‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 261 sur 420 · MAM · texte numérisé non relu

MAM

à Rome. Elle avait un temple dans le quartier des Esquilies.

mal achbélus. Nom sous lequel les Talmyréniens adoraient la Lune. Ce mot parait être une altération latine d'un nom syriaque.

malvaché. Lemnienne, dont l'Argonaute Euphéraus eut un fils nommé Leucophanès.

maladies. Les anciens les divinisaient.

Virgile les place dans le vestibule des enfers.

malawgha. Anges qui président aux étoiles, aux mouvements des cieux, et aux actions des hommes , suivant la croyance des insulaires de Madagascar.

maléandre. Roi de Byblos. Ce fut chez lui qu'Isis retrouva le coffre contenant le corps de son époux.

maléatès. Apollon adoré sur le cap Malée, et à Cynorte près d'Épidaure.

maléos. Inventeur de la trompette, fils d'Hercule et d'Omphale.

maliades. r. Nymphes protectrices des troupeaux ou des arbres fruitiers. On les nomme aussi Mélidcs ou Epimélides. — 2. Nymphes adorées par les Maliens sur les bords du Sperchius.

malijEOs. Surnom de Jupiter adoré sur le cap Malée.

malixa. Nom du soleil chez les Groénlandais : ils considèrent cet astre comme une divinité femelle, qui a pour frère Anningardieu de la lune. Malina se réjouit de la mort des hommes, et Anninga de celle des femmes.

malevak. Méchante fée que les Groënlandais considèrent comme l'ennemie du bon principe. C'est peut-être la inème que Malina.

malis. Suivante d'Omphale, mère de Cléolas, qu'elle eut d'Hercule.

malois. Surnom d'Apollon à Mitylène, où Mélos , fils de Manto , lui éleva un temple.

MALOS. Fils d'Araphictyon ou d'Amyros; donna son nom à la ville de Maliée.

mamacotcha. Eau mère. Déesse de l'Océan au Pérou.

mama-kombo. Mannequin colossal, fait d'écorces et grotesquement peint, dont les marabouts se servent, dans l'île de Gorée, pour découvrir et punir les nègres qui ont commis quelque faute. Cet épouvantail qu'ils font apparaître sur la grande place du village vêtu d'une longue robe à manches et d'un bonnet pointu, inspire une terreur telle que nul n'oserait réclamer contre ses jugements.

mamakoux. Fétiches adorés par les habitants des Moluques. Ce sont des bracelets de verre qu'on trempe dans le sang d'une poule, pour en tirer des pronostics heureux et déravorables.

mamaniva. Idole monstrueuse des Balians. Les adorateurs du Mamaniva se font au ront, avec du vermillon, une marque qu'ils regardent comme un talisman puissant.

mAmercus. Fils de Mars et de Sylvia.

m a mers. Nom de Mars chez les Osques.

Mamers comptait, chez les Romains, parmi les Lares champêtres. Sa femme se nommait Nérié ou Nérine. — C'est de lui que vient le nom de Mamertins. et voici à quelle occasion : les Samnites, dans une épidémie, avaient voué aux dieux un printemps sacré; en sorte que tout ce qui naquit au printemps fut immolé. On ne réserva que les enfants, qui durent s'exiler du pays à leur vingtième année, et se retirèrent en Sicile, où ils s'emparèrent de Messine ; 'mettant ensuite dans une urne les noms des douze grands dieux, ils tirèrent au sort, et se nommèrent Mamertins, de Mamers, le premier nom qui sortit de l'urne.

mamerta. Surnom de Minerve dans Lycophron.

mamertos. Surnom de Mars dans Lycophron.

mammon. Célèbre dieu des richesses, adoré en Syrie.

mamurius veturius. Habile artiste romain auquel Nuraa fit exécuter, dit-on , les onze anciles calqués sur le modèle de celui qui était tombé du ciel. Varron pense que Mamurius n'est autre que la mémoire personnifiée. Son ouvrage fini, l'habile ouvrier demanda , pour toute récompense , que son nom fût mentionné dans les Hymnes des Saliens.

MANA. Voy. Genita Mana et Mania.

m an ah. Idole des anciens Arabes.

matvan-mag-lir. L'homme de l'Océan.

Dieu de l'île de Man, l'une des principales divinités des Tuatha-Dadan. On l'appelait aussi Oirbhursion.

maîvarouamis. Dieu hindou qui préside à Fannée, aux saisons, aux mois, et dont les temples sont aux champs. Les Kchatrias seuls lui rendent un culte, ce qui a fait penser qu'il n'était autre que Kartikéia , le dieu de la guerre.

manco-capac. Fils du soleil , chargé par son père d'instruire et de former à la vie civilisée les grossiers habitants du Pérou, se rendit au milieu d'eux avec sa femme , en se guidant au moyen d'une verge d'or, présent du Soleil. Arrivés dans la vallée de Cusco, la terre s'abîma sous leurs pas , ce qu'ils remarquèrent comme une marque qu'ils ne devaient pas aller plus loin. Ils s'arrêtèrent donc en ce lieu, qui était la vallée de Cusco, et y enseignèrent aux sauvages le culte de l'astre qui éclaire la terre.

MANDOU. Voy. MendÈs.

mandoulis. Nom sous lequel le dieu égyptien Fré avait un temple à Kalabché en Nubie.

mandragoras. Surnom de Jupiter ( Flésychius ).

maxdr agoritis. Surnom de Vénus.

manducus. Dieu romain , sorte de Croque-mitaine dont on employait le nom pour faire peur aux enfants.

M a ne. La lune, dans la mythologie scan dinave , où le nom de cet astre est du genre masculin. Suivant les sagas, Roundilfax,

ayant eu deux enfante, un fils et une fille, donna au premier le nom de la lune, Marie, et à l'autre, celui du soleil, Sunna (féminin en Scandinave ). Les Ases, pour punir le père de son arrogance, s'emparèrent des enfants, et leur donnèrent à conduire les astres dont iis portaient les noms. Monté sur un char à denx chevaux, Mane parcourt toujours sa route accompagné de ses deux échansons , Bil et Hioute, qui le rafraîchissent quand sa course l'altère. A la fin du monde, le loupFenris l'engloutira.

manéros. Fils du premier roi des Égyptiens. Enlevé par une mort prématurée, il laissa son nom à une sorte de «oronach que les Égyptiens chantaient chaque année en son honneur.

maxes. Les âmes des morts. Primitivement ce mot signifiait les bons, et on l'employait à Rome comme Macar, heureux, chez les Grecs, pour éviter l'usage d'une expression plus triste et plus directe. Déplus, la croyance, générale chez les anciens, que les âmes des bons approchaient en quelque sorte d'une nature divine dans le monde souterrain où elles jouissaient d'une grande félicité, fit qu'on mit les Mânes au rang des dieux; chaque fils supposait que son père avait mérité l'apothéose ; de là l'immense fa mille des dii Mânes, au milieu de laquelle les hommes ne pouvaient être admis, qu'après avoir été soumis à la mort, et s'être régénérés dans le sein delà déesse Mania, soit qu'ils dussent habiter les enfers, soit qu'ils dussent retourner sur la terre comme Lares déifiés. On voit quel rapport il y a entre eux et les Lémures, Lares, Larves, etc. Du reste, on ne saurait préciser la différence qui existait entre ces diverses conceptions fantastiques dans l'esprit des anciens. Dans les poètes, Mânes ne paraît avoir d'autre sens que celui d'âme survivant à la destruction du corps, sans distinction de bonne ou de mauvaise direction. — On célébrait trois fêtes chaque année en l'honneur des Mânes, qui étaient censés, pendant leur célébration, sortir des enfers par une ouverture alors découverte, mais habituellement bouchée par la pierre manale ( lapis manaUs . On célébrait aussi en l'honneur des Mânes les Féralies , et nul ne se dispensait de leur rendre un culte. — Les tombeaux étaient sous leur protection, et chaque épitaphe portait en tête Dis Manibus. Les lieux destinés à la sépulture des morts, toujours dédiés aux dieux d'en bas, diis inferis , étaient appelés loca religiosa ; tandis que ceux dédiés aux dieux d'en haut , diis supei^is , étaient nommés loca sacra. Le cyprès était consacré aux dieux Mânes. Le bruit et le son de l'airain et du fer leur étaient insupportables, et les mettaient en fuite, ainsi que les ombres des enfers. Mais la vue du feu leur était agréable; aussi tous les peuples d'Italie renfermaient dans les tombeaux des lampes tétragones. awÈS. Roi de Lydie, fils de Jup.ter et de

la Terre, époux de Callirrhoé, dont il eutCotys.

mania. Divinité d'origine étrusque, tresredoutée par les anciens habitants de l'Italie. On. la regardait comme la mère des Mânes ou des Lares , ce qui ferait penser qu'au fond elle ne diffère pas de Genita Mana. Originairement on sacrifiait des enfants à Mania , depuis Tarquin le superbe, qui en avait reçu l'ordre de l'oracle ; mais Jimius Brutus substitua des têtes de pavots aux victimes humaines. Lors de la célébration des Concpitalies , on plaçait devant les portes des maisons les images de Mania, qui devaient préserver les familles de tout danger. — Plus tard le nom de cette déesse devint un épouvantail pour les enfants.

ma.vlï, Déesses qui avaient un temple à Mégapolis en Arcadie. On pense qu'elles ne différaient pas des Furies.

maxip a. Idoies à neuf têtes, adorée par les Tangutains.

manitou. Le grand Esprit ou l'Être suprême chez un grand nombre de peuplades de l'Amérique septentrionale.

maxms. Fils de ïuisto, un des héros fondateurs des races germaniques. Mannus ou Mann eut trois fils : lngévo, Herraio et Istévo.

MAïfOU. Il se dit de quatorze personnages héroïques ; chaque Manou est le chef d'un manwatara. Les Manous s'appellent aussi les Mahebadiens. Il en a déjà paru sept. Le septième s'appelle Vévaswata. On attribue au premier Manou , père du genre humain , le fameux code dit Manava-Dharmasastra.

maxrespaxd. Génie delà parole divine , l'un des vingt-huit Izeds.

maxsour. Hakem , dieu des Druses, dans sa sixième incarnation.

maxthara. Personnage du Ràmayana , esclave de la reine Kéikéi , épouse de Daçaratha.

maxticlus ( ma\ticlos ,. i Personnage qui fonda un temple en l'honneur d'Hercule, hors des murs de Messine. — 2. Surnom d'Hercule.

maxtixée ( maxtixecs). i. Lycaonide.

On le nomme aussi Mantinus. — 2. Héros éponyme de Mantinée, père d'Ocalic, femme d'Abas.

maxtios. Fils de Mélampe et père d'Oïclès.

NANTIS. Le devin. Surnom d'Apollon.

maxto. 1. Fille deTirésias; elle fut, comme son père, habile dans l'art prophétique ; elle portait dans l'origine le nom de Daphné. 11 existe sur son compte deux légendes très-différentes. — a. Elle était prêtresse d'Apollon Isménius à Thèbes , et rendait ses oracles sur une pierre dite siège de Manto , qu'on voyait encore du temps de Pau^anias. Après la prise de sa patrie par les Épigones, elle fut transportée à Delphes , ainsi que les autres captifs , et consacrée au culte d'Apollon delphien. De là la volonté -du dieu l'envoya, elle et ses compagnons, en Asie Mineure, où ils fondèrent

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le temple d'Apollon de Claros, près du lieu ou s'éleva ensuite la ville de Colophon. Un lac, formé des pleurs que versait Manto sur les malheurs de Thèbes, se voyait dans les environs. Malgré sa douleur, la prophétesse inspira de l'amour à un Crétois, nommé Rhacius, établi depuis quelque temps en cet endroit. Il l'épousa et en eut un fils, le fameux Mopsus. Suivant Euripide. Manto avait déjà été mère; Alcméon, le chef des Épigones, l'avait aimée, et deux enfants, Amphiloque et Tisiphone, étaient nés de cette liaison. — b. Après la mort de son père, Manto se réfugia en Italie, et y eut du Tibre un fils nommé Ocnus, qui bâtit Mantoue en l'honneur de sa mère. — 2. Fille du devin Polyidus et sœur d'Astycratée. On voyait son tombeau à Mégare devant le portique du temple de Bacchus. — 3. Fille d'Hercule et prophétesse; donna, diton, son nom à la ville de Mantoue.

manturna. Divinité romaine qui était invoquée afin que la nouvelle épouse pût se plaire dans la demeure conjugale.

MANTUS ou manus. Divinité du monde souterrain , adorée par les Étrusques. On la trouve souvent figurée sur les cercueils sous les traits d'un homme robuste, à l'air cruel, tenant un marteau ou un glai\e, ayant des ailes et des oreilles de satyre; il entraîne un mort représenté à cheval et couvert d'un voile.

manuana. Divinité étrusque qui paraît être la même que Mania.

31 an w AT ara. Révolution de temps au bout de laquelle le monde éprouve une destruction momentanée. Les quatorze manwataras forment un Kalpa, grande période de temps qui est un jour et une nuit de Brahma, et qui se termine par l'anéantissement de toute la'création.

manygachis. Le roi du ciel , chez les haoitants de Dembo.

maradjit. Surnom de Bouddha.

marakas. Fétiches brésiliens regardés comme les protecteurs des maisons. Ce sont les fruits du Tamaraka , places au bout de longues perches et exposes soit dans les lieux publics, soit dans l'intérieur des habitations.

maramba. Dieu congue ; il a dans ses attributions la chasse, la pèche, la guérison des malades et surtout les serments.

marathon. Héros eponyme du célèbre dème de Marathon. Il y a sur son compte deux traditions très-différentes. — a. Fils d'Épopée, qui le força de quitter ie Péloponèse , il se rendit en Attique , reparut dans sa patrie à la mort de son père , puis , après avoir partage le pays entre ses fils Sicyon et Corinthus, revint dans la contrée qu'il avait choisie comme lièu d'expatriation. — b. Originaire d'Arcadie , il prit part , avec Échédème , à l'expédition des Tyndarides , et se dévoua avant le combat, pour assurer la victoire à son parti.

mariana. Déesse des moissons, dans la mythologie slave.

m'ariandynos Fils de Phinée, de Titius

MAR 295 ou de Phrixus. Les Mariandyniens , peuples de Bithynie, tiraient de lui leur origine.

mariât al a. Femme de Paraçourama .

particulièrement adorée des Parias, qui voient en elle la plus puissante des divinités.

m a RICA. Nymphe adorée dans le Latium près de Minturnes, où une forêt lui était consacrée sur les bords du Liris. Faune la rendit mère de Latinus.

marine (marina). Surnom de Vénus.

m arini. Dieux marins, Neptune, Nérée, l'Océan , et une foule d'autres sous les ordres des trois premiers. On les représentait sous la figure de vieillards à cheveux blancs , par allusion à l'écume de la mer; quelques-uns finissaient en poisson.

m arinus. Jupiter considéré comme régnant sur les eaux de mer.

maris. Troyen, fils d'Amisodaros et frère d'Atymnios; fut tué par Thrasymède.

maristin. Dieu guerrier adoré au Japon.

On célèbre en son honneur des fêtes qui se terminent toujours d'une manière sanglante.

maritcha. Mauvais génie , fils de Sounda et de Taraka. Il fut tué par Rama.

mar. mari nos. Dieu du marbre. Surnom d'Apollon, qui avait un temple auprès des carrières de Caryste.

mar max. Prétendant d'Hippodamie, tue par OEnomaiis, qui fit enterrer avec lui ses deux cavales Ériphe et Parthénie.

marnas. Nom de Jupiter, ou d'un dieu suprême j adoré à Gaza en Syrie. Il y avait un temple magnifique et y était honoré par des jeux et des courses.

marox, en latin maro. r. Héros éponyme du vin de Maronée. Il était fils d'Évanthe, ou d'OEnopion, ou de Silène, ou de Bacchus luimême, et compagnon de ce dieu. Une autre tradition fait de Maron un prêtre d'Apollon à Maronée sur l lsmare ; lui-même avait un temple en ce lieu, et tout prouve qu'il n'est, comme Évanthe, qu'un dédoublement de Bacchus. Certaines légendes mettent aussi ce personnage en relation avec la ville de Marée en Egypte, ce qui n'étonnera pas, si l'on pense au fameux vin maréotique dont Cléopàtre faisait un tel abus. — 2. Spartiate , fils d'ûrsiphonte et frère d'Alphée , avait un héroum dans sa ville natale.

maroutonrels ( Les). Génies de la mythologie hindoue. Ils appartiennent à l'ordre des Dévarchis.

marpésie ( marpésia ). Reine des amazones ; elle vainquit les habitants du Caucase, el laissa son nom à cette montagne.

mar pesse (marpessa). Fille d'Événus et d'Alcippe, femme d'Idas.

mars (en grec ares, jiavors dans les poètes; et mamers chez les vieux Sabins). Dieu de la guerre , fils de Jupiter et de Junon (lliadcï. Cette déesse, suivant une tradition peu ancienne , calquée sur celle qui rapporte de même la naissance de Yuleain, l'enfanta sans le concours de son époux; il lui suffit de toucher une fleur des champs d'Olône pour donner le jour à Mars. — Dans Homère, ce

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dieu est la personnification du tumulte de la guerre, des mêlées confuses, du carnage; avide de sang et de meurtres, il ne favorise jamais un parti au préjudice de l'autre; mais, courant alternativement dans les rangs opposés, il excite les peuples rivaux à s'égorger, et couvre le champ de bataille de cadavres. Pendant que Jupiter hésite dans sa haute sagesse à prononcer sur la nécessité d'une guerre cruelle et s'aide des conseils de la sage Minerve, Mars attend impatiemment l'heure du combat; aussi est-il peu aimé du maître des dieux, et sa mère elle-même, malgré son caractère intraitable , n'a pour lui aucune affection. Incarnation de la rage brutale , Mars est inférieur à Minerve de tout ce que la sage raison peut donner d'ascendant à une âme noble sur un esprit grossier. Ainsi l'on voit Diomède, soutenu par cette déesse, blesser Mars de sa lance; plus tard, lorsqu'un combat général s'engage entre les divinités de i'Olympe, le même dieu a pour adversaire Minerve, qui le terrasse avec une pierre énorme ; il tombe , et son corps couvre sept arpents de terrain. — Ce caractère terrible donné à Mars par les premières traditions poétiques des Grecs se conserve encore dans les tragiques; il y prend même une teinte plus sombre. Dans l'OEdipe-roi, les Thébains, affligés d'une peste cruelle, regardent comme l'auteur de leurs maux le dieu destructeur qui se plaît dans la mort, et invoquent contre lui le secours de Minerve : « Noble fille de Jupiter, fais retourner sur ses pas ce cruel Mars, qui, sans bouclier, sans javelot, est venu nous combattre, et qui nous consume au milieu des gémissements et des cris; qu'il aille dans les flots inhospitaliers de la mer de Thrace. O Jupiter, écrase-le de ta foudre. .. Bacchus, viens, avec des flambeaux allumés, poursuivre et consumer ce dieu cruel que les autres dieux ne regardent qu'avec horreur. » — Dans l'Iliade, l'appareil du dieu est aussi effrayant que son aspect farouche et sa voix éclatante ; tenant sa forte lance dans la main droite, il s'avance sur «n char où Dimos et Phobos (la crainte et l'effroi), ses deux fils et ses compagnons dans les combats, ont attelé deux chevaux aux harnais d'or (Virgile le place sur un quadrige); Éris, la discorde, sa compagne et sa sœur, se tient à son côté. — Tout brutal qu'il est, Mars n'a pu résister à la beauté de Vénus, qui le maîtrise d'un signe; il est son ama nt favori, il lui rapporte les paroles de Jupiter et lui prête son char. Surpris un jour par Vulcain dans les bras de sa maîtresse, il y fut la risée des dieux. Voy. Vénus. C'est dans les sauvages montagnes de la Thrace qu'il a fixé son séjour; il ne quitte son palais sur l'Hémus (Stace) que pour venir prendre part au conseil des dieux ou se baigner dans le sang. - En joignant à ces mythes divers celui quiconcerne les Aloades, on aura l'ensemble des traditions homériques sur Mars, dont la biographie s'est enrichie, ainsi que celle des autres dieux, de

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mille légendes postérieures. Il- faut ainsi rapporter à un âge secondaire celles qui lui donnent pour précepteur Priape , ou pour nourrice Théro; le récit de son combat avec les géants (Claudien), de sa fuite devant Typhon et de sa métamorphose en poisson (Antoninus, Hérodote). Parmi ces traditions diverses, quelques-unes, sans être d'une haute antiquité ou purement grecques, ne sont pas sans importance. Dans Hésiode, on voit Mars, furieux de la mort de son fils Cycnus , tué par Hercule, attaquer celui-ci; Minerve s'interpose, couvre de l'égide le fils d'Alcmène, et Mars remonte blessé dans les cieux. Apollodore, qui a rhabillé cette légende , place le lieu du combat au bord du fleuve Échédore; mais, selon lui, c'est Jupiter qui arrêta les deux adversaires en faisant gronder la foudre. Jaloux d'Adonis, aimé de Vénus , Mars se changea en sanglier etletua. — Une tradition plus célèbre que tous ces traits épars de la vie du dieu est celle qui attribue la fondation de l'aréopage aux suites de son différend avec Halirrhotius: celui-ci ayant voulu faire violence à Alcippe, fille de Mars, le dieu le tua, et fut mis en jugement devant les douze grands dieux, qui s'assemblèrent sur une colline {aréopage, colline de Mars), sur la plainte de Neptune, père du mort. L'acquittement fut prononcé. D'autres prétendent que ce tribunal fut institué par Minerve, ou par Cécrops ou par Solon; et que le nom de colline de Mars venait de ce que les Amazones lui avaient sacrifié en ce lieu dans leur invasion en Attique. Suidas ne cherche pas d'autre sens au mot aréopage, que celui de tribunal du sang, parce qu'on y jugeait les cas de meurtres. — Mars eut de Vénus, Dimos, Phobos, Éros, Antéros et Harmonie; de Protogénie, Oxilus; de Démonice , Événus , Molus, Pylus, Thestius; d'Althée, Méléagre ; d'Astyoché , Ascalaphe et lalménus; de Cyrène, Diomède , roi des Bistoniens ; de Chrysé , Phlé. gyas; de Pyrènt;, Cycnus; de Pélopie, un fils de même nom que le précédent; d'Atalante, Parthénopaeus; d'Agraule, Alcippé; d'une nymphe bistonienne, Térée ; de Stérope, OEnomaiis ; de Callirrhoé , Biston ; de Séta , Bithys ; deTérina, Thrassa; de Parnasse, Sinope; de Tilphuse, le dragon que tua Cadmus ; de deux inconnues, Chalybs et Hypérius. — La mythologie grecque ne nous fournit guère plus de renseignements sur Mars, qui était aussi adoré en Thrace et en Scythie, où son symbole était un vieux sabre à demi rongé par la rouille. Dans ce dernier pays, on lui offrait des bœufs, des chevaux, et même des victimes humaines. En Colchide, la toison d'or pendait à un des chênes de la forêt qui lui était consacrée; ce fut de là que les Dioscures appor tèrent sa statue (Arès Théréitas) en Laconie: sur les côtes se trouvait une île, habitée, disaiton, par les oiseaux Stymphaiides , et qH'-l> tienne de Byzance nomme l'île de Mars, tandisque d'autres la désignent sous les nomsd'Arétiade, de Chalcéritide et d'Arie; elle lui

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était particulièrement consacrée. En Grèce, it était honoré dans un nombre infini de lieux. A Athènes, il avait un temple où l'on voyait sa statue avec celles de Vénus, d'Ényo et de Minerve; Olympie le vénérait sous le nom d'Arès-Hippios; les Tégéates, sous celui d'Arès- Aphneios; les Spartiates, qui le représentaient les pieds enchaînés , comme Arès-Enyalios. Une source enfin lui était consacrée près de Thèbes.et il avait à Géronthres en Laconieun temple où les femmes ne pouvaient entrer. — Chez les Étrusques il était au nombre des dieux qui lançaient la foudre ; à Falères, un des mois de l'année portait son nom. — A Rome, Mars (Mamers) figurait au nombre des douze frères Arvales et des dieux Lases (Lares), divinités tutélaires de la ville. Il était de plus au nombre des dii consentes, qui commandaient aux éléments et présidaient aux évolutions de l'année; aussi la vieille année romaine, instituée par Romulus, fils deMarsetd'llie,ou de Rhée, ou de Silvie , commençait-elle par le mois de Mars. Numa institua en l'honneur de ce dieu le collège des prêtres saliens. Voij. ce mot. Le nom du champ de Mars, des temples, des fêtes, parmi lesquelles on remarque surtout les Équiries, témoignent de l'importance de son culte à Rome. — On lui sacrifiait des chevaux, des taureaux et des boucs. Le loup , l'épervier, le coq, et déplus le gazon, la planète et le mois de Mars, ainsi que le mardi, lui étaient consacrés. Ses surnoms sont les suivants : Ai&èlos, le terrible; Briépyos , le crieur ; Brotoloigos , mortel aux hommes; EncJiespalos , qui brandit la lance; Enif alios , guerrier ; Thouros, fougueux; Miaiphinos, souillé de meurtres; Rhinotoros, qui brise ses boucliers; Hippios , équestre. Les poètes latins le désignent souvent par l'épithète de Gradivus pater. — Le sculpteur Alcamène d'Athènes créa l'idéal de ce dieu, dont on trouve peu d'images chez les Grecs ; elles sont au contraire trèsrfréquenles dans l'art romain, et presque toutes sur des médailles, des bas-reliefs et des gemmes. Dans ces monuments, Mars est représenté avec le front large et sombre; les yeux enfoncés et menaçants ; sa bouche est petite et pleine; il porte de la barbe et a la poitrine forte et les épaules larges, mais les jambes un peu grêles par rapport au reste du corps. Ses attributs sont le loup, le bouclier, et la lance avec des trophées.

mars (Mois de). C'était le premier mois de l'année; les Romains lui avaient donné Minerve pour divinité tutélaire , quoiqu'il prît son nom du dieu Mars. 11 était symbolisé par un homme vêtu d'une peau de louve, allusion à la nourrice de Rémus et de Romulus. Ausone place auprès de lui un bouc pétulant, une hirondelle qui gazouille, un vase plein de lait, qui, avec l'herbe verdoyante, annoncent le retour du printemps.

marsé. Thespiade qu'Hercule rendit mère de Rucolus.

MAR 297 marspiter. Un des noms de Mars.

marsus. Chef du peuple marse, fils d Ulysse et de Circé.

marsyas ou masses. Silène phrygien , métamorphosé plus tard en satyre dans le drame satyrique. Il faut considérer ce personnage allégorique comme la personnification de l'art de la flûte, art très-cultivé en Phrygie, tandis qu'en Attique on jouait de (la lyre. Les traditions le font fils d'Hyagnis , ou d'OEagre, ou d'Olympus, que d'autres légendes présentent comme l'élève et l'ami de Marsyas. Suivant une ancienne légende, il protégea les Phrygiens contre l'invasion des Galates, et chassa ceux-ci en faisant déborder les eaux au son de sa flûte. L'un des suivants de Cybèle, il accompagna cette déesse à Nysa (Diodore), où eut lieu son combat musical avec Apollon , et fonda Tabès en Lydie. On le voit représenté à côté de Cybèle sur des œuvres d'art, et l'on montrait son tombeau sur une colline située près du lieu où s'élevait le fameux temple de Pessinonte (Etienne deRyzance ). — Suivant Apollodore , Marsyas, ayant trouvé les flûtes que Minerve avait jetées, parce qu'elles la défiguraient, osa disputer à Apollon le prix de la musique ; ils convinrent que le vaincu serait à la merci du vainqueur; lorsqu'on en fut au concours , qui eut lieu à Célène ou à Nysa , Apollon retourna sa cithare, et ne laissa pas que de jouer dessus. Il exigea que Marsyas en fit de même ; celui-ci ne l'ayant pu, on donna la victoire à Apollon, qui, ayant suspendu son audacieux rival à un pin très-élcvé, le fit périr en l'écorchant. — Dans Hygin, Marsyas est un satyre; condamné par les Muses, arbitres du combat, il est écorché par un esclave scythe; Olympus , son élève lui rend les honneurs funèbres, pendant que le sang épanché de toutes les parties de son corps forme un fleuve qui prend son nom. Dans Ovide, ce fleuve est formé par les larmes des satyres , d'Olympus , des bergers et des nymphes. Les flûtes du malheureux Phrygien y étant tombées suivirent le courant et furent ensuite portées dans le Méandre ; le mouvement des flots les jeta sur le rivage à Sicyone ; un berger les recueillit et les consacra dans le temple d'Apollon (Pausanias). — La peau de Marsyas fut portée à Célène. On en fit une outre et on la suspendit à une colonne. C'était une croyance vulgaire parmi les habitants de cette ville que cette peau s'agitait d'elle-même, quand on jouait delà flûte sur le mode phrygien, tandis qu'elle ne rendait aucun son et restait sans mouvement lorsqu'on jouait de la lyre. — L'art plastique s'est plu à reproduire le combat de Marsyas et d'Apollon; on trouve souvent représentées sur des bas-reliefs, des gemmes, des vases, etc., la lutte des deux contendants et la punition du vaincu. Dans l'Acropôlis d'Athènes, on voyait Minerve frappant Marsyas, qui avait osé ramasser ses flûtes. A Delphes, l'habile artiste était peint dans la Lesché, faisant

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