AUX
Autonoé. i. Fille de Nérée et de Doris. — a. Fille de Cadmus et d'Harmonie ; sœur de Poiydore; épouse d'Aristée et mère d'Actëon (Hésiode et Apollodore} ; ou, suivant Pausanias, mère de Polydore. Elle prit part au meurtre de Penthée, fils de sa sœur Agavé, que celle-ci , dans ses fureurs de bacchante , déchira elle-même. De douleur, au spectacle des infortunes de sa famille , elle quitta Thèhes et se retira à Érinée , bourg dépendant de Mégare,où l'on montrait effectivement le tombeau d'Autonoé. Elle reçut, ainsi que ses sreurs , les honneurs héroïques. — 3. Danaïde, épouse d'Euryloque, fils d'Égyptus. — 4. Fille de l'Argonaute Céphée. Voy. Antinoe. — 5. Fille de Péireus. Elle eut d'Hercule Paléinon. — 6. Une des esclaves de Pénélope.
autonome. Une des Néréides.
autonoïïs (autonoos). i. Chef grec, tué par Hector. — 2. Troyen tué par Patrocle.
autopiionos. Thébain, père de Lycophron.
auxésia ( de aO£co). Celle qui donne la croissance au grain semé. Surnom de Proserpine.— D'après une tradition trézénienne , deux jeunes filles, Auxésia et Damia , vinrent de Crète à Trézène , et furent lapidées avec d'autres personnes dans une émeute. Après leur mort elles furent révérées des habitants , comme des divinités. Leur fête se nommait Lithobolia. — Tradition d' Épidaure et iïÈgine. Les champs d'Épidaure étant devenus stériles, les habitants s'adressèrent à l'oracle de Delphes. Le dieu leur ordonna d'ériger à Auxésia et à Damia des statues qui ne fussent ni de pierre, ni d'airain, mais de noble bois d'olivier. En conséquence les habitants d'Épidaure prièrent les Athéniens de leur laisser prendre chez eux un olivier. Les Athéniens y consentirent; mais à condition que chaque année ils sacrifieraient à Minerve ( Athéné Agraulos, celle qui donne aux champs la fécondité) et à Érechthée (le dieu des eaux fertilisantes). Ces conditions remplies, la stérilité cessa. Égine (v. 540 av. J. C.) , s'étant détachée d'Épidaure, sa métropole , les Éginètes dérobèrent à ceux d'Épidaure les statues des déesses, que les deux villes avaient jusque-là révérées en commun, et ils les transportèrent au centre de leur île, dans la district d'OEa , où ils instituèrent des sacrifices, des chœurs et des mystères en l'honneur d'Auxésia et de Damia. Cependant les Épidauriens cessèrent de sacrifier à Athènes. Informés alors du vol des statues consacrées , les Athéniens sommèrent les Éginètes de les rendre, et, sur leur résistance , ils tentèrent de les reprendre de force. Déjà ils avaient passé des cordes àl'entour et se mettaient en devoir de les traîner, lorsque soudain le tonnerre se fit entendre; la terre trembla ; les Athéniens furent frappés de démence et s'entretuèrent. Un seul survécut pour rapporter la nouvelle. Tel était le récit des Athéniens. Suivant les Éginètes , tandis
AVE Gl
que les Athéniens tiraient à eux les statues, elles tombèrent d'elles-mêmes à genoux .posture qu'elles gardèrent dans la suite. Suivant Ottfried Millier, Damia et Auxésia ne sont autres que Cérès et Proserpine. — Une fête nommée Dameia se célébrait à Tarcnte en leur honneur.
auxétès. Celui qui donne la croissance.
Surnom de Jupiter et de Pan.
auxidénos. Celui qui fait abonder la ruse. Surnom de Mercure ( Hésychius).
auxithalès. Celui qui donne l'accroissement à la végétation. Surnom deGé (la Terre), de Cérès, d'Adonis et d'Esculape.
auxitrophos. Même sens que le précédent. Surnom des Nymphes.
auxo. 1. Une des Heures, fille de Jupiter et de Thémis. —2. Ancienne divinité de l'Attique, ayant trait au progrès de la végétation. Pausanias la donne pour une Grâce athénienne (Charis). Elle était invoquée à Athènes dans la formule du serment civique. Voy. HÉ-
GEMONE.
auxoméné. Celle qui croît. Surnom de la Lune.
a va et an a. Divinités des Sépharaïtcs, les mêmes probablement qu'Adramêlech et Anamélech, c.-à-d. le Soleil et la Lune.
aventia. Déesse des Helvétiens.
AVENTINA OU A VENTILE NSI S. Surnom de
Diane et de Minerve . qui avaient des temples sur le mont Aventin à Rome. Celui de Diane avait été bâti par les Romains et les Latins réunis, sous le règne de Servins Tullius. Des cornes de vache merveilleusement grandes et belles se voyaient à l'entrée , et rappelaient l'événement que voici : Un Sabin avait élevé une génisse d'une taille et d'une beauté qui semblaient tenir du prodige. Les devins annoncèrent que l'État dont un citoyen immolerait à Diane cette génisse obtiendrait la domination sur tous les autres. En conséquence le Sabin la conduisit au temple de la déesse sur le mont Aventin pour l'immoler. Mais un prêtre romain lui conseilla d'aller d'abord se laver dans le Tibre. Tandis que le Sabin descendait vers le fleuve, le Romain sacrifia la génisse.
aventinus. 1. Fils d'Hercule et de la prêtresse Rhéa, allié de Turnus. —2. Roi des Aborigènes. Il fut tué et enseveli sur le mont qui prit de lui le nom d'Aventin.
ave rna j uno. La Junon de V Jverne,c'c&là-dire Proserpine, souveraine du royaume des ombres.
averne(avernus); on trouve aussile pluriel neutre Averna ; en grec aornos, de à privatif et ôpvtç oiseau.— Lieu quelconque, caverne, lac, marécage, dont les exhalaisons empoisonnées éloignent ou tuent les oiseaux. Telles étaient, suivant les récits des historiens d'Alexandre, les cavités averniennes d'Adiabène en Mésopotamie. L'imagination des anciens, frappée de la solitude et de la mystérieuse horreur de telles localités, les transforma en
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entrées des enfers. L'Averne d'Italie, l'Averne de Virgile, celui par lequel il introduit Énée dans le royaume des morts, est de tous le plus connu. C'était un lac situé à quelque distance de Naples, aux environs de Pouzzoles et de Baies. Ce lac (le lourd , le silencieux A \ crue des poètes) est entouré de collines. Un sol tout volcanique, des sources d'eau bouillantes qui jaillissent ça et là, de lugubres cavités, des rochers qui se dressent comme de noires murailles, donnent au paysage un caractère profond de tristesse et de mystère. Un peu l>lus loin étaient les champs élyséens et le lac d'Achérusie. Au temps de Virgile, les hauteurs qui forment l'enceinte du lac étaient couvertes d'épaisses forêts, c'étaient les luci avertit consacrés à Hécate. — Longtemps avant Virgile, l'imagination dos Grecs avait fait de ce lieu l'entrée des enfers. Déjà Lycophron place là le Cocyte , le Pyriphlégéton, et les Cimmériens.qni habitent près du lac une ville souterraine, privés à jamais de la clarté du jour. Une tradition bien plus ancienne que Lycophron , et qui se trouve déjà dans Homère, plaçait l'une des entrées des enfers dans l'inconnue et fabuleuse Hespérie. — Le lac formait l'entrée proprement dite des enfers. Les cavités voisines étaient des sortes de soupiraux par lesquels, au rapport de Cicéron, on évoquait les âmes des morts. Les données fondamentales du récit de Virgile ont généralement servi de base aux poètes latins postérieurs, tels que Silius Italicus et Stace. Du reste le nom d'Arerne , de lac d'Averne , désigne dans les poètes, non point toujours l'entrée des enfers, mais souvent aussi les enfers mêmes. De plus, il paraît que l'Averne fut personnifié chez les Romains dans un dieu de même nom, dieu du lac ou des enfers. Servius, en effet, raconte que , le lac ayant été violé sous Auguste, la statue d'Averne se couvrit de sueur, et que les prêtres durent l'apaiser par des sacrifices expiatoires. — Le lac est encore connu aujourd'hui sous le nom de lago d'Averno ou lago di. Tripergola ; à peu de distance on voit les ruines d'un temple d'Apollon, ainsi que la grotte dite delà Sibylle de Cames. L'empereur Auguste fit joindre par un canal de communication le lac d'Averne au lac Lucrin, et celui-ci à la mer. Ce canal a entièrement disparu. Du reste, le tremblement de terre de i538 a bouleversé toute cette localité. Voy. Aorxos.
A\ ERBCNCUS OU AVER BUIS C ANUS. Celui
qui détourne les calamités (de averruncare, détournerj. i. Divinité romaine protectrice des champs. — 2. .Surnom des autres divinités en tant que protectrices. Voy. AroTRor-Es.
vyistepor. Celui qui stupéfie les oiseaux . Surnom de Priape, dont l'image placée dans les vignobles et les jardins, servait d'èpouvanlail contre les oiseaux.
axées. Fils de Clymène, roi des Orchornéntens.
axiéros. Fille de Cadmilos; l'un des trois
Cabires de Samothrace. Suivant le scholiaste d'Apollonius, ce nom désigne Cérès. Voy. Cabires.
axiocersa et AxiocERSos ( Troserpine et Pluton). Cabires de Samothrace. Voy. Cabires.
axioché. Nymphe. Elle eut de Pélops Chrysippe. Voy. Atrée.
axiox. 1. Fils de Phégée de Psophis, et frère de Téménus et d' Arsinoé (ou Alphé ibée). Axion et Téménus sont les mêmes qu'A?énor et Pronoûs. Voy. ces noms. — 2. Fils de Priant, tué par Eurypile, fils d'Évémon ( Pausanias).
amopoexos. La vengeresse. Surnom sous lequel Hercule éleva à Sparte un temple à Minerve après avoir vengé la mort d'OEnos sur ses meurtriers. Hippocoon et ses fils.
axios. Dieu fleuve de Macédoine. Il eut de Péribée Pélégon, qui fut père d'Astéropée.
axiothée. Épouse de Prométhée, et mère de Deucalion. Voy. Prométhée.
axitÈs. Surnom de Bacchus à Hérée, en Areadie.
AXUB.Le même qu'Anxurus.
axilos , d'Arisbé, en Troade ; fils de Teuthranus, tué par Diomède an siège de Troie.
azax. Fils d'Arcas et de la nymphe F.rato, frère d'Aphidas et d'Élatus, père de Clitor. Le canton dont il avait hérité de son père prit de lui le nom d'Azanie. A sa mort on célébra des jeux funèbres, dans lesquels eurent lieu les premières courses.
azéidès. Nom patronymique d'Actor fils d'Azeus.
azer. t. Le feu adoré des mages. — j- 2. Un des attributs de Dieu.— 3. L'ange qui préside au soleil. — 4. Idole que le père d'Abrah am adorait, selon les Arabes.
azésia. 1. Surnom de Proserpine. — 2 Surnom de Cérès. On suppose qu'il dérive de ocÇodvîiv, sécher les fruits de la terre, ou de Çr,T£Ïv, chercher.
azeus. Fils de Clyraénus, d'Orchomène; frère d'Erginus, de Stratius, d'Arron, et de Pyléus; père d'Actor et aïeul d'Astioehe. Il marcha avec ses frères contre Thèbes pour vengerla mort de Clyménus, tué par les habitants de cette ville pendant la fête de Neptune.
azoxes 'AZONi). Servius nomme ainsi les dieux qui n'étaient pas fixés à une région particulière des cieux et qui étaient partout révérés.
azoros. Pilote du navire Argo et fondateur de la ville pélasgique d'Azoros, selon Hésychius.
azourcheb. i. Le plus grand de tous les Anges, selon les traditions des mages, et celui qui préside au feu. — 2. Temple construit dans la ville de Balkh par le roi Gouchasp, et détruit par Alexandre.
azbaël ou azr vil. L'Ange de la mort dans la mythologie maliométane, et celui qui reçoit les âmes des mortels à leur dernier soupir.
BAA
BAC
baal, beel ou bel. Le dieu principal des Assyriens, des Phéniciens, des Carthaginois, des anciens Chananéens , et généralement des peuples sémitiques de l'Asie occidentale. Le nom de Baal signifie maître ou seigneur. Suivant les lieux , les temps et l'intelligence de ses adorateurs, c'était l'être suprême , le dieu par excellence, ou le soleil, ou bien encore une planète, tour à tour ou peut-être simultanément. Dans la cosmogonie chaldéenne dcBérose, c'est Bel qui divise en deuxûmorca et produit par là le ciel et la terre. Dans la légende phénicienne de Sanchoniaton, il apparaît comme fils deCronus. Les anciens l'identifient les uns avec Cronus ou Moloch, les autres avec l'Hercule tyrien. Ses fêtes étaient souillées, dit-on, par de honteuses pratiques et par le sang des victimes humaines. Les Israélites se laissèrent plus d'une fois aller à ce culte, comme on le voit par les admonestations que leur adressent les prophètes. — Ce substantif et son pluriel Baalim s'emploient absolument, dans le style biblique, pour désigner les dieux des païens. — Le nom de Baal se retrouve comme base dans divers noms de divinités sémitiques dont l'essence est peu connue. Voy. les articles suivants.
baalath. Nom générique de la divinité à Carthage , ou , suivant d'autres , forme ou flexion de Baal.
baal-béritb. Seigneur de l'alliance. Divinité des Phéniciens , selon Banier. Baal-Bérith avait un temple et une statue à Sichem. D'autres écrivent Baal-Béryte , c'est-à-dire Seigneur ou patron de Béryte.
baal-gad. Seigneur de la fortune. Div inité phénicienne, la même que la Bonne Fortune des Grecs et des Romains. BaaI-Gad était particulièrement révérée dans la ville de même nom , située au pied du mont Hermon , dans la Palestine. Des mythologues l'identifient avec la lune.
baal-méon. Divinité syrienne adorée dans la ville de la Palestine qui porte le même nom.
baal-pharas. Seigneur du mal. Divinité syrienne, dont l'existence est contestée.
BAAL-PÉOR, BAAL-PIIÉGOR OU BELPHÉ-
gor. Divinité des Moabites, des Madianites et des Ammonites, à laquelle les Israélites, comme on le voit dans l'Ancien Testament portèrent souvent un hommage adultère. Selon Suidas et plusieurs Pères de l'Église , c'était Cronus même ( ou Baal) , ainsi appelé du mont Péor ou Phegor, où l'on célébrait des mystères en son honneur. Suivant d'autres, ce serait au contraire la divinité qui aurait donné son nom à la montagne. C'est le sentiment de D. Calmet , qui, décomposant le nom de Péor ou Phégor, y retrouve le dieu égyptien Hortis. Suivant Sclden, Baal-Péor serait le dieu des enfers et l'analogue d'Anubis, D'autres
l'identifient avec Priape, et le considèrent comme le symbole de la force productrice.
bxalsemes. Seigneur des cieux. Divinité phénicienne et carthaginoise. D'après Sanchoniaton, ce serait le soleil.
baal -th ares. Divinité protectrice de la ville de Tarse.
ba.vltis ou beltis. Déesse des nations syriennes et phéniciennes particulièrement adorée à Byblos. La même qu'Astarté, selon quelques mythographes; sœur d'Astarté et femme de Saturne , suivant Sanchoniaton.
baal-tsephon. m Dieu sentinelle. Nom d'une idole que les Égyptiens avaient placée dans le désert pour arrêter les Hébreux.
BAAL-ZÉBOUB OU BAAL-SEBOU B. Foy .
Beel-Zébub.
baarder-SjV.efells-aas. Géant et sorcier célèbre dans les fables de l'Islande.
baau ou baaut. La Nuit primordiale, suivant Sanchoniaton. Elle figure avec Colpyah ( le vent, le souffle de l'esprit) au début de la cosmogonie phénicienne.
bab. Père. Le feu, considéré comme père et principe de toutes choses , chez les Parses.
babactès. Surnom de Bacchus.
babia ( myth. syr. ). Divinité particulièrement honorée à Damas, et que Selden regarde comme la déesse de la jeunesse.
babylon. Fils de Bélus et fondateur de Babylone.
babylon. Nymphe aimée d'Apollon , dont elle eut Arabus.
babys. Frère de Marsyas. Apollon se disposait à le traiter comme son frère , mais Minerve ayant intercédé en faveur de Babvs , il lui fit grâce.
BACCHANALES (BACCH AiVALI A ). Fêtes de
Bacchus en Italie, et notamment à Rome, Importées de la Grèce, elles ne différaient point pour le fond des Dionysies Grecques. Elles se célébraient pendant la nuit, avec des transports délirants , au bruit des tympanons et des cymbales phrygiennes : à l'origine, les femmes seules avaient droit d'y prendre part. Mais dans la suite , vers l'an de Rome 556, des hommes (Campaniens ou Étrusques la plupart) y furent admis , et introduisirent l'enivrement des festins. Les Bacchanales donnèrent lieu alors à d'affreux désordres. Enfin le sénat, par un décret d'une sévérité salutaire, abolit toutes ces honteuses fêtes, l'an de Rome 506, sauf quelques anciennes pratiques, qu'il laissa subsister. — Les Bacchanales furent de nouveau célébrées sous les empereurs, et avec des excès plus monstrueux que jamais. — Voy. Liberalia et Dionysies.
bacchantes , prêtresses de Bacchus. On désignait sous le même nom les femmes laïques qui, voulant célébrer les fêtes du dieu, se modelaient sur les Bacchantes. Toutes ensemble couraient les rues pendant la nuit,
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demi-nues et seulement couvertes de peaux de tigres ou de panthères légèrement filées sur les reins avec des ceintures de lierre et de pampre; elles étaient armées de thyrscs et aussi parfois vêtues de la bassaris et de la crocote, tuniques légères et transparentes comme la gaze. Quelques-unes, éehevelées, portaient des flambeaux allumes , poussaient des hurlements, et se répandaient dans les campagnes, gravissant les monts, errant le long des fleuves et à travers les bois. A leurs cris se mêlaient les sons des flûtes , des cymbales, des tambours et des grelots attachés à leurs vêtements. — Primitivement , les Bacchantes devaient être des vierges et garder la chasteté qui présidait à ces fêtes ; mais la plus grande licence fit bientôt dégénérer l'accomplissement des rites orgiaques en de grossières orgies.
DACCii v\ts. On donnait ce nom aux prêtres de Bacchus et aux hommes qui, déguisés en satyres et en faunes, suivaient les Bacchantes, les uns à pied, les autres montés surdesàncs, traînant après eux des boucs ornés de guirlandes, pour les immoler à Bacchus.
baccheios, le dieu bachique, surnom sous lequel Dionysos était adoré à Sicyonc et à Corinthe; sa statue était de bois, dorée en partie , et avait la face colorée de rouge (Pausanias).
bacchémox , fils de Persée et d'Andromède.
bacches, génie étrusque, disciple de Tagès, qu'il représentait et dont il devait continuer la doctrine.
bacchétis. — Voyez Begoë
bacchie, fille de Bacchus; sa mère est inconnue. Quelques mythologues faisaient descendre les Bacchiades de Corinthe, de Bacchus par Bacchie.
bacchus (en grec dioxysos, dieu de Nysa), le jeune et beau dieu du vin, fils de Jupiter, suivant les traditions les plus générales, qui ne s'accordent nullement sur le nom de sa mère. Les opinions populaires, rassemblées par Diodore, le font fils de Sémélé, de Cérès, ou d'Argé, ou d'io ; le maître des dieux peut encore l'avoir eu de Proserpine ou d'Isis. D'autres auteurs le font fils de Léthé; Philostrate lui donne pour père Indus, et une tradition, dont nous allons reparler, Ammon, qui l'eut d'Amalthée. Le lieu de naissance du dieu est aussi peu certain que le nom de sa mère ; il est transporté, suivant les traditions locales , de Thèbes aux Indes, en Libye, en Crète, à Dracanum, à Naxos, à Élis, à Éleuthère, à Téos. Une telle confusion a donné lieu à Cicéron et à Diodore de distinguer trois et même cinq Bacchus différents ; mais cette opinion, qui prend sa source dans un grossier evhémérisme, n'a pas de valeur réelle ; les transformations successives et les nombreuses variantes qui se rencontrent dans le mythe du dieu sont dues sans doute au
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génie des différents peuples qui adoptaient le nouveau culte; elles ne sont que des faces diverses de la même idée primordiale. — Suivant la tradition la plus populaire, Bacchus eut pour mère Sémélé. Celle-ci ayant péri avant que son fils fût né, Jupiter sauva l'enfant, et l'enferma dans sa cuisse, où il resta tout le temps que sa mère aurait dû le nourrir dans son sein. Apollonius dit que ce fut Mercure qui préserva le jeune enfant des flammes, et une autre version qu'il dut son salut à la nymphe Dirce, fille du fleuve Achéloùs. — Remis à Mercure ou a Proserpine, ou encore à Rhéa par Jupiter , Bacchus fut confié aux soins d'Ino etd'Athamas, qui reçurent ordre de l'élever à Orchomène sous des vêtements de fille. Pausanias nous a conservé une tradition suivant laquelle ce ne serait pas ainsi que le jeune dieu serait parvenu entre les mains d'Ino. On racontait à Brasies, ville du Péloponnèse, que Cadmus, informé des amours de sa fille Sémélé, la fit enfermer dans un coffre avec son enfant et jeter à la mer. Le coffre ayant été poussé par les flots sur les côtes de Brasies, les habitants trouvèrent la mère morte; mais l'enfant respirait encore, et fut emporté par Ino, qui l'éleva dans une grotte. La plaine où l'on avait trouvé le coffre conserva le nom de Jardin de Bacchus. La tradition qui le fait fils d'Ammon et d'Amalthée dit que. son père, ayant peur de Rhéa, cacha l'enfant dans une grotte à Nysa. Cette vil/e était située dans une des îles du lac de Triton. Ammon remit l'enfant à Nysa , fille d'Aristée, qui fut gouverneur de Bacchus, et Minerve se chargea de le protéger. La jalouse fureur de Juno.u força Jupiter de changer son fils en bouc ; il le confia à Mercure, avec ordre de le remettre aux nymphes de Nysa , qui l'élevèrent dans une grotte, et durent plus tard à la reconnaissance du dieu d'être placées parmi les astres (Voy. Hyades}. Au nombre des nourrices de Bacchus figurent Bromie et Bacché ; Mystis l'instruisit dans les mystères ; les Muses, les fleuves, les Lydiœ, ies Bassarae, contribuèrent à son éducation, qui, suivant Diodore, fut commencée à Naxos parles nymphes Philia, Koronis et Cléis. Dans Apollonius, c'est Macris, fille d'Aristéi, qui reçoit Bacchus des mains de Mercure et le nourrit de miel dans une grotte; puis, poursuivie par Junon, elle se réfugie à Schérie chez les Phéaciens. DansNonnius, les Curetés et les Corybanles l'élèvent en Eubée. Enfin une tradition , conservée chez les habitants de Patras, le fait élever à Mesatis, où les Pans cherchèrent à le faire périr. La confusion produite par ces versions différentes s'augmentera encore si l'on remarque que , Bacchus ayant été confié aux nymphes sur le mont Nysa en Thrace , ce lieu de naissance a varié suivant les pays que le dieu a parcourus : on trouve des monts de Nysa dans toutes les localités où le culte de Bacchus et la culture de la vigne avaient pénétré. -
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Formé par Silène, ou par Arutée, à la verta et a l'amour de la gloire , il fut frappé, au début de son adolescence, d'une sorte de folie par la haine de Junon. — Suivant Hygin , il alla consulter l'oracle de Dodone; un marais entravait sa marche , il le passa sur un âne, qu'il plaça ensuite parmi les constellations ou auquel il accorda le don de la parole. L'âne parait ainsi , dès le début, au mythe de Bacchus; c'est un âne qui sert de monture à ce dieu lorsqu'il combat les Titans, qui s'effrayent de la voix insolite de l'animal ; enfin Silène est toujours représenté monté sur un âne. Il parcourut ensuite tout l Orient ; en Egypte , on le voit accueilli par le roi Protée ; en Syrie, il lutte contre Damascus, qui s'oppose à l'introduction de la culture de la vigne.- vainqueur de son rival, il continue sa course vagabonde, traverse le Tigre sur un tigre que Jupiter lui envoie (Ps-eudo-Plutarque, de Flum) , \etie un pont sur l'Euphrate, et commence à fonder la civilisation des contrées indiennes. — Dans cette expédition mémorable, les nymphes, les fleuves et Silène formaient son cortège particulier, qui était grossi d'une troupe innombrable de Pans, de Eaunisqucs, de Satyres, de Curètes, dont Nonnus donne la nomenclature dans ses Dionysiaques (livre III). Bacchus ne trouva pas partout un accueil favorable. Ainsi Myrrhanos et Deriades, avec ses trois généraux Blemys, Orontes et Oryandes, combattirent contre lui. Mais le dieu fut vainqueur; il enseigna aux Indiens l'art de cultiver la vigne, leur apprit à honorer les dieux , et leur donna des lois. Le poëme que Nonnus a composé sur cette conquête de l'Inde n'a qu'une médiocre valeur mythologique; le poëte donne sur les phases de cette expédition une foule de détails qui sont évidemment de son invention et ne sauraient figurer ici. — On voit ensuite Bacchus apparaître en Phrygie, auprès de Cybèle ou de Rhéa, qui lui donne un vêtement pur, et rin'tie aux mystères. Puis, il combat les Amazones à Panaema, fait un grand carnage de ces femmes guerrières. Suivant une autre tradition, il fit au contraire alliance avec les Amazones , qui l'aidèrent à vaincre Cronos et les Titans, par lesquels Ammon avait été dépouillé de son royaume de Libye. Cette même tradition se représente sous une autre forme , on ne sait à quelle époque de la vie de Bacchus; le combat se passe au ciel , et les Titans , orgueilleux adversaires de Jupiter, fuient devant Bacchus. — Transporté en Ibérie , Bacchus y laisse le gouvernement du pays à Pan (Pseudo- Plutarq.). Il enlève Adonis à Chypre. — Revenu en Thrace, et poursuivi parle roi Lycurgue, il se sauve dans la mer auprès de Thétis , à laquelle il donna, pour prix de son hospitalité, une urne d'or, don de Vulcain (Homère). Toutes les Bacchantes et la troupe des Satyres qui l'avaient accompagné furent enfermés par ordre de Lycurgue; les Bacchantes furent bientôt libres, cependant. En punition de ce forfait impie , la contrée fut frappée de
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stérilité, et Lycurgue, devenu insensé, tua lui-même son fils Dryas. L'oracle ayant déclaré que le pays ne recouvrerait sa fertilité qu'à la mort du roi , les Édonéens conduisirent Lycurgue sur le mont Pangéon, et l'y enchaînèrent. Bacchus le fit fouler aux pieds des chevaux. Mais Diodore raconte cet épisode de la vie du dieu tout différemment. Avant de revenir en Thrace , Bacchus avait ^it alliance avec Lycurgue, et envoya ses Bacchantes en avant-garde. Le perfide monarque les ayant fait massacrer, Bacchus arriva, enflammé de colère , à la tête de son armée, défit les Thraces, et mit en croix leur roi Lycurgue. Il donna ensuite la souveraineté du pays à Tharops, qui lui avait montré le plus grand dévouement, et lui enseigna l'orgiastique , c'est-à-dire les sacrifices et les cérémonies qui, dans les fêtes bachiques, devaient figurer l'exaltation (ôpyy)) du dieu du vin. — Après avoir vaincu les Thraces, il se tendit à Thèbes, où il enjoignit aux femmes de quitter leurs maisons et d'aller célébrer une fête bachique sur le Cithaerou ou le ramasse. Ayant fait connaître sa divinité aux Thébains, par la catastrophe de Penthée, il passa à Argos, et, les habitants de la ville refusant de l'honorer, rendit furieuses les mères, qui déchirèrent et dévorèrent leurs enfants. Suivant Pausanias, arrivé des îles de la mer Egée à Argos, avec une nombreuse suite de femmes, il eut à soutenir une lutte contre Persée, qui tua une grande quantité de Bacchantes. Quand la querelle de Persée et de Bacchus fut apaisée, les Argiens honorèrent le dernier comme un dieu, et lui élevèrent un temple. L'un de ces temples était dit temple du Bacchus Cretois, parce que Bacchus y avait enseveli Ariane la Crétoise, sa bienaimée. Une vieille tradition, issue des mystères lernéens , dit, à propos de cette querelle entre Persée et Bacchus, que le premier tua le dieu, et jeta son cadavre dans le lac de Lerne. Nous retrouverons plus tard quelquesuns de ces récits qui montrent Bacchus soumis à la loi de mortalité. — En se rendant d'icaric à Naxos, sur un vaisseau tyrrhénien , il changea en dauphins, à Texeeption d'Acetès les matelots, qui voulaient le vendre, ayant pris lui-même pour le combat 1 forme d'un lion. Les filles de Minée , qui avaient méprisé son culte, furent aussi sévèrement punies. Voy. MinÉides. Du reste, si la fable montre ce dieu jaloux des honneurs qui lui étaient dus et punissant sévèrement ceux qui osaient les lui refuser, elle le montre aussi plein de bienveillance pour ceux qui l'aiment et l'honorent fidèlement. Les Hyades, Penée, Icarins, éprouvèrent sa générosité. — Après avoir révélé sa divinité aux hommes , et leur avoir enseigné à l'adorer, Bacchus alla chercher sa mère dans les enfers, lui donna le nouveau nom de Thyone, et l'enleva avec lui au ciel ( Apollodpre ). Les Trézéniens montraient, dans le temple de Diane Soteira, le lieu par où Bacchus avait ramené Sémelé sur la
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lerre. D'après la tradition argienne, au contraire , il avait suivi le chemin qui lui avait été indiqué par Polymnus, et était sorti des entrailles de la terre par la mer d'Alcyon. Celte descente aux enfers se présente différemment dans une autre tradition. Tué par les Titans, en défendant les dieux, il subit trois jours la loi de mortalité. Minerve prit sa tète encore palpitante, et la porta à Jupiter, qui , recueillant ses membres les uns après les autres, rendit la vie à son lils. Quelques mythographcs disent que ce fut Cérès qui le ressuscita ; mais ces récits n'appartiennent nullement à la haute antiquité, quij ne connaissait pas le Bacchus lacchos , Hyes, Attes , Sabos , Sabazios,Zagreus ; ils proviennent du mélange des cultes phrygien et lydien avec le culte grec, et des interprétations orphico-mystiques des anciennes cérémonies. — Les traditions donnent un grand nombre d'enfants à Bacchus, parmi lesquels on remarque Phanos et Staptnlos; .Narcéus, qui lui présenta les premiers sacrifices; Déjanire, fille d'Althée, et Priape, qu'il eut de Vénus. Il eut encore de Chthonophyle Phlius , Carraon d'Alexirae, Telète de Nicée et Médos d'Alph&sibée. Enfin quelques auteurs lui donnent lacchus, né (l'Aura ou de Cérès, Méthé et Charis. Après avoir possédé Erigone, Bacchus s'unit à Ariane dans L'île de Naxos , suivant la tradition la plus commune; il eut d'elle OEnopion, Évanthc et Staphylos. — Cet ensemble de traditions relatives à Bacchus n'a aucun caractère d'homogénéité ; chaque âge , chaque pays a ajouté quelque trait à la biographie du dieu. 11 faut remarquer que tous les mythes qui se rapportent à un culte mystérieux de Bacchus sont postérieurs aux chants homériques. Dans Homère, Bacchus ne paraît pas comme une des divinités supérieures, et le poète ne fait aucune mention de son séjour dans la cuisse de Jupiter et de ses orgies mystérieuses; c'est le dieu qui enseigne aux hommes à préparer la liqueur enivrante de la vigne, d'où lui vient son surnom de Mainomenos (l'ivre). Un endroit de l'Odyssée (n,325) désigne la Crète comme le lieu où il était honoré. Cependant le culte de Bacchus s'étendit avec la culture de la vigne ; les traditions du Dionysos tbrace et du dieu thébain se réunirent; les orphiques augmentèrent toujours les solemnités mystérieuses de leurs fêtes, et, après l'expédition d'Alexandre, les récits populaires étendirent jusqu'aux Indes le cercle des voyages du dieu, dont les fêtes prirent un caractère de plus en plus sauvage» et dissolu. Mais, au milieu de toutes ces différences, Bacchus apparait toujours en opposition avec Apollon, comme dieu-nature; il est l'emblème de cette force, de cette puissance génératrice qui féconde-la nature et dont le vin est le symbole. Comme dieu du vin, Bacchus est le dieu qui donne la jotei qui fait naître les plaisirs, qui chasse les soucis loin des hommes (Pindare); il est aussi dieu inspirateur et inséré, dieu-oracle,
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et partage, à Delphes, tous les privilèges d'Apollon. Il avait encore un oracle en rnraee. La prescience étant étroitement liée avec l'art de guérir, Bacchus est, comme Apollon, iatromantis , devin-curateur, et iatros ou hygiates : à Amphiclée, en Phocide, il possède un temple où les malades viennent l'implorer; il indique aussi, en songe, des moyens de guérison à ceux qui souffrent Comme dieu-agricole, les fleurs, les fruits', les arbres, et surtout Ja vigne, sont sous sa protection. 11 enlève à Cérès, avec laquelle il a plusieurs points de ressemblance , l'honneur d'avoir découvert la charrue, le miel, institue l'agriculture, et apparait même comme pâtre ; les grossiers habitants de la campagne lui doivent leur civilisation. Bacchus est encore invoqué comme dieu de l'art tragique, comme protecteur du théâtre, les chants dithyrambiques, en honneur dans ses fêtes, ayant donné naissance au drame. Plusieurs divinités avaient une étroite connexion avec le beau dieu de Nysa; un autel commun à Bacchus et aux Grâces s'élevait à Olympie. « Viens , héros Bacchus , aecompagné des Grâces », s'écriaient les Eileens en invoquant le dieu. Cérès , Cora , Vénus , Diane , Sémélé , Ariane, Ino, tenaient aussi à son culte par quelque endroit. Le culte orgiaque de Bacchus avait son siège originaire en Thrace ; de là il gagna l'Hélicon , le Parnasse , Thèbes , Naxos, la Grèce entière, la grande Grèce et la Sicile. Il faut distinguer ces différents âges, et ne pas confondre les premières fêtes rustiques avec les cérémonies postérieures, qui, se célébrant la nuit, suivant certains rites mystérieux, laissèrent bientôt place à la plus grossière débauche. « Autrefois »s dit Plutarque, « on célébrait la fête de Bacchus avec des formes simples, qui n'excluaient pas la gaite ; on pertait en tête une cruche pleine de vin et couronnée de pampres ; puis venait un bouc soutenant un panier de figues, et enfin le phallus, symbole de la fertilité : mais aujourd'hui tout cela est tombé en désuétude et. oublie ». — Il y avait diverses sortes de fêtes, dont le nombre et les cérémonies varièrent suivant les temps et les lieux. On comptait les grandes Dionysiaques ou Anthesteries, les petites Dionysiaques rustiques, les petites Dionysiaques urbaines, et les Dionysiaques triétériques, qui se célébraient tous les trois ans. Les Lenéennes furent les premières en vogue, et la tradition s'en conserva sous le nom de vieilles Dionysiaques, pour les distinguer des nouvelles rurales , qui remplacèrent les lenéennes. Ceiles-ci devinrent triennales, et prirent le caractère de mystères. Les grandes Dionysiaques, ou Anthestéries, ne furent instituées qu'en dernier lieu , lorsqu'on voulut réunir par un lien commun la ville et les champs dans l'adoration du même dieu. — Les fêtes de Bacchus reçurent divers noms, d'après les lieux où elles se célébraient et les cérémonies qui en faisaient partie. Ainsi, le«
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Arcadiques étaient les Dionysiaques célébrées en Arcadie; les Éleuthéries ou Liberalia désignaient un snrnom du dieu, Élcuthère en grec, et Liber en latin. Les Lampteries, les Orgies, les Nyctélies, indiquaient la procession des torches, l'enthousiasme frénétique des célébrants et l'heure nocturne choisie pour les cérémonies les plus saintes ; les Iopacchies étaient ainsi nommées des cris : Io Bacche, répétés pendant certaines cérémonies. — Parmi les sacrifices qu'on offrait à Bacchus, figurent, dans les premiers temps, des sacrifices hamains, comme on le voit dans l'oracle dodonéen de Patras, ainsi qu'à Chio et à Ténédos; mais cet usage barbare fut remplacé plus tard par la flagellation. On substituait aussi des animaux aux victimes humaines; c'était le bouc qui paraissait le plus fréquemment dans ces cérémonies sanglantes ; d'autres fois, on n'offrait au dieu que d6s fruits et des libations sans vin , niphalia. La vigne . le lierre, le pin , le laurier, l'asphodèle lui étaient consacrés, et, parmi les animaux, le dauphin, le serpent, le tigre, le lynx, la panthère, l'âne. La chouette était regardée par Jes sectateurs du culte orgiaque comme un oiseau ennemi, parce que ses reufs avaient la vertu d'inspirer à ceux qui en mangeaient dans l'enfance de l'aversion pour le vin. — Voici quels sont les nombreux surnoms de Bacchus Aigobolos , qui change le sacrifice humain en sacrifice de bouc; Aisyrnnetès , le seigneur; Agrionios, l'agrionien ; Ampelophytor, qui plante la vigne; Acratophoros , qui donne le vin pur; Anthens ; Amphietès , ayant des révolutions comme l'année aux formes diverses ; Anthios ; Areus; Axitès ; Bacchus; Baccheios ; Baccheus ; Balios; Brisaios; Bassareus; Bromios , le frémissant; Bous, Boulisros ; Choréios; Chrysocomès ; Dasyllios; Dendritès ; Dithyrambos ; Dithyrambogenès ; Dlmetor; Dyalos; Enorchès ; Eurychaitès ; Eleuthereus ; Evios ; Eubouleus; Gorgyieus; Abrocomès ; Isodaitès , Krcsios ; Keratophuès ; Kalydonios ; Kadmeios; Kissas; Kolonatas ; Lysios ; Lump ter ; Leucyanitès; Lyaios, qui dissipe le chagrin ; Limnaios; f Acuités; Lenaios , le pressureur; Laphystios ; Melanaigis ; Meilichios ; Methymnaios; Melpomenos ; Mesadeus; Mystes ; Mitrèphoros ; Nyctelios ; Nysios , Omadios , l'anthropophage: Ortkos , qui se tient droit. (C'était disait-on, Amphitryon qui trouva la manière de tempérer la force du vin en y mêlant de l'eau; il érigea un autel à Bacchus qui ne chancelle pas, Orthos); Psilas , l'ailé ; Phallen; Priapos ; Pogonitès ; Katapogon, le barbu; Polit.ès; Patrôos ; Pseudanor; l'heleus ; Saotes , le libérateur; Sabazios ; Sphaltès , le trompeur; Thriambos ; Trigonos , aux trois naissances, comme fils de Sémélé, de Jupiter, de Proserpine; Thesmophoros , le législateur; Telelos , l'adulte; Thyonidas, Tauromorphoù, Bongenès, Dikercis, Tauroicros , Taurometopos t le
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Bacchus-taureau. — Chez les Latins, il porte les surnoms de Frugifer, Corymbïfer, racemifer, Nyseus, Thyoneus, Lenœus , Liber, Nyctelius, Éleleus, Evan, Coihurnatus,iïocturuus. — Les plus anciennes images de Bacchus le représentent comme un Hermès; à Naxos, sa statue représentait la tète seule du dieu. Plus tard il apparaît sous quatre formes : — 1° Sous les traits d'un enfant, quand Mercure le confie à ses nourrices ou que les Satyres et les Bacchantes se prêtent à ses jeux. — 20 Sous la forme du dieu barbu et viril , c'est le Bacchus désigné communément sous le nom de Bacchus Indien. Il a le port sage et noble d'un conquérant oriental. Sur la riche chevelure qui tombe en boucles élégantes , repose un large diadème. Ses traits sont doux et calmes, sa barbe longue et laineuse; il est revêtu de l'ample Bassara lydienne. — 3° Le Bacchus juvénile ou thébain; cette forme presque féminine le représente sous les traits de la jeunesse et de la beauté dans tout son éclat. Sa tête est couronnée de grappes de raisins et de lierre; il tient d'une main le thyrse, et de l'autre des raisins ou une coupe; tantôt nu, tantôt les épaules couvertes d'une peau de panthère ou de faon; par la mollesse et la grâce de la pose, l'expression tendre et mélancolique du regard, le Bacchus qui se voit dans la salle de Diane, au Louvre, réalise la conception la plus parfaite de l'idéal tel que les Grecs devaient le comprendre. — 40 Comme Bacchus cornu, il a des cornes de bélier ou de taureau, et appartient au mystérieux culte orgiaque , ce qui fait qu'on le rencontre plus rarement sous cette forme. Il n'apparaît jamais ainsi dans les statues , mais les médaiOes l'offrent assez fréquemment.
bachtan, météorite sacré qui représentait Vénus , suivant la croyance des Arabes ; c'est sur cette pierre, disent-ils, qu'eut lieu la conception d'Ismaïl par Agar, et Abraham y attacha son chameau au moment d'immoler Isaac.
bacis (bakis) , célèbre devin béotien. Il eut une telle célébrité, que toutes les femmes qui jouirent du don de prophétie furent appelées, de son nom, Bacides. On ne sait si Bacis fut soumis à la loi de la mortalité. Pausanias et Hérodote rapportent d'anciens oracles rendus par lui.
baccrde (bacubdus), dieu celte, adoré à Cologne (Gruter).
badumxa, déesse des forêts dans la mythologie Scandinave.
B.EOS. Pilote d'Ulysse mort dans le golfe de Baies en Carapanie. II passe pour avoir donné son nom au mont Baea, dans l'île de Céphallénie, à la ville de Baise , au havre de Bœus et à plusieurs autres lieux. (Lyeophron.)
ByEOTis. Surnom de Vénus chez les Syracusains. :
B/ETYLE (B/ETYLOS . b^t yi.iox). Pierre qui avait la forme d'un coin ou d'un cône allongé , et qui "était révérée comme un sym-
Luc u.vin. On choisissait pour y ériger ces symboles les endroits les plus apparents. Le eulte qu'on leur rendait consistait à les oindre de vin, de sang, et préférablement d'huile. On les rencontre chez les Hébreux , les Phéniciens, les Grecs et les Romains. Sur le mont Liban , en particulier, il s'en trouvait un grand nombre dont on racontait mille merveilles. Ainsi qu'on le voit dans Lucien, on couronnait les Bétyles, on s'agenouillait devant eux, on leur adressait d'instantes prières pour en obtenir [es grâces souhaitées. — La pierre que pour sauver Jupiter on présenta j Saturne en place du dieu nouveau-né porte aussi, dans les traditions grecques, le nom de Baetyle. Non loin du temple de Delphes était une pierre , que chaque jour on oignait d'huile et que , à l'époque des fêtes , on enveloppait de laine qui n'avait reçu aucun apprêt. Cette pierre pass.iit pour celle-là même que Saturne avait dévorée. Partout en Grèce, dans la hante antiquité, des pierres brutes étaient révérées comme les symboles des dieux. On a supposé , non sans vraisemblance, que les premiers Baetyles furent des aérolithes d'une certaine forme, devenus, là où ils tombèrent, l'objet de cultes locaux. En effet Damasicus (dans Photius ) dit qu'il a vu fuir le Baetyle à travers les airs. Eusèbe rapporte qu'Uranus (Je ciel ) fut l'inventeur du Baetyle ; et le créateur de pierres ayant des âmes , puisque « Baetyle est fils d'Uranus et de Gé , et frère d'Ilus et de Cronus. » On a supposé que Bœtylosven'dit de BaiT7], étoffe de laine, parce que la pierre remise à Saturne était emmaillottée d'une telle étoffe. D'autres, avec plus de probabilité, le font dériver de l'hébreu Béthel, Voy. Abadir.
bag. Idole persane, qui a donné son nom à la ville de Bagdad.
iî vg/eos. Surnom de Jupiter en Phrygie.
kaghis. Surnom de Siva.
n ygilinden. Fils de Prativa et bisaïeul de Kourou et de Pandou, dans la mythologie indienne.
bag iraden (myth. ind. ). Célèbre radjah , filsi'Je Télibien et père de Viçouraden. Ses prières et les supplices qu'il s'infligea luimême firent descendre sur la terre la belle Ganga.
bagou de x ('myth. ind. ). Radjah fils de Baraden, de la race des enfants du Soleil.
bahlika (myth. ind.). Nom d'un héros tué dans la guerre des Pândavas contre les Koravas.
bah M a iv. Deuxième amschaspand. Dans la hiérarchie céleste, ii vient immédiatement audessous d'Ormuzd , dont il est l'image et le minisire.
bahuda (myth. ind.). Nom d'une rivière qui est probablement la moderne Behut et 1' Uydaspe classique.
baiVA. L'un des principaux dieux, dans la mythologie lapplandaise.
bal ade va (myth. ind.). Nom du frère aîné de Krichnà. Baladéva est le troisième