DICT. M Y T
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dans une vision, a la femme de Timoslliêiie , et la rendit mère. Couronné plusieurs foi> aux jeux Olympiques, et honoré d'une statue de bronze, après sa mort, il fit sentir les effets de sa colère aux Thasiens, qui avaient jeté cette statue dans la mer. parce qu'elle avait écrasé, en tombant, un des ennemis de Théagéne, qui la fustigeait par mépris. Une sécheresse se manifesta dans le pays, et ne cessa qu'après la restauration de sa statue , retirée. de la mer par des pêcheurs. De plus , on rendit à Théagène des honneurs divins.
théalie. Voy. Thalie n° 4.
uiÉAMRE (théaxéira). Fille de Laomédon et femme de Télamon. On la nomme plus habituellement Hésione.
théaxo. 1. Danaïde, femme de Pliantes.
— 2. Femme de Métapontus, roi d'Icaric. Elle supposa deux jnmeaux, pour plaire à son époux , qui se plaignait de sa stérilité. Plus tard , elle devint grosse. Métapontus préférait les enfants supposés aux siens propres; Théanire essaya de les faire périr; mais ses projets furent découverts, et elle se donna la mort. —3. Fille de Cissée, femme d'Anténor, et grande prêtresse de Minerve à Troie. On la voit, dans l'Iliade, déposer les offrandes des femmes troyennes sur les genoux de la déesse qu'elle servait. Ce fut elle, disent quelques traditions, qui livra le Palladium aux Grecs. — Polygnote av ait peint Théano ctens la Lesché de Delphes. — 4. Troyenne, femme d'Amycus, mère de Mimas. — 5. L'une des filles de Scédasus.
théarios ou théorios Surnom d'Apollon à Trézène. Il avait dans cette ville un temple, fondé par Pitthée.
théatrica. Qui préside aux Théâtres.
Divinité romaine, qu'on supposait veiller à ce que les théâtres ne s'écroulassent pas. A la suite d'un accident de cette nature, Domilien fit détruire son temple , situé dans la voie Cornélienne.
thébé. 1. Fille d'Asopus , femme de Zéthus. On donne tour à tour Métope corunne sa mère ou comme sa sœur. — 2. Fiile de Prométhée ; donna son nom à la ville de Thebes , en Béotie. — 3. Fille de Jupiter et d'Io damie; épouse d'Ogygès. — 4. Fille de Cilix et femme de Corybas.
théia. Voy. Thia.
théias- Père de Myrrha. Il était fils de Bélus.
thelpuse. Voy. Telphuse, thelxiépée (Ithelxiépéia). L'une des Sirènes.
thelxixoé. L'une des Muses.
THELXIItOIA. Voy. PRAX1D1CE.
thelxiox. a. Fils d'Apis, père d'JÉgyrus-
— b. L'un des meurtriers d'Apis ; fut tué par Argus.
thémis. 1. Fille du Ciel et de la Terre , épouse de Jupiter, dont elle eut les Heures et les Parques (Hésiode). Tzelzès la dit fille du Soleil. Suivant un scoliaste d'Euripide, elle
fut mère des Hespérides. — Dans Homère, Thémis est la personnification de l'ordre découlant de l'esprit de justice, des usages et des lois : c'est pourquoi on la voit présider aux assemblées du peuple et convoquer les dieux. Elle avait sa demeure dans l'Olympe, et vivait en bonne intelligence avec Junon. — Plus tard on la regarda comme divinité fatidique. Apollon lui succéda dans la possession de l'oracle de Delphes. C'est en la consultant que Deucalion fut instruit des moyens de repeupler la terre. — On agrandit d'ailleurs son domaine en mettant sous sa présidence la sagesse, la science, l'observation des traités, etc. — Thémis avait un temple dans la citadelle d'Athènes, ainsi qu'à Tanagra. A Trézène, on lui avait élevé un autel. Les Thébains l'honoraient conjointement avec Jupiter Agorases et les Parques. Enfin à Olympie, son culte se confondait avec celui des Heures. — On lui donnait les surnoms iïEnboulos 3 bonne conseillère, deSotéira, protectrice, de Fatidica, fatidique. En cette dernière qualité , la mythologie latine la mit en rapport avec Anna Perenna et avec Carmenta. — L'art représentait Thémis suivant l'idéal de Minerve, avec la corne d'abondance et la balance. — - 2. Fille d'IIus et femme deCapys, dont elle eut Anchise.
thémista La même que Thémis.
TnÉMiST agora. Danaïde , épouse de Podasimus.
tiiémistiades. Nymphes de la suite de Thémis. Elles habitaient une grotte située sur les bords de l'Éridan.
THEMISTO. 1. Néréide. — 2. Fille d'Hypsée et femme d'Athamas, qu'elle rendit père de quatre enfants. Voy. Athamas. Un scoliaste d'Apollonius la désigne comme mère de Pbrixus et d'Hellé : elle occupe alors la place de Néphélé. On lui donne encore deux fils, Sphingius et Orchomène, et une fille, Euryclée. — 3. La même que Callisto.
thémistoxoé. Fille de Céyx , femme de Cycnus.
théobule (théoboulé). Amante de Mercure et mère de Myrtile. Voy. ce nom.
THÉOCLYMENE ( THÉOCLYMÉXÈS ). Célèbre devin argien ; il était fils de Thestor, et descendait du fameux Mélampe. Obligé de fuir sa patrie , à la suite d'un meurtre , il se retira à Ithaque , et prédit le prochain retour d'Ulysse.
THÉODAMAS ( THEIODAMAS ). I. Roi des
Dryopes ; ayant refusé l'hospitalité à Hercule, il fut massacré , ainsi que ses sujets, par le héros irrité, qui lui enleva son fils Hylas. Déjanire reçut une blessureldans cette affaire, où elle se comporta avec un grand courage. — Hygin s'est trompé en faisant régner ce monarque à Rhodes. Voy. Taurophoîïos. Diodore le nomme Phylas. Quelquefois on lui donne pour fils Théioménès.
théog amies. Fêtes en l'honneur de Proserpine, et en mémoire de son mariage avec Pluton.
théogxète. Fille de Laodicus et mère de Jason, selon un scoliaste d'Apollonius.
théogoxe. Amante de Mars et mère de Tmole.
théoxoé. 1. Fille de Protée, amante de Canope. On lui donne quelquefois le nom d'Idothée. — 2. Fille de Thestor.
théope. ( théopa ). L'une des filles de
Léos.
théophaxe. Fille de Bisaltès. Comme elle était obsédée par de nombreux prétendants, à cause de sa grande beauté, Neptune, qui l'aimait, la transporta dans l'île de Crinisse. Ses amants l'y suivirent. Alors le dieu des mers transforma la jeune fille en brebis, les habitants de l'île en moutons , lui-même en bélier, et les persécuteurs de Théophane en loups , pour avoir fait main basse sur ce bétail miraculeux. Théophane mit au monde le bélier à la toison d'or.
théopsie. On donnait ce nom aux apparitions subites des dieux , qu'on supposait manifester leur présence surtout lors de quelque fête solennelle.
théores. Sacrificateurs particuliers que les Athéniens envoyaient à Delphes offrir en leur nom à Apollon Pythien des sacrifices solennels.
THÉORIE. VOXJ. DÉLIES.
théories. Qui contemple le monde. Surnom d'Apollon a Trézéne.
théosolr. Premier décan des Gémeaux.
théoxéxies. Fête instituée à Pellène par les Dioscures , en 1 honneur d'Apollon hospitalier ( Théoxénios ).
théoxéxios. Surnom d'Apollon et de Mercure.
théra. Fausse leçon pour Néera. Voy, Néère n° 4.
théragrus. Fils de Clymène; il fut tué par sa sœur Harpalyce. Voy. Clyme>'E.
théramèxe. Nymphe aimée de Cycnus et mère d'Astrée.
théraphim. Sorte de dieux Pénates des Chaldéens.
théraphoxe. Fille de Dexamène , femme d'Eurytus , et raére de Thalpius.
THÉRAPXyEcs. Adoré ou ne à Thérapne.
Surnom d'Hyacinthe, d'Apollon, d'Hélène, des Dioscures.
thérapxe. Fille de Lélex et de Péridie; elle donna son nom à une ville de Laconie , fameuse par la prérogative dont jouissait le temple d'Hélène, qui s'y trouvait : les jeunes filles laides y devenaient d'une beauté merveilleuse.
théras. Lacédémonien , fils d'Autésion et petit-fils de Tisamène. 11 conduisit des Laeédémoniens et des Minyens dans l'île de Calliste , qui prit de lui le nom de Théra.
thérée (théreus). Centaure tué par Hercule.
thé rid amas. Un des chiens d'Actéon.
thérimaque (thérimachos). Un des
flls d'Hercule et de Mégare; son père le tua dans un accès de fureur.
théritas(théreitas). Surnom de Mars, du nom de sa nourrice , Théro. Il avait un temple sur ia route de Sparte à Thérapne : la statue qui représentait le dieu avait, diton , été apportée de la Tauride par les Dioscures.
THERMyEA , thermia- Surnom de Diane à Lesbos.
theiuiésia. Surnom sous lequel Cérès avait un temple a Hermionis.
ïhermios. Surnom d'Apollon à Élis.
thermodon. Dieu-fleuve du Pont, fils de Pontos et de Thalassa. Plutarque parle d'une statue qui le représentait tenant dans ses bras une Amazone blessée.
therîkona. Nymphe qui présidait aux eaux chaudes et aux eaux minérales.
thermutis. Isis irritée et punissant les crimes. Voy. Tithrambo.
théro. i. Nourrice de Mars. — 2. Fille de Phylas. Aimée d'Apollon , elle en eut Chaeron.
thérodamas. Roi scythe « qui nourrissait des lions avec du sang humain.
théroîv. 1. Guerrier latin , tué par Énée.
— ?.. Prêtre du temple d'Hercule à Sagonte..
— 3. Chien d'Actéon.
théroxice. Fille de Dexamène, femme de Ctéatus et mère d'Amphimaque.
T HE RS ANDRE ( THERSAX DROS ). I. Fils
de Sisyphe , père d'Haliarte et de Coronus.
— 2. Fils d'Agamididas , père de Lathrie et d'Anaxandra. — 3. L'un des Épigones, fils de Polynice et d'Argie. Inconnu à Homère, il porte dans Virgile le nom de Thessandrus. Il devint roi de Thèbes, et se rendit avec Agamemnon au siège de Troie. Télèphe lui donna la mort. — Suivant Virgile , il fut l'un des guerriers qui s'embarquèrent dans les flancs du cheval de bois. — Tisamène , son fils, qu'il avait eu de Démonasse, lui [succéda sur le trône de Thèbes. On montrait à Élée son tombeau , où on lui offrait des libations.
thersanOjV. Argonaute, fils du Soleil et de Leucothoé.
THERSIEOQUE ( THERSILOCHOS ). 1. Fils
d'Anténor, tué par Achille. — 2. Troyen , tué en Italie par Turnus.
THERSIPPE (THERSIPPOS).Fils d'AgriuS ;
chassa OEnée du trône de Calydon.
THERSITE ( THERSITÈS ). Leplus lâche
et le plus laid des Grecs venus au siège de Troie. Homère trace ainsi son portrait : « Parleur immodéré , l'esprit fertile en paroles injurieuses, sans cesse avec audace et bravant toute honte, il outrageait les rois, afin d'exciter le rire de la multitude ; ie plus vil des guerriers, il était louche et boiteux; ses épaules recourbées resserraient sa poitrine , et sur sa tête , terminée en pointe , flottaient quelques cheveux épars. » Les reproches adressés par lui aux chefs de l'armée ne* manquent, du reste , ni de justesse ni d'à propos, Aussi Homère n'a-t-il donné à cette
personnification de la méchanceté satirique une forme hideuse , que pour flétrir ces criailleurs éternels dont l'esprit, incapable de s'élever à la compréhension d'une grande idée , se révolte au moindre abus que présente l'exécution. Le rôle de Thersîte est d'ailleurs nécessité par les exigences de l'ait, qui tire ses plus grands effets des contrastes. — Dans le deuxième livre de l'Iliade , on voit Ulysse frapper Thersite de son sceptre. Suivant des traditions posthomériques, ce hideux personnage, ayant arraché les yeux au cadavre de Penthésilée, fut tué par Achille. Son âme passa dans le corps d'une grenouille ou dans celui d'un singe (Platon). — Polygnote avait représenté Thersite , dans la Lesché de Delphes , jouant aux dés avec Palamède.
thésée (thèse l s ). Dixième roi d'Athènes, fils d'Egée et d'Ethra. — I. Enfance du héros. Egée , n'ayant pu avoir d'enfants de ses deux premières femmes , alla consulter la Pythie, dont il reçut une réponse fort obscure. Il la communiqua à Pitthée, roi de Trézène, qui l'enivra et lui livra sa fille Éthra. Lorsqu'Égée quitta cette princesse, il lui recommanda, si elle accouchait d'un fils, qui, parvenu à l'âge viril , fut assez fort pour lever une pierre sous laquelle il avait caché son épée et sa chaussure, de le lui envoyer avec ces signes de reconnaissance. Quelques mois après, Éthra fut mère, et accoucha de Thésée, dans un lieu situé entre Trézène et Hermione , et nommé plus tard Généthlium. On dit que cette princesse avait eu commerce la même nuit avec Neptune et Égée, dans le temple de Minerve. De là le nom de Neptunide donné quelquefois à Thésée. — Pitthée fit élever à sa cour le jeune enfant, qui eut pour précepteurs Connidas et ie fameux Chiron. Après avoir consacré à Apollon les prémices de sa chevelure , Thésée , qui passait chez les Trëzéniens pour fils de Neptune , crut chaque jour en force et en courage. Hercule rendit une fois visite à Pitthée , et quitta sa peau de lion pour se mettre à table : Thésée , apercevant cette dépouille, et la prenant pour l'animal, saisit une hache afin de le combattre. — 1 1. Foyage à Athènes. Éthra ayant découvert à Thésée quel était son véritable père , lui ordonna de prendre les signes qu'Égée avait déposés sous la pierre , et de se rendre à Athènes par mer. Le jeune homme préféra la route de terre, qui était infestée de brigands. Son premier exploit fut la défaite de Périphétès d'Épidaure, dont il garda la massue, comme signe de sa victoire. Parvenu ensuite à l'Isthme de Corinthe, il fit périr Sinnis, et s'empara de sa fille Périgone , Foy. ce nom. La laie de Crommyon , Sciron de Mégare, Cercyon , Procruste, tombèrent ensuite sous ses coups. Lorsqu'il fut sur les bords du Céphise , il se fit purifier par la famille des Phytalides, et se rendit de là à Athènes, où il arriva dans le mois d'Hécatombaeon. La capitale del'Attique était alors troublée par de graves dissensions. Les Pal-
lantides, neveux d'Égée, attendaient impatiemment une occasion de s'emparer du pouvoir. D'un autre côté, la magicienne Médée s'était insinuée dans les bonnes grâces d'Egée, et lui promettait de lui faire avoir un fils. Elle s'efforça d'entraver les projets de Thésée, et essaya même de l'empoisonner; mais le monarque athénien , ayant aperçu l'épée que portait Thésée , le reconnut solennellement pour son fils, et Médée dut s'enfuir. On montrait , dans le quartier Delphinium le lieu où s'opéra cette reconnaissance. — 11 restait a vaincre les Pallantides, qui, trahis par un des leurs, nommé Léos, furent surpris dans une embuscade et taillés en pièces. Thésée dirigea alors tous ses efforts contre le taureau de Marathon , qui ravageait la Tétrapole at- Uque ; il le prit vivant, l'amena dans la ville, et le sacrifia à Apollon Delphinios. — 111. Mort du Minotaure. L'époque étant venue ue payer pour la troisième fois le fatal tribut que Minos avait imposé à l'Attique ( voy. kmdrogée et Minos), Thésée s'offrit à aller i-ombattre le Minotaure , à la mort duquel le tribut devait cesser. Il mit à son vaisseau une voile noire : elle devait être remplacée par une voile blanche, au cas où fl reviendrait vainqueur. Simonide dit que la voile à substituer n'était pas blanche, mais rouge. 11 ajoute que le pilote se nommait Phéréclus. On prétend encore que Thésée reçut .de Scirus un pilote nommé .Nausithaïs, et un matelot, nommé Phéax , pour être à la proue. Le fils d'Égée leur éleva plus tard des monuments à tous deux, dans le port de Phalère. — Avant de s'embarquer, Thésée sacriQa à Apollon Deiphinios, qui lui ordonna de prendre Venus pour guide. Pendant qu'il invoquait cette déesse sur le bord de la mer, une chèvre fut tout à coup changée en bouc : de là le culte de Vénus Épitragia. Arrivé en Crète, Ariane , qui avait conçu pour lui de l'amour, lui donna un peloton de fil, et lui enseigna le moyen de se tirer du labyrinthe; avec ce secours. Thésée tua le Minotaure. En mémoire de sa délivrance , il éleva plus tard un temple à Artémis Sotéira dans la ville de Trézène. Parvenu a rsaxos . il y abandonna Ariane, soit par ordre ue Minerve ou de Bacchus, soit pour ne pas contracter avec une étrangère une union qui eût été mal vue à Athènes, soit enfin qu'il fût amoureux d'.Egla , fille de Panopée. 11 règne la même incertitude sur la destinée d'Ariane. Les uns prétendent qu'elle se donna la mort, d'autres qu'elle épousa Bacchus ou Onarus , prêtre du dieu. Une troisième tradition lui donne deux enfants, OEnopion et Staphylus , nés de Thésée. On rapporte encore que, jetée sur la côte de Chypre avec Thésée , elle y mourut. Le monarque athénien la divinisa sous le nom de Vénus Ariane. Nous passons sous silence les explications des évheraéristes qui reconnaissent deux Arianps. — Avant de retourner à Athènes, Thésée débarqua à Délos, et exécuta dan* le temple d'Apollon , avec les
jeunes gens ravis à la fureur du Minoiaure f une danse qui retraçait les détours du Labyrinthe. Il célébra aussi, dans cette île , des jeux ou , pour la première fois, les vainqueurs reçurent une branche de palmier. — IV. Retour a Athènes. Quand ils furent près de l'Attique^ Thésée et son pilote oublièrent de mettre la voile blanche qui devait être pour Lgee le signe de leur heureux retour. Ce prince, qui crut son fils mort , se précipita du haut d'un rocher et se tua. Après avoir rendu les derniers devoirs à son père, Thésée institLa les Oschophories et les Pyanepsies. dans lesquelles, longtemps après, on portait encore c/i cérémonie l'irésione (branche d'olivier) que le roi d'Athènes offrit aux dieux avant son départ. Dans les Cladophories , le héraut ne portait point de couronne, contrairement à l'usage , et poussait des cris de deuil en mémoire de la douleur de Thésée , privé de son père si inopinément. — Le vaisseau sur lequel Thésée s'était embarqué avec les autres jeunes gens, et qu'il ramena heureusement à Athènes, était une galère à trente rames, que les Athéniens conservèrent jusqu'au temps de Demétrius de Phalère. Ils eu ôtaient les vieil /es pièces , à mesure qu elles se pourrissaient, et les remplaçaient par des neuves qu'ils joignaient solidement aux anciennes. Ce navire , désigné par le nom de Paraiie, portait chaque année à Delos les offrandes de l'Attique. f'og. Délies- — Paisible possesseur du royaume de son père, Thésée travailla à le consolider. Il réunit en un seul corps tous les habitants de l'Attique, et n'en forma qu'une même cité, où toute l'autorité était entre les mains du peuple, ne se réservant que l'intendance de la guerre et l'exécution des lois. 11 fit abattre dans chaque bourg les prytanees et les maisons de conseil , bâtit un prytanée et un palais commun à Athènes, qui lui dut son nom, et institua les Panathénées. Il institua aussi les Métoicia . et éleva des temples à Vénus Pandémos et à Pitho. Les étrangers qu'il avait invités à venir peupler sa ville, y accourant de toutes parts, et y portant la confusion', il les répartit en trois classes ainsi que les citoyens mêmes : ies nobles , les laboureurs, et les artisans. Les premiers avaient soin de ce qui regardait le culte . occupaient les magistratures, et interprétaient les lois. Enfin il reunit à l'Attique le territoire de Mégare . et institua les jeux isthmiques, ou donna plus d'extension à ceux qu'on célébrait en l honneur de Mélicerte. D'autres assurent que les jeux isthmiques furent fondés en expiation de la mort de Sciron ou de celle de Sinnis ; quoi qu'il en soit, Thésée ordonna aux Corinthiens de céder les premières places aux Athéniens qui viendr2ient voir les jeux, et de leur laisser autant d'espace qu'en pourrait couvrir la voile du vaisseau sur lequel ils seraieut venus. — Son œuvre achevée , Thésée abdiqua lu royauté. — Il fit le voyage du Pont-Euxin pour accompagner Hercule dans son expédition contre
les Amazones, et obtint Antiope ou Hippolyte pour prix, de sa valeur. D'autres traditions reportent ce voyage à une époque plus tardive, et prétendent que Thésée enleva Antiope. Suivait l'historien Ménécrate, Thésée, maître d'Antiope, s'arrêta quelque temps à Nicée en Bithynie. Soloon , jeune Athénien, qui l'avait accompagné, devint amoureux de la belle Amazone, et, ne pouvant l'obtenir, se tua. En mémoire de cet événement. Thésée donna le nom de son ami à une rivière du pays, et bâtit sur ses rives la ville de Pythopolis , en l'honneur d'Apollon. — L'enlèvement ou l'abandon d'Antiope, que Thésée répudia pour épouser Phèdre, suivant l'auteur de la Théséide, donna lieu a l'invasion des Amazones en Attique. Ces guerrières indomptables vinrent camper dans Athènes même, et attaquèrent avec courage l'armée grecque , qui, ayant sacriûé à la Peur, les défit complètement. La lutte se termina soit par un traité, soit par la mort des Amazones. De nombreuses preuves semblent attester la certitude de cette guerre singulière. Ainsi , Athènes montrait les tombeaux de celles qui périrent au milieu de la ville près de la chapelle de Chalcodon; à côté du temple de la Terre Olympique, une colonneindiquait le lieu où Antiope fut tuée par Molpadia. Chalcis, qui avait recueilli quelques-unes des fugitives , indiquait comme place de leur sépulture un endroit designé par le nom d'Amazonium. L'alliance même de Thésée avec les Amazones était attestée et par le nom de YHorcomosium ( jurement de l'alliance), où le traité s'était conclu, et par les sacrifices offerts annuellement par les Athéniens aux. mânes de leurs ennemies. A Mégare, on montrait un tombeau d'Amazones, en forme de losange. On voyait encore quelques monuments funèbres de ces femmes guerrières à Chéronée et en Thessalie. Il est difficile de se rendre compte de l idee qui a pu donner naissance au mythe des Amazones (voy. ce nom) : les récits des auteurs >ont trop contradictoires. — On ne sait rien de plus certain sur le nom et le nombre des épouses de Thésée. Hélène , Phèdre , A ntiope , Anaxo, Hippolyte , Péribée , Phérébée, lope , Eglé, apparaissent tour à tour unies au roi d'Athènes par des liens plus ou moins solides. Antiope fut, dit-on, mère d'Hippolyte , aimé de Phèdre, qui donna le jour à Acamas et à Démo- ;>hon. Ces traditions sont trop confuses pour que nous essayions de les débrouiller. — Thésée prit part à la chasse du sanglier de Calydon et à l'expédition des Argonautes. 11 aida Adraste à retirer les corps des guerriers tués au •/icge de Thèbes, et donna asile à OEdipe fugitif. — Pirithous, roi des Lapilhes , jaloux de sa gloire, voulut d'abord le combattre ; mais il devint ensuite son ami , fut secouru par lui dans sa lutte avec les Centaures, et, en revanche , lui prêta son aide dans plusieurs expéditions périlleuses. — Thésée avait déjà cinquante ans lorsqu'il enleva Hélène, qui
n'était pas encore nubile. Quelques écrivains disent qu'elle lui fut confiée par Idas et Lyncée, d'autres par Tyndare, qui craignait l'amour furieux d'Énaréphorus ( Énara>phorus dans Pausanias, et Énarophorus suivant Plutarque). Mais la tradition commune rapportait ainsi les circonstances du rapt : Thésée et Pirithous, étant allés ensemble â Sparte, enlevèrent Hélène pendant qu'elle dansait dans le temple de Diane Orthia , et prirent aussitôt la fuite. Ceux qu'on envoya courir après eux ne les poursuivirent que jusqu'à Tégée. Les ravisseurs, après avoir traversé le Péloponèse, se voyant en sûreté , convinrent de tirer Hélène au sort, à condition que celui à qui elle serait échue aiderait son compagnon à enlever une autre femme. Le sort la donna à Thésée, qui la conduisit à Aphidnes, où il fit venir Éthra, sa mère, pour en avoir soin. Suivant Tzetzès, il la rendit mère dTphigénie. Cette tradition offre quelques divergences; ainsi, selon Pausanias, ce fut Aphidnus qui fut chargé de veiller sur la jeune fille; d'autres la font remettre par Thésée aux mains de Protée , roi d'Egypte. Les Dioscures délivrèrent leur sœur en s'aidant des cabajes de Mnesthée, qui avait soulevé le peuple, pendant que le monarque athénien s'occupait a enlever Coré (Proserpine) à Pluton, pour en gratifier Pirithous. Les deux amis, descendus aux enfers par le promontoire de Ténare, furent saisis, livrés aux Furies, puis délivrés par Hercule. Foij. ce nom et Proserpinl. Rentré dans Athènes après deux ans d'absence, des mouvements séditieux forcèrent Thésée de songer à sa sûreté: il envoya ses deux fils dans l'île d'Eubée, auprès d'Elphénor; en* suite s'étant rendu au bourg de Gargette , il y prononça des malédictions contre les Athéniens , dans le lieu qui porta depuis le nom d'Aratérion; après quoi il s'embarqua pour l'île de Scyros. On dit encore qu'il fut banni par un décret du peuple, à cause de la mort d'Hippolyte , ou qu'il s'enfuit pour éviter la colère des Dioscures. Les traditions s'accordent assez généralement à placer sa descente aux enfers pendant l'invasion de ceux-ei en Attique. — Lycoraède, roi de Scyros, jaloux de sa réputation, ou gagné par Mnesthée , jeta son hôte dans la mer. D'autres disent que Thésée y tomba en se promenant. Mnesthée continua à régner paisiblement dans Athènes , et ce ne fut qu'après sa mort que les fils de Thésée furent mis en possession du royaume de leur père, — Thésée avait été honoré, de son vivant , dans un temple élevé par les Athéniens et desservis par les Phytalides; mais le culte héroïque qu'on lui rendit ne date que d'une époque bien postérieure. Les soldats grecs ayant cru voir son image combattre contre les barbares, à la bataille de Marathon, Athènes commença à se ressouvenir du héros auquel elle devait sa gloire. Plus tard , la Pythie ordonna de recueillir ses os. Personne ne connaissait le lieu de sa sépulture , à Scyros. Ce
fut Cirnon qui le découvrit. Ayant aperçu un aigle qui frappait de son bec un tumulus, il le lit ouvrir, et y trouva le cercueil d'un homme de grande taille, avec le fer d'une pique et une épée. Il chargea aussitôt ces précieux restes sur sa galère , et les porta à Athènes, où on les plaça, au milieu d'une pompe solennelle, dans une enceinte sacrée , dite Théséium , qui eut droit d'asile. Là s'élevait un temple, consacré au héros, et orné de peintures qui retraçaient ses exploits : on y offrait des sacrifices le huitième jour de chaque mois. — L'art plastique des anciens a représenté Thésée à peu près sous les mêmes traits qu'Hercule; seulement, sa forme est moins massive, et sa chevelure moins crépue.
théséides. Nom patronymique des fils de Thésée.
thésidès, théséius. Hippolyte , fils de Thésée.
THÉSIMAQUE ( THÉSIMACHOS ). Fils de
Pisistrate, roi d'Orchomène. Il contribua à la mort de son père, et lui rendit les honneurs divins.
thésimène ( thésiménès). Nommé aussi Tlésimène et Proroachus. Voy. ce nom.
thesmia , thesmophoros. Qui donne des lois. Surnom de Gérés et de Proserpine. Elles avaient des temples sous ce nom à Mégare, à Trézène, à Phénée, etc.
thesmophories. Fêtes en l'honneur de Gérés législatrice. Ces fêtes, d'origine plus ancienne encore que les Éleusinies, se célébraient à Athènes et à Eleusis , et duraient trois ou cinq jours. Elles furent instituées , soit pour représenter divers épisodes du mythe de Gérés, soit en mémoire des biens que les Grecs croyaient devoir à cette déesse , tels que l'institution du mariage, l'invention de l'agriculture, etc. Les femmes seules, et surtout les femmes mariées, avaient droit d'y assister. Elles s'y préparaient pendant neuf jours par une vie pure et chaste : à cet effet, elles s'asseyaient sur des Herbes auxquelles on attribuait une vertu anti-aphrodisiaque, l'ail, l'origan, le vitex, les fleurs de sapin. Le premier jour, elles portaient solennellement d'Athènes à Éleusis les rouleaux sacrés, v6[Jii[xai (Ji'êXoi, Ôscfxoi. Le second jour elles célébraient une fête lugubre (vrj- GTSia). Dans le Thesmophorion d'Athènes , des femmes suivaient pieds nus un char rempli de corbeilles contenant des symboles mystérieux. On se livrait ensuite, pours faire oublier le deuil, à toutes sortes de jeux, qui n'étaient pas .toujours des plus décents. La féte se terminait par des invocations à la déesse, sous le nom de Calligénie. — On célébrait les Thesmophories à Athènes, à Sparte, en Phocide, à Syracuse, àMilet,etc.
thespia. Fille d'Asopus ; donna son nom à une ville de Béotie.
thespiades. i. Nom patronymique des cinquante filles de Thespius ou Theslius, et de leurs enfants. Voy. Hercule. — 2. Sur-
nom des Muses, adorées à Thespies. en Ar-
cadie.
thespiades. Tiphys , pilote de l'Argo. Il était né à Thespies.
thespius ( thespios ). Fils d'Érechthée . roi de Thespies, en Tîéotie. On le nomme aussi Thestius. Il livra ses cinquante filles à Hercule. Voy. ce nom. Les enfants qui naquirent de cette union, excepté neuf, s'établirent en Sardaigne sous la conduite d'Iolas. Une des Thespiades ayant, selon quelques auteurs, refusé de condescendre aux désirs du héros, il l'établit prêtresse de son temple, à Thespies, mais avec l'obligation de conserver toujours sa virginité.
thesprotus (thesprotos ). 1. Fils de Lycaon. — 2. Roi d'Épire; il donna asile à Thyeste et à sa fille Pélopie , qui épousa, à sa cour, Atrée, son propre père. Voy. Atree.
thessalus ( thessalos), i. Fils d'Haemon ; ii donna son nom à la Thessalie. — 2. Souche mythique des Thessaiiens; il était fils de Jason et de Médée, et fut élevé à Corinthe. Après la mort d'Acaste , il vint régner à Iolcos. — 3. Fils d'Hercule et de Chalciope , père de Phidippe et d'Antiphus. Suivant Hygin, Chalciope était sa femme , et non sa mère.
THESSANDRUS. — Voy. ÏHERSAINDRE.
THESTALUS ( TRESTALOS ). Fils d'Hei -
cule et d Épicaste.
THESTIADES. i. VOiJ. THESPIADES. —
2. Nom patronymique des enfants de Thestius, Iphiclus, Althée, Léda.
THESTIUS ( THESTIOS). i.Roi d'Étolie, fils
de Mars ou d'Agénor et de Démonice ou Dendrodice. Sa femme se nomme tour à tour Leucippe, Laophonte et Déidamie. Suivant la tradition vulgaire, il en eut trois filles, Althée Léda , Hypcrmnestre, et quatre fils , Iphicius , Évippus, Plexippe, Eurypyle. Mais on ne s'accorde pas sur le nombre et les noms de ces derniers. Voy. Meleagre. — Thestius donna l'hospitalité à Icarius et à Tyndare; ce dernier reçut de lui la main de Léda. — 2. Voy. Thestius.
thestor. Personnage des temps héroïques , père de Calchas et d'Alcmaon ( Homère ). Il était fils d'Idmon et de Laothoé (Phérécyde). Suivant un scoliaste d'Apollonius , il portait lui-même le nom d'Idmon {savant), que lui avait valu sa science. Hygin lui donne, outre Calchas, un fils nomm'- Théoclymèné, et deux filles, Leucippe et Théonoé. Le même auteur rapporte que la dernière ayant été enlevée par des pirates, et vendue à Icarus , roi de Carie , son père se mit à sa recherche , perdit aussi sa liberté , et tomba de même dans les mains d'Icarus, Leucippe, inquiète sur le sort de son père et celui de sa sœur, consulta l'oracle de Delphes, qui lui ordonna de parcourir le monde , soun les habits d'un prêtre d'Apollon. Elle partit aussitôt, arriva en Carie, où Théonoé devint amoureuse d'elle, et, refusant de répondre a
THI
sa passion , allait périr de la main de son père, esclave d'Icarus, lorsque tous trois se reconnurent. Icarus les renvoya dans leur pays , chargés de présents. — 2. Troyen , fils d'Énops, tué par Patrocle.
thestorides. Nom patronymique des deux fils de Thestor, Calchas et Alcmaon.
thétis. Fille de Nérée et de Doris, épouse de Pélée et mère d'Achille. Suivant Homère, elle habite , ainsi que les autres Néréides, les profondeurs de la mer. C'est là qu'elle accueillit Bacchus fuyant devant Lycurgue, et qu'elle reçut de lui , en retour, une urne d'or. Élevée par Jupiter et par Juuon, elle fut unie par eux à Pélée, malgré ses refus- Mais ce mariage avec un mortel causa beaucoup de chagrin à la déesse , car son époux la rendit mère d'Achille, qu'elle aimait avec tendresse et dont elle connaissait la fatale destinée , sans pouvoir la détourner. On la voit, dans l'Iliade, s'attendrir aux plaintes de ce fils chéri, voler à son secours, lui procurer des armes forgées par Vulcain , et prier Jupiter de lui être favorable. Le maître des dieux écoute ses prières, en dépit de Junon, parce que, dans la Titanomachie, Thétis avait su persuader à Briarée de prêter l'aide de son bras à Jupiter. — Les traditions postérieures relatives à cette déesse se trouvent à l'article Pelée. Il faut ajouter que, suivant l'Iliade et l'hymne homérique à Apollon , Thétis et Eurynome accueillirent dans leurs ondes Vulcain tombé du ciel. Lorsqu'Acbille eut été tué par Pàris , la déesse, affligée, sortit de la mer avec les Néréides , recueillit ses cendres dans une urne d'or, lui éleva un monument, et institua des fêtes en son honneur. — L'épouse de Pélée avait des temples à Sparte, en Messénie , et en Thessalie. Non loin dcPharsale, l'un de ces édifices, désigné par le nom de Thétidion , s'élevait au lieu où , suivant la tradition, Thétis fut guérie d'une blessure que lui avait faite Vulcain un jour qu'elle résistait aux grossières poursuites du dieu forgeron, dont elle implorait l'habileté en faveur de son fils.
theuadas. Habitants des neuf sphères supérieures, suivant la croyance des Siamois.
thia ( théia ). 1. Titanide, fille d'Uranus et de la Terre. Hypérion la rendit mère du Soleil, de l'Aurore et de la Lune. — 2, Fille de l'Océan , mère des Cercopes.
thias. Foy Théias.
thiasotès. Qui se plaît aux danses des Bacchantes. Épithète de Bacchus.
THIASSE. Géant, père de Skada.
thioda3IAJ\teus. Nom patronvmique d Hylas.
THIODAMAS. VOïJ. THE0DAMAS.
thisbé. 1. Nymphe béotienne, qui donna son ncm à une ville du pays. — 2. Jeune Babylonienne, amante de Pyrame. Comme ses parents et ceux de Thisbé s'opposaient à leurs amours , ils se donnèrent un rendezvous hors de la ville , sous un mûrier blanc.