LISE
plume du spirituel académicien. Malgré la hardiesse de la donnée du poëme de Lina , il fournissait au musicien une occasion excellente de révéler ses qualités dramatiques; mais Dalayrac n'en était pas abondamment pourvu. Le poëme de M. Viennet pourrait être converti en une bonne œuvre lyrique de demi-caractère. Quatre personnages sont en scène. Halévy a montré dans l'Eclair le parti qu'un compositeur peut tirer de cette combinaison.
LINDA DI CHAMOUNI, opéra italien en trois actes, paroles de Rossi, musique de Donizetti, composé expressément pour le théâtre de la Cour (Porte de Carinthie), à Vienne, en 1842, et représenté à Paris le 17 novembre de la même année. Le sujet est le même que celui de la Grâce de Dieu , drame représenté avec un immense succès sur le théâtre de la Gaîté. La partition est une des plus gracieuses du maître ; c'est un ouvrage de demi-caractère dans lequel il a trouvé des inspirations pleines de fraîcheur et de sentiment. La tyrolienne si délicieusement chantée par Mme Persiani, la malédiction du père, la prière, sont des morceaux fort remarquables. Lablache, Tamburini, Mario, Mme Marietta Brambilla ont chanté avec succès les rôles de cette pièce. Nous signalerons principalenîent, dans le premier acte , l'air du marquis : Per sua madré ; la romance de Pierrotto ; la strette du duo entre Linda et Carlo et la prière du finale. Dans le deuxième acte, le duo entre Linda et Pierrotto : Allor ch'io passa; le duo de Linda et Carlo -.Ah.' vanne; la scène de folie de la pauvre Linda ; enfin au troisième acte, le délicieux chœur des Savoyards ; l'air du marquis, avec accompagnement d'un chœur comique , et un quintette d'un style excellent. Dans l'ordre de mérite des ouvrages du compositeur de Bergame, nous placerions volontiers Linda di Chamouni entre la Fille du régiment et Don Pasquale. La mise en scène de Linda n'était pas en harmonie avec la simplicité du sujet. Il est à. remarquer que le caractère poétique de la jeune montagnarde s'est effacé en raison même des efforts tentés pour la mettre eu lumière. Aux scènes émouvantes du drame du boulevard, à la magnificence du cadre de la pièce italienne, à la romance sentimentale de M'ic Loïsa Puget, devenue justement populaire , nous préférons encore les naïves cantilénes de Fanchon la vielleuse, que nos mères chantaient sans le moindre accompagnement :
Aux montagnes de la Savoie Je naquis de pauvres parents,
simples chansons qui sont oubliées, mais qu'on peut relire dans la Musette du vaudeville, publiée par Doche en 1S22.
LINDA DI ROCCAFORTE, opéra italien, musique de Angelo Gnochi, représenté pour la première fois, à Novare, dans le mois de mai 1S45. Cet ouvrage eut quelque succès.
LINDAMIRE, opéra-comique en un acte, paroles de D. Duboys, musique de Antonio Bernardi, représenté à Spa le 17 août 1S62. On a remarqué la romance : Vous serez bientôt grand seigneur, chantée par Péront.
LINDANA , opéra allemand , musique clo Kanue, écrit à Vienne vers 1810.
LINDOR tT ISMÈNB, Opéra allemand, musique de Schmittbauei-, représenté à Carlsruhe vers 1772.
LINNÉE OU LA MINE DE SUÈDE, Opéra-
comique en trois actes, paroles de Dejaurc, musique de Dourlen , représenté au théâtre Feydeau le 10 septembre 1808. Le livret est absurde. Un jeune homme est condamné à travailler aux mines; le célèbre naturaliste Linnée, qui jouit en Suède du privilège do délivrer un prisonnier à son choix , lui fait rendre la liberté. Un tel sujet d'opéra était capable de glacer l'imagination la plus ardente. Ce fut l'œuvre de début de Dourlen dans la carrière lyrique.
LINUS, tragédie lyrique, musique de Rameau, non représentée.
LION DE FLORENCE (le) , mélodrame , musique du baron de Lannoy, écrit à Vienne vers 1825.
LIONNEL AND CLARISSA {Lionel et Clarisse), opéra-comique anglais , musique do Dibdin, représenté à Londres vers 17G8.
LIRA D'ORFEO (la) , divertissement musical (ti-attenimento musicale) , poésie de Niccolo Minato, musique de Draghi (Antoine) , représenté à Vienne, par ordre de l'empereur Léopold, dans le parc royal du Luxembourg, en 1GS3.
LISBETH, opéra -comique en trois actes, paroles de Favières, musique de Grétry, représenté aux Italiens le 10 janvier 1797. La jolie nouvelle de Florian intitulée Claudine a fourni le sujet du livret ; mais l'auteur a renchéri sur le caractère pastoral du roman suisse, et l'a gâté en faisant intervenir Gessner, qui déclame des tirades philosophiques à l'usage des âmes sensibles. Le succès de Lisbeth ne s'est pas soutenu, malgré une ro-
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mance charmante , et la partition n'en a pas été gravée.
LISBETH, opéra -comique en deux actes, musique do Félix Mendelssohn, représenlô au Théâtre-Lyrique le vendredi 9 juin 18C5, d'après la traduction faite sur le livret allemand par M. Jules Barbier. Le titre de la partition allemande est Die ruckkehr ans der fronde (le lictour d'un voyage à l'étranger). Mendelssohn a composé cet ouvrage à l'occasion du vingt-einquièrae anniversaire du mariage de ses parents. Il fut exécuté pour la première fois en public au théâtre du Grand-Opéra de Berlin eu 1851. C'est un opéra des plus médiocres ; si l'on en excepte des couplets empreints de cette douce rêverie qui caractérise la musique du célèbre compositeur, tout le reste est inférieur aux plus faibles ouvrages du répertoire français. L'orchestration affecte les plus singulières sonorités. La première des deux sérénades, dont le motif est assez gracieux, a pour accompagnement des batteries en pizzicati, imitation maladroite de la guitare, auxquelles viennent se joindre des rentrées d'instruments à vent qui ne sont pas d'un effet plus heureux. Mozart, dont Mendelssohn a parlé quelque part avec dédain, traitait autrement les pizzicali, surtout dans sa délicieuse sérénade de Don Juan : Ah! vient alla finestra. La seconde sérénade , chantée par le faux Fritz , consiste dans une lamentable phrase répétée à satiété sans accompagnement, et terminée par une rentrée des instruments à cordes. Au commencement du second acte , pendant que la scène s'éclaire, on remarque une courte symphonie exprimant successivement le sommeil et le lever de l'aurore ; cette fois, le compositeur a été bien inspiré; l'harmonie en est douce et suave ; quant au sujet, il est d'une naïveté par trop allemande, et ne supporte pas l'analyse. L'interprétation au Théâtre-Lyrique a été fort intéressante : M«>e Faure-Lefebvre, M.M. Petit, Fromant et Wartel ont joué avec zèle cette épave d'un grand maître. Ce qui a le plus intéressé les spectateurs, c'est la reproduction du tableau de la Cinquantaine, du peintre Knaus, due à l'habileté et au goût de M. Arsène.
LISCHEN ET FRITZCHEN, opérette en un acte, paroles de M. Paul Dubois, musique de M. Offenbach, représentée au théâtre des Bouffes- Parisiens le 5 janvier 1864. Cette petite pièce a obtenu le succès le plus franc. Fritzchen , pauvre domestique alsacien, es-