‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 180 sur 773 · DAMA · texte numérisé non relu

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sontôo à Paris, sur le théâlre de la foire Saint-Laurent en 1744. Les critiques de ce temps s'accordent à en trouver la musique monotone et triste. Il faut dire que Gluck avait peu d'aptitude pour des ouvrages de ce genre, et qu'il n'y réussit jamais , si ce n'est peut-être dans les Pclerins de la Mecque.

CZAR ET LE CHARPENTIER (le) , opéra allemand, musique de Lortzing, représenté à Berlin en 1S54, et souvent repris. Cet opéra

a joui d'une grande réputation en Allemagne. Il a été joué à Saint-Pétersbourg sous le titre de : Aventures flamandes. La partition a été publiée en France.

CZAROMYSL, Opéra polonais en trois actes, musique de Kurpinski, représenté à Varsovie en 161S.

CZERNI GEORGES, Opéra allemand, musique de De Miltitz, représenté à Dresde en

DA IST NICHT GUTZU RATHEN (Il est

danfjereux de conseiller ici) , opéra-comique, musique de Barta , représenté à Vienne en

DAEMONA LA FRIPIÈRE , opéra féerique en trois actes, musique de Tuczek, représenté à Vienne vers 1803.

DAFNE , drame de Rinuccini , musique de Jules Caccini, en société avec J. Péri, représenté à Florence chez Jacques Corsi en 1594, et non publié.

DAFNE, opéra italien, musique de Gagliano (Marco di Zanobi de), représenté, pour les uoccs du prince, fils aîné du duc de Mantouc, avec la fille du duc de Savoie, en 1607.

DAFNE, opéra italien, musique de Ariosti, représenté à Venise en 1686.

DAFNE, opéra italien, musique du baron d'Astorga, représenté à Vienne en 1705.

DAFNE, opéra italien, musique de Aldoviandini, représenté à Bologne en 1696.

DAFNE, opéra italien, musique de PoUarolo, représenté à Venise en 1705.

DAL FINTO IL VERO, opéra italien, musique de Paisiello, représenté à Naples vers

DALISA, opéra italien, musique de J.-A.-P- Hasse, représenté à Venise en 1730.

DALLA BEFFA IL DISINGANNO , opéra italien , musique de J. Pacini , représenté au théâtre Re, de Milan, en 1817.

DAMA BIZZARRA (la), opéra italien, musique de Blanchi, représenté à Rome en

DAMA COLONELLO (la), opéra italien, musique de Ricci (Louis) , représenté à Naples dans l'automne de 1834.

DAMA ED IL ZOCOLAJO (la), Opéra, musique de Fioravanti (Vincent) , représenté à Naples en 1840.

DAMA IMMAGINARIA ( LA ) , opéra italien, musique de Astaritta, représenté à Naples en 1777.

DAMA INCOGNITA (la) , Opéra italien , musique de Gazzaniga, représenté à Venise

DAMA IRLANDESE (la) , opéra italien , musique de Mazza , représenté à Naples en

DAMA PASTORELLA (la) , opéra italien en deux actes, musique de Salieri, représenté à Milan en 1780. Cet ouvrage jouit d'un moment de vogue.

DAMA SOLDATO (la), opéra-buffa italien, musique de Naumann , représenté à Dresde en 1791.

DAMA SOLDATO (la), opéra italien, musique de F. Orlandi, représenté à Gènes au printemps de 1808.

DAME BLANCHE (la), opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe, musique de Boieldieu , représenté à l'Opéra-Comique le 10 décembre 1825. Ce chef-d'œuvre d'esprit et de goût brille depuis plus de quarante ans au premier rang des opéras-comiques français. Tout s'est transformé au théâtre autour de cet ouvrage. La vogue des troubadours est passée ; la galanterie est devenue à tort ou à raison chose ridicule; la musique ne consiste plus, depuis longtemps, dans un heureux choix de mélodies naturelles et expressives accompagnées avec clarté par l'orchestre , sans fracas , sans faire parade de science , et conçues généralement dans les tons princL-

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paux et d'après les procédés les plus directs et les plus conformes aux lois de l'oreille. Le genre de l'opéra-comique s'est modifié complètement. La partie vocale réclame la virtuosité du grand opéra ; l'orchestration y est devenue aussi chargée , aussi compliquée. Quant aux livrets en général , surtout ceux en trois actes, ils offrent les péripéties les plus fortes, les plus dramatiques, et ne comportent plus la touche légère, déliée, délicate, qui caractérisait les bons ouvrages de l'ancien répertoire. Si la Dame blanche est encore actuellement la planche de salut des directeurs dans l'embarras ; si, en province comme à Paris , cet opéra-comique attire encore la foule, c'est que les impressions qu'il produit correspondent au caractère permanent de l'esprit français. Aucun compositeur n'a mieux pratiqué que Boieldieu cette m.axime familière aux gens de goût : Glisses, n'apjmyez pas. Une mise en scène agréable , un soldat aimable, facilement amoureux et non passionné, des situations qu'on ne prend jamais au sérieux , des épisodes gracieux et variés avec un grain léger de poésie et de sentiment, une science musicale sans pédantisme et mise à la portée de tout le monde, une mélodie perpétuelle dans les voix et dans l'orchestre, tels sont les éléments qui expliquent le succès constant de l'opéra de la Dame blanche. Tout en ayant l'inspiration facile, Boieldieu travaillait beaucoup ses ouvrages et cherchait à leur donner une vérité mélodique absolue. Il refaisait plusieurs fois chaque morceau, et ses partitions, livrées au théâtre chargées de ratures, attestent le soin qu'il y apportait et la sévérité de son travail. Ce ne fut qu'après un silence de sept années qu'il donna son opéra de la Dame blanche. Le public attendait avec impatience cette nouvelle production de l'auteur du Calife de Bagdad, de Ma Tante Aurore et des Voitures versées, et lui fit un accueil enthousiaste. La scène se passe en Ecosse, en 1759, d'après l'indication mentionnée sur la partition. Mais quoique Scribe ait emprunté le sujet du livret au roman de Walter Scott, la couleur locale n'y brille pas d'un vif éclat et le dialogue n'a rien de remarquable ; c'est au musicien que revient l'honneur de l'expression vraie et soutenue des caractères. Chaque phrase mélodique peint admirablement chaque personnage. L'entrain chevaleresque et l'insouciance toute militaire de Georges, la cupidité de l'intendant Gaveston, la poltronnerie du fermier Dikson, la tendresse quasi maternelle de la bonne vieille Marguerite, la gentillesse

de Jenny, jusqu'à l'infatuation du juge de paix Mac-Irton, tout est rendu avec une précision parfaite et avec mesure. On peut répéter à cet égard le mot de Mozart s'adressant à l'empereur Joseph, qui critiquait son opéra de V Enlèvement au sérail : « Il y a là autant de notes qu'il en faut. » Le personnage d'Anna ne nous paraît pas représenté avec le même bonheur, et le musicien a manqué l'occasion qui s'offrait à lui d'en rehausser le caractère; en effet, l'air qu'elle chante au commencement du troisième acte est des plus médiocres. Le travail délicat de l'orchestration et le charme qu on éprouve à l'entendre ne nous empêcheront pas de faire remarquer que l'ouverture de la Dame blanche n'est en somme qu'un développement de deux motifs tirés de la partition vocale , et qu'elle n'appartient plus au genre de composition instrumentale auquel on a donné ce nom depuis Gluck jusqu'à Rossini. Après Boieldieu, Hérold est entré dans cette voie, sauf pour l'ouverture du Pré aux Clercs, et la plupart des compositeurs l'y ont suivi. Voulant nous borner à rappeler les principaux morceaux de cet opéra, nous citerons seulement, dans le premier acte, le chœur d'introduction : Sonnez, cors et muselles; Va.iv si caractéristique de Georges, Ah! quel plaisir d'être soldat; la ballade D'ici voyez ce beau domaine ; le duo de la peur et le trio final, dont l'harmonie est merveilleuse de simplicité, de force et d'effet. On y sent l'élève et l'admirateur de Méhul. Le second acte s'ouvre par les couplets , Pauvre dame Marguerite , remplis de sensibilité et ingénieusement encadrés dans une imitation idéale du rouet. Le trio C'est la cloche de la tourelle est d'une ampleur qu'on ne retrouve pas fréquemment dans les ouvrages de Boieldieu. La cavatine Vie7is gentille dame et le duo de la main achèvent de peindre le caractère de Georges; c'est son côté tendre et galant. La scène de la vente est un tour de force exécuté avec une grâce qui n'a pas été surpassée. C'est à la fois descriptif et scénique. L'expression des personnages intéressés à l'action , les émotions des spectateurs, leurs réflexions malicieuses, tout cela est aussi naturel que possible, et cependant quelle variété dans les détails, quelle richesse de combinaisons rhythmiques ! Habitués que nous sommes aux modulations fréquentes et éloignées du ton principal, nous sommes confondus en voyant que, pendant une scène aussi développée, l'auteur ne s'éloigne presque jamais du ton d'ut. Le troisième acte présente quelques longueurs;

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mais elles sont compensées par le chœur Chantez, joyeux ménestrels, dont Boieldieu a emprunté le motif à un air écossais. Cet ensemble, accompagné par les harpes , produit toujours un gracieux elTct. Le rôle de Georges a été créé par Ponchard, qui y a laissé de longs souvenirs jusqu'à ce que Roger l'ait repris en lui donnant une ampleur et un caractère qui lui ont valu un de ses plus beaux succès comme chanteur et comme comédien sur les principales scènes de l'Europe. Voici la première distribution des personnages : Gaveston , Henri; Anna, M^e Rigaut ; Georges, Ponchard ; Dikson, Féréol ; Jenny» Mme Boulanger;' ^larguerite, ^I^e Desbrosses; Gabriel, Belnic ; Mac-Irton, Firmin. Au mois de mai 184 1 , le théâtre de l'Opéra-Comique a donné une reprise de la Dame blanche avec Masset et M"»e Rossi-Caccia dans les rôles de Georges et d'Anna. Tous deux y ont mérité des applaudissements. Achard a débuté avec succès dans le rôle de l'aimable sous-lieutenant. La Dame blanche est le seul opéra-comique qui n'ait jamais quitté le répertoire depuis son apparition.

Voilà donc quarante ans passés que fut joué pour la première fois cet opéra-comique, et près d'un demi-siècle n'a point affaibli le succès qui l'accueillit lors de son apparition. Des révolutions successives sont venues remuer profondément le monde politique et littéraire, les milieux dans lesquels nous vivions se sont transformés , les idées se sont modifiées, de nouvelles théories artistiques ont remplacé, ou plutôt succédé à des principes établis et reconnus , et cet ouvrage n'a cessé d'exciter l'admiration qui lui est si légitimement due. A quoi doit-il donc cet heureux privilège de ne pas avoir eu à souffrir dos injures du temps, qui flétrit tout, qui s'appesantit sur toutes choses , en y laissant la trace ineffaçable de son passage, les rides^ marques de la vieillesse ? A quoi attribuer cette jeunesse éternelle dont il semble posséder le secret î

C'est que , dans les œuvres de l'esprit humain, il y en a de deux espèces. Les unes, empreintes exclusivement des goiits de l'époque des idées, des sentiments, des ridicules qui sont alors en cours de circulation dans le monde, peuvent avoir, lors de !eur apparition, et même pendant quelque temps, un trèsgrand succès qui naît de l'actualité ; mais il est rare qu'elles survivent aux circonstances qui les ont fait naître, et elles tombent alors dans un profond oubli ; les autres, au contraire, conçues et exécutées dans un ordre

d'idées tout à fait opposé , ne sacrifiant en rien aux goûts dominants du jour, mais puisant sans cesse aux sources éternelles et intarissables du beau et du vrai les éléments qui constituent leur existence , apparaissent aux regards des populations , non comme l'expression exclusive d'une époque , mais comme un rayonnement dont l'éclat semble grandir et prendre plus de force avec le temps.

Voici l'analyse du poëme. Au premier acte, Dikson, fermier des comtes d'Avenel, est sur le point de baptiser un fils qui vient de naître , lorsqu'il apprend que le shérif , qu'Q avait choisi pour parrain , est malade. Le baptême ne peut avoir lieu ; grande douleur de Dikson, de sa femme et des invités. Arrive Georges, un jeune souslieutenant d'infanterie au service du roi d'Angleterre, qui vient leur demander l'hospitalité. Il est très-bien accueilli par ces braves fermiers, et Jenny, femme de Dikson, mue par une idée subite , lui propose d'être le parrain de leur fils. Georges accepte au grand plaisir des deux époux , et, resté seuj avec Dikson, il lui raconte son histoire. Une sait rien ni de sa famille ni de son enfance; tout ce dont il se souvient, c'est de grands domestiques qui le portaient dans leurs bras, d'une petite fille avec laquelle il jouait, et d'une vieille femme qui lui chantait des chansons. Puis il fut transporté sur un vaisseau , sous les ordres de Duncan , son oncle , qui lui enseignait le service maritime ; mais, rebuté par les mauvais traitements qu'il recevait, il s'échappa et se fit soldat. Sa bravoure lui valut l'estime et l'affection de son colonel, qui le considérait comme son fils; mais, dans une bataille où ils combattaient l'un à côté de l'autre, ils furent tous les deux blessés, et il eut la douleur de perdre celui qui lui servait de père. Quant à lui, recueilli dans une chaumière, il reçut les soins les plus empressés et les plus touchants d'nne jeune fille dont le souvenir est resté gravé dans son cœur, et dont il cherche à découvrir les traces, car il a appris qu'elle n'habitait pas le pays. Dikson, interrogé à son tour par Georges sur les curiosités de la contrée, lui parle du château des comtes d'Avenel, et lui apprend comment le dernier comte , qui appartenait au parti des Stuarts, a été proscrit, et s'est réfugié avec sa famille en France, où il est mort, et que pendant ce temps Gaveston, l'ancien intendant du comte, a si bien embrouillé les affaires de son maître, qu'il s'est enrichi , que le domaine d'Avenel doit

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être vendu le lendemain à la requête des créanciers, et que l'intendant espère bien s'en rendre possesseur, et par là devenir seigneur d'Aveiiel. Mais tous les fermiers du pays , qui n'aiment pas M. l'intendant , se sont réunis pour se rendre acquéreurs du château d'Avenel, afin de le conserver et de le restituer à son véritable propriétaire , et Dikson est chargé par eux de cette mission. Du reste, quelque chose de singulier doit arriver , car un garçon de ferme a vu , le soir précédent, la Dame blanche d'Avenel , qui se promenait sur les ruines du château. Georges dit en riant qu'il voudrait bien faire sa connaissance. Dikson se récrie en disant qu'il n'y a pas lieu de plaisanter sur une croyance du pays dont on a fait une légende, et que du reste la Dame blanche existe , puisqu'il lui a parlé. Jenny et Georges demandent dans quelle circonstance. Alors il leur raconte que, dans un moment de découragement où tous les malheurs semblaient fondre sur lui, et ne trouvant personne pour lui venir en aide , il errait un soir dans la campagne , lorsque ses pas le conduisirent vers les ruines du château d'Avenel, qu'il y pénétra, et que, ne sachant plus que devenir, il appela la Dame blanche à son aide, se livrant corps et biens à elle, si elle voulait le secourir, en lui donnant deux mille livres d'Ecosse. Quel ne fut pas son étonnement, et surtout son effroi, lorsqu'il entendit une voix lui dire : « J'accepte, » et qu'il sentit une bourse tomber à ses pieds- Saisi d'effroi, il fut longtemps cloué à la place qu'il occupait; puis enfin il saisit la bourse, et, tremblant , éperdu , il sortit des ruines, doutant encore de tout ce qui lui arrivait ; mais la vue des pièces d'or qui étaient en sa possession lui rendit le courage. Il se remit à l'œuvre, et, depuis, ses affaires ont si bien prospéré , qu'il est devenu le plus riche ermier de la contrée. Toutefois , une idée l'obsède , c'est l'engagement qu'il a pris visà-vis de la Dame blanche , d'autant plus qu'il est obligé de le remplir , car tout à l'heure , en reconduisant les fermiers qui l'ont chargé de leur procuration pour les enchères du lendemain , lorsqu'il revenait par le carrefour, un lutin s'est dressé devant lui, lui a remis un papier et a disparu soudain. Or ce billet émane de la Dame blanche : ell lui rappelle sa promesse et lui ordonne de se présenter au château , à minuit , en demandant l'hospitalité au nom de saint Julien d'Avenel. Dikson est atterré , Jenny dans la désolation ; mais Georges , que tout ce mystère intrigue, offre de prendre la place de Dikson.

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Les deux époux s'y opposent, mais Georges insiste énergiquement pour l'accomplissement de son projet, et il part, accompagné des vœux des deux époux.

Deuxième acte : la scène se passe dans un grand salon gothique du château d'Avenel. La nuit arrive. Miss Anna , jeune orpheline élevée par les soins du comte d'Avenel, est revenue depuis la veille au château, accompagnée de Gaveston, son tuteur. Elle raconte à Marguerite les événements qui se sont passés depuis leur départ d'Ecosse; comment le comte d'Avenel rejoignit l'armée des montagnards, et comment le jeune Julien fut embarqué pour la France avec son gouverneur, et bientôt disparut sans que l'on piit savoir ce qu'il était devenu. Quant à la comtesse d'Avenel , elle ne la quitta pas, et, pendant huit ans, elle lui prodigua les soins les plus empressés, lorsque la mort vint la frapper tout à coup. Alors elle dut suivre Gaveston , son tuteur , et dans un voyage qu'il fit en Allemagne, où elle l'accompagna, il la laissa pendant quelque temps chez une de ses parentes. La guerre venait d'éclater, on se battait non loin de l'habitation qu'elle occupait, et l'on trouva près de là, un matin, un jeune officier dangereusement blessé. Elle le fit transporter dans une chaumière et lui prodigua tous les soins que réclamait son état ; mais Gaveston revint tout à coup, il fallut partir sur-lechamp, et il lui fut impossible de revoir celui auquel elle s'intéressait si vivement. « Eloignons ces souvenirs, dit-elle à Marguerite ; pour l'instant, je dois faire taire mon cœur pour ne m'occuper que de la réalisation de mon projet; dans quelques instants , peutêtre,quelqu'un de la contrée viendra demander l'hospitalité au nom de saint Julien d'Avenel ; tâche de lui donner cet appartement. » Gaveston paraît et annonce à Anna la vente du château , qui doit avoir lieu le lendemain ; il lui demande en outre qu'elle lui donne connaissance du papier que lui a remis, à son lit de mort, la comtesse d'Avenel; mais Anna s'y refuse obstinément. On sonne à la tourelle. Plus de doute, pense Anna, c'est Dikson. Marguerite vient annoncer à Gaveston qu'un jeune homme demande l'hospitalité au nom des comtes d'Avenel, et qu'elle lui a ouvert les portes du château. Gaveston entre en fureur, et veut qu'il soit expulsé sur-lechamp. Anna intercède en sa faveur , et promet à Gaveston, s'il veut pratiquer cette antique hospitalité des comtes d'Avenel , de lui donner connaissance du billet de la comtesse. Gaveston se radoucit, ordonne à Anna

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de rentrer dans son appartement et fait introduire le jeune étranger. Georges paraît, décline son nom et ses qualités, ce qui tranquillise Gaveston, qui craignait que ce ne fiitun acquéreur, et lui dit qu'il vient lui rendre service , que dans le pays il n'entend parler que de la Dame blanche, et qu'il serait bien aise d'avoir une entrevue avec elle ; que du reste il y compte , puisqu'elle lui a donné un rendez-vous. Gaveston le raille sur sa croyance, et, le prenant pour un original ou un fou , il se retire ainsi que Marguerite. Georges, resté seul, invoque et appelle la Dame blanche, lorsque tout à coup il entend un bruit de pas, et la Dame blanche paraît. Elle l'interpelle en appelant Dikson. «Non, ce n'est pas lui, répond Georges. — Mais qui donc êtes-vous alors, s'écrie la Dame blanche? — Comment^ toi qui es un lutin, ne sais- tu pas qui je suis? faut-il te dire mon nom : Georges Brown ? » A ce nom et au son de cette voix qu'il lui semblait reconnaître, la Dame blanche reste stupéfaite ; mais elle se remet bien vite et lui raconte tout ce qui lui est arrivé dans le Hanovre. A son tour, Georges interdit veut se précipiter vers elle ; elle l'en empêche en lui disant qu'elle va disparaître à jamais, tandis que, s'il lui promet de lui obéir en tout point , elle lui fera voir la jeune fille qui l'a soigné et à laquelle il pense encore. Georges s'engage à exécuter tout ce qu'on lui commandera, du moment qu'il est certain de retrouver sa belle inconnue; alors la Dame blanche disparaît. Gaveston vient avertir Georges que le jour est levé , et lui demande en riant des nouvelles de la Dame blanche. Georges lui dit qu'il l'a entrevue et qu'il lui a parlé ; qu'elle est dans des dispositions hos" tiles vis-à-vis de lui, et qu'elle espère bien l'empêcher de devenir propriétaire du domaine d'Avenel; qu'au reste, elle doit lui envoyer ses ordres , et qu'il s'est engagé à les exécuter. Gaveston le prend pour un fou, et engage Georges, qui voulait aller faire un tour de parc , à assister à la vente publique qui va bientôt commencer; de cette façon, il verra qui des deu.x aura raison , de la Dame blanche ou de lui.

Mac-Irton, le juge de paix, arrive, accompagné des gens de justice; d'un autre côté, les fermiers, ayant Dikson à leur tête, viennent pour disputer à Gaveston le manoir des comtes d'Avenel. La vente commence. Le domaine est mis à prix k vingt mille écus et, par les enchères alternatives de Gaveston et de Dikson, monte à cent mille écus ; les fermiers ne peuvent plus aller au delà , et le

château va être adjugé à Gaveston, lorsque Anna, qui est sortie de son appartement et qui est venue se placer derrière Georges, lui ordonne de mettre une enchère. Georges se retourne et reconnaît celle qu'il aime , la jeune fille qui l'a soigné lorsqu'il était blessé ; mais elle lui fait signe de se contraindre, en lui rappelant celle qui l'envoie. Alors Georges met une enchère de mille livres. Grande .stupéfaction dans l'assistance, puis la lutte continue entre Gaveston et Georges, et, lorsque ce dernier semble découragé , Anna est là qui l'excite. Enfin le domaine d'Avenel est adjugé pour la somme de cinq cents mille livres à Georges Brown, sous-lieutenant d'infanterie.

Troisième acte. Au troisième acte, la scène représente l'intérieur du château dont on vient de lever les scellé i ; Anna et Marguerite y pénètrent, et Marguerite reconnaît les lieux où elle a élevé le fils de ses anciens maîtres, ainsi qu'Anna, sa compagne inséparable. Elle s'informe avec anxiété auprès d'Anna si c'est pour son compte que Georges a acheté le domaine ; mais Anna la rassure en lui affirmant que c'est d'après ses ordres que le jeune officier a surenchéri, et qu'il compte sur elle pour payer les cinq cents mille livres, puisqu'il ne possède pas une obole. Elle demande à Marguerite, qui connaît parfaitement le château, puisqu'elle l'a habité depuis son enfance , si elle se rappelle où se trouve placée la statue de la Dame blanche. Marguerite lui répond que c'était dans la salle de réception, à droite; elles y portent leurs regards ; mais, hélas ! le piédestal est veuf de sa statue. Grand désespoir d'Anna, dont tous les projets sont renversés, puisque la statue de la Dame blanche renfermait un coffret contenant toute la fortune du comte d'Avenel, et c'est ce secret que la comtesse lui avait confié à son lit de mort. Anna supplie Marguerite de recueillir ses souvenirs afin de lui faire retrouver la statue. Alors Marguerite se rappelle qu'un soir, la veille du départ des comtes d'Avenel , elle a vu la statue descendre lentement le grand escalier et disparaître dans les entrailles de la terre , près d'un passage secret. Nul doute, ce sont des voleurs qui , ayant connaissance du trésor que renfermait la statue, l'auront emportée. Anna entraîne avec elle Marguerite pour aller à la découverte de la statue. Paraît Georges ; il est tout aussitôt entouré par tous les habitants du canton qui viennent saluer leur nouveau seigneur, et lui apportent le tribut de leurs hommages et de leurs respects. A un

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signe de Georges, ils s'éloignent, et celui-ci, resté seul, contemple ce riche salon gothique que, dans son souvenir confus, il croit avoir déjà TU, lorsque arrive Gaveston, venant lui demander l'explication de sa conduite, et comment il se fait qu'un militaire emploie ainsi la ruse pour déguiser ses projets. A ces paroles, Georges s'emporte et répond qu'il n'a servi que d'intermédiaire à la Dame blanche, et que c'est pour son compte qu'il a acheté le château ; que c'est elle qui payera, et que, quant à lui, il est parfaitement étranger à toute cette affaire ; qu'il ne tient paS à (;e domaine et qu'au besoin il le lui cède à prix coûtant. Voyant arriver Mac-Irton , il s'éloigne, laissant Gaveston étonné de sa franchise et de son indifférence, et le croyant plus fou que jamais. Mac-Irton dit à Gaveston qu'il a des choses importantes à lui révéler ; mais auparavant il faut s'assurer si personne ne peut les surprendre. Pendant ce temps, Anna vient d'entr'ouvrir un panneau de la galerie ; mais, voyant Gaveston avec Mac-Irton, elle le referme bien vite et les écoute. Mac-Irton vient apprendre à Gaveston que Julien, le fils du comte d'Avenel, est de retour. Une lettre de Londres porte que Duncan , le gouverneur de Julien, a signé à son lit de mort une déclaration qui prouve que Julien, comte d'Avenel, sert dans un régiment d'infanterie sous le nom de Georges Brown. Il est facile de s'expliquer maintenant pourquoi il a surenchéri la veille pour le domaine d'Avenel ; mais Gaveston rassure Mac-Irton , en lui apprenant que Georges ne sait encore rien de son nom ni de sa naissance, qu'il n'a pas d'argent, et que par ce moyen, en le mettant en demeure de payer, il a le temps d'arriver à la possession du domaine d'Avenel. «Oui, mais il faut se hâter; allons donc préparer tout ce qu'il faut pour cela. 11 Et ils s'éloignent. Anna sort par la porte creusée dans la boiserie : elle est désespérée de ce qu'elle vient d'apprendre ; Georges, celui qu'elle aime, c'est Julien, comte d'Avenel. Marguerite accourt lui apprendre une bonne nouvelle ; le fils de ses anciens maîtres, le comte Julien ne peut tarder à revenir, car en descendant dans la chapelle souterraine pour faire une prière , elle a revu la .statue de la Dame blanche. Quel bonheur ! « Et puis il va vous marier avec Georges, ce bej officier que vous aimez. » Anna comprime les battements de son cœur, et ordonne à Marguerite de tout préparer pour un prompt départ... dans l'intérêt de Julien. Marguerite se hâte alors. Anna accomplira son sacrifice

jusqu'au bout, elle veut que Julien ignore que c'est elle qui lui rend sa fortune ; elle sacrifiera son bonheur et payera ainsi la dette qu'elle a contractée vis-à-vis de ceux qui ont pris soin de son enfance. Jenny accourt tout effrayée; voici encore M. Mac-Irton suivi d'hommes de loi qui se présente au château. Il n'y a pas de temps à perdre. Anna se précipite vers la chapelle et laisse là Jenny étonnée. Arrive Georges, qui cherche pairtout son apparition , et Dikson, qui se plaint du tort que Georges lui a fait en prenant sa place ; car sans cela, il aurait vu la Dame blanche qui lui aurait donné le château et une grosse somme d'argent. Georges lui répond qu'il lui cède volontiers le domaine, et qu'il n'a qu'à s'en dire le propriétaire devant les personnes qui arrivent. En effet, entrent à ce moment Mac-Irton et les gens de justice, qui viennent sommer Georges de payer sur-le-champ, ou sans cela, on va le conduire en prison. Dikson alors refuse la propriété , et Georges répond qu'il attend tout de la Dame blanche. Un prélude de harpe se fait entendre , et l'on voit la Dame blanche traverser la galerie, descendre l'escalier et venir se placer sur le piédestal vide. Tout le monde se retourne , la reconnaît et se prosterne. Alors la Dame blanche annonce à l'assistance que le descendant des comtes d'Avenel est au milieu d'eux, elle désigne Georges, et, lui montrant le coffret qu'elle tient caché sous son voile , lui apprend qu'il renferme toute la fortune du comte d'Avenel. Elle descend lentement du piédestal , passe près de Julien en lui disant un éternel adieu , et se dirige vers la porte du fond ; mais Gaveston la saisit par le bras, la ramène sur le devant du théâtre et lui arrache son voile. Cri de surprise en reconnaissant Anna qui se jette aux pieds de Julien. Celuici s'empresse de la relever , reconnaissant la jeune fille qui occupe seule sa pensée; mais Anna lui dit qu'elle ne peut être à lui, puisqu'elle est orpheline et sans fortune. Julien la décide en lui disant qu'il renonce aux honneurs et aux richesses qu'elle lui a fait recouvrer, si elle ne consent à les partager avec lui. Tel est libretto sur lequel Boieldieu a composé sa musique; musique ravissante d'un bout à l'autre , n'ayant pas de parties faibles et oii règne un ensemble, une harmonie, une entente des lois musicales qui assurent à son œuvre une éternelle durée. On peut dire que, dans cette partition, il s'est surpassé lui-même , et aucun des opéras-comiques qu'il avait donnés précédemment ,

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môme les plus remarquables, comme Ma ! Tante Aurore ai les Voitures versées, ne peut entrer ea comparaison avec la Dame blanche, qui est un véritable chef-d'œuvre. Et pour arriver à un pareil résultat , les moyens qu'il emploie sont simples , les ressorts faciles et légers ; il ne fait pas un ample bagage de ces formules savantes et pénibles avec lesquelles certains compositeurs pensent produire de l'effet. Non ; chez lui, point de recherche, point d'affectation -, la mélodie passe avant la science, l'inspiration remplace les formules toutes préparées; chez lui, tout est dicté par le goût, l'expression et le sentiment; SCS effets, il les cherche dans son sujet même, dans l'harmonie intime qui existe entre la musique et les paroles auxquelles elle est appropriée ; tout est en situation , et dès lors le sentiment de la vérité jaillit de ce sublime et mystérieux accord. Sa musique, loin d'être maniérée , travaillée , visant à la prétention, est abondante, claire, limpide, facile et légère; facile surtout, parce qu'il veut que les oreilles les plus rebelles à l'harmonie puissent sans difficulté la comprendre et la retenir. Il n'écrit point pour une classe de gens que l'on est convenu d'appeler dilettantes, comme qui dirait les élus de la science musicale, ceux qui seuls en comprennent et en apprécient les beautés. Mais la musique de Boieldieu, et surtout celle de la Dame blanche, s'adresse à tout le monde ; elle possède au plus haut degré le don de passionner le public, parce qu'elle vient émouvoir la fibre du cœur , et que l'on ne peut rester insensible à ce qui est l'expression la plus complète et la plus vraie des sentiments humains.

Aussi la musique de la Dame blanche estelle populaire ; elle n'est point restée le domaine privilégié d'un cercle restreint d'amateurs; tout le monde la chante; la France entière redit à l'écho ces mélodies et ces airs qui ont fait le tour du monde ; et depuis quarante ans cela est ainsi, et chaque génération les redit à celle qui lui succède, et le théâtre qui l'a vu naître entretient cette ferveur en offrant souvent à l'admiration des spectateurs empressés ce chef-d'œuvre de grâce, de sentiment et de style dont onze cent vingt représentations n'ont pu aiïaiblir le succès. En 1864, on donna la millième représentation de la Dame blanche, et ce tut une fête pour le théâtre de l'Opéra -Comique, ainsi que pour le public. Le ler septembre de la même année, après deux mois de fermeture exigée par des réparations importan-

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tes, le théâtre rouvrit ses portes au public, et ce fut par la Dame blanche et le Tableau parlant qu'il inaugura sa réouverture.

Les départements consacrèrent le succès que cette œuvre avait obtenu dans la capitale; et à Rouen, patrie du compositerfr, où elle fut représentée sur le théâtre des Arts, pour lu première fois le 25 février 1S26, précédée d'un prologue en un acte et en prose, intitulé : Monsieur Balcon ou le Dilettante , composé exprès pour la solennité par M. Ulric Guttinger , elle obtint un véritable triomphe. C'est que la musique de cette œuvre est essentiellement française, et qu'on peut l'offrir comme modèle aux jeunes compositeurs qui débutent dans la carrière. Us ne sauraient choisir un meilleur guide.

La Datne blanche a donné naissance à quelques parodies. Le 5 janvier 1826, on représenta au théâtre du Vaudeville une pièce de MM. Gersain, Gabriel et Brazier, intitulée : les Daines à lu mode. Au reste, c'était plutôt une ci"i tique générale, parce qu'àcette époque la scène des principaux théâtres de Paris était occupée par des pièces dont le personnage principal était une femme. Ainsi l'on représentait en même temps Armide, Sémiramis la Dame du Lac, la Dame blanche, la Fille du musicien ; mais on ne saurait y voir une critique de l'œuvre de Boieldieu, puisque, au contraire, les plus grands éloges lui étaient prodigués. Honoré fit représenter à Bordeaux, en 1827 , une imitation burlesque de la Damii blanche, en deux actes et demi, en prose, mêlée de couplets , sous le titre de : la Dami^ noire ou le Tambour et la grisette. Elle est imprimée (Paris, Barba, 1828, in-s»).

Citons encore la Dame blanche de Blackneh, divertissement impromptu en trois actes et en prose, mêlé de couplets. Cette pièce, composée par le marquis de Lally-Tollendal , pour une fête de famille, et qui fut représentée sur le théâtre de l'hôtel de Noailles, ;i Saint-Germain, en octobre 1827 , n'a de rapport avec l'opéra-comique de ce nom que sou titre et quelques couplets parodiés sur les airs de la Dame blanche. Ce divertissement est imprimé (Paris, Jules Didot aîné, 1827, in-8o) ; mais il est fort rare, parce qu'il n'a été tiré qu'à cinquante exemplaires destinés à ètr ' offerts en présent.

DAME D'HONNEUR (la), opéra-comiquc en un acte, livret de MM. Paul Duport et Edouard Monnais, musique de Despréaux, représenté à l'Opéra-Comique le 4 octobre 1S3S. La pièce n'a pas eu de succès. On a re-

DAME

marqué dans la partition l'air chanté par Mlle Prévost, et un bon trio finissant en quatuor. Le rôle principal a été tenu par Jansenne.

DAME DE PIQUE (la), opéra-comlque en

trois actes, paroles de Scribe, musique de Halévy, représenté à l'Opéra-Comique le 28 décembre'1850. Le sujet de la pièce a été tiré d'une nouvelle du célèbre poëte russe Pouschkine, que M. Mérimée avait déjà fait connaître au public. Comme il arrive assez fréquemment, la même histoire, en passant] du cabinet de lecture à la scène, perd beaucoup de son intérêt. Les entrées et sorties des personnages dramatiques, les ressorts ingénieux qu'il faut imaginer et faire mouvoir s'accommodent souvent mal à la nature de la conception primitive. Telle situation, amenée en deux ou trois chapitres, doit être produite au théâtre dans un court délai, et devient de suite forcée et invraisemblable. Dans ce cas , le compositeur subit les conséquences de l'erreur du librettiste. L'opéra de la Dame de Pique renferme des beautés musicales incontestables, et néanmoins il n'a obtenu qu'un succès d'estime. La princesse Poloska possède un secret au moyen duquel on est sûr de gagner au jeu ; elle l'a appris de l'impératrice Catherine, qui trichait à l'aide du trois, du dix et de la dame de pique. L'intrigue repose sur ce secret diabolique que surprennent deux joueurs , le colonel Zizianow et le geôlier Roskaw. Un jeune sous - officier , Constantin Nélidoff, aimé de la princesse et rival du colonel, gagne à ce dernier 300,000 roubles, somme qui lui sert à acquitter la dette de son père, à recouvrer ses droits à la liberté et à la main de Poloska. On voit combien un tel sujet s'accordait peu avec le genre d'inspiration si élevée et si poétique du musicien. L'ouverture renferme un andante en sourdine avec accompagnement de cloches d'un joli effet, et deux charmants motifs reproduits dans l'ouvrage. Dans le premier acte, on remarque un air de basse d'un beau caractère: C'est un feu qui brille saus cesse; l'air du ténor, Quand la blanche neige; un chœur de mineurs, un chœur d'officiers et l'air de soprano, Toit maternel. Au second acte, le chœur dés joueurs , la romance du ténor. Ma sentence est prononcée ; le dialogue de la prison et le finale plein d'énergie, offrent des beautés variées et une instrumentation élégante. Des couplets ravissants. Non-seulement je suis bossue, dans le troisième acte, ont été bissés à chaque représentation. Mme Ugalde a fait du rôle de Poloska une de ses meil-

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