , plus accoutumés à interpréter la folle musique des Deux Aveugles et à'Orphée aux enfers, que les gracieuses cantilènes du chantre de Pesaro.
BRUTO opéra séria, musique de J. Niccolini, représenté à Gênes en 1799.
BRUTO FORTDNATO (il), opéra italien, musique de Beinardini, représenté à Civita- Vecchia en 1788.
BRUTUS, tragédie du duc de Buckingham, musique de Galliard , représentée dans Lincoln's-Inn-Fields en 1743.
BRUTUS, opéra sérieux , avec intermèdes , musique de Schauensée, • représenté à Lucerne en 1753.
BRUTUS À ALBE OU LE TRIOMPHE D'AUGUSTE, opéra anglais, musique de PurccU (Daniel), représenté à Dorset-Garden en
BUCEFALO (don), opéra-.bouffe italien en trois actes, musique de Cagnoni, représenté au théâtre d'il Re en 1847, puis au théâtre Carcano de Milan dans l'année 1849, et au Théâtre -Italien de Paris le 9 novembre 1865. Don Bucefalo est un compositeur acharné, on pourrait dire enragé. Il arrêt© une troupe de villageois qui passe en chantant sous les fenêtres du logement qu'il occupe à Frascati, et il les transforme en choristes d'opéras. Il choisit pour prima donna une jeune femme nommée Rosa, qui est l'objet des adorations d'un vieux podagre, don Marco Bomba, et d'un jeune comte. Rosa, pour goûter les douceurs de leur galanterie, se fait passer pour veuve , tandis qu'elle est bien et dûment mariée à un jeune militaire, lequel, caché sous un travestissement, observe ses intrigues. Don Bucefalo est au comble de l'enthousiasme ; il est l'auteur d'un opéra qui doit assurer à son nom une gloire immortelle. Il se met au clavecin, déclame le récitatif et s'épanouit d'aise , pavonis instar. Il fait répéter la prima donna, en imitant les effets de chaque instrument de son orchestre. Les choristes, habillés en guerriers romains, obéissent à son commandement, et il apprend à un proconsul son rôle et ses gestes. Pendant que tout marche au gré de ses désirs, et sans qu'il s'aperçoive le moins du monde de la présence des soupirants de la belle Rosa, survient le mari de la cantatrice improvisée, qui interrompt la répétition générale et emmène sa femme , au grand desespoir de don Bucefalo.