‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 340 sur 420 · PRI · texte numérisé non relu

PRI

nûn de redemander le corps de son fils. Homère ne fait aucune mention de la fin de ce vieux monarque, aussi faible que bienveillant; les auteurs postérieurs rapportent que, après le sac de la ville, couvert d'une armure qui opprimait son corps affaibli par l'âge , il fut entraîné par Hécube au pied de i'autel de Jupiter Hercée ; il vit mourir là son filsPolitès, égorge par Néoptolème, et périt lui-même de la main de ce farouche guerrier. — 2. Fils de Politès et compagnon d'Énée.

priamides. Enfants de Priam.

priapvEOS. Surnom d'Apollon, tiré de la ville de Priape , en Mysie.

priape (priapos, priapus ). Homère, Hésiode et les autres anciens poètes ne font aucune mention de ce dieu; ce sont des auteurs beaucoup plus modernes, comme Strabon,qui nous rapportent qu'on lui rendait des honneurs divins et qu'on l'adorait surtout à Lampsaque , où on le disait fils de Bacchus et de Vénus ; sans doute il n'était là qu'un Bacchus phallique localisé ; on le fait encore fils de Bacchus et d'une nymphe ou de Chioné (Scol. Théocr. ); d'Adonis et de Vénus ( Tzetzès); de Mercure (Hygin); d'un père à longues oreilles, c'est-à-dire d'un satyre ou de Pan (Macrobe). — On racontait à Lampsaque que Junon, jalouse de Vénus, fit naître Priape avec une difformité extraordinaire ; qu'alors Vénus l'abandonna ; que, recueilli par des bergers , il fut adoré par les Lampsacéniens, puis chassé honteusement de la ville, où on l'honora bientôt de nouveau dans des fêtes licencieuses. De là son culte passa à Rome, mais sous des formes moins libres. — Priape est le dieu de la fécondité des champs, et préside à la prospérité des troupeaux , à l'éducation des abeilles , à la culture des vignes et même à la pêche. On lui attribuait les bienfaits de la fructification, lui supposant d'ailleurs, en sa qualité de dieu rural, la vertu prophétique. Son nom se trouve quelquefois employé au pluriel (Mosch., idyl. 3, 27. ). — Ayant quelques points de contact avec les autres dieux fécondateurs, les Orphiques l'ont identifié avec le Bacchus mystique, le Soleil, Mercure , etc. En Attique, les traditions populaires le faisaient figurer à côté des génies obscènes , tels que Conisalos , Orthanès ., Tychon, noms divers d'un seul et même Priape; suivant Diodore , il porte aussi les surnoms de Phallus, de Fascinus, d'Ithy phallus. Les Romains le confondirent avec la vieille divinité italique Mutunus. Suivant Servius , il tenta de séduire la nymphe Lotis , ou de lui faire violence un jour qu'elle dormait. Mais l'âne de Silène la réveilla par ses cris. D'autres racontent cette aventure autrement, ou l'attribuent à Vesta. On lui offrait les prémices des jardins , des vignes et des champs , et de plus du lait, du miel et des gâteaux, et on lui sacrifiait des boucs et des ânes, et les pêcheurs, des homards. On le représentait ordinairement

sous la forme d'un hennés, le plus souvent peint en rouge, portant des fruits et tenant une serpette, une massue ou une simple baguette, et quelquefois la corne d'abondance.

priasus (priasos). Argonaute, fils* de Cécnée et frère de Phocus.

priè\e. Amazone; donna son nom à une ville de TAsie-Mineure.

primigéxia. La première née. Surnom de la Fortune à Rome , de la Nature dans les Orphiques , et de la Proserpine mystique.

printemps. Foy. Été et Heures.

priolal;s( priolaos). i. Frère de Lycus, commanda les Mariandyniens dans la guerre contre les Bébryces, et fut tué en combattant. — 2. Petit-fils de Tantale, tué par Amycus. Voy. Titias.

prion. Roi gète tué par Jason.

privata, ou propria. Noms sous lesquels la Fortune avait une chapelle dans la cour du palais de Servius Tullius.

priver nus. Chef latin, tué par Capys.

proclée (procléia). Fille de Laomédon , femme de Cycnus.

proclès. Roi de Sparte, fils d'Aristodème et d'Argée, frère d'Eurysthène.

procris. 1. Fille d'Érechthée et de Praxithée, ou de Pandion, ou d'Iphidus. Elle épousa Céphale , dont elle eut un fils, Archius ou Célée. Nous avons rapporté à l'article Cephale comment les deux époux se réconcilièrent après des infidélités mutuelles ; une tradition un peu différente prétend que Procris se livra àPtéléon, et, surprise par Céphale , se réfugia à la cour de Minos. Celui-ci devint amoureux d'elle; mais la fille d'Érechthée ne céda à ses désirs qu'après s'être assurée contre l'effet pernicieux d'un breuvage que Pasiphaé avait fait prendre à son époux pour l'empêcher d'être infidèle; elle eut commerce avec lui sans aucun risque, au moyen de la racine Circée, et reçut de lui en retour un chien et un javelot magique, qui, plus tard, causa sa perte. D'autres disent qu'elle reçut ce javelot de Minos, pour lui avoir enseigné le moyen d'avoir des enfants de Pasiphae. — 2. Thespiade; eut d'Hercule deux fils, Antiléon et Hippée.

PROCRUSTE ( PROCREUSTÈS ). Surnom du

fameux brigand Polypémon, nommé aussi Damastès. Thésée le fit mourir, en l'allongeant à la mesure de son lit , comme il y forçait lui-même ses hôtes.

PROCYON (CAAIS MINOR, AMECAMS

Constellation australe. Voy. Chien.

PROD03IÉES. Divinités auxquelles Alcathoûs offrit un sacrifice avant de commencer à bâtir le mur d'enceinte de la citadelle de Mégare. On leur éleva un autel en ce lieu.

prodro3IOI. Avant-coureurs. Nom donné, après leur métamorphose, à Zétès et Calaïs, vents qui précédaient de huit jours le lever de la Canicule.

proetides. Filles de Prêtas et de Sthénebée ou d'Antée ou d'Antiope. Elles étaient au

nombre de trois, Lysippe, lphinoé (ou Hipponoé,), Iphianasse (ou Cyrianasse). D'autres n'en comptent que deux, Élège et Célaené. Parvenues à l'âge de puberté , elles devinrent folles . soit qu'elles eussent méprisé le culte de Bacchus, soit qu'elles se fussent vantées d'égaler Junon, en beauté ou qu'elles eussent commis un larcin dans le temple de cette déesse. Dans leur démence , elles se croyaient métamorphosées en vaches , et parcoururent tout le Péloponnèse, communiquant leur délire aux vierges et aux épouses. Mélampe les guérit, après être convenu d'un certain prix avec Prœtus , ou avec Anaxagore , son petitfils, qui lui abandonna les deux tiers du royaume d'Argos, et lui accorda la main d'Iphianirc. Les traditions parlent de fumigations employées pour cette cure miraculeuse ; quelques-unes remplacent Mélampe par Esculape, et placent le lieu delaguérison à la source d'Anigrus, à celle de Clitore en Arcadie, ou à Lyses, dans la même contrée. Du reste, lphinoé mourut avant d'avoir recouvré la raison. Foy. Mélampe. En mémoire de la guérlson de ses filles , Prœtus éleva un héroiim entre Sicyone et Titane, et fonda dans la première de ces deux villes un temple en l'honneur d'Apollon.

PRGETUS ( PROETOS ). i. Roi d'ArgOS , fils

d'Abas et d'Ocalée. Chassé de ses États par Acrisf s, dont il avait , dit-on, séduit la fille , il se réfugia chez Iobatès , roi de Lycie, dont il devint le gendre. Antiope, Antée, ou Sthénébée, sa femme, lui donna un fils, Mégapenthès , et trois filles. Foy. Proetides. Soutenu par son beau-père, Prœtus rentra à main armée dans l'Argolide , s'empara de Tirynthe , qu'il fit ceindre de murailles par les Cylopes , et fit la paix avec Acrisius, auquel il laissa Argos ( Pausanias). — Ovide rapporte , au contraire, qu' Acrisius, chassé d'Argos par Prœtus . implora l'aide de Persée , qui pétrifia l'usurpateur en lui présentant la tète de Méduse. — Après la guérison de ses filles , Prœtus se débarrassa de Bellérophon, qu'il soupçonnait de vouloir lui ôter l'honneur, en l'envoyant auprès d'Iobatès ; les calomnies de Sthénébée , amoureuse du jeune héros qui rejetait ses avances , ne l'empêchèrent pas de se couvrir de gloire. Voy. Bellérophon. — 2. Fils de Thersandre et père de Maera. — 3. Fils de Nauplius.

PROGi\É. Voy. TÉRÉE.

prolochos. Lapithe.

promachorma. Qut protège les golfes.

Surnom de Minerve, adorée sur le mont Buporthmus , près d'Herraione.

promachus ( promachos ). Qui combat au premier rang. i. Surnom d'Hercule, à Thèbes. — a. Surnom de Mercure à Tanagra, qui réclamait l'honneur de l'avoir vu naître sur le mont Céryx, à peu de distance de la ville. Ce surnom lui venait de ce qu'un jour, dans une expédition des jeunes gens de Tanagra contre les Érétriens, qui avaient en-

vahi l'Eubée, il combattit vaillamment pro aris etfocis, et procura la victoire a ses compatriotes, en repoussant l'ennemi avec une étrille de gymnase. Suivant Tzetzès, on lui immola à cette occasion un jeune homme et une jeune fille; telle fut l'origine de l'institution du culte de Mercure Leucos chez les Tanagréens. Ceux-ci montraient dans le temple d'Hermès Promachos un arbousier sacré, sous lequel Hercule était né. — 3. frère jumeau d'Échéphron. — 4. Fils d'Éson , tué par Pélias. — 5. Fils de Parthénopée , et l'un des Épigones. — 6. Béotien , tué devant Troie par Acamas. — 7. Fils d'Hercule et de Phégia.

prométhée ( prométheus ). Prévoyant.

Célèbre Titan , fils de Japet et de Clymène , et frère d'Atlas, de Menœlius et d'Épiméthée (Hésiode); ou fils de Japet et d'Asie ( \pollodorc); ou de Thémis (Eschyle ) ; ou d'Uranus et de Clymène (Scol. Théon. in Arat. ); ou d'Eurymédon et de Junon (Eustathe). — 11 eut Deucalion d'Hésione, d'Axiothée ou de Pandore ; Hellen ( Deucalion ) , de Pyrrha ou de Clymène; Lycus et Chimaereus.de Célœno. Hérodote lui donne Asia pour femme. isisetThébé sont mis aussi au nombre de ses enfants. — Le mythe le plus ancien, qui nous a été conservé par Hésiode dans sa Théogonie, esquisse ainsi la légende de ce célèbre personnage, représentant de la race humaine : Les dieux et les hommes réglaient ensemble leurs différends à Mécone , l'ancienne Sicyone , lorsque Prométhée, voulant éprouver si Jupiter était vraiment digne des honneurs divins, tua un taureau, enveloppa dans sa peau la chairet les entrailles, et mit par-dessus ce qu'il y avait de plus mauvais , c'est-à-dire l'estomac ; il empila ensuite les os et les couvrit de graisse. Jupiter se laissa tromper, et choisit les os; mais, furieux de sa méprise , il enleva le feu aux hommes. Prométhée parvint à le dérober, en le cachant dans la tige creuse d'une férule ( narthex ) , arbrisseau dont la moelle brûle lentement, et conserve longtemps l'étincelle sans s'éteindre; puis, H le rendit aux mortels. Le roi de l'Olympe, irrité de ce nouvel attentat, ordonna à Vulcain de former du limon de la terre une créature séduisante (voy. Pandore), destinée à le venger, et enchaîna lui-même Prométhée à une colonne , où un aigle lui dévorait le foie, sans cesse renaissant. Plus tard, Jupiter, voulant couvrir Hercule d'une gloire nouvelle , lui permit de tuer cet aigle et de délivrer l'audacieux Titan. — Dans le Prométhée enchaîné d'Eschyle, la légende est altérée en quelques points ; le fils de Japet y apparaît comme un dieu ami des mortels pour lesquels il est prêt à se sacrifier. Lorsque Jupiter, parvenu à la puissance souveraine , voulut exterminer la race humaine , Prométhée s'opposa à sa volonté. Divinité fatidique, il ôta aux mortels la connaissance de l'avenir, et ne leur laissa que l'espérance. Père de toute science et de tout arf , il leur donna le feu, et inventa l'architècture, l'as-

tronoraie, le calcul , l'écriture , la navigation , la médecine , la divination, l'onéiroruancie , la science augurale , etc. Pour le punir de ses bienfaits, et quoiqu'il eût contribué à la défaite des Titans, Jupiter, jaloux de sa puissance , le fit enchaîner sur une montagne de Scythie par Vulcain, aidé de Cratos et de Bia. Là , Io vint le consulter sur sa destinée, ainsi que Mercure, envoyé par le maître des dieux, qui voulait apprendre de lui le nom du fils auquel , suivant une ancienne prédiction, les Parques destinaient l'empire du monde; Prométhée ayant refusé de révéler l'oracle, ta foudre vint l'anéantir. — Ce dénouement, que justifie, sinon la tradition, du moins la nécessité pour Eschyle de clore son drame par une scène à effet, a peu embarassé les mythologues : Prométhée devait, disait-on, subir un supplice de trente mille ans; aussi son rocher l'accompagna-t-il aux enfers ( Horat., Od. n , 18 , 35 ) , et après y avoir longtemps séjourné, le malheureux Titan en sortit pour être de nouveau enchaîné sur le Caucase, où un aigle, fils de Typhon et d'Échidna , ou de la Terre et du Tartare , lui rongeait incessamment le foie (Apollonius, Philostrate , Strabon , Hygin ). Ce supplice devait durer jusqu'à ce qu'un autre dieu, se dévouant pour lui, descendit de bon gré au Tartare. Chiron lui rendit ce service. Voy. Chirox. D'autres disent que ce fut Jupiter lui-même qui délivra Prométhée, lorsque celui-ci lui eut annoncé le fatal résultat de son union projetée avec Thétis. Divers légendes n'ont pu trouver place dans le cours de ce récit; l'une d'elles prétend que Prométhée fut enchaîné pour avoir voulu faire violence à Minerve (Scol. Apoll. ); il monta cependant, dit-on, au ciel, avec l'aide de cette déesse , et alluma une torche à l'une des roues du char du Soleil ( Servius ). On dit aussi que sur l'ordre de Jupiter, Prométhée et Minerve créèrent l'homme, après le déluge de Deucalion , en empruntant à chaque animal une qualité particulière. Deucalion avait auparavant échappé à la mort, par les avis de Prométhée; celui-ci lui avait donné l'idée du navire sur lequel il se sauva. On représente encore Prométhée comme le créateur de l'homme formé d'eau et de terre et animé par le feu, ou comme l'homme primordial. — Dans Apollodore, c'est lui qui ouvre le cerveau de Jupiter. Nicandre de Colophon veut que le crime du Titan ait été d'avoir persuadé aux hommes de se défaire en faveur des serpents de la propriété de rajeunir, qu'ils possédaient dans l'origine. — Les Athéniens élevèrent un autel à Prométhée dans les jardins de l'Académie , où l'on célébrait des Lampadophories en son honneur.

On montrait, du reste, sur le Caucase les chaînes qui avaient servi à le garrotter, et, chose étonnante , à Panopée en Phocide, les curieux pouvaient contempler et manier une argile identique à celle dont le premier homme avait été formé. — Plusieurs bas-re-

liefs antiques représentent diverses scènes de la vie de Prométhée , la création de l'homme , le supplice du Titan , et sa délivrance.

prométhides. Enfants ou descendants de Prométhée.

promitor. Dieu romain, qui présidait à la dépense.

promulus. Troyen, tué par Turnus.

promyléa. Divinité latine qui présidait soit aux meules, soit aux môles et aux ports.

proxjea. Surnom de Minerve , qui avait une statue à Delphes, devant le temple d'Apollon.

proxaos. Surnom de Mercure.

proxax. Fils de Talaiis et de Lysimaché ; fut père de Lycurgue et d'Amphithée. C'est, dit-on , pour l'honorer que les jeux Néméens furent institués.

proxoé. r. Néréide. — - 2. Fille de Phorbas; JEtolus la rendit mère de Pleuron et de Calydon.

proxoia. La prudence. Surnom de Minerve.

proxols (proxoos). i. Fils de Phégée, tué par les Alcméonides. — 2. Troyen, tué par Patrocle.

proxcra. Surnom de Junon, présidant aux mariages. Les nouveaux époux lui offraient une oie crue, privée de son fiel.

proopsios. Prophète. Surnom sous lequel Apollon avait un autel sur le mont Hymette.

prophasis. L'Excuse , fille d'Épiméthée et sœur de Métaméléia, le Repentir.

propoetides. Jeunes filles d'Amathonte, qui, ayant méprisé le pouvoir de Vénus, subirent une punition honteuse et furent ensuite métamorphosées en rochers.

propyl.eos. Surnom de Mercure, tiré de la place qu'occupait sa statue dans le Vestibule.

proréus. Jeune Phéacien qui disputa le prix delà course dans les jeux donnés par Alcinoiis.

PRORSA, PORRIJIA OU PROSA. Déesse

qu'on invoquait pour donner aux enfants une bonne situation dans le sein de leur mère. Elle est la parèdre adverse de Postverta et par conséquent identique à Antevorta. Celle-ci connaissait le passé, tandis que Postverta dévoilait l'avenir. — On les donne tantôt comme identiques avec les Camènes, tantôt comme leurs sœurs ou leurs compagnes.

prosclystios. Inondatcur . Surnom de Neptune.

proserpixe. Cette déesse, dont le nom grec était Perséphone ( voy. ce mot), devait le jour à Jupiter et à Cérés, suivant les traditions les plus anciennes: mais, en sa qualité de déesse infernale, on lui donnait pour mère Styx, et les Arcadiens, qui l'honoraient sous le surnom mystique de Despoina, la disaient fille de Neptune et de Cérès, qui la confia, ajoutaient-ils , aux soins du Titan Anytus. — Enlevée par Pluton {voy. Céres), qui ne consentit à s'en dessaisir que pendant six mois de l'année, elle vint régner sur les ombres

dans le noir Tartare , désigné quelquefois par le nom d'empire de Proserpine (005101 flôp- 0"£ÇOV£ir}ç). Elle y avait un bois sacré qui se trouvait à l'extrémité occidentale de la terre, là où commence le sombre royaume. — La légende de cette déesse, si célèbre dans le culte mystérieux de la Grèce , offre peu d'incidents. Elle fut mère des Furies ( Orphiq. ) , et, suivant des traditions étrangères à la mythologie originelle de l'Hellade , eut de Jupiter le Bacchus mystique ( Iacchos , Sabazios ou Zagreus ) : on la donne encore pour mère du maître des dieux. Dans Sanchoniathon , elle reste vierge. Quelquefois on la suppose amoureuse d'Adonis ( voy. ce nom ) , et susceptible de jalousie envers Menthe, qu'elle métamorphosa en une plante de son nom. Il est facile de s'apercevoir que ces détails, dont on a surchargé le mythe sévère de la déesse des enfers, ne sont nullement en harmonie avec la gravité de la conception première. Homère n'aurait pu supposer des intrigues amoureuses à l'épouse du terrible Pluton , « à la sublime souveraine des ombres, qui exerce son empire sur les âmes et sur les monstres des enfers, et qui exécute les imprécations des mortels. » — La partie du mythe de Proserpine relative à sa disparition et à son apparition successives a été expliquée de diverses manières; ainsi, suivant les uns , le rapt, ^e la fille de Cérès est le symbole de la végétation, qui , se montrant surtout au printemps, semble disparaître sous la terre à une certaine époque, pour revenir bientôt à la surface. Aussi Plutarque identifie-t-il Proserpine avec le printemps, et Cicéron lanomme-t-il la semence des productions agrestes. Dans les mystères d'Eleusis, on regardait la réapparition de la déesse comme le symbole de l'immortalité de l'âme, et l'art, qui participe lui-même à l'obscurité mystique dont le culte de Proserpine est enveloppé, a souvent reproduit cette idée , comme le prouvent les bas-reliefs sculptés sur les sarcophages antiques. Mais c'est surtout dans la Tbéosophie orphique et dans les rêveries des néo-platoniciens que la reine des ombres a perdu son caractère primitif; là elle devient la divinité toute-puissante de la nature, celle qui fait tout naitre et tout mourir, la déesse désirée du printemps, et est continuellement, identifiée avec diverses déesses , telle qu'Isis, la Terre, ilhée, Vesta, Pandore. Diane, Hécate. C'est elle qui est la mère de Bacchus Zagreus. Nulle divinité, assurément, ne se prêtait plus au système de syncrétisme des Alexandrins que Proserpine , souveraine à la fois infernale et terrestre; nulle n'offrait autant de prise à ces interprétations téméraires et confuses qui, conciliant ce qui doit rester séparé, et méconnaissant grossièrement les traits essentiels de conceptions très-différentes, font de la symbolique antique un véritable galiroathias. — Ses principaux surnoms sont les suivants : Jgavé, superbe; Agnè , vénérable; Cora ou

Coré, jeune fille; Daïphron , intelligente; Despoina , ■ souveraine; Déoiné, en latin Déois , fille de Déo ; Épainé , formidable; Leucippos , aux blancs coursiers; Leucolénos , aux bras blancs; Mélibœa; Mégalè Thëa, la grande déesse; Obrimo, lirimo, terrible; Pericaliès, très-belle; Polybœa; Pyrophoros , pyrophore, parce qu'on célébrait en son honneur, ainsi qu'en celui de Cérès, des Dadouchies; Pîotogoné, née la première; Soléira, conservatrice; Tanysphyros , qui fait de grands pas. Les Latins lui donnaient quelquefois les épithètes de Juno inferna, averna, stygia. — Le culte de Proserpine , uni le plus souvent à celui de Cérès, était très-répandu en Grèce; Corinthe, Mégare, Mégalopolis, Eleusis, etc., lui avaient élevé des temples, aussi bien que Thèbes, dont Jupiter lui avait fait présent, disait-on. Elle devait aussi à la libéralité du dieu la fertile Sicile, dont les habitants lui immolaient un taureau sur les bords de la fontaine Cyané. A Sparte, à Acacésium , en Arcadie, elle était adorée spécialement sous le nom de Perséphone Sotéira et de Despoina. Sardes ne lui rendait pas un culte moins solennel. En Italie, Rome et Locres l'invoquaient dans des temples magnifiques; prés du lac Averne, un bois lui était consacré, sans doute d'après la tradition homérique. En général, les fêtes célébrées en son honneur avaient un caractère mystérieux; quelquefois les femmes seules y prenaient part, et souvent l'entrée de ses temples était interdite aux hommes. On lui sacrifiait des génisses stériles et, comme à Hécate, de jeunes chiens noirs; dans les funérailles', on lui offrait une boucle des cheveux du mort, parce que, selon la croyance des anciens, un homme ne pouvait cesser de vivre que lorsque la déesse avait coupé le cheveu fatal, palladium delà vie. La chauvesouris, la grenade et le narcisse lui étaient consacrés. — Proserpine figure souvent dans les œuvres d'art des anciens, tantôt à côté de son époux, et tenant un narcisse ou un sceptre, tantôt descendant aux enfers ou reparaissant sur la terre. Comme divinité mystique , on la représentait avec un sceptre et une ciste. Quelquefois elle a pour coiffure le modius.

prosopélée. Leçon vicieuse, dans Lycophron , pour Chrysopélée.

prostatérios. Protecteur. Surnom d'Apollon.

PROSuaraus. Favori de Bacchus ( Arnobe).

prosymxa. 1. Surnom de Cérès, — 2. Sœur d'Eubée et d'Acraea , l'une des nourrices de Junon.

protée ( protels ). 1. Dieu marin, fils de l'Océan et de Télhys ou de Neptune, et pasteur des troupeaux de phoques de Neptune, de qui il tenait le don de connaître l'avenir. Chargé d'années, il résidait, suivant Homère, dans L'ile de Pharos, à une journée de marche du fleuve jïgyptus. Virgile le fait origi-

naire de Pallène, et lui donne pour demeure l'île de Carpathos, entre la Crète et Rhodes, il emploie cependant l'expression Columnœ Protêt pour désigner la limite extrême de l'Égypte. — A l'heure de midi, Protée sortait des flots, et venait se coucher sur le rivage; les marins l'y consultaient sur le destin qui les attendait; mais il n'en révélait les secrets que par force ; et pour échapper à ceux qui l'interrogeaient, il se métamorphosait à volonté. Il fallait le presser d'autant plus étroitement qu'il faisait plus d'efforts pour s'échapper. Vaincu à la fin par cette persévérance, il dévoilait l'avenir; son oracle était infaillible. Ménélas le consulta en revenant d'ilion (voij. IdothÉe), et Aristée obtint de lui un moyen de repeupler ses ruches vides , en immolant un taureau suivant certains . ites déterminés. — Il fut père d'Idothée et, suivant Strabon, de Cabira, mère des Cabires; Eustathe remplace Idothée par Eurynome. — Ce dieu joue dans l'Odyssée , le même rôle que Nérée dans le mythe d'Hercule, et Glaucus ûans le cycle argonautique. — 2. Savant roi d'Egypte, connu aussi sous le nom de Cétès. Époux de Psamathe, ou deTorone, il en eut Polygone (ou Tmole) et Télégone, auxquels on joint quelquefois Théoclymène et Théonée. Ainsi que le dieu Protée, il résidait à Pharos, et y reçut Hélène des mains de Mercure; ou bien il enleva lui-même la belle Grecque, et la rendit plus tard à Ménélas. On rapporte encore de ce personnage, mais en le confondant évidemment avec le dieumarin de l'Odyssée, qu'Égyptien de naissance , il se rendit en Thrace et y épousa Torone; ses enfants , Tmole et Télégone, s'étant fait haïr par leur cruauté, il supplia Neptune de le faire revenir en Êgypte ; celuici lui ouvrit un chemin sous le lit de la mer, et le ramena ainsi à Pharos. — 3. Égyptide, fiancé de Gorgophone.

protéxor. Partisan de Phinée, tué par Hypsée.

PROTÉSILAS ( PROTÉSILAOS). I. Fils d'I-

phiclus et d'Astyoché, et frère de Podarcès. Originaire de Phylace en Thessalie, il quitta sa patrie pour se rendre à Troie , et sauta le premier sur le rivage ennemi; il fut tué aussitôt, comme un oracle l'avait prédit. Homère ne dit rien de plus sur ce héros, que des traditions postérieures représentent comme un modèle de tendresse et de fidélité conjugales ; tué par Hector ( Lucien ) . par Achatès ( Eustathe), par Énée ( Dictys) ou par Euphorbe. Lui ou sa femme Laodamie (Polydora, suivant les poètes cypriens ), qu'il avait quittée le lendemain des noces, prièrent les dieux de leur accorder une dernière entrevue. Leur souhait leur fut accordé, et Mercure conduisit Protésilas sur la terre pour quelques heures. Lorsqu'il mourut pour la seeonde fois, sa femme mourut avec lui. Suivant Eustathe, Laodamie avait fait faire une image de son mari, qu'elle pressait toujours dans ses bras ;

Protésilas, ressuscité, lui recommandant de venir bientôt aux enfers, elle se perça le sein. Hygin prétend qu'elle ne fit faire cette image qu'après la seconde mort de son époux, son père lui ordonnant de la brûler, elle se jeta dans les flammes ; ou bien, contrainte à se remarier, elle passait les nuits auprès de ce vain simulacre. — Conon s'écarte complètement de ces traditions, qui diffèrent peu au fond les unes des autres. D'après lui , Protésilas aurait, en quittant Ilion, emmené avec lui jEthylla, sœur de Priam; une tempête l'ayant forcé de relâcher à Pallène, en Macédoine, iEthylla persuada à ses compagnes, pendant qu'il errait dans la presqu'île, de mettre le feu à son vaisseau. Cet événement le força à se fixer en ce lieu , où il fonda la ville de Scione. On voyait son tombeau dans la Chersonèse de Thrace , non loin d'Élée. Les habitants étaient persuadés que les ormes qui l'ombrageaient tombaient aussitôt qu'ils avaient atteint la hauteur des murs de Troie, et renaissaient pour mourir encore de même; ou que les rameaux qui regardaient la plaine d'ilion fleurissaient et se fanaient les premiers. Le héros avait aussi un temple à Élée , et une chapelle à Phylace, où l'on célébrait des jeux en son honneur. — 2. Surnom d'Iolas, fils de Diomédée et d'Iphiclus, frère d'Hercule.

prothoé. Amazone, tuée par Hercule.

prothoéîvor. Fils d'Aréilycus, et l'un des chefs béotiens devant Troie ; fut tué par Polydamas.

prothoox. Troyen tué par Teucer.

prothous ( prothoos ). i. Lycaonide.

— 2. Fils d'Agrius. — 3. Fils de Tenthrédon; conduisit les Magnètes devant Troie.

protiaoiv, Père d'Astinoùs et compagnon de Polydaraas.

protis. Phocéen qui se rendit auprès de Nannus , roi des Ségobriges , et lui succéda après avoir épousé sa fille Gyptis ou Petta ( Justin) ; suivant Aristote, il était fils du colon phocéen Euxène, que Nannus accueillit.

proto. Néréide,

protodamas. Fils naturel de Priam.

PROTOGÉNIE (PROTOGÉNÉIA ). T. Fille

de Deucalion et de Pyrrha, ou de Japet et de Clymène. Mariée à Locre, dont elle n'eut pas d'enfants, Jupiter l'enleva et la rendit mère d'Opunte, dont d'autres la font fille. On met encore Endyraion et Épaphus au nombre de ses enfants , ainsi qu'iElhlius ( ou ^thalion) , qui remplace alors le premier. — 2. Fille de Calydon et d'iEolie ; elle eut du dieu Mars un fils nommé Oxylus.

protogone (protogonos) Premier-ne, Surnom de diverses divinités, dans les Orphiques.

PROTO>ïÉ oée (protomédéïa). Néréide.

prové. Dieu de la justice , chez les Slaves. II n'avait pour temple qu'un chêne sur lequel on plaçait la statue qui le représentait sous la figure d'un vieillard tenant une chaîne

PSY

et un couteau, instruments qui étaient le symbole de la détention et de la mort.

PROVIDENCE ( PROV1DENTI A ). Divinité

romaine, dont le culte n'est pas antérieur au temps des empereurs. Elle avait un temple dans l'île de Délos. On la représente s°»us les traits d'une grave matrone, tenant une corne d'abondance; quelquefois le globe du monde est à ses pieds.

prylis. Troyen , fils de Mercure et d'Issa. 11 prédisait l'avenir, et, s'étant laissé gagner par Palamède, instruisit les Grecs du moyen par lequel ils pouvaienfpénétrer dans Troie. — Prylis est la personnification de la Prylis ou danse pyrrhique.

prymnéus. Phéacien. S

pry.iixo. Océanide.

prytaivis. r. Guerrier troyen, tué par Ulysse. — 2. Compagnon d'Énée , tué par Turnus.

psal acanthe. Nymphe qui; se voyant méprisée par Bacchus , se tua de désespo'ir.

psamathe. i. Néréide, amante d'Éaque et mère de Phocus. Elle vengea la mort de son fils en envoyant un loup furieux en Thcssalie. Voy. Pelée. — 2. Fille de Crotopos, roi d'Argos, amante d'Apollon, dont elle eut Linus. Voy. Crotopos. On voyait son tombeau â Argos. — 2. Femme de Protéc , roi d'Egypte.

PSAPHOiv. Libyen qui obtint , après sa mort, les d onneurs divins. Selon Élien, il avait exercé quelques oiseaux à répéter ces mots : Psaphonesttin grand dieu.

pseudAjVOR. Qui feint d'èlre homme. Surnom sous lequel le roi macédonien Argîeus éleva un temple à Bacchus, en mémoire de ce que les Bacchantes, revêtues de vêtements d'homme, avaient repoussé l'ennemi.

psilas. Imberbe. Surnom de Bacchus à Amyelée.

PSiTHYROS.5«6i^arrf. Surnom de l'Amour.

psophis. 1. Filsd'Arrhon , petit-flls d'Érymanthe; il donna son nom à la ville de Psophis , en Arcadie. — 2. Fille du Xanthe. On lui attribue aussi la fondation de Psophis. — 3. Fille d'Éryx. Hercule la rendit mère d'Échéphron et de Promachus.

psychagog os. Qui conduit les âmes. Surnom de Mercure , conducteur des âmes aux enfers.

psyché. L'ingénieuse et spirituelle légende de Psyché, popularisée dans les derniers âges de la littérature antique par le curieux roman d'Apulée, n'appartient pas à proprement parler à la mythologie ; elle n'est autre qu'une allégorie , due à quelque platonicien ou à quelque sectateur des doctrines orphiques, lequel y a exposé l'amour inspiré par la beauté de l'âme ainsi que par celle du corps, les effets d'une curiosité téméraire, et la purification de l'esprit par les souffrances. — Suivant le philosophe de Madaure , Psyché était une jeune princesse, que sa grande beauté fit aimer de l'Amour. Par le conseil de l'oracle, que ses parents avaient consulté avant de la

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marier, elle fut exposée sur le haut d'un roc. Ce fut de là que le Zéphyrc, par ordre du fils de Vénus, la transporta dans un palais magnifique, où elle était servie par des nymphes invisibles. Son époux la visitait dans l'obscurité, et se retirait à la pointe du jour, pour éviter d'en être aperçu, lui recommandant de ne point souhaiter de le voir. Une nuit qu'il sommeillait à ses côtés, elle se leva adroitement, ailuraa la lampe, et vit à sa lueur, au lieu d'un monstre, Cupidon, qu'une goutte d'huile tombée malheureusement réveilla surle-champ. Il s'envola aussitôt. Vénus, courroucée contre Psyché de ce qu'elle avait eu la témérité d'enchaîner l'Amour même, ne cessa de la persécuter jusqu'à ce que la mort l'eût soustraite à sa puissance. Jupiter lui rendit la vie, ét lui donna l'immortalité, en l'unissant à l'Amour ; Psyché eut de ce mariage Ja Volupté. Elle est représentée avec des ailes de papillon aux épaules, ou sous la forme d'un papillon (^X^)*

psychomaivcie. Espèce de divination ou de magie , ou l'art d'éverquer les morts.

psychopompos. Conducteur des âmes.

Surnom de Mercure.

psylles. Peuples fabuleux, que les anciens supposaient habiter la Libye au sud de la grande Syrte. L'odeur qu'ils exhalaient endormait les serpents ; et si un de ces reptiles les mordait , ils n'en éprouvaient aucun mal , et le serpent mourait. Suivant Hérodote , les Psylles, furieux contre le vent du midi, qui avait desséché les citernes , périrent en marchant à sa rencontre. Pline dit qu'ils furent exterminés par leurs voisins. Les traditions relatives à ce peuple subsistèrent assez tard , puisque Caton, guerroyant en Libye, crut devoir emmener des Psylles à la suite de son armée, et qu'Auguste en envoya à Cléopàtre, piquée par un aspic.

psyllus. Ancien roi des Psylles. On voyait son tombeau en Libye.

ptébiou. , Nom de deux Décans, le troisième du Verseau et le troisième des Poissons.

ptélée (ptéléa ). Orme. Hamadryade.

ptéléon. Amant de Procris; il la séduisit en lui donnant une couronne d'or.

ptérélas (ptérélaos). Roi des Taphiens, fils de Taphius, fut père de six fils (voy. PtÉrÉiaïdes ) et d'une fille nommée Cométho. Assiégé par Amphitryon , il résistait courageusement , lorsque la trahison de sa fille, qui coupa le cheveu d'or d'où dépendait sa destinée, amena sa perte.

ptérél aides. Fils de Ptérélas. Ils étaient au nombre de six , Chromius, Tyrannus, Antiochus, Chersidamas, Mestor, Éverrés, et périrent dans une bataille contre les fils d'Électryon, en allant réclamer de celui-ci leur part dans la succession de leur aïeul.

ptérophores. Peuple imaginaire, habitant la Scythie ( Pline ) ou la Chalcidice ( Ovide). Us avaient des aîles.

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