PAST
mois. Lascrre en composa les paroles, et Rcbel fils, la musique.
PASTORALE EN MUSIQUE (la), Opéra,
paroles de l'abbé Perrin (introducteur des ambassadeurs près de Gaston, duc d'Orléans), musique de Cambert, jouée à Issy, dans le château de M. de La Haye, au mois d'avril 1659. C'est le premier opéra français et un des premiers ouvrages lyriques représentés en- France. Les pièces jouées précédemment n'étaient que des arrangements d'opéras italiens. Les paroles et la musique se prêtant un mutuel secours, et constituant une œuvre originale, font de la Pastorale en musique de Cambert et de l'abbé Perrin le véritable point de départ de la musique dramatique, qui a pu recevoir de Lulli , quinze ans plus tard , une forme plus parfaite , mais dont le premier essai appartient à Cambert. Cambert était alors organiste de l'église collégiale de Saint- Honoré à Paris, et surintendant de la musique de la reine mère , Anne d'Autriche.
PASTORE D'ANFRISO (il) [le Berger d'Amphrise], tragédie pastorale italienne, livret de Frigimelica Roberti, musique de PoUaroli, représenté sur le théâtre de Saint-Jcan-Chrysostome, à Veuise, en 1695, et repris plusieurs fois. C'est une pièce mythologique dans le goût de ce temps. On sait que ce berger d'Amphrise est Apollon gardant les troupeaux d'Admète.
PASTORELLA AL SOGLIO (la) [la Bergère couro7inée], opéra italien, musique do Latilla, représenté à Venise en 175 1.
PASTORELLA DEGLI ALPI (la) [la Bergère des Alpes], ojjéra italien, musique de Rœsler, représenté à Prague en 1802.
PASTORELLA DELLE ALPI (la) [la Bergère des Alpes], opéra italien, musique de Ortolani , représenté au théâtre du Fonde, à Naples, en 1830.
PASTORELLA FEUDATARIA (la Bergère châtelaine), opéra italien, musique de Vaccaj , représenté pour la première fois à Turin en 1824, et à Paris le 21' avril 1827. Le sujet du poëme est le même que celui de la Bergère c/iâlclaine, opéra-comique d'Auber, joué en 1820. Vaccaj était à cette époque avec Mercàdantc, le compositeur favori des Italiens. Sa musique n'eut pas le même succès en France. Cependant on ne peut nier que ce maître n'ait écrit très-bien pour les voix et n'ait rencontré de gracieux motifs. La l'astorella feudataria en fournit la nreuvc
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dans la romance : Pressa un ruscello limpido, dans le quintetto du premier acte et dans le joli duo : Cara altezza. La scène des tombeaux, dans Roméo et Juliette, sera toujours le chef-d'œuvre de ce maître.
PASTORELLA ILLUSTRE (la) , opéra italien, musique de Jomelli, représenté à Stuttgard vers 1768.
PASTORELLA NOBILE (la), opéra italien, musique de P. Guglielmi, représenté à Naplesen 1788, et à Paris le 12 décembre 1789.
PASTORI FELICI (l) \les Heureux bergers], opéra italien, musique de Traetta, représenté à Naples en 1753 avec beaucoup de succès.
PATRIE RECONNAISSANTE (la), OU L'A- POTHÉOSE DE BEAUREPAIRE, Opéra héroïque en un acte, paroles de Lebœuf, musique de Candeille , représenté à l'Opéra le 3 février 1793. Cet ouvrage fut sifflé.
PATRIOT AUF DEM LANDE (der) [le Patriote campagnard], opéra allemand, musique de Holly, représenté en Allemagne en 1775.
PATRITIUS , opéra allemand, musique de J.-Michel Haydn, écrit à Salzbourg vers 1790.
PAUL ET JULIE OU LA LETTRE SUP- POSÉE, opéra-comique de Mii= Péan de la Rochejagu, représenté au Casino Paganini dans le mois de mars 1851.
PAUL ET VIRGINIE, Opéra en trois actes, paroles de Favières, musique de Kreutzer, représenté à la Comédie Italienne le 15 janvier 1791. Le poëme n'est qu'une faible imitation de quelques épisodes du célèbre roman de Bernardin de Saint-Pierre , et encore le dénoûment est-il complètement de l'invention de Favières. La tempête a lieu au départ de Virginie. Paul, monté sur un rocher, aperçoit le naufrage du vaisseau. Il se jette à la mer, sauve Virginie et l'apporte dans ses bras sur le rivage. Ce troisième acte se passe presque tout entier en pantomime. La musique de Paul et Virginie a obtenu un grand succès. On y remarque une couleur locale assez remarquable pour l'époque, et des airs gracieux. L'ouverture, en ut, débute par un motif très-simple et un peu monotone; mais la seconde partie se distingue par de beaux développements pleins de chaleur. Nous citerons encore la romance dialoguée de Paul et Virginie : De ta main tu cueilles le fruit, et la chanson nègre : Quand toi s'en va de la case, dont l'accompagnement est assez piquant. La scène de l'orage se distingue par une
bonne harmonie et des effets d'orchestration assez dramatiques. Cet opéra a été repris en 1846 , sans grand succès. Toutefois, le finale du deuxième acte a réussi; Jourdan et Mlle Lemercier ont joué Paul et Virginie; Henri, le vieux noir; Grignon, M^fs Félix et Saint- Ange, les autres rôles.
PAUL ET VIRGINIE, OU LE TRIOMPHE DE LA VERTU, drame lyrique en trois actes, paroles de Dubreuil, musique de Lesueur, représenté sur le théâtre Feydeau le 13 janvier 1794. Le roman de Bernardin de Saint- Pierre n'a guère fourni que son titre à cet ouvrage, car les épisodes sont tout différents. Ainsi Virginie ne quitte pas l'île ; elle est arrachée des mains du capitaine par des insulaires, qui font sauter le vaisseau. Quant à la musique, elle offre, à un degré plus marqué que dans les autres opéras , les défauts et les qualités de Lesueur : de la grandeur et de la monotonie ; de la froideur dans le récitatif et la mélodie , mais aussi un rhythme qui s'impose magistralement à l'auditoire; enfin de la puissance dans l'harmonie des chœurs.
Lesueur a eu le malheur de devancer son temps. Doué d'une grande originalité, d'un sentiment très-élevé de l'art, et d'une puissance de travail extraordinaire, il n'a jamais rien écrit sans se proposer d'atteindre à un idéal que l'état du théâtre à son temps ne comportait pas. C'est ce qui explique le peu de succès de la plupart de ses opéras. Trente années plus tard, lorsque l'école romantique eut mis à la mode ce qu'on appelle la couleur locale, son génie, puissamment aidé des conquêtes que l'art musical avait faites pendant cet intervalle, aurait enfanté des chefs-d'œuvre. Les modulations hardies, l'indépendance de son style, les sonorités étranges de son orchestre, qui avaient autrefois motivé l'opposition et la critique souvent e.Kcessive des musiciens, auraient alors été prônées comme autant de qualités. Les idées, les intentions abondent dans ses partitions ; mais la grâce et la vigueur font défaut. C'est un génie incomplet, il est vrai, mais sa place restera inarquée à côté de Méhul, de Spontini et de Cherubini.
L'ouverture de Paul et Virginie annonce le lever du jour, et l'acte premier débute par un hymne des sauvages indiens au soleil levant : Divin soleil, âme du monde. C'est un chœur d'un beau caractère. Le duo de Paul et de Virginie : Quel air pur , quel beau jour! a pour accompagnement des gam-
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mes ascendantes et descendantes qui lui donnent de la suavité. La romance du bon nègre Domingo, languissante et sans esprit, est tout à fait manquéc, et celle do la négresse Sara ne vaut guère mieux. Dans le second acte, on remarque un duo original et fort bien fait entre Babet et Domingo : Je n'ai pas encore eu d'amant et m'en suis passée à merveille. Lesueur, que la manie de l'antiquité possédait et qui s'imaginait naïvement avoir retrouvé la musique des Grecs, émaillait ses partitions de mots scientifiques, de termes empruntés aux anciens modes, et on ne peut s'empêcher de sourire en lisant les mots doriens, Injpophrygiens, lydiens, appli- \ qués à des morceaux conçus dans la tonalité moderne, et des phrases comme celle-ci : In tutto quest' allegro, eseguite ancora col caraltere locale, e col sentimento délia ritmopœia, ehraica dei profeti ; e colV espressione e t'ac- \ cento délia melopœia diastaltica, mescolata | délia systallica, etc. Il a même prétendu que des morceaux de son opéra de la Mort d'Adam expliquaient plusieurs textes des anciens sur la musique des Hébreux, des patriarches, sur celle des prophètes, des Egyptiens, des Chaldéens, des plus anciens grecs. (Voir page m de la grande partition). Pour en revenir à Paul et Virginie, citons encore le grand duo du deuxième acte : Est-ce donc là la récompense? et le quatuor du troisième acte : 0 rage, ô douleur infinie! qui est le plus beau morceau de l'ouvrage. La scène de la tempête paraîtrait faiblement rendue si on l'exécutait maintenant. Elle a paru émouyante autrefois. Comme nous l'avons dit plus haut, les auteurs ont changé le dénoûment de Bernardin de Saint-Pierre. Virginie est .sauvée du naufrage et de l'incendie du vaisseau par les Indiens, dont sa bonté l'avait rendue l'idole.
PAUL ET VIRGINIE, opéra anglais, musique de Reeve, en société avec Mazzinghi, r^résenté à Londres en i8po.
PAUL !<;'■, opéra en trois actes , paroles de Luce et Victor Lefcbvre, musique de Bovery, représenté à Douai vers 1830. Ce fut presque le début de ce bon musicien qui lutta pendant de longues années contre la fortune et qui est mort récemment chef d'orchestre ' d'un des plus modestes théâtres de Paris. L'auteur de Jacques Artevelde, du Giaotir, était un mélodiste distingué et plusieurs de ses romances sont devenues justement populaires.