PRÉFACE
Ce livre n'esi pas un dictionnaire scientifique complet; le nombre des mots qu'il renferme est relativement restreint. En l'écrivant, l'auteur s'est proposé de fournir, sur les différentes branches des applications des sciences, les renseignements rapides dont on a constamment besoin.
Depuis le commencement du xix« siècl'.', la science a tout envahi, refoulant chaque jour davantage la routine et lempirisme. L'agriculteur est devenu chimiste et mécanicien: il analyse ses terres, ses récoltes, et fabrique des engrais artificiels dont il fait varier la composition suivant la nature du sol et celle de la plante; il sème, arrose, moissonne, bat et parfois même laboure à la mécanique; il modifie presque à son gré, par une sélection patiente, la forme, la structure interne, la musculature, la peau, les conditions d'accroissement de ses animaux domestiques, pour en tirer à volonté du travail, de la viande, de la laine. Le médecin possède des instruments qui lui permettent de voir, d'entendre ce qui se passe dans le corps de ses malades; les anciens remèdes, délaissés, sont remplacés par des extraits rigoureusement dosés, dont les effets peuvent être prévus presque mathématiquement. La recherche des causes premières permet déjà, dans un grand nombre de cas, de combattre le mal dans son origine, et non plus seulement dans ses manifestations: et il en résultera, dans un avenir plus ou moins lointain, la disparition de plus d'une maladie. Il serait aisé de démontrer que des modifications de môme importance se sont produites dans foutes les branches de l'activité humaine.
Les sciences sont donc aujourd'hui partout, el il n'est plus possible à personne d'en ignorer complètement les premiers principes. La machine d vapeur, le télégraphe, le téléphone, la photographie, la lumière électrique... sont entrés si bien dans notre vie de tous les jours, que nous en devons connaître le fonctionnement. Pouvons-nous davantage ignorer le mode d'action des microbes, qui nous dévorent, des remèdes nouseaux, morphine, antipyrine, cocaïne,... dont nous usons tous les jours, quand nous n'en abusons pas'
Un Dictionnaire seul, à cause de la facilité des recherches qu'il permet, est susceptible de fournir des renseignements rapides sur des sujets si divers. Les dictionnaires scientifiques déjà e.vistants sont nombreux, et plusieurs sont excellents. Mais tous, dictionnaires spéciaux ou dictionnaire» généraux, sont des ouvrages considérables; ils consacrent à chaque sujet des développements étendus, dont la cture exige par suite une véritable étude. Nous avons pensé qu'il avait lieu de faire, non pas mieux, mais autre chose.
Le modeste ouvrage que nous présentons aujourd'hui au public a
rtainement un mérite : il est court. Nous avons fait fous nos efforts
lur qu'il en ait un autre : être clair. Chacun des sujet.s qui s'y
ouve traité forme un tout, de telle manière que la lecture du mot
irrespondant satisfasse immédiatement la curiosité du lecteur, sans
1 obliger à de nouvelles recherches. Les mots techniques peu connus
sont soigneusement évités ; on a tâché d'employer toujouis le langage
'^ourant.
Partout, comme on peut en i"ger à première vue, des vignettes
facilitent singulièrement la compréhenskn du texte. La plupart des plantes utiles ou nuisibles de nos paygl et beaucoup de celles des
Eays étrangers, sont représ enlées; il en est de même des animaux, es détails de l'organisation du corps humain sont l'objet d'un grand nombre de gravures; on n'a pas oublié non plus de montrer les appareils industriels, les inslnanents agricoles, les armes, dont le mécanisme est étudié en détail. Chaque fois que la nécessité s'en fait sentir, des figures d'ensemble, composées avec le plus grand soin^ indiquent, indépendamment du te.xte, les dispositions relatives et les noms des diverses parties d'un tout. A ces figures d'ensemble se joignent des figures groupées, non moins précieuses; d'un seul coup d'œil nous pouvons comparer les différentes races de chevaux, de bœufs,... sauvages ou domestiques, les différents genres de singes, les différentes familles d'oiseaux, les différents embranchements d'animaux... une planche nous montre l'architecture des oiseaux (nids), une autre résume la vie des abeilles.
La matière scientifique est trop vaste pour qu'il ait été possible de la faire entrer tout entière dans un cadre aussi étroit : il a fallu faire un choix. Mais on s'est efforcé de ne rien omettre de ce qui peut présenter quelque intérêt général.
Dans lés Sciences physiques, nous avons examiné successivement les principes fondamentaux et les applications de ces principes à Vhygiéne, aux nombreuses branches de Vindustrie, à la météorologie, à l'art de la guerre et à celui des communications lointaines, etc.
Dans les Sciences naturelles nous avons donné la description rapide, et surtout la représentation par le dessin, des animaux, des plantes et des minéraux considérés dans leur aspect général et dans le détail de leurs organes essentiels. Les produits utiles que nous en retirons ont été énumérés avec soin : animaux domestiques, végétaux alimentaires, médicinaux ou industriels, ont été passés en revue. Des sciences naturelles, nous pouvons rapprocher la wiedecùîe, qui n'a pas été ctubliée
Les Sciences mathématiques ont été nécessairement sacrifiées; ce n'est pas dans un dictionnaire qu'on peut apprendre l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, la trigonométrie... Mais, parmi les sciences mathématiques appliquées, il en est qui sont moins arides; nous n'avons eu garde d'oublier l'étude des astres, de leur constitution, de leurs mouvements relatifs, non plus que celle des machines les plus simples, telles que leviers, balances, engrenages...
Mais nous ne pouvons tout citer.
Est-il besoin d'ajouter que notre petite encyclopédie scientifique peut être mise entre les mains de tous? Elle ne renferme ni un mot, ni un dessin, dont puisse s'alarmer la susceptibilité la plus délicate.
Quelque soin que l'on ait mis à la rédaction de ce petit livre, et au choix des matières qu'il renferme, il s'y trouve certainement des omissions et peut-être des erreurs. L'auteur sera reconnaissant aux lecteurs qui voudront bien les lui signaler.
E. BOUANT.
NoT.\. — l^es mots marques d'un astérisque ('), dans le cours de cet ouvrage, sont l'objet d'une étude spéciale d leur ordre alphabétique.
abatage. — Ce mot désigne les divers procédés employés pour tuer les animaux destinés à l'alimentation.
— Bœuf : On attache l'animal, la tète jirès du sol, et on l'assomme d'un grand coup de Merlin appliqué entre les deux cornes (fig.); l'animal tombe étourdi, on l'achève, si c'est nécessaire, par un second ou un troisième coup. On saigne aussitôt en fendant la peau à l'encolure et en enfonçant dans la poitrine un couteau cjui
à la nu(jue un violent coup de la main droite. — Oies, canards : On tranche le ,
kjcugc du bcEui. — lu couf de rr.erliii csl appliqué entre les deux cornes.
ouvre les grosses artères ; on coupe les jambes, on enlève la peau et on vide la bête. Le tout dure 25 minutes. — Veau, mouton : La bête, étendue vivante sur une table , est saignée par une large entaille faite au cou I /(■</.). — Porc : On saigne en enfon- •:uit dans le cou une lame étroite ; ri enlève les meilleures soies pour en cire des pinceaux; on flambe avec un ii'u de paille, puis on racle la peau l'our achever de la nettoyer. — Lapin : On suspend la bête par les pattes de derrière et on applique obliquement
Abatage du mouton. — Une large entaille est faite au cou.
cou avec un couperet, — Poules, dindons : On ouvre avec un couteau les
Abatage du cheval en vue d'une opératiun chirurgicale. — Ou lire sur la corde, et le cheval, entravé, s'abat.
jros vaisseaux du cou, derrière la tète. Le mot abatage désigne aussi l'eu-