‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 306 sur 420 · OED · texte numérisé non relu

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lui-même, arracnant les agrafes du manteau de cette malheureuse, il s'en sert pour se crever les yeux. Ici se termine la première période de la vie d'OEdipe , sur la tète duquel se sont accumulés tous les malheurs qui peuvent accabler un mortel; Sophocle, qui en a retracé les détails dans VOEdipe roi , auquel nous avens emprunté cette rapide esquisse, va nous fournir la contre-partie de cette histoire terrible, dans une seconde pièce, VOEdipe à Colone , qui, inférieure à la première, sous le rapport de l'art dramatique , lui est supérieure pour l'élévation de la poésie et la pureté des idées morales. — OEdipe , après s être crevé les yeux, avait prié Créon de l'éloigner des lieux qu'il avait souillés par ses crimes involontaires. Créon s'y était refusé ; c'est aux dieux, avait-il répondu, à f accorder cette faveur. OEdipe était donc resté dans sa patrie, où Créon exerçait l'autorité souveraine , en attendant que les fils de sa sœur fussent assez âgés pour qu'on pût la leur confier. Mais il se fatigua bientôt du voisinage du prince à la place duquel il régnait, et il chassa le malheureux aveugle. Les fils d'OEdipe étaient en âge de le défendre : ils ne le firent pas. Ne pouvant empêcher Créon de le bannir, il était de leur devoir de l'accompagner, afin de lui rendre plus légères les fatigues et les douleurs de l'exil , ils ne le firent pas , et laissèrent ce soin à leurs sœurs. OEdipe, dans sa douleur, appela sur eux la colère des dieux , et partit accompagné de la seule Antigone. Bientôt après, Créon se démit de l'autorité souveraine, et la céda à Polynice , l'aîné des fils d'OEdipe ; mais Éteocle prétendait régner aussi; il conspira contre son frère, le renversa du trône, et le chassa de Thèbes. Un oracle avait prédit à OEdipe qu'il trouverait la fin de ses malheurs dans la demeure des Euménides ; un autre oracle annonce aux Thébains que ceux-là qui le posséderont, lui ou sa cendre, seront vainqueurs de leurs ennemis. Ils envoient Créon pour le prier de revenir ; Créon le rencontre à Athènes ; mais Ismène l'a devancé, et a prévenu son père du véritable motif de son voyage; c'est en vain qu'il emploie la persuasion pour engager OEdipe à se rendre aux vœux de ses concitoyens; OEdipe ne lui répond que des paroles de colère. Créon veut alors essayer d'employer la violence; il fait enlever par ses gens Antigone et Ismène; mais, aux cris d'OEdipe et du chœur, Thésée arrive , fait respecter celui qui est devenu son hôte; et les Athéniens, reprenant aux Thébains les deux filles d'OEdipe, s'empressent de les rendre à leur père. — Polynice, chassé de Thèbes, a épousé la fille d'Adraste, roi d'Argos, et il se prépare à aller à la tête d'une nombreuse armée, reconquérir son trône. Mais il connaît l'oracle rendu au sujet d'OEdipe; voulant assurer à sa cause une nouvelle chance de succès , il vient trouver son père, et le conjure de prendre parti pour

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lui. OEdipe lui répond en renouvelant les imprécations qu'il a autrefois prononcées contre lui et contre son frère, et Polynice se retire en priant ses sœurs de ne pas laisser son corps sans sépulture , quand les imprécations, de son père se seront accomplies. — Bientôt après le tonnerre se fait entendre ; à ce signal, OEdipe reconnaît l'approche de sa mort, et, lavé de ses crimes involontaires par ses nombreux malheurs, la voit arriver sans effroi. Il sait qu'il n'a été qu'un instrument dans la main des dieux, lesquels lui accordent une mort glorieuse et la fin calme du juste. Il fait appeler Thésée , le conduit dans un lieu écarté, et là disparaît d'une manière mystérieuse, laissant aux Athéniens, pour prix de leur généreuse hospitalité, son tombeau, qui, suivant les oracles, doit les rendre à jamais vainqueurs des Thébains. Cachée à tous les yeux, suivant Sophocle, de peur sans doute que ce palladium ne tombât entre les mains des ennemis , la tombe d'OEdipe devint visible plus tard; on la montrait à Athènes du temps de Pausanias. — Une tradition tout à fait insolite , rapportée par un scoliaste d'Euripide , fait d'OEdipe un fils de Laïus et d'Euryclée , qui , jeté à la mer dans un coffre, et recueilli sur la côte de Sicyone par Polybe, fut aveuglé plus tard par celui-ci. — Divers basreliefs et des pierres gravées représentent les principaux épisodes de la fable d'OEdipe, tels que le meurtre de Laïus, et l'entrevue avec le Sphinx.

oemé. Danaïde.

oeaee (oen ECS). Roi de Pleuron et de Calydon, fils de Portheus, et frère d'Agrius et de Mêlas. Il épousa Althée, et en eut deux enfants , Althée et Méléagre. Ayant oublié de sacrifier à Diane, la déesse, irritée, envoya un sanglier monstrueux ravager ses États. P'oy. Méléagre. Lorsque Belîérophon se rendit en Étolie, OEnée l'accueillit favorablement, et lui fit présent d'une riche ceinture. A l'époque de la guerre de Troie , la dynastie de ce prince était éteinte; aussi est-ce un prince étranger, Thoas, gendre d 'OEnée , qui commande les Étoliens et les mène contre llion. Homère ne nous dit rien de plus sur ce personnage, dont la légende a été singulièrement brodée parles mythologues postérieurs, et qui est. suivant eux, fils de Porthaon et d'Euryte, et frère d'Agrius, d'Alcathoùs, de Mêlas , de Laocoon , de Leucopéc et de Stérope. Époux d* Althée, il en eut onze enfants : Toxéus, auquel il donna la mort, Thyréus ou Pheréus, Clyraène , Périphas , Agéiaos. Méléagre, et les cinq Méléagrides, au nombre desquelles figure Déjanire. D autres donnent pour père à Déjanire le dieu Bacchus. Ils ajoutent qu'OEnée reçut de Bacchus le premier cep de vigne, et laissa son nom au vin (OEnos ), et font de Méléagre un fils de Mars etd'Althée. — La seconde femme du roi de Calydon s'appelait Péribée; quelques auteurs la lui font gagner comme jmx d un combat dont il sor-

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tit vainqueur; d'autres disent que son père, Hipponoïis, la lui envoya , soit qu'il l'eût rendue enceinte, soit pour qu'il la punit de son commerce avec Hippostrate ou avec le dieu Mars. OEnée l'épousa, et en eut Tydée, qu'on fait naître aussi du même père et de la Méléagride Gorgé, et qui dut quitter Calydon à la suite d'un meurtre. Aussitôt les flls d'Agrius détrônèrent leur oncle, et le jetèrent en prison. Plus tard son petit-fils Diomède le vengea, et lui rendit le sceptre ; mais , comme la vieillesse l'accablait, il confia le gouvernement de la ville à Andrœmon, et emmena OEnée dans le Péloponnèse. Le vieux roi y mourut, assassiné par les deux fils d'Agrius, qui avaient échappé à l'épée de Diomède, Oncheste et Thersite. Diomède lui rendit les derniers honneurs à Argos, et donna son nom à la ville d'OEnoé. — Suivant Pausanias, OEnée mourut tranquillement à Argos, après une longue vieillesse. — 2. Égyptide, fiancé de la Danaïde Podarcé. — 3. Fils de Paadion, l'un des héros >ponymes d'Athènes.

oexéis. Nymphe étolienne, amante de Jupiter et mère de Pan.

oexia ou orivi a. Fille du dieu fleuve Asopus et de Métope.

oexides. Descendants d'OEnée.

oenistéries. Fête que célébraient à Athènes les jeunes gens en l'honneur de Bacchus.

oexo. Voy. Anius.

oexoatis. Surnom sous lequel Diane avait un temple à OEnoé.

oexoé. 1. Voy. Gerana. — - 2. Héroïne éponyme d'un bourg de l'Attique, sreur d'Kpochus. — 3. Nymphe arcadienne, l'une des nourrices de Jupiter.

oexomaxcie. Divination par le vin, soit qu'on en considérât la couleur, soit qu'en le buvant on tirât des présages des moindres circonstances.

OEXO 91 A îi s (oenomaos). i. Roi de Pise , fils de Mars ou d'Alxion, ou d'Hypérochus et d'Harpinna ou de Stérope, dont quelques auteurs font sa femme, tandis que d autres la nomment Eurythoé. Suivant Apollodore, il eut de Stérope une fille, nommée Hippodamie. On lui donne aussi un fils, Leucippe. Un oracle lui ayant prédit qu'il mourrait le jour où sa fille trouverait un époux-, il publia qu'il ne donnerait Hippodamie qu'au prétendant qui la surpasserait à la course des chars. L'arène s'étendait des murs de Pise jusqu'à l'autel de Neptune, sur l'isthme de Corinthc. Chaque fois qu'un amant se présentait, OEnoniaûs le poursuivait l'épée à la main, après s'être rendu Jupiter propice par le sacrifice d'un bélier; ses rapides chevaux, attelés par Myrtile, atteignaient bientôt le char du concurrent, auquel son audace coûtait la vie. Quinze prétendants, d'autres disent seize ou treize, périrent ainsi. Voy. HirrooAMiE.

Enfin PéJops se présenta {voy. Myrtile), et OEnomaûs, vaincu, se donna la mort, en maudissant son cocher. Cette tradition offre

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quelques variantes, qui ont été rapportées dans les articleï auxquels nous renvoyons. — On voyait le tombeau d'OEnomniis sur les bords du fleuve Cladéos en Élido. Son palais, détruit par la foudre, n'offrait plus qu'une colonne qui fût restée entière du temps de Pausanias. — 2. Chef troyen , tué par Idoménée. — 3. Chef grec, tué par Hector.

oexoxe. Nymphe de l'Ida, fille du dieufleuve Cébrène. Amante d'Apollon, qui lui apprit la divination et l'art de connaître les simples; elle épousa Paris, auquel elle conseilla de ne pas enlever Hélène : ne pouvant le convaincre, elle lui promit de le guérir, quand il aurait reçu une blessure mortelle car sa science fatidique lui révélait tous les événements qui suivraient le rapt de la fille de Tyndare. Suivant Tzetzès, furieuse de voir son amour méprisé , elle envoya son fils Corythos , qu'elle avait eu de son infidèle amant, servir de guide aux vaisseaux grecs rassemblés à Aulis. — Lorsque Paris eut été blessé par Philoctète , il implora les secours d'OEnone, qui refusa d'abord de le guérir, et, touchée de pitié, l'essaya ensuite infructueusement. Dans son désespoir, elle s'étrangla avec sa ceinture , ou se brûla sur le bûcher de Paris, ou se laissa consumer de douleur, ou se jeta du haut d'une tour.

oexope. Fille d'Épopée; Neptune la rendit mère de Mégarée.

oexopiox. Fils de Bacchus, ou de Thésée, ou de Rhadamanthe , etd'Ariadne. Il épousa la nymphe Hélice, et en eut cinq fils, Talus, Évanthès, Mêlas, Salagus, Athamas, et une fille, Mérope, nommée aussi Aérope ou Haero. Originaire de la Crète, il vint habiter l'île de Chio, qui lui fut donnée par Rhadamanthe , et, dans cette nouvelle demeure, se vengea d'Orion, qui avait violé sa fille, en lui crevant les yeux. Puis il secacha dans une grotte , et échappa à la vengeance du géant. Voy. Oriox. — On montrait le tombeau d'OEnopion à Chios , du temps de Pausanias.

oexotropes ( QEXOTROPAi ). Nom des trois (ou quatre) filles d'Anius. Voy, ce nom. Agamemnon ayant voulu les enlever à leur père, pour assurer le salut de son armée, elles implorèrent la protection de Bacchus, et furent changées en colombes.

oexotrls ( oexotros ). Le plus jeune des Lycaonides (voy. Nyctimus); conduisit une colonie d'Arcadiens en Italie, et donna au pays dans lequel il s'établit le nom d'OEnotrie. Varron fait d'OEnotrus un roi sabin, frère d'italus, tandis que Denys d'Halicarnasse lui donne pour frère Peucétius, et le fait aborder dans le golfe d'Ausonie. On ne sait p;is au juste quel est le degré de réalité historique de cette émigration.

oeoclus (oeoclos). Fils de Neptune et d'Ascra ; il donna le nom de sa mère à une ville de Béotie.

oeolycus (oeolycos). Fils de Théras et père d'Égée. Il avait un héroum à Sparte.

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heosrus (oeo\os \ Fils de Licymnius et cousin d'Hercule; il fut tué a Sparte par les fils d'Hippocoon. Le héros vengea sa mort, et déposa les os de son parent à Sparte, où on lui éleva un temple à lui-même près du tombeau d'OEonus. — Quelques traditions le représentent comme ayant le premier remporté la victoire aux courses de chars à Olympie.

OESTRÈBLE ( OESTRÉBLES ). Fils d'Her-

cule et de la Thespiade Hésychie.

oeta. .Montagne de Thessalie, entre le Pinde et le Parnasse, célèbre par la mort d Hercule. Hespérus y était particulièrement lionorë. De là l'épithètc d'OEtœus qu'il a dans les poètes.

oet/ïxs. Surnom d'Hercule , d'Hespérus et de Céyx, pris du mont OEta en Thessalie.

ŒTOLI\OS. VOIJ. LlNITS.

oetosyros. Nom d'une divinité scythe, dans les attributs de laquelle Hérodote a cru retrouver ceux d'Apollon.

oêtylls ioetylos). Héros argien , qui, selon Etienne deByzance, donna son nom à la ville d'OEtylus, en Laconie. Il était fils d'Amphianax.

oeuf de serpent. Sorte d'amulette, qui paraît n'avoir été autre chose qu'une échinite . et qui jouissait d'un grand crédit chez les Gaulois. Elle présentait la figure d'une pomme de moyenne grosseur, dont la substance dure et blanchâtre était recouverte de fibres et d'excroissances pareilles aux tentacules du polype. Les druides répandaient sur la formation et sur la conquête de ce précieux talisman des fables absurdes, auxquelles pourtant le plus célèbre des naturalistes de l'antiquité semble ne pas refuser toute croyance. « Durant l'été, raconte Pline, on voit se rassembler dans certaines cavernes de la Gaule des serpents sans nombre, qui se mêlent , s'entrelacent , et avec leur salive, jointe à l'écume qui suinte de leur peau , produisent cette espèce d'œuf. Lorsqu'il est parfait , ils l'élèvent et le soutiennent en l'air par leurs sifflements ; c'est alors qu'il faut s'en emparer, avant qu'il ait touché la terre. Un homme aposté à cet effet s'élance , reçoit l'œuf dans un linge, saute sur un cheval qui l'attend, et s'éloigne à toute bride, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'il ait mis une rivière entre eux et lui. » Pour que cet œuf fût réputé de bon aloi au jugement des druides, il devait surnager lorsqu'on le plongeait dans l'eau, même entouré d'un cercle d'or; il fallait aussi qu'il eût été enlevé à une certaine époque de la lune. Quand il avait été éprouvé, on l'enchâssait précieusement, et on le suspendait à son cou; il était doué d'une vertu miraculeuse pour faire gagner les procès et ouvrir un libre accès auprès des rois. Les druides le portaient parmi leurs ornements distinctifs.

ogéxus. Divinité fort ancienne, qu'on pense être la même que l'Océan.

ogg a. — Voy. Onga.

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