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DIVA

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DIEM LA ZINGARA, opéra italien, musique d'Eiiùlio Bozzano, représenté avec succès le 20 juin, au tliéàtre Doria de Gênes en 1872.

DiFFA (la), opéra-bouffe en trois actes, nuisiiiue d'Albert Grand, représenté à Oran le 24 février 1872. Le sujet est algérien ; cet ouvrage a obtenu un succès local.

DIMANCHE ET LUNDI, opéra-comique en un acte, livret de M. Henri Gillet, musique do JI. Deslandres, représenté au théâtre de l'Athénée le 21 octobre 1872. Le livret est une paysannerie agréable. Elle est un peu invraisemblable, puisqu'on fait accroire à une villageoise qu'elle a dormi quarante-huit heures. La musique est gracieuse, spirituelle et bien appropriée aux situations de la pièce. Il serait à souhaiter que les opéras-comiques en un acte et les opérettes restassent dans la mesure que les auteurs ont observée dans ce petit ouvrage qui n'est pas un chef-d'œuvre assurément, mais qu'on entend avec plaisir. Le public a fait répéter une chanson à Loire, et a fait bon accueil aux autres morceaux de la partition,

DIVA (la), opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Jacques Offenbach, représenté au théâtre des Bouffes-Parisiens le 22 mars 1869. Les auteurs ont dédié leur ouvrage à Hortense Schneider, laquelle, dit-on, a inspiré la pièce. Chacun choisit son Egérie suivant son goût. Cette Diva est une des quinze demoiselles qui font l'ornement d'un des magasins de Paris. Elle s'appelle d'abord Jeanne Bernard, et est sur le point de se marier ; son prétendu ne se présentant point pour la conduire à la mairie, elle se décide à aborder la carrière du théâtre ; elle devient une actrice célèbre, et voit défiler à ses pieds ducs, marquis et financiers. Tout se termine comme d'usage, par un souper et une bacchanale dans laquelle on danse :

Le pas sans rival Le pas sans pareil.

Le joli pas du lézard au soleil.

La musique est bien appropriée à un tel livret ; c'est une suite de petites phrases ha-

( chées menu, dépourvues de toute originalité.

' Lorsqu'un motif se présente sous la plume du compositeur, il le répète à satiété ; et ce motif n'en est un que sous le rapport du rhythme ; ce n'est de la musique que dans le sens le plus abaissé du mot. Eu me plaçant

à ce point de vue restreint, je signalerai le duo : Je suis l'ami de Raphaël, le duo des aides de camp du duc de Gérolstein : Nous auoiis vu l'Observatoire, la valse chantée par la Diva, le chœur des huit jeunes filles travesties en clairons. Il y a dans cette partition un fort joli duetto : Tu la connais, ma douce maîtresse, la blonde Lischen; c'est une tyrolienne populaire en Alsace, dont la mélodie poétique a été déshonorée par le contact.impur de la muse grossière qui s'éternise sur nos théâtres depuis vingt ans. Les principaux interprètes de la Dioa ont été : Désiré, Hamburger, Bonnet, M^es Schneider, Thierret, Bonelli.

DJAMILEH, opéra-comique en un acte, paroles de M. Louis Gallet, musique de M. Georges Bizet, représenté à l'Opéra-Comique le 22 mai H872. La donnée du livret, tirée d'un poëme d'.^lfred de Musset, Namouna, n'était pas favorable à la musique. C'est la deslinée de tous les livrets empruntés à ce poëie, le moins naturel de tous les poètes, malgré le matérialisme qui fait le fond de ses affabulations. L'art dramatique en général, la musique dramatique surtout ne peuvent se passer des sentiments de la nature humaine, et, quelque dissimulés et déguisés qu'ils soient par une mauvaise prose ou de mauvais vers, ils suffisent souvent à inspirer le musicien et, dans tous les cas, ils donnent un certain intérêt à la pièce.

MM. Louis Gallet et Bizet auront été sans doute amenés, par l'accueil fait à leur œuvre collective, à réfléchir sur ses défauts et à modifier leur itinéraire. Que peut avoir d'intéressant ce jeune Égyptien, Haroun, qui change de maîtresse, c'est-à-dire d'esclave, chaque mois, qui est sceptique, énervé, en un mot qui possède les qualités morales et physiques de ce qu'on appelle sur le boulevard « un petit crevé? » Djamileh, sa dernière esclave, le juge plus favorablement et, au moment de recevoir son congé, elle conçoit pour lui une passion que je peux à juste titre qualifier d'insensée. Haroun ne la renvoie pas moins. La jeune personne tient bon et obtient du marchand d'esclaves que, sous un déguisement, elle sera de nouveau présentée à son maître. Touché d'une ardeur si obstinée, Haroun se décide enfin à aimer cette créature ; il le dit du moins et le rideau tombe. A cette occasion, on a cru faire une chose agréable au public en lui offrant sur la scène une reproduction du tableau de M. Giraud Vn marchand d'es'

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claves; comme si les véritables dilettanti et les gens de goût se souciaient de voir cette gracieuse, spirituelle et poétique scène de rOpéra-Comique transformée en un marché de chair humaine ! Au sujet de ce livret, je ferai ol)server que la musique prête son langage à l'amour, à la passion, à la tendresse, comme aussi à la coquetterie, à la galanterie qui sont des formes de la grâce ; qu'on la fait servir aussi trop souvent dans le genre bouffe à des idées grivoises et à la gaudriole ; mais j'ajouterai qu'elle résiste à exprimer la volupté charnelle et les impressions grossières de l'amour phj'sique, parce que ces choses sont hors de son domaine ; parce que là il n'y a ni sentiments, ni idées, ni esprit, ni cœur. Quels sont les cavatines, les duos, que l'Orient nous à envoyés? Quelles sont les mélodies passionnées ou touchantes qui nous sont venues du pays des harems et de la polygamie? C'est à nous autres. Occidentaux, qu'il revient encore de mettre en musique les amours de ces genslà, en leur supposant notre manière de sentir, nos idées, les caprices de notre imagination, toutes choses qui leur sont étrangères. La musique que M. Georges Bizet a écrite sur ce livret est si extraordinaire, si bizarre, en un mot si désagréable, qu'on dirait qu'elle est le résultat d'une gageure. Egaré sur les traces de M. Richard Wagner, il a dépassé son modèle en bizarrerie et en étrangeté. Que la mélodie soit absente, passe encore ; c'est la faute de la muse qui souffle où elle veut : Spiral ubi vult. Mais que la succession des sons et des accords, que les procédés harmoniques de l'accompagnement n'appartiennent la plupart du temps à aucun système de composition connu et classé, c'est là une erreur du jugement fort regrettable chez un musicien habile comme l'est M. Georges Bizet. La forme rhythmique de l'ouverture est des plus connues et des plus modernes; mais la concordance des sons est si singulière, que la musique entendue au temps de Ramsès et de Sésostris ne paraîtrait pas plus extraordinaire à des oreilles modernes. Dans le cours de l'ouvrage, à peine peut-on citer une phrase d'un duo d'hommes : Que l'esclave soit brune ou blonde; une autre phrase du trio : Je voyais au loin la mer s'étendre; le chœur : Quelle est cette belle? et quelques lueurs de mélodie et d'expression dans le duo final. Le reste m'a paru hérissé de dissonances et de cacophonies harmoniques, en comparaison desquelles les hardiesses de Berlioz n'étaient que jeux d'enfant.

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Distribution : Djamiloh, Mme Prelly; Haroun, Duchesne; Splendiano, Potel; un marchand d'esclaves, Julien.

DOCTEUR CRISPIN (le) [Crispino e la Comare, voyez le Dictionnaire lyrique, page 181], opéra-bouffe en quatre actes, paroles de MM. Nuitter et Beaumont, d'après le livret de Piave, musique des frères Ricci, représenté au théâtre de l'Athénée le 18 septembre 1869. Cette traduction a été habilement faite, et a contribué à faire connaître la partition italienne à un public qui ne fréquente pas la salle Ventadour. L'exécution en a été convenable. M'ie Marimon a parfaitement chanté le rôle d'Annette ; le trio des basses a obtenu son succès ordinaire,

DOCTEUR ROSE (le), opéra-bouffe en trois actes et quatre tableaux, paioles d'Emile de Najac, musique de Ricci, représenté au théâtre des Boutfes-Parisiens le 10 février 1872. La pièce offre bien peu d'intérêt à cause surtout de son invraisem- .blance. Le docteur Rose a la spécialité des résurrections. Il tue les malades, mais il les ressuscite. Un ténor de théâtre, nommé Zeroli, est le bourreau des cœui'S sensibles, à Venise. Il délaisse sa camarade, la Gardinella, pour courir de belle en belle. Il s'introduit même dans le palais du doge, qui le surprend et le condamne à être pendu. Zeroli se prépare à devancer l'exécution de la sentence; mais, au moment où il va se passer la corde au cou, la jolie pupille du docteur Rose s'attendrit sur son sort, au point de le cacher dans sa gondole et de le faire passer pour mort. Le docteur Rose, chez qui Zeroli a été transporté, s'imagine qu'il le rend à la vie. Mais le séducteur de la dogaresse n'a garde de se montrer, et le docteur est contraint de l'héberger, quoiqu'il fasse la cour à sa pupille. Par bonheur, il découvre en lui un fils qu'il a eu dans sa jeunesse et consent à son mariage. La musique est agréable et aurait obtenu du succès si la pièce eût été mieux faite. Elle est bien inférieure à celle de Crispino e la Comare, à celle à.' Une folie à Rome; mais les mélodies sont gaies, facilement écrites, et l'entente de la scène s'unit à une verve incontestable. Je citerai, dans le premier acte, le finale : Il est niorl ; dans le second, le trio, et, dans le troisième, qui est de beaucoup le meilleur, une charmante romance et un bon trio bouffe. Le rôle du ténor Zeroli a été écrit pour une voix de soprano, ce qui est

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