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YVON

WUTHENDE HEER (das) [l'Armée furieuse], opéra allemand, musique de Lasser, représenté à Munich vei-s 1792.

WUTHENDE HEER ( DAS ) [l'Année furieuse], opéra allemand, musique de Riegcr, représenté à Brunn vers 1795.

XACARILLA (la), opéra en un acte et deux tableaux, paroles de Scribe, musique de Marliani, représenté à l'Académie royale de musique le 27 octobre 1839. La Xacarilla est le nom d'une chanson espagnole, d'une sorte de boléro que des contrebandiers ont adopté pour se rallier. Un marin, un tuteur et sa pupille, un corrégidor, sont les personnages de la pièce. Mme stoltz a joué avec beaucoup de charme le rôle travesti du jeune marin, et elle chantait à ravir une fort jolie cavatine. M™e Dorus Gras a partagé son succès. On a longtemps représenté cet ouvrage comme lever de rideau avant un ballet. 11 a eu au moins cent représentations.

XAIRA, opéra espagnol en deux actes, musique de Garcia (Manuel-del-Popolo-Vicente), représenté à Mexico vers 1828.

XERXÈS, opéra en cinq actes, représenté dans la grande galerie du Louvre en 166O. Le cardinal Mazarin avait fait venir à Paris le

compositeur italien Cavalli pour monter cet ouvrage , dont il avait écrit la musique à Venise six ans auparavant. Le poëme italien de Serse était l'œuvre de Niccolô Minato.' Il avait obtenu un grand succès sur les principales scènes de l'Italie. On s'y intéressa peu à la cour. Ce ne fut que dans la seconde moitié du xviiie siècle que les ouvrages italiens furent connus et appréciés en France. L'opéra de Xerxès ne fut joué qu'à la cour. La première représentation d'opéra à laquelle le public fut admis eut lieu le 19 mars 1671. Ce fut l'opéra de Pomone, paroles de l'abbé Perrin , musique de Cambert.

XERXÈS, opéra anglais, musique de Haendel, représenté à Londres le 14 février 1737.

XERXÈS, opéra, musique de Foertsch (Jean-Philippe), représenté en Allemagne en

X, Y, Z , opéra italien , musique de Fioravanti (Vincent), représenté àTurin en 1847.

YELVA, OR THE ORPHAN OF RUSSIA

{Telva ou l'Orpheline de Russie), opéra anglais, musique de Bishop, représenté sur le théâtre de Covent-Garden, à Londres, en

YES OR NO {Oui ou non), farce anglaise, musique de Charles Smith, représenté à Londres vers 1809.

YVONNE , opéra-comique en un acte, paroles de M. de Leuven et Deforges, musique de M. le prince de la Moskowa, représenté à rOpéra-Comique le 16 mars 1855. Le sujet de la pièce est devenu banal à force d'avoir été traité au théâtre. Il s'agit de deux amants, Yvonne et Jeanhic, dont l'amour est exploité par le vieux berger Kerkadec, qui se fait passer pour sorcier. La musique a un caractère

rétrospectif, sauf dans quelques morceaux. On a remarqué les couplets du sorcier, les couplets de Jeannic, le duo des deux amants et les couplets du vin, instrumentés d'une façon originale. Ce petit ouvrage a été joué par Jourdan, Sainte-Foy et MUe Boulard.

YVONNE, drame lyrique en trois actes, paroles de Scribe, musique de M. Limuander, représenté à l'Opéra-Comique le 29 novembre 1859. Le sujet est tiré d'une nouvelle de M. d'Herbauges. La pièce devait s appeler d'abord les Blancs et les bleus. Yvonne est le type de la femme vendéenne, type devenu un peu légendaire. L'action est intéressante. Quant à la musique , elle offre le caractère dramatique et original particuliers à l'auteur des Monténégrins. La romance de Jean : Un

ZAIR

nom glorieux, le duo entre Jean et Yvonne, le finale du premier acte, produisent beaucoup d'effet. On doit en dire autant de la romance du baryton : O mon pays de la Touraine! de l'arrangement habile des airs nationaux du Chant du départ et de Vive IJenri IV, qui forment un contraste fort dramatique. Le grand air d'Yvonne : Mon fils, je t'ai perdu.' renferme aussi des phrases pathétiques et inspirées. Mlle Wcrtheimber, d'ailleurs, a admirablement interprété le rôle d'Yvonne,

ZAIR

secondée par Troy , Ambroise , Holzem , Mlles Bousquet et Cordier.

YVONNE ET LOÏC, vaudeville en un acte, avec airs nouveaux, paroles de Narrey et Michel Carré, musique de Delioux, représenté au Gymnase le 15 novembre 1851. C'est une paysannerie bretonne gracieusement interprétée par Mlle» wolf et Anna Chéri. Les motifs en sont agréables et l'orchestration bien étudiée.

ZADIG, opéra en un acte, livret tiré du conte de Voltaire, musique do Catrufo, représenté à Feydeau en 1818.

ZADIG ED ASTARTEA, opéra italien , musique de Vaccaj, représenté au théâtre Saint- Charles, à Naples, en 1825.

ZAHNARTZ (der) [le Dentiste], opéra-comique allemand en un acte, musique de Wagner (Charles), représenté à Darmstadt en

ZAÏDE , opéra italien, musique de Mozart, écrit à Venise en 1773. Cet ouvrage ne figure pas dans les catalogues les plus autorisés des œuvres de Mozart. Nous l'indiquons ici sous toutes réserves.

ZAÏDE, REINE DE GRENADE , ballet héroïque en trois actes, avec un prologue, paroles de l'abbé Delamare, musique de Royer, représenté par l'Académie royale de musique le .jeudi 3 septembre 1739. On ajouta, le 27 octobre suivant, un acte intitulé : Momus amoureux. Voici la distribution des rôles, qui fera connaître à la fois la nature du sujet et la situation du chant à l'Opéra à cette époque : Zaïdc, reine de Grenade, Mlle pélissier ; Zulema, prince de la maison de Zégris. Le Page; Almansor, prince des Abencerrages, Tribou; Octave, prince napolitain, Jélyotte; Isabelle , princesse napolitaine , Mlle Eremans; un chef turc, Albert. Ajoutons pour le ballet, "Dupré et Mlle Sallc. On reprit cet opéra en 1770, avec le ténor Legros, Larrivée, Gélin, M'fes Larrivée et Dubois.

ZAIRA, grand opéra, livret tiré de la tragédie de Voltaire, musique de Winter, représenté au théâtre du Roi, à Londres, en

ZAÏRA, opéra italien, livret tiré de la tragédie de Voltaire, musique de Federici, représenté à Milan en 1806.

ZAÏRA, opéra italien, musique de Lavigna, représenté à Florence en 1809.

ZAÏRA, opéra italien, musique de Gandini, représenté au théâtre Ducal de Modcne en

ZAÏRA, opéra italien, livret de Romani, musique de Bellini , représenté à Parme le 16 mai 1829. Le poëme n'était pas heureusement conçu pour la musique. Le compositeur fut inférieur à lui-même, et la partition éprouva un échec complet. Les rôles de Zaîra furent chantés par Lablache, Inchindi, le ténor Trezzini, Mmes Méric-Lalande et Cecconi. Bellini prétendit à cette occasion que le public parmesan était prévenu contre son oeuvre : « Un publico amaramente inclinato a sprezzare quelV opéra. • Quoi qu'il en soit, cet ouvrage ne fut jamais repris.

ZAÏBA, opéra italien, musique de Mercadante, représenté à Naples eu i83i. C'est un des meilleurs ouvrages du compositeur. Il a obtenu un beau et durable succès , prolongé encore par l'exécution dans les concerts de plusieurs morceaux excellents. Nous citerons les deux cavatines pour baryton : Ah! se questo di mia vita, et : Che bar :aro stato; le duo pour soprano et ténor : Segui, deh ! segui, et un autre duo pour soprano et basse : D'immenso amore.

ZAÏRE, opéra en trois actes, musique du duc de Saxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, représenté sur le théâtre de la cour de Gotha le 21 février 1846. Le sujet est emprunté à la tragédie de Voltaire. Le prince a écrit depuis cette époque plusieurs ouvrages estimés.

ZAMP

ZAMP

ZAÏS , opéra-ballet historique en quatre actes, avec un prologue, paroles de Cahusac, musique de Rameau , représenté par l'Académie royale de musique le jeudi 29 février 1748. Toute l'action se passe dans le monde enchanté des génies de toute espèce; génies des Eléments , salamandres , sylphes , etc. Jélyotte chanta le rôle de Zaïs, génie de l'air.

ZAUVOR , opéra allemand , musique de Zumsteeg, représenté au théâtre Ducal, à Stuttgard, vers 1794. Cet ouvrage a été gravé à Leipzig.

ZALEUCO {Séleitcus), opéra italien, livret de Niccolô Minato , musique d'Antonio Draghi, représenté à Vienne pour le jour de naissance de l'empereur Léopold , en 1675.

ZAMEK NA ÇZORSTYNIE {le Château de Czorstin), opéra polonais, musique de Kurpinsii, représenté à Varsovie en 1819.

ZAMORA, opéra, musique de J.-A. Heller, représenté à Prague en 1845.

ZAMFA ou LA FIANCÉE DE MARBRE,

opéra-comique en trois actes, paroles de Mélesville, musique d'Hérold, représenté à l'Opéra-Comique le 3 mai 1831. Depuis trentecinq ans cet ouvrage est l'esté constamment au répertoire. L'opéra de Zampa n'a perdu aucune de ses qualités au jugement des gens de goiit, et son attrait pour le public n'est pas moindre qu'autrefois , quoique l'exécution en soit généralement très-médiocre. La pièce abonde en situations dramatiques et essentiellement musicales, mais absurdes au fond. On pourrait reprocher à Mélesville d'avoir trop imité plusieurs scènes de Don Juan, surtout au dénoiiment.

Un corsaire nommé Zampa répand l'effroi par tout le royaume de Naples et de Sicile. Il est condamné à mort par contumace, et son signalement est envoyé aux officiers chargés de le poursuivre et de l'arrêter. Ce Zampa appartient d'ailleurs à une famille qui a rendu des services à l'Etat. Il porte le titre de comte de Monteza. Son frère , nommé Alphonse, beaucoup plus jeune que lui, ne l'a jamais connu, et ignore que ce Zampa si redouté n'est autre que son propre frère. Alphonse sert dans l'armée du vice-roi ; il va épouser Camille Lugano, fille d'un riche négociant. Tout le monde est dans la joie au château ; les jeunes filles se pacent des présents que leur a faits le fiancé , et adressent leurs félicitations à Camille. Dans la galerie du château où cette

première scène se passe , on voit une statue de marbre; c'est l'image d'Alice Manfredi, pauvre fille séduite, abandonnée, morte de douleur, dont voici la légende :

D'une haute naissance.

Belle comme à seize ans , Alice dans Florence , Charmait tous les amants; A seize ans, comment faire Pour défendre son cœur?

Un seul parvint à plaire.

Et c'était un trompeur!

D'un pareil maléfice,

Sainte Alice, préservez-nous;

Nous prîrons Dieu pour vous.

Flattant sa confiance.

Le traître, avant l'hymen, Lui ravit l'innocence •Et disparait soudain 1 Il reviendra, dit-elle.

Mais, ô funeste erreur !

Jamais, près de sa belle, Ne revint le trompeur!

D'un pareil maléfice.

Sainte Alice, préservez-nous;

Nous prîrons Dieu pour vous

Hélas ! sur ce rivage Alice vint mourir.

Et cette froide image Semble toujours gémir Quand la nuit, on l'assure, Le vent gronde en fureur, Ce marbre encor murmure Et nomme le trompeur.

Ah! sojez-nous propice.

Sainte .^lice, veillez sur nous ; Nous prîrons Dieu pour vous.

Il y a du sentiment dans cette ballade, dont Héroldatraduit en musique les deux premiers couplets avec une grâce naïve et développé le troisième d'une manière très-heureuse; mais l'idée en est singulière. Si on élevait des statues de marbre à toutes les malheureuses arianes, les carrières de l'Italie ne suffiraient pas à une aussi somptueuse décoration. Mélesville les range en outre parmi les saintes, et, oubliant qu'on les invoque alors , mais qu'on ije prie pas pour elles, il laisse échapper cette distraction : Sainte Alice, nous prîrons Dieu pour vous. Revenons à la suite du récit de la pièce. Alphonse est mandé aux portes du château par des hommes à cheval. Il croit que ce sont des amis invités à la fête ; il part et ne reparaît plus. C'est Zampa qui se présente à sa place. Il est porteur d'une lettre adressée à Camille et signée par son père qui, tombé au pouvoir du corsaire, conjure sa fille de l'aider à recouvrer sa liberté en accordant à Zampa tout ce qu'il exigera pour sa rançon. Camille, effrayée, se réfugie dans son appartement , laissant le château à la merci de Zampa et de sa troupe , qui s'y

ZAMP

livrent à une orgie mêlée de terreurs superstitieuses causées par la présence de la statue de marbre. Daniel, l'un des forbans, reconnaît les traits d'Alice Manfredi, jadis séduite par son maître. Celui-ci s'amuse de sa frayeur, s'approche de la statue et lui passe au doigt son anneau en lui disant qu'il la prend pour sa fiancée jusqu'au lendemain. La statue étend son bras et le ramène sur sa poitrine comme pour garder l'anneau. Les pirates, consternés, tombent à genoux', et Zampa fait de vains efforts pour ranimer l'audace impie de ses compagnons. Ce finale du premier acte produit un grand elîet au théâtre.

Au deuxième acte, la toile se lève sur un décor représentant le bord de la mer, oii des femmes sont agenouillées devant une image de la madone. Rien n'est plus frais que ce lever du rideau, après les émotions violentes de la dernière scène. A la suite de l'air du triomphateur Zampa , il y a une rencontre fort comique et de bon goût entre Daniel, ancien pêcheur, mari de Ritta, qu'il a quittée depuis dix ans pour suivre Zampa , et sa femme, devenue la servante de Camille. Au moment où Ritta témoigne à' Daniel la joie qu'elle éprouve de le revoir et l'assure de sa fidélité constante, un certain Dandolo, chargé du rôle de poltron dans la pièce , accourt et annonce à Ritta que leurs bans sont publiés et que dans deux jours ils seront mariés. Daniel, qui commençait à s'attendrir , entre en fureur à cette nouvelle. Cet épisode , qui se rattache naturellement à l'action, est heureusement imaginé. Alphonse a pu s'échapper des mains des pirates. Son rôle est ingrat, et, quoiqu'il ait à chanter de charmants morceaux , il n'intéresse pas assez. Il apprend, de la bouche même de Camille, qu'elle va épouser Zampa. Une lettre du vice-roi lui fait connaître à la fois que Zampa est le comte de Monteza, son frère, et que le souverain lui accorde sa grâce à la condition qu'il expiera sa conduite passée en servant dans la marine de l'Etat. Alphonse brise son épéeet s'éloigne, pendant que Zampa et Camille se rendent aux pieds de l'autel; là encore se trouve la statue, qui pose sa froide main sur l'épaule de Zampa. La présence de ce témoin inattendu le glace de terreur. Ici se termine le second acte.

Le châtiment du corsaire occupe l'esprit du spectateur pendant le dernier acte ; mais cette scène est précédée de deux incidents d'un effet délicieux. D'abord c'est une barcaroUe plaintive chantée par Alphonse,

ZAMP

qui s'éloigne , et par Camille, qui cherche à le consoler tout en gémissant sur sa propre destinée. Ensuite c'est une sérénade chantée discrètement par le chœur, et qui s'adresse au bonheur présumé des époux.

Ce qui suit est moins heureux. Alphonse revient, veut déterminer celle qu'il aime à le suivre. Zampa le fait entraîner par ses amis. Le pauvre Alphonse disparaît pour la troisième fois. Resté seul avec Camille, qui le supplie de lui permettre de se retirer dans un couvent, Zampa repousse ses prières et veut user de ses droits; mais au moment où il atteint son infortunée victime, s'enfuyant à son approche, il se trouve entre les bras de la statue de marbre, qui s'engloutit avec lui. Un dernier tableau montre Camille, son père et Alphonse réunis. Le chœur persiste à prier pour sainte Alice, et il a raison , puisqu'elle se trouve en si mauvaise société.

L'ouverture de cet opéra est une suite de motifs les plus brillants et les mieux orchestrés ; mais ce n'est plus l'ouverture telle que les prédécesseurs d'Hérold l'avaient conçue et fait accepter, telle que lui-même l'avait comprise pour son Prea«a;cfe>-c«. Mozart, Beethoven avaient déjà donné à cette préface de l'œuvre dramatique des formes d'un caractère généralisé. Méhul, Cherubini, et à leur exemple les compositeurs de ce temps, écrivirent des morceaux spécialement appropriés au genre d'ouvrages qu'ils avaient à traiter, sans leur emprunter les motifs principaux pour en faire une sorte de pot-pourri, une macédoine de thèmes juxtaposés, sans autre liaison qu'une marche harmonique ou des gammes modulantes. Les belles ouvertures de Rossini, depuis celle de Tancredi jusqu'à celle de Guillaume Tell, sont des préfaces véritables, tantôt gracieuses et sémillantes, tantôt grandioses et magnifiques. Boieldieu a introduit un des premiers, dans ses ouvertures, des réminiscences ou plutôt un avant -goût des motifs épars de ses opéras. Hérold et Auber ont siyvi cet exemple. Les thèmes étaient agréables ; on les entendait avec plaisir plusieurs fois dans la soirée ; bis repetila placent, et les formes de l'ancienne ouverture ont été délaissées, proscrites, oubliées. L'ouverture de Zampa se compose de cinq thèmes empruntés au chant.

On a comparé souvent Zampa 3im Pre' aux clercs, et on s'est demandé lequel de ces deux chefs-d'œuvre devait être préféré à l'autre. Notre avis est que l'un ne doit pas faire dédaigner l'autre. Il y a peut-être dans le Préaux clercs une couleur plus originale, un sentiment

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plus exquis de la grâce. Le lieu de la scène, l'atmosphère de la cour des Valois, la valeur littéraire de la pièce ont exercé leur influence sur la nature des inspirations d'Hérold. Mais au point de vue du style , de la manière d'écrire, de la fécondité des ressources musicales , de la clarté du discours mélodique , Zampa offre un ensemble de qualités supérieur. Les situations dramatiques y sont accusées par le musicien avec plus de fermeté que dans tous ses autres ouvrages, sans en excepter la fameuse scène du bateau, au dernier acte du Pi'é aux clercs. Au premier acte, l'oreille de l'aiWiteur ne chôme pas. Après le ■ chœur joli des jeunes filles : Bans ses présents, que de magnificence, Camille chante un air dont la première phrase est charmante : A ce bonheur suprême. La ballade, à laquelle le timbre des clarinettes donne un caractère légendaire et naïf; le trio, accompagné à'un sol passa si vif; le quatuor majestueux: Le voilà! que mon âme est émue! le meilleur morceau de l'ouvrage , avec le duo du troisième acte; et enfin le trio final : Au plaisir, à la folie, d'une grande variété d'effets, telle est la partie musicale du premier acte. Le second n'est pas moins riche. Tout le monde connaît le suave cantique pour trois voix de femmes : Aux pieds de la madone , ainsi que l'air : Il faut céder à mes lois, si bien approprié, par son accompagnement léger et spirituel, à l'usage des Don Juan français. Le duo de la reconnaissance : Juste ciel ! c'est ma femme! est plein d'entrain, d'intelligence scénique et de bon goiït. Hérold, livré à luimême et non surexcité par une situation dramatique imposée, était mélancolique. On saisit parfaitement ce côté de son caractère dans ce passage du duo : Hélas! 6 douleur! il me croit infidèle! comme aussi dans la barcarolle du troisième acte : Oïl vas-tu, pauvre gondolier? La ronde : Douce jouvencelle, bien encadrée dans le chœur, a été populaire. On est moins frappé du commencement du finale ; mais le compositeur se relève à la strette : Tout redouble mes alarmes, où le fa naturel sur le mi pédale commence une de ces phrases inspirées qui suffisent pour prouver le génie. Nous avons parlé plus haut des mélodieux morceaux qui ouvrent le troisième acte ; il ne nous reste plus qu'à rappeler le célèbre dno : Pourquoi trembler, entre Camille et Zampa. La puissance dramatique de ce morceau, et son expression passionnée ont fait croire à bien des personnes que l'opéra de Zampa aurait mieux convenu à la salle de la rue Lepelletier qu'à l'Opéra-Comique.

C'est une grave erreur. Héro'.d était un grand musicien, nn compositeur doué de génie, d'invention, d'une rare sensibilité ; mais il suffit de jeter les yeux sur ses partitions pour reconnaître que tous ses motifs si abondants, si serrés, convenaient au cadre pour lequel ses compositions ont été faites ; qu'ils seraient amoindris et insuffisants sur une vaste scène ; que son harmonie , piquante et variée, perdrait la grâce de ses détails si elle était noyée dans une plus forte sonorité. Les rôles ont été créés par ChoUet, M""» Casimir, Mme Boulanger, Féréol et Moreau-Sainti.

Celui de Zampa a été tenu depuis avec succès par Masset, et assez médiocrement par Montaubry. Mme Rossi-Caccia a été la meilleure chanteuse qui ait interprété le rôle do Camille; dans celui de Dandolo, Sainte-Foy est resté inimitable. M. Yauthrot apublij une bonne réduction de cet ouvrage pour piano solo.

ZANAÏDA , opéra , musique de Chrétien Bach, représenté à Londres en 1763.

ZANETTA, opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et de Saint-Georges, musique de M. Auber , représenté à l'Opéra-Comiquo le 18 mai 1840. Le sous-titre : Il ne faut pas jouer avec le feu, a été supprimé après quelques représentations. Le livret est médiocre ; au lieu de concentrer l'intérêt sur deux personnages , les auteurs ont multiplié outre mesure les intrigues. Une princesse sicilienne , de sang royal , aime Rodolphe de Montemar. Pour déjouer les soupçons, celui-ci feint de courtiser Zanetta, fille du concierge du palais ; mais il oublie auprès de celle-ci la princesse de Tarente, qui épouse l'empereur. L'ouverture est fort jolie. Nous signalerons dans le premier acte la Sicilienne, le trio : Oui, si vous daignes m'approuver, la cavatine de soprano : Pendant toute la nuit, et au troisième acte, l'air: Adieu mes fleurs cfiéries. Mmes Damoreau et Rossi se faisaient applaudir dans leur duo du second acte : Contre l'hymen qu'ordonne. Couderc et Mocker complétaient l'interprétation de cet agréable ouvrage. .

ZARA, opéra anglais, musique de Ame, représenté sur le théâtre de Drury-Lane, à

ZAUBBR TROMMEL (die) [le Tambour magique], opéra-comique allemand, musique de W. Mûller, représenté à Vienne en 1795.

ZAUBERDIADEM (das) [le Diadème en-

ZELI

ZELM

chante], opéra allemand, musique de Hebenstreit, représenté sur le théâtre Léopoldstadt, à Vienne, en 1836.

ZAUBERER (der) [le Magicien], mélodrame allemand, musique de Dorn (Henri- Louis-Edmond) , représenté au théâtre de Kœnigstaedt -vers 1834.

ZAUBERFLÔTE (die) [la Flûte enchantée], opéra allemand en deux actes, musique de Mozart, représenté à Vienne en 1791. (Voyez la Flûte enchantée. )

ZAUBERPFEIL (dek) [la Flèche enchantée], opéra allemand, musique de Lickl , représenté au théâtre Schikaneder , à Vienne , en

ZAUBERRUTHE (die) [la Baguette enchantée], opéra allemand, musique de Boehmer (Charles), représenté à Berlin vers 1824.

ZADBERSCHLEIER (der) [le Voile enchanté], drame féerique allemand, musique de Titl, représenté au Burgtheater, à Vienne, en 1S50.

ZAUBERSCHMINKE (die) [le Fard enchanté], opéra allemand, musique de Kanne, représenté à Vienne en 1833.

ZAUBERSEE (der) [le Lac enchanté], opéra allemand, musique de Remde, représenté à Vienne vers 1825.

ZEHN GLÙCKLICHER TAGE (die) [Dix jours heureux], opéra romantique allemand en quatre actes, musique de Schindelmeisser, représenté à Vienne vers 1840.

ZÉLIA , opéra - comique , musique de Deshayes, représenté au théâtre de Beaujolais en 1791.

ZÉLIA (la suite de), opéra-comique, musique de Deshayes, représenté au théâtre de Beaujolais en 1792.

ZÉLIDE , opéra allemand , musique de Strauss, représenté à Carlsruhe vers 1837.

ZÉLIE ET LINDOR, opéra-comique en un acte, paroles de Pelletier, musique de Rigade, représenté à la Comédie-Italienne le 12 novembre 1763.

ZÉLIE ET TERVILLE ou CHIMÈRE ET RÉALITÉ , opéra-comique en un acte, en vers, paroles d'Aignan, musique de Blangini, représenté à Feydeau le 7 janvier 1803.

ZÉLIME ET MÉLIDE OU LES FAUSSES

INFIDÉLITÉS, opéra-comique en deux actes, paroles de Fenouillot de Falbaire, musique

de Philidor (François-André-Damcan) , représenté devant la cour et à la Comédie-Italienne en 1773.

ZÉLIME ET ZORAÏDB OU ZELIMO E ZO- RAIDE, OSSIA IL CALIFO RICONOSCIUTO,

opéra-bouffe, musique de Bordèse, représenté à Turin en 1834.

ZELINDA, opéra-séria, musique de Millico, représenté à Naples en 1787.

ZELINDA E LINDORO, Opéra italien, musique de Puccita , représenté à Milan vers

ZELINDA E RODRIGO , opéra semi-séria en deux actes, musique de Dominique Tritto, représenté à Naples vers 1812.

ZÉLINDOR, ROI DES SYLPHES , Opéraballet en un acte, précédé d'un prologue, paroles de Moncrif, musique de Rebel et Francœur, représenté devant le roi, à Versailles, le mercredi 17 mars 1745, et sur le théâtre de l'Académie royale de musique le 10 août suivant. Jélyotte chanta le rôle de Zélindor , et Mlle Chevalier celui de Zirphée. On donna assez souvent cet ouvrage jusqu'en 1752.

ZÉLISCA, comédie-ballet en prose et en trois actes, mêlée de divertissements , paroles de Sauvé de la Noue, musique de Jélyotte, représentée à Versailles pour les fêtes du mariage du dauphin le 3 et le 10 mars 1746. Cet ouvrage ne fut point représenté à Paris. Doué d'une voix admirable pouvant atteindre sans effort aux notes les plus élevées de la haute-contre , Jélyotte passa, en 1733, de la cathédrale de Toulouse sur la première scène lyrique, qu'il occupa pendant vingt ans. Il était bon musicien, d'un caractère aimable, très-recherché dans les salons, où il chantait en s'accompagnant sur la guitare des romances de sa composition. L'engouement qu'on avait pour le chanteur rejaillit même sur le compositeur, au point de faire préférer son ballet de Zélisca à la Princesse de Navarre de Voltaire et Rameau.

ZELMA, opéra de demi-caractère, musique de Genoves, représenté à Bologne en 1835.

ZELMAR ou L'ASILE, Opéra en un acte, musique de Grétry, non représenté.

ZELMIRA , opéra-séria italien en deux actes, livret de Tottola, musique deRossini, représenté sur le théâtre San-Carlo , à Naples, pendant le carnaval de 1822. Le livret est une imitation de la tragédie de Zelmire

ZEMI

ZEMI

de Du Belloy, Cet opéra a été représenté au Théâtre-Italien de Paris le 14 mars 1826. On y remarque les nouveaux effets d'instrumentation et d'expression dramatique qui caractérisent la seconde manière de Rossini, et la transition des opéras conçus d'après l'ancien goût italien, tels que : Cenerentola et la Gazza ladra aux maguifiques^développements de Séniraniis. Les morceaux principaux de la partition de Zelmira sont : la cavatine de Polidoro .• Ah! già trascorse il di; le trio : Soave conforlo ; le duo : Ah chè quei tronchi accenti ; le quintette : La sorpresa, lo stupore, et le duetto : Perché mi guardi.

ZELMIBA IN CRETA , opéra italien, musique de Galleazzi, représenté à Venise en

ZÉLOÏDE ou LES FLEURS ENCHANTÉES, opéra en deux actes, paroles d'Etienne, musique de Lebrun, représenté à l'Académie royale de musique le 19 janvier 1818. Il n'obtint pas la vogue si peu méritée du Rossignol, du même compositeur.

ZÉMIDE, acte de ballet, par le chevalier de Laurès, musique d'Iso, représenté à l'Opéra dans les fragments héroïques le 20 juillet

ZEMIRA E GONDARTE | opéra italien, musique de Perotti (Jean-Dominique) , représenté à Alexandrie de la Paille en 1788.

ZEMIR.\ ED AZOR, opéra italien en deux actes, musique de Garcia (Manuel-del-Popolo- Yicente), représenté à Mexico vers 1827.

ZÉMIRE ET AZOR, comédie - féerie en quatre actes, en vers, paroles de Marmontel, musique de Grétry, représentée à F'ontainebleau le 9 novembre 1771, et à Paris, aux Italiens, le 16 décembre de la même année. Le sujet de cet ouvrage est le conte si connu de la Belle et la Bêle, mais enrichi d'épisodes très-favorables à la musique. Grétry y mit toutes ses complaisances, se mira et s'admira dans son œuvre. Il prétendit même que la manière musicale dont il faisait bâiller Ali dans le duo : Le temps est beau, provoquait dans la salle un bâillement irrésistible. Il en fit l'essai, dit-il, sur sa propre famille dont tous les membres bâillèrent à qui mieux mieux. Mais on fait mieux que de bâiller en entendant Zémire et Azor; on éprouve d'un bout à l'autre de la représentation, un plaisir très-vif, soutenu et varié. C'est une des trois meilleures partitions de Grétry. Le public l'accueillit avec enthousiasme, demanda les auteurs. Le compositeur fut amené sur le

théâtre ; Marmontel s'esquiva. Chaque morceau offre une mélodie bien caractérisée ; dans l'air d'Ali : L'orage va cesser, elle est calquée sur les paroles d'une façon toute naturelle. Il faut admirer la fermeté de mouvement de l'allégro chanté par Sander : Le malheur me rend intrépide ; \c délicieux trio du second acte : Veillons, mes sœurs ; la romance de Zémire : Rose chérie; l'air bouffe d'.\li : Plus de voyage qui me tente; l'air d'Azor d'une sensibilité si exquise : Du moment qu'on aime, on devient si doux, et enfin le trio du troisième acte : Ah! laissez-moi la pleurer, qui est la scène la plus émouvante de l'opéra. Derrière le tableau magique qui représente le père et ses deux filles gémissant sur la perte de Zémire, Grétry avait eu l'idée d'accompagner les voix par les cors, les clarinettes et les tassons, pendant le silence du reste de l'orchestre, ce qui produisit beaucoup d'effet; Diderot bat des mains et Grimm transporté s'écrie : « Dieu a accordé à la France le charmant Grétry. » On voit par ce détail combien on appréciait alors ces combinaisons si simples de sonorité auxquelles on ne fait plus attention de nos jours, parce qu'elles sont devenues fréquentes, compliquées, banales en un mot. On a même cru nécessaire de faire remanier la partition de Zémire et Azor par Adolphe Adam, pour remplir d'un bruit suffisant les oreilles des habitués de l'Opéra-Comique. Le rôle d'Azor fut chanté au début par Clairval, ensuite par Elleviou, puis par Ponchard et enfin par Jourdan. Cet opéra, réduit en deux actes par Scribe , et repris à l'Opéra-Comique le 21 février 1832, a été rétabli en quatre actes à la reprise du 29 juin 1846.

ZÉMIRE ET AZOR, opéra allemand, musique de Baumgarten , représenté à Breslau en 1775.

ZÉMIRE ET AZOR, Opéra allemand, musique de Neefe, représenté à Vienne vers.

ZÉMIRE ET AZOR, Opéra italien, musique de Tozzi, représenté à Barcelone en

ZÉMIRE ET AZOR, opéra allemand, musique de Seyfried, représenté à Vienne en

ZÉMIRE ET AZOR, opéra allemand, musique de Spohr, représenté pour la première fois à Francfort en 1819, miis à Leipzig, à Vienne, à Munich, à Cassel, à Amsterdam, etc., avec un grand succès.

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