ARIA
présenté à la cour de Jlantoue en 1607. Ce poëme parut supérieur aux premières compositions de l'autour, et fut mis en musique par Claude Moateverde, qui suivit merveilleusement les intentions et les inspirations du poète. Rinuccini porta son Ariane à Venise, et l'on croit que c'est le premier opéra sérieux qui y ait été représenté. Ce drame lyrique passa longtemps pour le vrai modèle du genre ; encore un siècle après, le monologue d'Ariane abandonnée était cité comme un chef-d'œuvre. Ecrit dans le registre du mezzo-soprano, il pianto d'Ariane est une mélodie, extraordinaire eu égard à l'époque à laquelle elle a été composée. Cette scène a été conçue avec beaucoup de sentiment, de naturel et d'abandon ; la chute des vers, la coupe des phrases, le retour des mêmes expressions de tendresse, étaient propres à faire naître les formes symétriques et régulières du chant, eu même temps qu'ils peignaient le désordre et l'agitation de l'âme d'Ariane. D'après son caractère , ce passage semble modelé sur les scènes pathétiques des tragiques anciens, et surtout d'Euripide. Il paraît à son tour avoir servi de modèle à ces monologues passionnés qui ont fourni depuis de si beaux sujets au génie de la musique théâtrale ; et l'éloquent Métastase s'en est souvenu dans un air célèbre. Les inspirations mélodiques et harmoniques de Monteverde ont été si heureuses dans II pianto d'Ariane, qu'elles lui ont fait attribuer certainement la découverte de divers faits musicaux, tels que l'emploi de la dissonance naturelle , qui remontent bien plus haut, puisqu'on en trouve déjà des traces dans les essais élémentaires d'harmonie au xiiie siècle.
ARIANE À NAXOS, duodrame, musique de George Benda , représenté à Gotha vers 1769, et à Leipzig en 1778, puis traduit en prose française par Dubois et joué à la Comédie-Italienne le 20 juill£t 1781.
ARIANE À NAXOS , opéra en deux actes, musique de Mme Paradies, représenté à Vienne en 1791. Mme Paradies, aveugle depuis l'âge de cinq ans, avait reçu des leçons de compositL-jn musicale de Salieri. Ses talents et sa rare intelligence lui valurent une grande réputation.
ARIANE À NAXOS, œuvre dramatique, paroles de Th. Krcbs, musique de Max Sclfriz, représenté à Lœwensborg dans le mois de décembre 1861 , avec le concours de M"* Babnigg pour le rôle d'Ariane et de von Osten pour celui de Thésée.
AlilC
ARIANE DANS L ÎLE DE NAXOS, opéra en un acte, paroles de Moline, musique d'Edelmann, représenté par l'Académie de musique le 24 septembre 17S2. La célèbre cantatrice Mme Saint-IIuberti interpréta avec beaucoup de succès le rôle d'Ariane.
ARIANE ET BACCHUS , opéra en cinq actes, paroles de Saint-Jean, musique do Marais, représenté à l'Académie royale de musique le 8 mars 1096. Au milieu des représentations de cet opéra, l'acteur qui jouait le rôle de Bacchus étant tombé malade, on prit pour le remplacer un de ces chanteurs subalternes accoutumés à être siffles quand ils veulent sortir de la modeste sphère où leur talent les a placés. Ce dieu postiche parut et fut sifflé effectivement. Mais la couronne de pampres dont son front était orné lui donna de l'assurance, et, sans se déconcerter, il dit dédaigneusement au parterre: «Je ne vous conçois pas ; pensez-vous que pour six cents livres qu'on me paye par année, j'irais vous donner une voix de mille écus. » Ces paroles excitèrent les applaudissements de toute la salle.
ARIANE ET BACCHUS, opéra, musique de Bouvard, représenté à la cour de France en
ARIANE ET THÉSÉE, Opéra en cinq actes, paroles de Lagrange-Chancel et Roy, musique de Mouret; représenté à l'Académie royale de musique le 6 avril 1717.
ARIARATE (l'). Opéra sérieux en trois actes, musique de Tarchi, représenté à Milan en 1786.
ARIARATE , opéra italien , musique de J. Giordani, représenté à Turin en 1788.
ARIBERTO E FLAVIO, REGI DE' LOM- BARDI, opéra italien, musique de Lonati, représenté au théâtre San-Salvador, de Ve-
ARICIB, opéra-ballet en cinq entrées, paroles de l'abbé Pic, musique de La Coste, donné à l'Académie royale de musique le 9 juin 1697. C'est à la représentation de cet opéra que se rapporte l'anecdote suivante , si souvent citée. Un chanteur, nommé Thévenard, remplissait le rôle principal. Cet artiste avait su gagner les faveurs du parterre, à l'exception d'un fat, qui affectait de chantonner assez haut aux endroits où l'acteur lançait ses phrases les plus applaudies. Un Gascon, impatienté de ce voisinage , se mit à dire tout haut : « Ah! le fat, aht le bourreau, le