‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 275 sur 420 · MIL · texte numérisé non relu

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moqua des oreilles pointues du monarque; Midas, qui avait appris de sa mère comment on pouvait s'emparer des satyres, mêla du vin à l'eau d'une fontaine. Le satyre en but , tomba dans un profond sommeil , et fut fait captif ( Philostrate ). Les auteurs placent cette fontaine, dite source de Midas, en divers lieux , près de Thymbrée (Xénophon), non loin d'Ancyre ( Pausanias ) ; Bion, qui la nomme Inna, la fait couler sur les frontières de la Pannonie. Quelques mythologues prétendent que ce ne fut pas un satyre, mais Silène lui-même qui fut fait captif près de la source de Midas, à laquelle l'auteur du Traité des fleuves donne une autre origine : suivant lui, Midas, en tournée dans son empire, arriva dans une contrée stérile où il manqua d'eau. 11 frappa le sol, mais ce fut une source d'or qui jaillit. Alors il implora Bacchus, qui changea le métal en une eau limpide ; cette source reçut le nom de Midas, et le fleuve qu'elle forma fut appelé plus tard le Marsyas. — 3. Dans la personnification de la longue querelle qui divisa les Athéniens et les Thébains sur les avantages réciproques de la lyre et de la flûte, Midas apparaît comme arbitre entre Apollon et Pan ; d'autres lui font donner son avis en simple amateur. Quoi qu'il en soit, s'étant prononcé contre Apollon, le dieu, irrité, lui mit des oreilles d'ane. Longtemps Midas parvint à les cacher sous son bonnet phrygien , mais son barbier , qui seul connaissait son secret , ne pouvant plus le garder dans son sein, et craignant de le trahir, alla le confier à la terre ; des roseaux étant venus à croître sur le fossé où le barbier avait parlé, révélèrent à tout le monde le malheur de Midas. Strabon prétend qu'il se donna la mort en buvant du sang de taureau, et Plutarque qu'il laissa un fils nommé Anchurus. — Suivant Bœttiger, cette partie de la fable de Midas doit son origine aux drames satyriques des Athéniens, où ce prince est constamment représenté comme un despote efféminé , et un sot dont les oreilles de satyre se changèrent peu à peu en oreilles d'ûne. — On montrait le trône de Midas dans le trésor de Delphes.

m idé at is. Surnom d'Alcmène, de Midée en Argolide , où régnait son père Électryon.

midée ( midéia ). i. Nymphe que Nepiune rendit mère d'Asplédon. — 2. Fille de Phylas , femme d'Hercule et mère d'Antiochus. — 3. Phrygienne, qui eut Licymnius d'Électryon.

migoivitis. Surnom de Vénus àMigonium , où Paris lui éleva un temple après qu'Hélène eut cédé à son amour

mihr. Dieu persan ,• le Soleil. Son nom signifie à la fois feu et amour.

M1LAKION ( MEILANION ). Fils d'Amphi-

daraas et amant d'Atalante. — Voy. ce nom.

mii ésia. Surnom de Cérès à Milet.

miless spaiiv. Dans la mythologie irlandaise , chef des Miléadhs, époux de Scota et père d'ir et d'Erreamhon. Ith ayant été assassiné par trois rois des Tuatna-Dadans aussitôt

après avoir abordé en Irlande , ses compagnons emportèrent son cadavre , remontèrent sur leur vaisseau, et vinrent demander secours à Miless Spain, qui, s'armant aussitôt . mit à la voile avec eux , et renversa la domination sacerdotale de l'Irlande.

mil et (miletos). a. Cretois , fils d'Apollon et d'Arée ou de Déione. Mal vu de Minos, qui le soupçonnait de méditer sa perte, il s'enfuit en Carie , y bâtit la ville de Milet , et se maria ensuite avec Gyanée , dont il eut Caunus et Byblis. — b. Fils d'Apollon et d'Acacallis, fille de Minos , il fut exposé par sa mère, nourri par des loups, et élevé par des bergers. Minos ayant voulu le faire périr, il s'enfuit en Carie par le conseil de Sarpédon, et s'y maria à Idothée , qu'il rendit mère de Caunus et de Byblis.

milétia. Fille de Scédasus.

milichius (méilichios ). Qui adoveit , clément, i. Surnom de Jupiter, affable envers ceux qui l'honorent par des sacrifices. On l'invoquait annuellement a Athènes dans les Diasies; il avait des autels sur les bords du Céphise, àSicyone, à Argos.etc. — 2. Surnom de Bacchus à Naios. — 3. Surnom de la Fortune (Tyché) dans les Orphiques. — 4. Au pluriel 6eck (JL£tXi)(iot , dieux qu'on implorait contre toute espèce de revers. A Myonie, chez les Locriens Ozoliens, on leur offrait des sacrifices nocturnes. - Comp. Mychioi.

milixoé (méilixoÉ'. Fille de Jupiter ou de Pluton et de Proserpine , divinité du monde souterrain ( Orphiques ).

MIMALLOXES OU MIMALLOXIDES. Nom

macédonien des Bacchantes. Mimallon était aussi le nom d'une divinité macédonienne, de la famille des nymphes.

mimas, t. Nom d'un centaure dans Hésiode. — 2. Géant tué par Mars ou foudroyé par Jupiter. On le croyait étendu sous l'île Prochyte , dans la mer de Sicile. — 3. Fils d'Éole, père d'Hippotès. — 4. Fils d'Amycus et de Théano, naquit la même nuit que Pàris. L'un des compagnons d'Énée, il fut tué par Mézence. — 5. Chef Bébryce, tué par Pollux.

mimir. Célèbre géant de la mythologie Scandinave, habile forgeron. Il habite le puits où Odin cache son œil chaque soir.

mixée. Voy. Alcithoé et Minias.

mixervales. Fêtes romaines en l'honneur de Minerve , dont l'une se célébrait le 3 de janvier, l'autre le 19 de mars.

mixerve ( en grec athéxé , en latin mixerva, et chez les Étrusques mkxerfa ). Rien de plus confus que les mythes relatifs à la naissance de cette déesse, amalgamés et confondus qu'il nous sont parvenus par le syncrétisme des divers âges. Cicéron reconnaît cinq Minerves différentes ; deux de celles qui figurent dans cette division sont évidemment étrangères à la mythologie grecque primitive; l'une est la Minerve égyptienne, fille du Nil et adorée à Sais par les Égyptiens;

l'autre est une divinité nationale arcadienne du nom de Coria , inventrice du quadrige, et fille de Jupiter et de la nymphe Coryphé; ce dernier nom, qui veut dire la tète, indique une fusion, postérieure aux temps primitifs, de la déesse arcadienne avec l'Athéné homérique. On voit par là quel travail d'épuration serait nécessaire pour obtenir les conceptions mythologiques dans leur pureté primitive, et nul doute qu'il ne jaillit de la comparaison de ces créations diverses, formées sans doutfe spontanément sous l'influence d'idées qui dominent nécessairement de même l'esprit humain aux mêmes époques, de vives lumières pour éclairer l'histoire générale des symboliques anciennes; mais les documents manquent pour entreprendre un pareil travail. Essayons cependant de classer les traditions relatives à la naissance de Minerve , sans nous embarrasser du syncrétisme ou des divisions ordinaires des mythologues. On peut les réduire à cinq mythes principaux. — I. La Minerve homérique , fille de Jupiter ; Homère ne nomme pas sa mère. Dans les traditions postérieures à ce poëte , elle naît de la tête du maître des dieux {voy. Métis ), auquel Vulcain, d'autres disent Mercure ou Palamaon , fendit le crâne d'un coup de hache. Suivant une tradition crétoise, son père la fit naître d'un nuage. Apollodore prétend que Jupiter fut assisté par Prométhée, et que Minerve naquit sur les bords du fleuve Triton. Quelques mythographes ajoutent qu'elle sortit de la tête de son père tout armée et poussant des cris de guerre. — 2. Fille du géant ailé Pallas, qui, ayant voulu faire violence à sa fille , fut tué par elle. La déesse se servit de sa peau comme d'égide et attacha ses ailes à ses propres pieds. — 3. La Minerve Libyenne, fille de Neptune et de Tritonis. Suivant Hérodote, elle était adorée, avec les mêmes attributs que l'Athéné des Grecs , par les Machlyens et les Ausiens , qui habitaient les bords du lac Tritonis. Irritée contre son père , elle se réfugia auprès de Jupiter, qui l'adopta pour fille. Triton, le dieu-fleuve, l'avait élevée avec sa fille. Ce fut en Libye qu'elle inventa la flûte, en imitant sur un roseau les gémissements deSthéno et d'Euryale, Voy. Gorgones. Il est probable que le culte de cette Minerve Tritonide fut transplanté de Grèce en Libye par les Minyens, qui se réfugièrent dans ce pays; plus tard on l'y regarda comme indigène, et les Grecs y virent l'une des sources d'une des conceptions les plus fondamentales de leur religion. Le nom de Tritonide, donné à cette déesse, ne prouve rien quant à la provenance de son culte, car on trouvait, dans le monde antique, beaucoup de fleuves et de sources ap» pelés ainsi; il y en avait un en Crète , près de Cnosse; en Thessalie, en Arcadie, près d'Aliphères; le Nil même était appelé Triton par les Grecs. Le plus ancien siège du culte de Minerve était à l'embouchure du fleuve

Triton, qui se jette dans le lac Copaïs en Béotie; c'était là qu'était située Athènes, ville des anciens Pélasges , submergée plus tard par un débordement du lac. De là , ce culte se répandit en Attique et plus tard , par le canal des Minyens , en Lydie. On a donné, du reste, diverses étymologies du mot Tritonis ; la plus heureuse est celle qui ferait venir ce mot du vieux crétois Tptxw , tête. — 4. Fille d'Itonius et sœur d'Iodama, qui fut tuée par elle , ou pétrifiée par la lête de la Gorgone, une nuit qu'elle était entrée dans le temple de sa sœur. C'est là la Minerve Itonia, dont on fait aussi dériver le nom de la ville d'Itone en Thessalie. — 5. On donne ;mssi Minerve comme fille de Vulcain. — En sa qualité de fille de Jupiter et de Métis, Minerve était regardée comme réunissant en elle les attributs de ces deux divinités, la puissance et la sagesse. Elle présidait au salut des empires et à la conservation de l'ordre social ; l'agriculture , les arts , l'industrie , les inventions diverses étaient sous sa protection. Les peuples la regardaient encore comme veillant à la défense des villes , des citadelles , des ports. Comme divinité tutélaire des arts agricoles, on lui attribuait l'invention de la charrue et du râteau ; c'était elle qui avait fait présent de l'olivier aux habitants de l'Attique, et leur avait enseigné à employer les bœufs pour le labour, à dompter les chevaux. De là ses surnoms de Boudèia ( en Thessalie ) et de Boarmia (en Béotie), qui accouple les taureaux sous le joug; d' Agripha , inventrice du râteau; A'Hippiaou Chalinitis, équestre. Voy. Myrmex. On lui attribuait aussi l invention des nombres, du char, de la navigation, et, en général, de toutes les découvertes dues, non pas au hasard, mais à une profonde méditation de l'esprit. Elle apprit aux mortels l'usa'ge du feu , source de tous les arts et principe de la vie civilisée; voilà pourquoi elle est toujours en rapport avec Vulcain et préside, ainsi que lui, à toute la science humaine; c'est encore pour cette raison qu'Ovide la nomme mille clea operum. Voy.

Arachnê,Épios, Pandare, Pandore. Dans les temps postérieurs on agrandit de plus en plus son domaine, et Minerve Ergana fut regardée comme la source de toute sagesse, de toute science; il n'y eut pas une des conceptions de l'esprit qui ne se rapportât à cette déesse. — En sa qualité de divinité tutélaire des États , elle était regardée comme la protectrice suprême des Phratries et des familles qui formaient le noyau primitif des nations. Aussi les jeunes filles athéniennes, qui changeaient de Phratrie en se mariant, lui consacraient-elles leur ceinture, et, à la fête des Apàluries, les citoyens faisaient inscrire leurs enfants dans les Phratries. De là les noms de Minerve Apaturie ou Phratrie: on trouvera une autre explication de cette épithète à l'article Ethra. — Minerve avait sous sa présidence l'exercice de la justice, ceux qui la

rendaient, les lieux ou elle s'exerçait, et en général la juridiction criminelle. Institutrice de l'Aréopage, elle était censée donner sa voix en faveur de l'accusé, si les suffrages étaient partagés ; c'est pourquoi on voit Oreste lui élever un autel , après son acquittement. A cette face du caractère de Minerve se rapportent les surnoms de Agorœa, de Boulœa, et d'Axiopoinos , rémunératrice. — Veillant à la sûreté des États, Minerve était une déesse guerrière, mais divinité présidant surtout à la guerre défensive, et bien distincte [de Mars , d'Ényo , d'Éris , qui se plaisent dans le carnage brutal. Essentiellement sage, et douée d'une haute raison , Minerve ne décrète la guerre , conjointement avec Jupiter, qu'après mûre délibération; elle ne possède pas d'armes en propre, et emprunte celles de son père , pour mettre un frein à la fureur de Mars. On l'invoquait principalement dans les entreprises qui demandent de la sagesse et de la prudence, et comme déesse protectrice des villes, des châteaux-forts, etc : Agéléia, Leitis , Laphria, qui préside au butin ; Erisiptolis, Polias , Poliouchos , qui protège les villes; Alalcomène ; Clédouchos , gardienne des clefs; Alcimaché, vaillante; Nice , la victorieuse ; Pylaitis, protectrice des portes. On lui attribuait l'invention de la flûte et de la trompette, qui servaient, chez les anciens, à régler la marche et les diverses évolutions des armées. Les Spartiates , lorsqu'ils partaient pour quelque expédition, franchissaient les frontières de leur pays au son du premier de ces instruments. La tradition qui donne à l'invention de la flûte une origine guerrière n'avait, du reste, pas cours dans toute la Grèce; Pindare et Hygin rapportent des mythes tout différents. Voy. Gorgone et Marstas. A ces fonctions guerrières de Minerve se rattache la protection qu'elle accorde aux héros qui, ainsi qu'Hercule, Achille. Ulysse, unissent la prudence à la valeur. Amie des Grecs , elle les protégea lors de leur expédition contre Troie , et ne se déchaîna contre eux qu'après l'outrage fait à Cassandre. Voy. Ajax. Lors de l'assaut des géants contre le ciel, elle combattit aux côtés de son père, et ensevelit Encelade sous le poids de la Sicile. Quant aux autres traits de sa légende biographique, voy. Argonautes, Méduse, Neptune. Dans l'Odyssée, on la voit revêtue d'armes brillantes, et tenant une baguette d'or avec laquelle elle métamorphose ses favoris, suivant les desseins qu'ils ont formés. — Divinité d'un esprit austère et mâle , haute raison personnifiée , l'Athéné était aux yeux des Grecs la Vierge par excellence (rcapÔÉvo; aïôoiyj , çvyoXexTpoç, aXexxpo; ), qui fuit la couche nuptiale , et dont le cœur est inaccessible aux passions. C'est vêtue qu'elle se présente à Pâris, pour réclamer le titre de la plus belle des déesses ( Callimaque ) ; les poètes postérieurs ont altéré cette circonstance, qui révèle un des traits

importants du caractère de la déesse, tel qu'il était conçu parles anciens. Nous avons déjà vu, à l'article Junon , un exemple de ce relâchement introduit dans les légendes primitives par les auteurs des derniers âges , et principalement par Ovide. Tirésias fut privé de la vue, parce qu'il avait surpris Minerve au bain , et Vulcain essaya en vain de lui faire vioience. Voy. Érichthonius. Dans les processions on promenait solennellement son image entourée d'un voile; ses statues, d'ailleurs, ne la représentent jamais nue. — Quelques mythes donnent cependant des enfants à Minerve. Ainsi, Apollon était , dit-on , fils de cette déesse et de Vulcain; cette fable a sans doute pris naissànce lors de l'introduction du culte d'Apollon en Attique par les Ioniens; elle fut imaginée pour mettre la nouvelle divinité en rapport avec l'ancienne. On trouve aussi un Lychnus , fils de Vulcain et de Minerve. Enfin , d'après Tzetzès , Minerve , appelée aussi Bélonice, n'était autre qu'une reine puissante , fille de Brontéos, qui épousa Vulcain, dont elle eut Érichthonius. — En sa qualité de divinité protectrice d'Athènes, Minerve y était encore adorée eomme déesse de la guérison , et le serpent lui était consacré. Voy. Hygie. — Ainsi que nous l'avons déjà dit , le culte de Minerve , originaire des environs du lac Copaïs, en Béotie , se répandit de là dans l'Attique et dans toute la Grèce. II était établi très anciennement à Lindus dans l'île de Rhodes, ainsi qu'en Italie. Les Étrusques adoraient cette déesse sous le nom de Menrfa, et la comptaient au nombre des divinités qui lancent la foudre. Aussi la voit-on sur des médailles, à une époque aussi tardive que celle de Sévère, attendre que Vulcain lui ait forgé la foudre. Dans Eschyle, Alhéné dit qu'elle seule, entre tous les dieux , sait où l'on renferme la foudre. Ce n'est pas là la seule analogie des deux déesses italique et hellénique; les Étrusques attribuaient aussi à leur Menrfa l'invention de la flûte et de la trompette , car les Romains, qui reçurent d'eux ces instruments, célébraient après les Quinquatries, la cérémonie de la purification des trompettes, et les joueurs de flûte célébraient au mois de juin les petites Quinquatries en l'honneur de Minerve. Le culte de cette déesse fut transporté de Paieries à Rome, sans se mêler à celui d'aucune divinité latine. — - La chouette, le serpent, le coq, l'olivier, la corneille (Pausanias) lui étaient consacrés. On lui sacrifiait des béliers , des taureaux et des vaches. A Troie , dit Suidas , on lui immolait deux jeunes garçons ou deux jeunes filles de Locres , en ex-

: piation de l'outrage fait à Cassandre par Ajax. Cependant celle des victimes qui pouvait se glisser dans le temple de Minerve sans être

i aperçue des ministres du culte, échappait à la mort. On la vouait au service du temple. — Parmi les fêtes célébrées en l'honneur de Mi-

: nerve, figurent les Panathénées {voy. ce mot) et les Errhéphories (voy. Hersé) à

Athènes, les Quinquatries à Rome, etc. — Ses principaux surnoms sont les suivants, outre ceux que nous avons cités dans le cours de cet article : Achœa, l'Achéenne, adorée à Lucérie en Apulie, où elle avait un temple dans lequel on voyait* les armes de Diomède ; Aêdon , la chanteuse , chez les Pamphyiiens ; Agraulos, champêtre ; Acrœa, adorée sur les hauteurs ; Aeantis, d'Ajax, qui lui avait élevé une statue dans la citadelle de Mégare ; Aléa (voy. ce mot); Amboulia, conseillère, à Sparte; Alcis, puissante; Anémotis, qui calme les vents, en mémoire de ce qu'elle apaisa un jour un ouragan-, à la prière de Diomède; Aracynthias , du mont Aracynthus, en Béotie ; Asia, d'Asie, ville de Laconie ; Assésia, d'une ville située près de Milet; Astyris; Atrytoné, indomptable; Chalciœcos; Céleuthœa, viaire , à laquelle Ulysse consacra trois temples à Sparte, après s'être défait des amants de Pénélope ; Cissœa, de lierre , parce qu'elle avait à Épidaure une statue faite de ce bois ; Cranœa; Coria, en Arcadie; Coryphasia ; Cydonia; Cyparissia; Epipyrgitis . prolectrice des tours , à Abdère ; Gigantophonos, tueuse de géants ; Glaucopis, aux yeux brillants ; Gorgophonos , tueuse de Gorgones; Hellotis, ou Hellotia; Hygia, medica; Hippolaitis; Ilios, à Troie ; Itonia, ou Itonjs, d'Itcne en Thessalie , où elle était honorée dans des fêtes annuelles et d'où son culte fut porté dans les environs du lac Copaïs par les Béotiens d'Éolide ; ( Schol. Apoll.) Laossoos , protectrice; Méchanitis , industrieuse; Narcœa, de Narcée, fils de Bacchus, qui lui éleva un temple en Éiide; Onga, à Thèbes ; Optiletis, Oxydercès, Ophthalmitis . clairvoyante ; Pallas ( plus anciennement Pailax), vierge, met qu'Homère emploie seulement comme surnom, mais dontPindare se sert déjà comme d'un des noms de Minerve ; Panachais , déesse des Achéens, à Patres; Pœonia, medica; Polyboulos , Polymétis , bonne conseillère; Pronœa, protectrice des temples, à Delphes; Sciras; Sounias,- Sotéria , protectrice ; Sthénias , virile ; Tauro. bolos, Taurobole; Telchinia; Tithroné , adorée à Phlya -, avec Cérès Anésidora. Jupiter Ctésios, etc.; Xénia , hospitalière, à Sparte; Zosteria, armée. — C'est à Phidias que l'on doit la réalisation complète de l'idéal de Minerve, tel que le concevaient les anciens. Cet habile artiste exécuta , par ordre de Périclès, une statue colossale de cette divinité, en or et en ivoire , qui fut placée dans l'Acropolis; elle avait vingt-six coudées de hauteur. La déesse était représentée debout, tenant à la main la statue de la Victoire , et son bouclier à ses pieds. Les autres statues de Minerve qui ont joui d'une grande célébrité sont la Minerve de bronze : élevée après la bataille de Marathon, et la Minerve Lemnienne, consacrée à Athènes par les habitants de Lemnos. —Les attributs principaux de cette déesse sont : i. Le casque. Minerve le porte toujours sur la

tête ; ce n'est que sur un bas-relief de vieux style qu'on la voit représentée le tenant à la main. II est tantôt muni d'une visière mobile, tantôt garni seulement d'un écusson. Les artistes grecs ont adopté indifféremment l'une ou l'autre manière , tandis que les Romains ont toujours reproduit le casque clypéiforme. Ce casque est orné de figures de griffons , de têtes de bélier, de chevaux; sur le sommet sont des chevaux ailés et au milieu le sphinx avec triple crinière. — 2. L'égide. Voit, ce mot. — 3. Le bouclier rond des Argiens , au milieu duquel figure la tète de Méduse. — Outre ces attributs, on en trouve encore, sur les anciens monuments et sur des médailles, un assez grand nombre d'autres , tels que l'olivier , le serpent , la chouette , le coq , la lance. — Minerve porte toujours la tunique Spartiate sans manches et sans couture aux côtés, et par-dessus le péplus, ou, rarement, la chlamyde. On la représente ordinairement dans une attitude contemplative, les yeux légèrement baissés. Sa figure est ovale ; sa chevelure, épaisse, est relevée sur les tempes et retombe sur le cou et le dos. Tout son extérieur porte un caractère mâle. Elle a les hanches étroites, les épaules larges, et la poitrine voûtée.

mini AN US. Épithète de Jupiter, qui avait au Capitole une statue peinte en minium.

minos. Célèbre législateur et roi de Crète, dont l'histoire offre beaucoup de confusion. Homère et Hésiode ne connaissent qu'un personnage du nom de Minos; ils le donnent comme un roi de Cnosse , fils et ami de Jupiter, et racontent en partie de lui ce que les auteurs postérieurs rapportent aux deux individus en lesquels ils ont scindé le Minos primitif. — 1. Roi de Crète , fils de Jupiter et d'Europe , frère deRhadamanthe ( et de Sarpédon, suivant Apollodore), père de Deucalion et d'Ariadne. Après sa mort il fut établi-juge aux enfers. Les traditions homériques ne disent rien de plus sur Minos. Virgile le peint agitant dans sa main l'urne fatale où est renfermé le sort de tous les mortels , citant les ombres à son tribunal, et soumettant leur vie entière au plus sévère examen. — Voici ce que rapporte Diodore : Tectamus, fils de Dorus, vint avec une colonie d'Éoliens et de Pélasges s'établir en Crète; nommé roi de cette île, il épousa la fille de Créthée, dont il eut Astérius. Pendant le règne de celui-ci, Jupiter arriva en Crète avec Europe, et la rendit mère de Minos , de Sarpédon et de Rhadamanthe. Dans la suite, Astérius ayant épousé Europe, adopta ces trois enfants. Minos lui succéda sur le trône, et prit pour femme ltone, dont il eut Lycaste; de ce dernier et d'Ida, fille de Corybas, naquit Minos II. — 2. Petit-fils du précédent , fils de Lycaste et d'Ida , et mari de Pasiphaé. On le dit quelquefois aussi fils de Jupiter. Astérion étant mort sans enfants, on voulut refuser à Minos, qui avait déjà, à ce qu'il paraît , écarté ses frères par la force des armes, le royaume de Crète. Il dit que

les dieux le lui avaient donné, et, pour le prouver, il ajouta qu'il obtiendrait d'eux ce qu'il leur demanderait. Faisant alors un sacrifice à Neptune , il le pria de faire sortir de la mer un taureau, promettant de le lui sacrifier. On vit apparaître sur le rivage un taureau blanc d'une grande beauté, et la couronne fut adjugée à Minos; mais le monarque mit le taureau dans ses pâturages, et en sacrifia un autre. Neptune, irrité, rendit Pasiphaé amoureuse de cet animal. Cette union donna naissance au Minotaure, que Minos tint enfermé dans le labyrinthe. Voy. Dédale. Auparavant le roi de Crète avait eu de Pasiphaé, ou de Créthée, fille d'Astérius, quatre fils, Catrée, Deucalion, Glaucus et Androgée, et quatre filles, Acacallis, Xénodice, Ariadne et Phèdre. 11 eut aussi de la nymphe Paria , Eurymédon , Néphalion , Chrysès et Philolaiis; et de Dexithée, Évanthius. On lui donne encore pour enfants Euryale et Pholégandros. Amoureux de Procris, qui s'était réfugiée auprès de lui pour éviter la colère de son mari, irrité de ce qu'elle s'était livrée à Ptéléon, il obtint ses faveurs en lui donnant un chien très-léger à la course et un javelot qui ne manquait jamais son coup. — L'un des fils de Minos, Glaucus, étant mort étouffé dans un tonneau de miel , son père le fit rappeler à la vie par le devin Polyidus. Il fut moins heureux lors du meurtre de son fils Androgée, dont il ne put que venger la mort. Lorsqu'on lui annonça la perte qu'il venait de faire , il offrait un sacrifice aux Grâces dans l'île de Parus; il ôta aussitôt la couronne qu'il avait sur la tète, fit taire les instruments, et continua cependant le sacrifice. Depuis cette époque, les Pariens sacrifièrent aux Grâces sans se couronner de fleurs. Voyez Grâces. — Peu de temps après, Minos vint avec une flotte assiéger Athènes, prit Mégare , où régnait Nisus, qui périt par la trahison de sa fille ( voy. Scylla ) , et tua Mégarée, fils d'Hippomène , qui était venu d'Oncheste au secours de Nisus. Cependant comme la guerre traînait en longueur, le roi de Crète pria Jupiter de se charger de sa vengeance. Une peste frappa alors les Athéniens, qui, après avoir vainement sacrifié les Hyacinthidcs pour détourner le fléau, reçurent ordre de l'oracle, d'envoyer à Minos tous les ans, tous les trois ans, ou seulement tous les neuf ans, sept jeunes gens et sept vierges, pour servir de pâture au Minotaure renfermé dans le labyrinthe, inextricable dédale d'où nul ne pouvait sortir. Les Athéniens payèrent deux fois ce tribut; ils allaient s'y soumettre pour la troisième fois, lorsque Thésée s'offrit à aller combattre le monstre anthropophage Voy. Thésée. Suivant une tradition rapportée par Pausanias, Minos amena lui-même d'Athènes en Crète le tribut destiné au Minotaure , l'année où Thésée en faisait partie ; en discussion avec celui-ci , à cause de Péribée, qu'il aimait, il reprocha au

Jeune homme de n'être pas fils de Neptune , et lui dit qu'il n'oserait pas plonger dans les eaux pour en retirer son anneau qu'il venait d'y jeter. Thésée se jeta immédiatement dans la mer, et reparut bientôt tenant l'anneau de Minos et une couronne d'or dont Amphitrite lui avait présent. — Furieux cependant de la fuite de Dédale, le roi de Crète le poursuivit jusqu'en Sicile. Mais l'habile artiste s'était acquis la faveur de Cocalus, qui fit étouffer Minos dans un bain. On montrait le tombeau du monarque en Crète. — Nous venons d'esquisser à grands traits la vie du souverain crétois telle qu'elle nous a été transmise par les poètes et les mythologues de l'antiquité , mais nous n'avons montré ici Minos que sous sa face mythologique; il importe d'ajouter maintenant quelques faits qui appartiennent à l'histoire de la Crète , soit qu'on les rapporte au premierMinos , soit qu'avec la plupart des auteurs on les regarde comme devant être attribués à Minos II. Cette distinction est au fond peu essentielle ; l'histoire, telle qu'on la peut dégager des mythes, où elle se révèle sous une forme exclusivement poétique, procède suivant des lois qui n'ont rien à faire avec la chronologie. Au lieu de dates, diverses nuances d'idées caractérisent de plus en plus le développement des mœurs, des arts , de la civilisation en général ; tel est le véritable point de vue auquel il faut se placer pour comprendre quelque chose à la symbolique ancienne. Instruit par Jupiter lui-même dans la science du gouvernement, Minos donna des lois aux Crétois, partagea son royaume en trois districts ayant chacun leur capitale (Strabon), et assura à la Crète la prépondérance maritime sur toutes les îles de la mer grecque. Un pouvoir si merveilleux ne pouvait avoir une origine naturelle. Les Crétois disaient partout que Minos avait, tous les neuf ans , un entretien avec Jupiter dans la grotte sacrée du dieu; c'était là qu'il recevait des instructions pour les transmettre ensuite au peuple. Les anciennes traditions s'accordent à représenter Minos comme un législateur sage et juste; l'école d'Alexandrie, mêlant sans doute les légendes athéniennes avec de ridicules hypothèses échafaudées sur l'épithéte ô>o6çpwv, par laquelle Homère le désigne , a fait du civilisateur de la Crète im tyran inique et cruel.

minotaure. Monstre moitié homme et moitié taureau ; il naquit de Pasiphaé, femme de Minos, et d'un taureau blanc. Dédale fit alors le fameux labyrinthe de Crète, pour y renfermer ce monstre, qu'on nourrissait de chair humaine. Voy. Minos. Thésée le tua. Le Minotaure est représenté sur des vases , sous la forme d'un homme à tête de taureau ou sous celle d'un taureau à tête humaine, soit seul dans le labyrinthe , soit combattant Thésée, ou enfin tué par le héros.

minous. Descendant de Minos. Thoas, fils d'Ariadne.

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