SOLIMAN ET ERONYME OU MAHOMET II
opéra, musique de Langlé, écrit vers 1792 (inédit).
SOLIMANNO , opéra italien , musique de J.-A.-P. Hasse, représenté à Dresde en 1752.
SOLIMANNO , opéra italien, musique de Perez, représenté à Lisbonne en 1757.
SOLIMANNO II, opéra italien, musique de Carlini, représenté à Milan en 1844.
SOLIMANO, opéra italien, musique de Fischietti, représenté à Naples en 1753.
SOLIMANO , opéra italien , musique de Schwanberg , représenté à Brunswick en
SOLIMANO, opéra italien, musique de Naumann, représenté à Venise en 1772.
SOLITAIRE (le), opéra-comique en trois actes et en prose, paroles de Planard, musique de Carafa, représenté à Feydeau le 1 7 aoiît 1822. De tous les ouvrages qu'a composés M. Carafa, c'est le Solitaire qui a obtenu le succès le plus populaire. Personne n'a oublié la fameuse ronde du Solitaire :
C'est le solitaire, Qui TOit tout.
Qui sait tout.
Entend tout.
Est partout.
C'est cependant le plus faible titre de cet ouvrage à l'estime des amateurs. Un bel air de ténor, un finale fort dramatique et des chœurs d'un bel effet seront toujours remarqués lorsqu'on reprendra cet opéra.
SOLITAIRE (le), opéra, livret tiré de la pièce française, musique de Payer, représenté à Amsterdam vers 1824.
SOLITAIRE DE FORMENTERA /le), drame en deux actes, traduit de l'allemand par P. Lesbroussart , musique de C.-L.-J. Hanssens, représenté à Gand en 1807.
SOLITARI (i), opéra italien, musique de Weigl, représenté à Vienne vers 1796.
SOLITART (i), opéra italien, musique de Coccia, représenté à Venise en 1812.
SOLITARI DI SCOZIA (i) [les Solitaires de l'Ecosse], opéra scmi-séria, musique de Vac-
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caj, représenté au théâtre Nuovo, à Naplcs, en isu.
SOLITARIA DELLE ASTURIE (la) [la Solilaire des Asturies], opéra italien, musique de Coccia, représenté à Naples en 1835.
SOLITARIA DELLE ASTURIE (La), Opéra
italien, musique de Mercadante, représenté à Naples vers 1845.
SOLITARIO (il), opéra italien, musique de Pavesi, représenté à Saint-Charles de Naples, en 1826.
SOLITARIO (il), opéra italien, musique de Persiani, représenté à Milan en 1829.
SOLITARIO (il), opéra italien, musique d'Eslava, représenté à Cadix en iS4i.
SOLITARIO (il), opéra italien, musique de A. Péri, représenté à Reggio en 1841.
SOLITARIO DI UNTERLACH (il), opéra
italien, musique de Cutrera, représenté à Palerme en 1838.
SOLONE (il), opéra-sérieux en trois actes, musique de Steffani, représenté à Brunswick en 1G85.
SOMIGLIANZA (la), Opéra italien, musi- î que de Léo, représenté au théâtre des Fiorentini de Naples en 1726.
SOMIGLIANZA DEI NUMl (la), opéra italien, musique de Paisiello, représenté à Naples vers 1776.
SOMMEIL DE L'AMOUR (le), opéra-hallet, musique de Batistin (Struck), représenté à Versailles vers 1718, et à Chartres, par Mme de Montréal, en mars 1853.
SOMMEIL DE PÉNÉLOPE, monologue lyrique, musique de M. El'w'art, chanté à Calais par Mme de Montréal (Annette Lebrun). Un acteur récitant donne la réplique. « C'est un ouvrage facile à monter et qui ne ruinera pas le directeur. M. El\\"art s'est fait la part modeste. Il a cependant prouvé qu'il pouvait dignement occuper nos premières scènes lyriques.
SOMNAMBULE (lk), opéra-comique, musique de Piccinni (Louis), représenté à Stockholm vers 1797.
SON-IN-LAW {le Gendre), farce anglaise,
musique de Samuel Arnold, représentée sur le théâtre de llaj-Market, à Londres, en 1779.
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SON IN LAW (the) , opéra anglais , musique de Stevenson, représenté à Dublin vers
SOND SALOMONA, {le Jugement de Salomon), tragédie polonaise en trois actes, avec danses et chants, musique d'Elsner, représentée à Varsovie en 1806.
SONDERBAR LAUNB {l'Humeur singulière), opéra-comique, musique de F. Glaeser, représenté au Théâtre- sur- la- Vienne , à Vienije, en 1S23.
SONDERLING (dî;r) {l'Homme bizarre'], opéra allemand, musique de Tost, représenté à Presbourg en 1795.
SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ (le), Opéra-
comique en trois actes, paroles de MM. Rosier et de Leuven, musique de M. Ambroisc Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le 20 avril 1850. Il ne faut pas songer à trouver dans cette pièce les personnages et les ravissantes inventions de Shakspeare; Puck , Obéron et Titania fout place à Elisabeth , Shakspeare , Latimer , Falstatf , Olivia. La musique du compositeur se serait mieux adaptée à la fantaisie anglaise qu'à ce livret, qui offre plusieurs scènes d'un goût équivoque. Ce n'est pas parleur beau côté que les auteurs ont tracé les caractères de la reiae et du grand William. Elisabeth et sa demoiselle de compagnie Olivia se sont trouvées séparées on no sait comment du cortège royal. Elles sont poursuivies par des matelots, et se réfugient dans une taverne où Shakspeare est occupé à s'enivrer avec des compagnons de débauche. La reine, masquée , entreprend en vain de ramener le poëte national à un genre de vie meilleur. Il se moque des sermons, continue à boire et roule sous la table; c'est un spectacle doublement hideux. Elisabeth ordonne à sir John Falstaff, gouverneur de Richement, de faire transporter Shakspeare dans le parc de ce palais. C'est la nuit; les eaux du lac, les arbres éclairés par la lune, tout semble concourir à abuser les sens de William à son réveil. Il entend en effet des sons mélodieux; puis U voit une forme blanche ; une voix se fait entendre ; c'est celle de son génie, qui lui reproche ses égarements et le m.enace de l'abandonner. Le poëte, un instant sous l'empire de cette apparition, ne tarde pas à s'apercevoir que son bon génie n'est autre qu'une femme charmante. Olivia prend la place de la reine, effrayée de sa situation. Un amant d'Olivia, Latimer, témoins des empressements de Shakspeare, le provoque
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en duel. La lutte a lieu immédiatement, et Latimer tombe après quelques passes. Olivia se trouvant mal, et, secourue par la reine, a trahi l'incognito royal. Shakspeare , dont la tête n'est pas très-forte dans cet opéra, croit avoir tué lord Latimer. Il s'enfuit et va se jeter dans une rivière. On l'en retire évanoui, et il est ramené à son domicile. La reine, après avoir donné à Falstaff et aux autres acteurs de la scène nocturne, l'ordre d'oublier tout ce qu'ils ont vu , fait venir Shakspeare. Le poëte se croit aimé de la reine ; il arrive transporté d'amour et il s'entend traiter de visionnaire. Elisabeth seule prend pitié de son désespoir, et dit au poëte: CI Que les événements de cette nuit soient un songe pour tout le monde, hormis vous.» L'ouverture se distingue par une marche dont le rhythmo est original ; les couplets de Falstaff et le défilé des marmitrns ont été goûtés par le public. Le trio : Où courez-vous, mes belles ? est bien plus intéressant. Le chœur des gardes - chasse qui ouvre le ■deuxième acte , est une composition trèsheureusement développée et d'un grand effet. La scène de l'apparition a été traitée par M. Ambroise Thomas avec cette délicatesse de touche et ce coloris distingué qui sont les marques distinctives de son talent. Au troisième acte, nous rappellerons un duo passionné entre Olivia et Latimer, et les couplets du Rêve, chantés par la reine ; le sentiment en est exquis. Ils ne sont accompagnés que par la flûte avec les violons pizzicati. On fait bisser souvent ce morceau. Les premiers interprètes du Songe d'une nuit d'été furent •Bataille , Couderc," Boulo, Mmes Lefebvre et ■Grimm. M«>e Ugalde reprit le rôle qu'une maladie l'avait empêchée de créer. Les partitions pour piano et chant et piano solo ont été arrangées par M. Vauthrot,
SONNANBULA (la), opéra italien, musique de Paër, représenté à Venise en
SONNANBULA (l.\) [la Somnambule], opéra italien en deux actes, livret de Romani, musique de Bellini, représenté au théâtre Carcano de Milan le 6 mars i83i, et à Paris le 28 octobre de la même année. C'est un chefd'œuvre de grâce et de sensibilité. Ce drame familier qui se passe dans un village, cette œuvre di mezzo carattere convenait admirablement à la nature tendre et poétique du compositeur sicilien; aussi a-t-il trouvé des cantilènes ravissantes et des effets originaux .sans recourir atix procédés de facture et à la
puissante diversion de l'instrumentation.
Voici en peu de mots l'analyse de la pièce :
Tout se prépare pour les noces de la jeune paysanne Amina, orpheline élevée par Thérésa, la meunière, avec Elvino, riche propriétaire du village. L'aubergiste, Lisa, qui aime en secret Elvino, cache mal son dépit, et, toute à la jalousie, elle repousse les propositions d'Alexis, son amoureux. Amina paraît, elle invite ses compagnes à partager sa joie. Son cœur déborde d'émotions tendres et passionnées. Elle embrasse Thérésa, sa bienfaitrice, et s'emparant d'une de ses mains, elle l'approche de son cœur :
Sovra il sen la man mi posa Palpitar, halzar lo senti.
Eijii è il cor che i suoi contenti Non ha forga a sostuner.
Elvino entre en scène à son tour ; pendant qu'on signe le contrat, il présente à Amina l'anneau nuptial et lui donne un bouquet de pensées. Plus tard, ces fleurs fournissent l'occasion d'une scène touchante. Après les protestations d'amour et de constance, survient un étranger; c'est le comte Rodolphe, fîls de l'ancien maître du château, et qui, depuis de longues années, n'a pas paru dans le pays où il n'est plus connu que de nom. Il cause avec les paysans, fait à la jeune fiancée des compliments flatteurs qui déplaisent beaucoup à Elvino et qui irritent encore la jalousie de Lisa. Le son des musettes annonce l'heure de la rentrée des troupeaux au bercail. Chacun gagne sa demeure, mais non pas avant que les villageois aient prévenu le comte Rodolphe de l'apparition extraordinaire d'un fantôme blanc qui, chaque nuit, se promène dans le pays et y jette l'épouvante. Rodolphe, comme Georges, dans la Datne blanche, se moque de ces superstitieuses terreurs et sort en laissant ensemble les deux fiancés. Ici a lieu une petite scène charmante de jalousie et de raccommodement.
Le théâtre représente ensuite une chambre de l'auberge. C'est celle où doit coucher Rodolphe. A peine s'y est-il installé, que Lisa y entre sous prétexte de s'informer de ce qui peut manquer au comte. On a déjà su au village qui il était, et elle a voulu être la première à le féliciter de son retour. Elle se laisse tenir quelques propos galants; maison entend du bruit près d'une fenêtre ; elie s'enfuit dans un cabinet en laissant tomber son petit châle. Alors a lieu une scène de somnambulisme exprimée avec une poésie délicieuse. Amina parait. Eiic est endormie, elle murmure le nom d'Elvino, elle chante son
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bonheur, et, se croyant déjà devant l'autel, elle s'agenouille, elle lève la main et jure à son époux amour et foi éternelle. Rodolphe, surpris et charmé, respecte une si innocente créature, et ne voulant ni la réveiller ni profiter de son erreur, il s'apprête à sortir par la porte. Mais entendant du bruit, il s'esquive par la fenêtre. Qu'a fait Lisa pendant ce temps? Elle a entr'ouvert la porte de sa cachette, elle a vu Amina entrer dans la chambre du comte; elle lui prête les plus indignes desseins et sort pour informer Elvino de ce qui se passe. Les villageois arrivent pour complimenter le comte et lui souhaiter la bienvenue; mais quelle est leur surprise en découvrant Amina couchée et endormie sur un sopha! Elvino accourt ; il ne peut en croire ses yeux, il maudit sa fiancée et se livre au désespoir. Amina, que le bruit a réveillée, a beau protester do son innocence; les apparences sont contre elle : tout le monde la voue au mépris et à l'infamie. Amina tombe presque évanouie dans les bras de sa mère adoptive. Ici finit le premier acte.
Le deuxième commence par un chœur de villageois et de villageoises qui s'entretiennent avec sympathie du malheur de la pauvre Amina. Dans l'opéra de Bellini, le chœur joue exactement le rôle du choeur "antique, non-seulement dans ce passage, mais dans plusieurs autres. C'est animé et intéressant. Amina, soutenue par Thérésa, s'avance en chancelant. Son cœur est brisé. Elvino se tient à l'écart et lui lance des paroles acerbes et cruelles ; il s'anime de plus en plus et finit par lui arracher du doigt son anneau nuptial. Lisa n'a pas perdu son temps, et le tableau suivant nous la montre prête à devenir la femme d'Elvino. Mais prévenu par les paysans de tous ces événements, le comte Rodolphe arrête le cortège et demande à être entendu. Il explique la scène du somnambulisme; mais les paysans sont incrédules, et Elvino se dispose à partir avec Lisa, qui veut calomnier encore une fois son infortunée rivale. Thérésa alors n'y tient plus. Elle apostrophe Lisa et demande comment on a trouvé son propre chàle dans la chambre du comte. L'embarras de la jeune fille montre qu'elle n'est pas entièrement innocente. Les esprits flottent encore dans l'indécision, lorsqu'on voit soudain Amina sortir par une des mansardes du moulin, se promener en dormant sur l'extrémité du toit, arriver près de la roue et marcher sur une planche vermoulue. On la croit perdue. Elvino veut s'élancer à son secours ; il est retenu par Rodolphe. L'in- '
téressante fille entre en scène tenant à la main son bouquet flétri, qu'elle arrose de larmes :
« O fleurs, je ne croyais pas vous voir si tôt fanées! Semblables à l'amour d'Elvino, vous n'avez duré qu'un jour. Peut-être que mes pleurs pourraient vous rendre votre première vigueur; mais ils ne peuvent pas faire vcnaître l'amour. «
Rendant son sommeil, Elvino remet à son doigt l'anneau qu'il lui avait enlevé. Amina se réveille dans les bras de celui qu!elle aime et qui lui a rendu son amour. Elle fait éclater les transports de son âme dans un dernier chant plein d'allégi-esse.
Bellini a exprimé toutes les situations do ce drame avec un naturel et une vérité qui font de sa partition un chef-d'œuvre de sentiment et de goût. Depuis le premier chœur d'introduction jusqu'à la cabaletta finale, l'inspiration ne faiblit pas. La cavatino suave et mélancolique de Lisa : Tutto è gioja, tutto è festa, au commencement du premier acte, me paraît seule mal exprimer le genre de tristesse et d'ennui que lui font éprouver les préparatifs de la noce d'Amina.
L'air d'Amina : Corne per me sereno ogrji rinacque il di, est parfait dans sa forme italienne. Cette fable ne convient-elle pas mieux d'ailleurs que toute autre pour peindre ce rayonnement d'un premier amour chez une toute jeune fille.
L'andante du duo de l'anneau nuptial est délicieux ; Prendi l'anel ti dono ; l'air de Rodolphe : Yi ravviso o luoghi ameni, est classique. Il faudrait tout citer. Contentons-nous de rappeler l'admirable finale si pathétique, si émouvant, le plus beau morceau d'ensemble que Bellini ait écrit.
Le second acte n'est pas moins riche en beautés réelles. D'abord, c'est le chœur si original des conladini et coniadine : Qui la selva è piu folta ed ombrosa; ensuite, l'air : Tuito è sciotto, dans lequel Elvino exprime son désespoir; enfin, l'andante de l'air final, chanté par Amina, qu'un auditeur doué de sensibilité n'a jamais entendu sans émotion :
Ah! non crcdca mirarli Si presto estinto, o fiorc :
Pnssasti al ]iar d'amorcy Che un i/iorno sol ditrù.
Potria Jiovcl vii/ore Il pianlo mio donasli...
Ma ravvivar l'amore Il pianto mio non puù.
Nos modernes prédicants affichent leur dédain pour cette musique qui a le don de mouiller les paupières. Celle qu'ils proclament