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représenfô à l'Académie royale de musique le

16 novembre 1818. Lays chanta le principal rôle, celui d'un ménestrel. La musique de cet ouvrage fut louée par les connaisseurs , mais l'auteur n'a pas trouvé une seconde occasion de produire son talent.

JITANO POR AMOR (el) [le Bohémien par amour], opéra espagnol en deux actes, musique de Garcia (Manuel-del-Popolo-Yiccnte), représenté à jfexico en 1828.

JOAILLIER DE SAINT -JAMES, Opéra-

comique en trois actes, paroles de MM. de Saint-Georges et de Leuven, musique de Grisar, représenté à l'Opéra -Comique le

17 février 1862. Le livret et la musique reproduisent en grande partie l'opéra de Lady Melml, représenté au théâtre de la Renaissance le 15 novembre 1S38. On distingue dans cet ouvrage les variations sur l'air de la Molinara: Nel cor più non mi sento, et la romance de ténor, chantée par Montaubry:

Adieu, madame. Couderc jouait très-bien un rôle de Gascon.

JOANITA, opéra en trois actes, paroles de Edouard Duprez , musique de Gilbert ^uprez, représenté à l'Opéra national le il mars 1852. Cet ouvrage avait été représenté le 19 novembre 1851, à Bruxelles, sous le titre de YAMme de la Maladetta. On a dit que l'auteur des paroles n'a fait que traduire un scénario italien ; cela est probable, car on ne voit que sur les scènes de la Péninsule une telle accumulation d'événements invraisemblables. Il semble qu'on ne cherche qu'à fournir au musicien une suite de situations fortement accusées, sans se soucier de les relier les unes aux autres. La figure seule de Joanita a été dessinée avec soin et a excité un intérêt sympathique. C'est qu'il s'agissait de Mlle Caroline Duprez , nièce du librettiste , fille du compositeur et son élève la plus parfaite. Parmi les chanteurs célèbres qui ont écrit des œuvres lyriques, Duprez doit briller au premier rang. Ce n'est pas qu'il puisse prétendre à occuper dans l'histoire do l'art une place à côté de Rossini , de Meyerbeer , de Donizetti et mêm^ de Bellini ; mais nous ne connaissons pas de virtuose chanteur , de ténor illustre qui ait possédé à l'égal de Duprez l'art d'écrire pour les voix , et les connaissances si variées de l'instrumentation • il y a, en outre, dans Joanita, des scènes dramatiques bien développées, surtout le finale du second acte. Nous citerons, parmi les morceaux les plus goûtés , une jolie romance

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chantée par Poultier; un duetto pour voix de femmes, dans le premier acte ; le chœur des figurants de l'Opéra, déguisés en faux marquis, dont la musique est un arrangement pour les voix du menuet délicieux de Hippolyte et Aricie, de Rameau, dans le deuxième acte ; et enfin , au troisième, les vocalises de bravoure , merveilleusement exécutées par Mlle Caroline Duprez. Poultier chantait le premier rôle de ténor. Les autres interprètes étaient Balanqué, Duprat et MUe Guichard.

JOANNA, opéra anglais, musique de Busby, représenté au théâtre de Covent-Garden, à Londres, en 1800.

JOANNA, opéra-comique en deux actes, paroles de Marsollier, musique de Méhul, représenté sur le théâtre Feydeau le 22 novembre 1802.

JOB ET SON CHIEN , opérette en un acte, paroles de M. Mestépès, musique de M. Emile Jonas , représentée aux Bouffes-Parisiens le 6 février 1863. Cette extravagance a cependant inspiré une jolie musique au jeune compositeur. Jouée par Desmonts, Marchand, Georges et MUe Géraldine.

JOCKEi (le), comédie en un acte, mêlée d'ariettes, et en prose, paroles de Hoffman, musique de Solié , représentée sur le théâtre de l'Opéra-Comique le 16 nivôse an IV (6 janvier 1796). Pendant plusieurs années, cette pièce fut jouée une ou deux fois par semaine, et elle obtint assez de succès pour donner à Hoffman un rang parmi les auteurs dramatiques. La musique de Solié a beaucoup vieilli. Il est vrai qu'on a entendu les principaux motifs du Jockei dans les vaudevilles, entre autres les couplets de la première scène : Lorsque vous verres un amant ; la facture facile des airs de Solié se prêtait au goîit du public récemment admis à jouir très-librement des plaisirs de l'esprit. C'est peutêtre le compositeur qui a fourni le plus de ces espèces de mélodies appelées timbres à l^ Clef du Caveau.

JOCONDE, opéra-comique en trois actes, paroles de Desforges, musique de Jadin, représenté sur le théâtre de Monsieur, salle Feydeau, le 14 septembre 1790. Même sujet que celui du conte de La Fontaine. La musique a eu du succès ; mais celle de Nicolo l'a fait oublier.

JOCONDE ou LES COUREURS D'AVEN- TURES, opéra-comique en trois actes, paroles d'Etienne, musique de Nicolo, repré-

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sente pour la première fois à Fcydcau le 28 février isu. Joconde est un des types les plus parfaits du genre opéra-comique. Légèreté, grâce, vivacité, tour mélodique facile et partout spirituel, il résume toutes ces qualités. Sa popularité a duré longtemps, et il est resté presque constamment au répertoire. L'accord de l'inspiration du musicien avec le caractère des situations est tel que certaines phrases de la partition sont devenues en quelque sorte proverbiales. L'air de la romance : Dmis un délire extrême, est dans son genre musqué, galant et troubadour, un petit chel-d'œuvre. Tout le monde en a chanté le refrain :

Et l'on revient toujours A ses premiers amours.

Le quatuor scénique dans lequel la jeune villageoise trompe si agréablement Joconde et son ami, à la faveur de l'obscurité, est un des meilleurs morceau.x de la partition ; la phrase principale y est répétée en canon par chaque personnage sur les paroles aussi fort

connues :

Quand on attend sa belle, ' Que l'attente est cruelle 1

Et qu'il sera doux L'instant du rendez- vous!

Nous ne devons pas omettre le grand air de Joconde si caractérisé : J'ai longtemps parcouru le monde, et qui rappelle l'air de Madamina de Leporello. On a eu tort de dire que Joconde était un don Juan français. Il est inconstant, frivole, trop facilement amoureux, mais toujours aimable et jamais odieux. Nous signalerons encore le trio : Amour! seconde mon courage, et les couplets si fins et si spirituels : Parmi les filles du canton. Chollet a laissé des souvenirs dans le rôle de Joconde.

JOCRISSE, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Cormon et Trianon, musique de M. Eugène Gautier, représenté à l'Opéra- Comique le 10 janvier 1862. On a distingué deux airs bien faits : Les Jocrisses sont de bons enfants, et Trinquer, trinquer. Cette pièce n'a pas réussi.

JODELET, opéra-comique allemand, musique de Franck (Jean-"\Volfgang) , représenté à Hambourg en 1680.

JODELET, opéra-comique allemand, musique de Keiser, représenté à Hambourg en

ja:ger MADCHEN (das) [la Fille du c/iasseur] , opéra-comique allemand, musique de Henneberg, écrit à Vienne vers 1818.

JOEGGELI (Joacliim) , o[)cra-coiniquo allemand, paroles de Koester, d'après la nouvelle du poëte Jérémie Gotthelf, intitulée le Chaudronnier, musique de Taubcrt, représenté à Berlin le i" octobre 1853. C'est une gracieuse idylle traitée avec goût par le musicien, et qui a été bien interprétée par la gracieuse cantatrice allemande , Mme Koester, femme de l'auteur du livret.

JOKEYEN, opéra danois, musique de F.

Kuntzcn, i-eprésenté à Copenhague en 1797.

JOLANDA, opéra italien, musique deJ.-G.

Nicola'i, écrit à ZvroW. vers 1785.

JOLANTHA , drame allemand, musique de \Veber (Bernard-Anselme), représenté à Berlin en 1797. Il en a composé l'hymne, l'ouverture et la marche.

JOLIE FIANCÉE (lx), opéra-comique, musique de Janssens, représenté à Anvers en

JOLIE GOUVERNANTE (la). Opéra en deux actes , musique de Vernier , représenté au théâtre du Cirque du Palais-Royal en 1798.

JOLIS CHASSEURS (les), saynète musicale, paroles de Ch. Bridault , musique do M. Bovery, représentée aux Folies-Nouvelles en octobre 1855.

JONE, opéra italien," musique de Petrella, représenté à Milan en 1848, et àNaples le I2février 1861, avec Negrini, CoUetti et Mme jiedori.

JOSÉ RICCARDO OU L'ESPAGNOL EN PORTUGAL, opéra allemand en trois actes, musique de M. Aug. Schaeffer, représenté à Hanovre en novembre 1856.

JOSEPH, opéra sacré allemand, musique de Back, de l'ordre des Bénédictins , représenté à Ottobeuern vers 1800.

JOSEPH, opéra-comique en trois actes, paroles de Alexandre Duval , musique de Méhul, représenté au théâtre Feydeau le 17 février 1807. Baou»-Lormian avait fail jouer une tragédie biblique ayant pour titre : Omasis. Se méfiant de l'intérêt que le public pourrait prendre au sujet de son pcëme, il y avait introduit une intrigue amoureuse : c'était un faux raisonnement et une maladresse. En effet, la gravité du sujet, l'austérité des moîurs de la famille patriarcale qu'il mettait en scène excluaient tout mélange de passions

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profanes, qui ne pouvaient qu'affaiblir l'intérêt du drame par une di-version inopportune. La pièce de Baour-Lormian tomba lourdement.

Alexandre Duval voulut traiter le même sujet, avec la collaboration de Mébul ; mais il eut le bon sens de conserver à chaque personnage le caractère que la Bible lui attribue, et de ne pas chercher à lutter contre des traditions aussi vénérables. Sonpoëme, en dépit de la boursouflure et de l'emphatique majesté des formes littéraires à la mode sous le premier empire, renferme des beautés simples et des situations touchantes. L'auteur y évite deux défauts : celui de trop idéaliser ses personnages , ce qui aurait affaibli l'impression du spectateur, en lui peignant des sentiments qu'il n'aurait pu partager, et un autre défaut qui est devenu très-fréquent depuis l'invasion du romantisme ; nous voulons parler de l'abus de ce qu'on appelle la couleur locale. En effet, le luxe de la mise en scène, les tableaux trop accusés, les descriptions minutieuses, dont l'exactitude est d'ailleurs fort hypothétique dans un sujet ancien , font perdreaux sentiments naturels la plus grande partie de leur force, et dérobent à l'actioji de la musique sur la partie élevée de l'âme et des sens ce qu'ils donnent à la simple curiosité et à une distraction frivole.

Un sentiment profond, une expression forte et soutenue, un style grandiose et sévère, enfin une orchestration d'une clarté et d'une limpidité admirables , toutes ces qualités réunies font de la partition qui nous occupe une œuvre qu'on ne saurait trop engager les jeunes musiciens à étudier. Les voix y sont traitées avec science , et la sobriété des dessins d'accompagnement n'exclut ni la grâce ni la variété.

Il y a dans les récits bibliques quelque chose qui sera éternellement en rapport avec l'âme humaine, et qui la fera toujours vibrer. Jacob et ses douze fils, un officier, tels sont les personnages du drame. Ce n'est pas même l'histoire entière de Joseph ; c'est Joseph reconnu par ses frères. On voit que l'action est réduite à la plus grande simplicité. Il y a plus d'un demi-siècle que l'opéra de Joseph a été représenté , et rien n'a vieilli dans cette œuvre. Ce qui vieillit en musique, ce sont les formules , la facture de convention, les usages et la mode du temps ; mais la beauté, la vérité, la pensée juste, l'expression vraie dans les œuvres d'art ne peuvent s'évanouir , disparaître , être détruites.

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à moins que les éléments constitutifs du système musical qui a servi à leur composition cessent d'être employés et qu'ils soient remplacés par d'autres. En ce cas seulement il y a prescription. Il est vrai de dire aussi que quelquefois il arrive que le public n'a plus l'aptitude nécessaire pour apprécier une œu-vre d'un mérite supérieur; car il y a, chez les peuples comme chez les individus , des moments d'éclipsé ou d'égarement.

L'ouverture de l'opéra de Joseph, ou plutôt l'introduction , commence par un adagio suave, qui doit l'effet qu'il produit à la pureté de l'harmonie ; car tous les instruments à coi'des ne jouent qu'à deux parties. Vient ensuite un thème de quatre mesures de 'la plus grande simplicité , qui est développé d'une manière magistrale. Ce thème est une formule mélodique empruntée au huitième mode du plain-chant, appelé hypomixolydien. Il est assez répété dans le cours de l'ouvrage pour lui donner un caractère particulier de religion, d'antiquité, de grandeur. C'est le début du chœur magnifique : Dieu d'Israël, que les Hébreux chantent au lever du soleil , pendant le sommeil de Jacob.

Cet emprunt fait par Méhul à la mélopée liturgique n'est pas le seul. Çà et là on retrouve dans sa belle partition des intervalles et des cadences qui rappellent les premières impressions de sa jeunesse, le séjour qu'il fit dans les abbayes des Récollets et des Prémontrés , et les fonctions d'organiste qu'il y remplit. Un quatuor , dans lequel chaque partie est intéressante et qui ramène le mo- Uf du premier acte , termine cette introduction instrumentale. Le grand air : Yainement Pharaon , dans sa reconnaissance , est trop connu pour que nous fassions remarquer son ampleur et sa force expressive. Chaque mot, chaque souvenir évoqué par le ministre de Pharaon est rendu à l'aide des moyens ordinaires de la langue musicale, naturellement, sans effort apparent. L'harmonie y règne , mais ne gouverne pas la mélodie qui, toujours vivante, animée, ne se laisse jamais asservir par les formules de l'école. Ce beau récitatif, ce tableau descriptif des champs paternels, de la vallée d'Hébron et des joies de la famille, le souvenir des malheurs de Joseph et de la perversité de ses frères, tout est vraiment pathétique.

Qui n'a entendu chanter , hélas I en la dénaturant, dans les églises, dans les catéchismes, la touchante romance de Joseph , si simple, si pénétrante, ce chef-d'œuvre de goût : A peine au sortir de l'enfance? L'ab-

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sencc dp mesure, le déplacement des accents, la suppression même de notes essentielles, tout cela en fait une parodie. On a cru sanctifier l'air de bien des chansons profanes en leur substituant de pieuses paroles : nous n'examinerons pas ici si on y est parvenu ; mais nous pouvons dire que cette fois le cantique a profané la romance.

L'air de Siméon: A'on.' non! l'Eternel que j'offense, et le chœur des frères sont empreints de désespoir, de pitié, de terreur. L'unité règne dans ce morceau ; mais les remords du coupable sont toujours grondants ; les cris de sa conscience sont parfois déchirants; lui aussi a des enfants, et leurs caresses l'accusent et lui' font sentir plus cruellement son ingratitude. Dans la grande partie de cette scène, un decrescendo fait comprendre que la crainte, la nécessité , imposent à cette malheureuse famille de cacher son trouble. Tout s'apaise en apparence ; Joseph paraît.

Ici commence le finale du premier acte -.Ak! son aspect me fait horreur.' Les sentinientsdont nous avons vu l'explosion dans l'air et le chœur précédents continuent avec un acteur de plus, qui, lui aussi, veut se contenir et dissimuler. Mais tout est concentré, tout est aparté. Ce n'est pas une action que Méhul a exprimée ici ; ce sont les bouleversements d'une âme fière et outragée , les justes ressentiments, les tempêtes que réveille l'aspect des meurtriers, situation tout idéale, étude psychologique admirablement traduite par ces notes tenues de l'alto, sous lesquelles les violoncelles et les contre-basses font entendre un dessin grondant de gammes ascendantes for», niant une marche harmonique très-accentuée. Mais Joseph redevient maître de lui : Reprenons mon empire sur ce cœur agité. La mesure change ; un motif calme , accompagné bien régulièrement en accords plaqués par les instruments à vent, puis par les voix, peint la sérénité de cette belle àme , désormais maitresse de ses émotions.

Au second acte , le jour va se lever sur les tentes des Hébreux. Des voix d'hommes font entendre cette belle prière dont nous avons parlé plus haut : Dieu d'Israël, père de la nature; c'est du plain-chant, et c'est à cause de cela qu'à cette place cette prière produit un si grand effet. Elle est répétée par les voix de femmes, et une troisième fois par les voix d'hommes et de femmes réunies. C'est un des efTets les plus beaux qu'on puisse entendre au théâtre. Notre liturgie catholique fournirait des centaines de mélodies aussi belles et même plus belles: on ne les rcmar-

: que pas, par la seule raison qu'on ne daigne» pas les faire exécuter avec intelligence. Cette prière de Joseph est chantée presque chaque année dans les concerts du Conservatoire. La romance de Benjamin : Ah! lorsque la mort , trop cruelle, est d'une candeur incomparable; la ritournelle est une mélodie d'un jet, exécutée à l'octave sans accompagnement, mais à laquelle le timbre des divers instruments donne un intérêt charmant. L'alto et les basses en jouent deux mesures; les bassons et les clarinettes jouent les deux suivantes; les violons la continuent, et elle est terminée par les flûtes. Le chant de Benjamin est accompagné par la même mélodie , à laquelle l'auteur a ajouté une seconde partie, exécutée en pizzicato par les basses, et dont l'effet est délicieux.

Que dirons-nous du trio : Des chants lointains ont frappé mon oreille , dans lequel se trouve une des plus belles phrases de basse qui aient été écrites ? La prière de Jacob : Dieu d'Abraham, porte l'empreinte de cette teinte biblique et de cette onction patriarcale que l'imagination se plaît à rêver, surtout lorsqu'une éducation chrétienne nous a appris, comme à Méhul, le respect de ces traditions primitives. Le chœur des jeunes filles de Memphis : Aux accents de notre harmonie, accompagné par les harpes, est assurément fort remarquable. Au point de vue même de la musique, il est rempli de détails ingénieux ; la disposition des voix est excellente, et toutes les parties chantent. Néanmoins, comment se fait-il qu'il produise moins d'effet' que la phrase de plain-chant du second acte? Serait-ce parce que, dans les œuvres d'art, le caractère l'emporte toujours sur la facture, le style, le talent, l'habileté et la beauté même de l'exécution? Nous voulons parler encore du duo entre Jacob et Benjamin : 0 toi le digne appui d'un père; là, nous retrouvons non-seulement l'harmonie et la mélodie étroitement unies, mais encore le pathétique et la grâce se faisant valoir mutuellement et avec une simplicité de moyens telle, qu'il n'est pas une note qui ne soit rigoureusement nécessaire à l'une des trois parties qui composent l'accompagnement.

Ce qui contribue à rendre ce duo si touchant qu'on le fait répéter aux artistes à chaque représentation , c'est le contraste qui existe entre les deux personnages : la musique, comme les arts plastiques, avec lesquels elle a d'ailleurs bien peu de points de contact , a besoin d'oppositions. La nature les lui offre dans la variété des voix , dans celle des tim-

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