CHÉE
acerséco.mès. Qui a une longue chevelure. Épithète d'Apollon.
ACÉSAMÉiMOS. Père de Péribée.
acésios. Le guérisseur; épithète d'Apollon. Voy. ce mot.
aceste ( acestès ). Roi de Sicile , fils du fleuve Crimisus et de la Troyenne Égestc. Lorsque Neptune et Apollon firent dévaster la campagne de Troie par des monstres, sur le refus de Laomédon de leur payer le salaire convenu pour la construction des murs de
Troie, beaucoup de Troyennes furent envoyées hors du pays, pour éviter qu'elles ne devinssent la pâture de ces monstres; car le tribut qu'on devait payer consistait en jeunes filles. C'est ainsi qu'Égeste fut envoyée par son père en Sicile , où elle eut un fils du fleuve Crimisus; ce fils, nommé Aceste, fonda la ville d'Égeste ou Ségeste. Selon d'autres , le père d'Égeste ayant été tué par Laomédon, elle fut envoyée en Sicile , où elle eut , de son amant, qui l'avait accompagnée, un fils du nom d'Acesle.
acestor. Sauveur, i. Surnom grec d'Apollon, considéré comme dieu de la médecine. — 2. Fils d'Éphippus; fut tué par Achille.
ACHvEA. Surnom de Cérès et de Pallas.
ach^eus (ACHiEOS). Fils de Xuthus et de Créuse, petit-fils d'Hellen et arrière-petit-fils de Deucalion. Ayant commis un meurtre involontaire, il passa dans l'Argolide , où il conduisit une bande d'Hellènes, qui prirent de lui le nom d'Achéens.
achamantis. Une des Danaïdes, femme d'Echominus.
achaim tho. Mère du SoleiLsuivan t Cicéron .
achareus. Pancratiaste qui, selon Hygin, lutta à Olympie contre Hercule.
achate (achatès). Fidèle compagnon d'Énée.
achéloïde (achélois;. i. Nom patronymique des Syrènes, filles d'Achéloiis. — 2. Épithète des Naïades du fleuve Achéloùs — 3. Ce nom se donne , par extension à toutes les Naïades.
achélous ( achéloos). Dieu du fleuve de ce nom (aujourd'hui Aspro-Potamo),le plus considérable de tous ceux qui arrosent la Grèce. Il était fils de l'Océan et de Téthis ; selon d'autres , fils de l'Océan et de la Terre, ou , encore, du Soleil et de la Terre. Épris des charmes de Déjanire , il fut, avec Hercule, du nombre de ceux qui aspirèrent à sa main. Un combat devait décider du choix de Déjanire. Les autres amants, redoutant les deux terribles antagonistes avec lesquels ils auraient à lutter, se désistèrent du combat. Achélous seul entra en lice contre Hercule. Vaincu dans une première lutte, il revint à la charge sous la forme d'un serpent, et ensuite sous celle d'un taureau. Hercule le terrassa , lui arracha une de ses cornes , et le força , selon quelques auteurs, à cacher sa honte au fond du fleuve qui, depuis ce temps, porta son nom. Les nymphes remplirent de fruits et de fleurs la corne d'Achéloiis, et en firent hommage à la déesse de l'Abondance. Properce dit qu'à force de pleurer sa défaite, il se changea lui-même en fleuve. Il était révéré dans toute la Grèce; on l'invoquait dans les serments , les prières et les sacrifices. Achélous, dans Homère , est nommé roi ou prince, et Ephore nous dit que toutes les réponses que donnait l'oracle de Jupiter, àDodone, portaient qu'on devait faire des sacrifices à Achélous. Les Égyptiens, qui avaient importé en Grèce
le culte du Soleil et de la Lune semblent avoir donné à Achélo'ùs les attributs du Nil: aussi le représentaient-ils sous la même forme , celle d'un taureau avec une figure humaine et barbue.
ACHÉ.MÉMDE ( ACHÉME\ IDES N, fils d' A -
damaste, natif d'Ithaque et compagnon d'Ulysse, fut abandonné sur le rivage de Sicile, tandis que les autres gagnaient le large, et se mettaient à l'abri de la fureur de Polyphème, auquel ils venaient de crever l'œil. Virgile , à qui nous devons cette fable tout entière, le fait recueillir par Énée dans un endroit désert de l'île, et dans l état le plus misérable.
achérox ou achéruxs. Nom que, dans l'antiquité , on donna à plusieurs fleuves qui avaient ceci de commun avec celui des enfers , qu'on en ignorait la source, ou une partie de leur cours. Ce mot se dit aussi pour les enfers. Selon quelques-uns, c'était un fils de la Terre ou de Cérès, qui, pour avoir désaltéré les Titans dans leur combat contre Jupiter, fut précipité aux enfers, et changé en fleuve.
achéroxtique. Qui a rapport à l'Achéron. — Livres achérontiques, livres composés par Tagès,qui contenaient, dit-on, la science étrusque et les rites infernaux.
achérl si \ ou ACHÉRUSis.i.Lac d'Egypte près deMemphis, au delà duquel on transportait les morts jugés dignes de la sépulture. La barque qui les portait se nommait, dit-on, Baris, et le nautonier Charon. — 2. Lac d'Épire, près duquel était une caverne par où Hercule tira Cerbère des enfers. — 3. Lac de Carapanie, entre Cumes et Misène, à peu de distance de l'Averne. — 4. Lac des Enfers dans lequel se jette l'Achéron.
achérusien, EXXE. Qui se rapporte au lac Achérusie.
achille ( achilleus). t. Fils de Pélée, roi des Myrmidons en Phthiotide, et de Thétis, le plus fameux des héros qui se signalèrent au siège de Troie. Comme les poètes postérieurs à Homère n'ont pas toujours suivi les traditions que celui-ci nous a transmises à son sujet, nous exposerons succinctement ce que l'Iliade et l'Odyssée nous offrent de remarquable sur ce héros, et les différences qui se rencontrent dans les récits des autres poètes. Dans sa plus tendre enfance, il eut pour précepteur Phœnix , qui lui enseigna l'éloquence et la guerre, et qui l'accompagna aussi dans l'expédition de Troie. Il était musicien, et fut instruit dans la médecine par le centaure Chiron. Il se joignit à la flotte d'Agameranon avec 5o vaisseaux, et un grand nombre de guerriers myrmidons, hellènes et achéens. Devant Troie il se signala bientôt par les plus nobles exploits, quoique sa mère lui eût prédit que la brièveté de sa vie serait en proportion de la grandeur de sa gloire. Il fut le favori de Minerve et de Junon, et, selon l'expression d'Homère , le rempart des Grecs. Partout où il se présente, il triomphe ; il ravage les alentours de Troie , et va détruire douze villes par mer, et onze
par terre. Dans le partage du butin provenant de la prise de Thébé, ville de Ciiicie, Chryséis. fille d'un prêtre d'Apollon , était échue en partage àAgamemnon. Son père Chrysès, l'ayant redemandée en vain, obtint d'Apollon, dont il était aimé, que l'armée des Hellènes serait affligée de la peste. Alors Achille , v oulant délivrer le peuple de ce fléau, insiste pour qu'on se réconcilie avec le dieu, en donnant la liberté à Chryséis. Contraint de la rendre à son père , Agamemnon exige d'abord un dédommagement. Achille le lui promet, sur le butin que donnera la prise de Troie. Mais bientôt, voulant tirer vengeance d'Achille en particulier, Agamemnon lui ravit Briséis, sa captive chérie. Le héros, ne consultant que sa fureur, va frapper le roi, sur lequel son glaive est déjà levé : mais Minerve s élance précipitamment du sommet de l'Olympe, vient arrêter Achille, en le saisissant par la chev elure. Docile aux conseils de la déesse> il cède Briséis à Agamemnon; mais il jure qu'il ne prendra plus aucune part aux combats. Pendant les dix ans que dure sa retraite, les Grecs essuient des défaites multipliées, qui décident enfin Patrocle à se revêtir de l'armure d'Achille, son ami, et à combattre à la tète des Myrmidons. Il sauve les vaisseaux, refoule les Troyens jusque derrière leurs murs ; mais alors il est tué par Hector. A celte nouvelle, Achille court le venger : tout cède à sa fureur, les Troyens sont vaincus , et Hector tombe sous ses coups. Trois fois il le traîne autour de Troie, attaché par les pieds à son char. Cependant il se laisse toucher par les larmes et les prières du vieux Priam, et lui rend le corps de son fils. Achille toutefois ne devait pas voir la prise d'une ville a la chute de laquelle il avait tant contribué ; une flèche fatale l'atteint: Homère ne nous apprend pas le nom de celui qui la lança. Voici le portrait que ce poète nous trace du plus beau , du plus agile et du plus vaillant des Hellènes. Il est doux et affable envers sa mère et ses amis, terrible dans les combats, qu'il aime avec passion ; hospitalier, bienfaisant envers les malheureux , franc, et sans ménagement dans le conseil. H pouvait jouir d'une vie longue et paisible dans sa patrie : il la sacrifie pour une vie courte , mais glorieuse. Intraitable quand son honneur est attaqué, furieux dans sa colère, inflexible pour Agamemnon, il est soumis et obéissant aux dieux. Selon les poètes postérieurs à Homère, Thétis, voulant détruire tout ce qu'il y avait de mortel dans son fils, l'exposait, dans son enfance, toutes les nuits, à un feu violent, et pansait ses plaies avec de l'ambroisie. Un jour, Pélée, voyant son fils au milieu d'un grand feu, poussa un cri de frayeur ; Thétis alors abandonna Tenfant, et se réfugia chez les Néréides. Une autre tradition porte qu'à sa naissance sa mère le plongea dans le Styx, ce qui rendit son corps invulnérable, excepté le talon par où elle le tenait. H fut élevé par le centaure Chiron, qui, pour lui donner de la force, le nourrissait de la moelle des bètes
féroces Ayant sacrifié à la muse Calliope, il ia supplia de lui accorder le don de la musique et de la poésie. Celle-ci ne voulut luicn accorder que ce qui lui serait nécessaire pour charmer ses ennuis , lui promettant toutefois qu'après sa mort un poète naîtrait (Homère), qui , chantant ses exploits, le rendrait immortel. Il avait atteint l'âge de neuf ans , lorsque Calchas prédit que sans lui Troie ne pourrait être prise. Thétis, instruite que son fils devait y périr s'il s'y rendait, et craignant son caractère belliqueux, l'envoya, déguisé en femme, sous le nom de Pyrrha , à la cour de Lycomède , dans l'île de Scyros. Achille ayant conçu de l'amour pour Déidamie, fille du roi, l'épousa secrètement, et en eut un fils nommé Néoptolème.ou Pyrrhus. Cependant les Hellènes ne pouvant prendre Troie sans le secours d'Achille, chargèrent Ulysse de l'y amener. Celui-cijayant, découvert le lieu de sa retraite, vint chez Lycomède , travesti en marchand , et étala devant toute la cour des bijoux, parmi lesquels se trouvaient des armes. Achille se trahitbientôt par l'empressement avec lequel il s'en saisit, et ne put refuser de suivre Ulysse au siège de Troie. Plutarque et Philostrate racontent, au contraire, qu'Achille était allé à Scyros pour venger le meurtre commis par le roi Lyeomède sur son hôte Thésée, et qu'il s'empara de cette île. Mais le roi s'étant justifié à ses yeux, d'ennemi qu'il était, Achille devint son ami, et bientôt après son beau-fils. — Départ pour Troie. — Des vents contraires empêchant la flotte de sortir du port d'Aulis, le devin Calchas déclare qu'Agamemnon ne peut rendre le ciel propice qu'en sacrifiant sa fille Iphigénie. Sous prétexte de la marier à Achille, son père l'attire dans le camp; Achille veut la sauver, mais elle préfère mourir pour le salut public. Devant Troie, il tue Penthésilée (Voy. ce mot), belle et vaillante reine des Amazones qui étaient venues au secours des Troyens. Il ouvre le casque de Penthésilée, voit sa beauté, et déplore amèrement sa mort. Thersite insulte a sa douleur, et enfonce sa lance dans l'œil de la reine; Achille le tue d'un coup de poing. — La mort d'Achille est racontée de diverses manières: les uns l'attribuent à Apollon, qui, craignant qu'Achille ne détruisît les murs de Troie, que Neptune et lui avaient construits, prit la forme de Paris, et le blessa mortellement d'une flèche au talon ; les autres rapportent qu'il fut assassiné traîtreusement par Paris, dans un temple d'Apollon à Thymbré, durant une entrevue qu'il eut avec Polyxène, fille de Priam, des charmes de laquelle il était épris, et qui lui avait été promise en mariage, à condition qu'il prendrait parti pour ies Troyens. Ajax et Ulysse sauvent son corps des mains de l'ennemi. Thétis déclare donner ses armes à celui qui a sauvé son corps. Ajax et Ulysse se les disputent; c'est ce dernier qui les obtient. La déesse, tout en pleurs sur le tombeau de son fils , apprend de Neptune qu'Achille sera