‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 94 sur 420 · S CEP · texte numérisé non relu

S CEP

cexti.mamjs. Qui a cent mains. Surnom de Briarëe.

céphale (cephalos). i. Fils do Mercure cl de Hersé ou de Creuse; il était remarquable p;ir .;a beauté, et fut enlevé par l'Aurore, qui le porta en Syrie, et qui eut de lui Tithon, ou, suivant d'autres , Phaëton. Sur le tableau du portique royal dans le Céramique d'Athènes , ainsi que sur les portes du temple d'Apollon a A nivelée , il était représenté comme enlevé par Héméra (le jour) ou l'Aurore. — 2. Fils de Déïon et de Diomédé, époux de Procris, père d'Archios ou de Céleus et grand-père de I.aërte. Comme le précédent, il fut aimé de ! Aurore; mais loin d'être flatté de l'amour d'uue déesse , il ne pensait qu'à sa chère Pro • cris, dont l'Aurore causa la mort par ses artifices* Ayant engagé Céphale à éprouver la lidélitë de son épouse, celui-ci se présenta à elle sous un costume emprunté , et triompha de sa vertu en Soi offrant de riches joyaux. Procris , honteuse de sa faute , se retira alors en Eubée, à la suite de Diane, qui, lui donnant un javelot infaillible et un chien, la renvoya chez Céphale, déguisée et méconnaissable. L'amant, entraîné par le désir de posséder le trait merveilleux , commit la même faute que sa femme, et tous deux se réconcilièrent alors. Mais Procris, toujours jalouse de l'Aurore, suivait sans cesse les pas de Céphale, qui la perça involontairement un jour du javelot fatal. — Suivant une autre version, Procris s'était livrée à Ptéléon pour une couronne d'or : ce qui n'empêcha pas Céphale de se réconcilier avec elle. (Voyez Procris.) — Quelques mythographes disent que l'aréopage bannit Céphale d'Athènes, dont il était roi (Hygin), à la suite du meurtre de son épouse; il se rendit à Thèbes, et prit part, avec Amphitryon, qui lui avait emprunté son chien pour chasser le renard de Teumesse , à l'expédition contre les Téléboens. Il reçut pour prix de ses services l'île à laquelle on donna le nom de Céphallénie. Enfin on lit dans Strabon, que Céphale, en expiation du meurtre de Procris, se précipita dans îa mer, au promontoire de Leucade , où il avait élevé un autel à Neptune.

céphalioa", fils d'Amphithëmis et de Tritonis , pasteur de Libye, tua les Argonautes Canthus et Eurybatès , qui lui avaient enlevé une partie de ses troupeaux.

CÉphalley. Surnom que Bacchus reçut par l'ordre de l'oracle lorsque des pécheurs de Méthymne eurent trouvé dans leur filet l'image d'un dieu étranger , faite de bois d'olivier. (Pausanias.)

CÉpoaloyojiaytii:.. Divination qui se pratiquait en faisant diverses cérémonies sur la tète cuite d'un âne. File était familière aux Germains. Les Lombards y substituèrent une tète de chèvre.

CF.PHÉE [cepheis;. i. Fils de Bélus et d Anchinoj, ou de Phrenix , roi d'Éthiopie, ou encore d'Agénor, épousa Cassiopéc, dont

il eut Andromède, et prit part à l'expédition des Argonautes. 11 fut mis, après sa mort, au nombre des constellations. — 2. Fils de Lycurgos et frère d'Ancaeos ; il était né en Arcadie, et fut un des chasseurs calydoniens. — 3. Fils d'Aléos et de Néœra ou Cléobulé, frère d'Amphidamas et de Lycurgos; il fut un des Argonautes, et était né en Arcadie. Il était père de vingt fils, qu'il eut de Stéropë et d'Antinoë ; il donna son nom à la ville de Caphyœ.

céphlïa viRGO. Nom patron? roique d'Andromède, fille de Céphée.

céphise [CÉPHlSSOS). Dieu du fleuve de ce nom , lils de Ponlos et de Thalassa , père de Diogénée et de Narcisse. Il avait un sanctuaire à Argos, et possédait en commun avec les Nymphes, avec Pan et avec Achéloiis, une partie da ïautel du temple d'Ainphia raiis. Le fleuve Céphise prend sa source sur le Parnasse, parcourt la Phocide et la Béotie et tombe dans le lac de Copaïs.

céphisiadÈS. Nom patronymique d'Étéocle, fils du Céphise.

CÉPHisiLS. Nom patronymique de Narcisse , fils du Céphise.

cérabatès. Surnom de Pan. Voy. Céro-

BATÈS.

cérambe, habitant du mont Othrys en

Thessalie , s'etant retiré sur le Parnasse pour éviter l'inondation du déluge de Deucalion , y fut changé en oiseau , ou en cette espèce d'escargot qui a des cornes.

céramos , lils de Bacchus etd'Ariadnc. donna son nom au quartier d'Athènes appelé Céramique.

céramyxtès. Qui préserve de la mort.

Surnom d'Hercule.

CÉRASTE (CERASTES'. Cyclope Sur le

tombeau duquel les Athéniens immolèrent les filles du Lacédémonien Hyacinthe.

cérastes. Peuples de l île de Chypre, que Vénus changea en taureaux , parce qu'ils répandaient le sang des étrangers sur un autel dédié à Jupiter Hospitalier. — 2. Les Furies, ainsi nommées des serpents dont se formait leur chevelure. B. Kerastès, reptile qui porte sur la tète de petites cornes.

cératophyes. Qui produit des cornes Surnom de Bacchus.

céraumos. Qui produit le tonnerre Surnom , sous lequel Jupiter avait un temple à Olympie.

cerbère (cerberos). t, Le chien monstrueux qui garde l'entrée des enfers. Homère, qui le place dans l'Érèbe, ne lui donne pas de nom et n'en décrit pas l'aspect terrible. Hésiode, le premier, le fait fils de Typhon et d'Échidna, lui attribue une voix effrayante, et le désigne par l'ëpithète de 7t£VTr(xovraxapYjVO; , qui a cinquante têtes. Plus tard , Cerbère apparaît avec une triple gueule et une queue de dragon: son cou est hérissé de serpents; sa bouche, comme celle des vipères, distille un noir poison. Enfin, Lycophron

et Horace l'appellent le chien aux cent têtes, sxaTOvvaxapY)Vo; , centiceps. Il se tient quelquefois à l'embouchure de l'Aehéron , mais le plus fréquemment c'est à l'entrée de l'Orcos qu'il se dresse formidable , effrayant de ses aboiements, les âmes qui oseraient tenter de sortir. Nul espoir de fléchir le janitor Orci, le gardien de l'Orcos, qui a fait donner aux portes de l'enfer le nom de Portœ Cerberœ (Stace). Mercure apaisa cependant le monstre avec son caducée , Orphée avec les sons de sa lyre; Déiphobe, le guide d'Énée , l'endormit au moyen d'une composition somnifère; enfin, Hercule le combattit corps à corps, et l'entraîna sur la terre : en Thessalie, disent les uns, en Laconie, suivant d'autres, ou encore dans le Pont. Cerbère répandit son poison sur les herbes qui couvraient le sol, et dont la vertu délétère servit depuis aux magiciennes dans leurs mystérieuses incantations. — 2. Crétois qui fut changé en oiseau pour avoir tenté de dérober le miel de la caverne de Jupiter.

CERC/EA. Surnom de Diane, dont la statue enlevée de Grèce par Xerxès, y fut rapportée par Alexandre le Grand.

cercaphus (cercaphos). i. Fils dTEole, et bisaïeul de Phénix. — 2. Fils d'Hélios ou du Soleil ; épousa Cydippe , fille de son frère Ochimus, et régna avec elle sur Rhodes. Il eut de ce mariage Lindos, Ialysos et Camiros. cercéis. Fille de l'Océan et de Thétys. cercestès, fils d'iEgyptus , fut tué par la Danaïde Dorion.

cercopes. Démons malicieux et méchants qui figurent dans la fable d'Hercule. C'était une peuplade entière suivant Diodore et d'autres mythographes , mais le héros n'apparaît en lutte qu'avec deux d'entre eux , qui sont nommés tantôt Olos et Eurybatos , tantôt Sillos et Triballos, tantôt Passalos et Aclémon, tantôt enfin Andulos et Atlantos, ou Candulos et Atlantos. Ils étaient fils de Théia , fille de l'Océan. Ayant tourmenté et volé Hercule , pendant son sommeil , celui-ci les amena à Omphale, qui leur pardonna ou les fit mettre à mort. — Dans Diodore , les Cercopes cinglent de compagnie avec Hercule vers l'île du soleil; mais grâce aux sarcasmes des malins démons, la bonne intelligence a bientôt disparu, et, victimes de leurs espiègleries , les Cercopes tombent dans des tonneaux , et se noient. — Une troisième tradilion les fait finir un peu différemment : contempteurs de Jupiter , les Cercopes ontosé plaisanter sur son autorité souveraine; singes désormais, ils donnent leur nouveau nom à l'île Pithécuse. — Hérodote place les Cercopes aux Thcrmopyles ; c'est la plus ancienne tradition relative au lieu que pouvait occuper cette singulière peuplade mythique, dans laquelle Diodore ne voit qu'une horde de brigands , campée aux environs d'Éphèse.

Cercvov. 1. Fils de Neptune et d'une fill." d'Amphictyon , et frère consanguin de

Triptolème, ou bien fils de Vulcain; il était né en Arcadie, et habitait Eleusis, ville d'Attique, ou il fit tuer sa fille Alopé et exposer l'enfant qu'elle avait eu de Neptune. 11 maltraitait tous ceux qui ne voulaient pas lutter avec lui et tuait les vaincus, jusqu'à ce qu'il périt lui-même par les mains de Thésée. — 2. Fils d'Agamède et père d'Hippothoos.

CERCYRE (cercyra), fille du fleuve Asopos et de Méthone , fut enlevée par Neptune, et eut de lui un fils nommé Phéax, qui donna son nom aux Phéaciens.

cerdo, épouse de.Phoronée; on voyait son tombeau à Argos, du temps de Pausanias.

cerdôos. Qui apporte du gain. Surnom de Mercure ainsi que d'Apollon.

céréatas. Surnom que portait Apollon à Mantinée, en Arcadie.

céréalies (céréalia). Fêtes en l'honneur de Cérès, qui furent instituées en partie sur le modèle des Thesmophories , et qui se célébraient à Rome au mois d'avril. Leur principale cérémonie consistait en une imitation de l'enlèvement de Proserpine : la prêtresse disparaissait subitement du milieu du temple. Il n'était pas permis, comme cela se pratiquait dans les Thesmophories grecques, d'y faire entendre des cris et des gémissements; aussi , lors de la nouvelle du désastre de Cannes, voit-on les femmes , occupées à célébrer la fête de Cérès , interrompre les cérémonies, parce qu'elles ne pouvaient s'y livrer à l'affliction. On ne devait offrir ni libations de vin ni chair de bœuf : la victime ordinaire était la truie, et les offrandes consistaient en miel, lait, farine, grains de sel et aromates. On sacrifiait aussi des renards sur les autels de la déesse , parce que ces animaux avaient mis le feu aux moissons à Carséoles (Ovide). Les Céréalies avaient lieu la nuitdu tempsde Plaute, et cet usage se continua malgré l'interdiction jetée à diverses reprises sur les cérémonies nocturnes.

cérès, chez les Grecs déméter, fille de Saturne et de Rhée, et sœur de Ve.sta, de Junon, de Piuton, de Neptune et de Jupiter. Dévorée comme ses frères et ses sœurs par son père, il la rendit à la suite du vomitif que Métis, fille de l'Océan, lui fit prendre. Elle eut de Jupiter une fille , Proserpine, et, suivant Diodore, un fils, Bacchus; selon quelques-uns, elle rendit Neptune père de Despoina et du cheval Arion. Le dieu des mers ne la posséda qu'après une longue résistance; métamorphosée en cavale et cachée dans un troupeau de juments arcadiennes, elle ne put cependant échapper à Neptune, qui avait pris la forme d'un cheval. Furieuse de sa défaite, elle reçut le surnom arcadien d'Érinnys (furie), ou se métamorphosa en furie, suivant Apollodore; puis , s'étant apaisée et baignée dans le fleuve Ladon, fut appelée Lousia (la baigneuse). D'autres mythologues disent qu'elle quitta l'Olympe et alla cacher sa honte dans une grotte, d'où elle ne sortit que sur les instan-

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ces de Jupiter, auquel Pan avait révélé la retraite de la déesse. — Enlèvement de Proserpine. Suivant Hésiode, le premier qui ait rapporté ce mythe, si important dans l'histoire fabuleuse de l'antiquité, car Homère ne mentionne pas le rapt expressément, Jupiter, à l'insu de Cérès, avait promis à Plu ton qu'il posséderait Proserpine. Ce décret s'accomplit oaitxovo; ai<7Y),parla \olonté divine (Orph , Arg. ). Ovide a brodé la tradition antique : il suppose que Vénus, irritée contre Pluton, qui méprise son pouvoir, donne ordre à l'Amour de percer d'une flèche le cœur du dieu sou* terrain. Claudien réunit les deux fables: dans son poCme, Vénus n'agit qu'après la permission formelle de Jupiter. — Enflammé d'amour pour Proserpine , Pluton l'enleva en Sicile, suivant la tradition la plus commune, mais non pas la plus ancienne, car ce pays ne fut pas la patrie originaire du culte de Cérès, qui y parvint par des colonies grecques de Corinthe et de Mégare. Les lieux que les poêles désignent comme ayant été le théâtre de la disparition de la fille de Cérès, sont du reste aussi multiples que les contrées qui s'attribuaient l'honneur d'avoir, les premières, cultivé les arts agricoles. On voit tour à tour figurer parmi eux le pays d'Enna ( Diodore), l'Etna (Hygin); Érinée sur le Céphise (Pausanias), Colone en Attique(Schol. Soph.), une île près de la côte occidentale de l'Espagne (Orph. Arg.), Hermione dans le Péloponnèse (Apollodore), la Crète Schol. Hésiod.), les environs de Pise, ou Phénée en Arcadie (Pausanias), Cyzique, la contrée de Nysa (Hymn. Homer.), enfin les sources de Cyané et d'Aréthuse. C'était là, dit Ovide, qu'habitait la nymphe Cyané, qui, à l'approche de Pluton et de Proserpine, s'opposa à leur descente dans la terre; mais le dieu fendit le sol de son sceptre et entra dans son empire. — Hécate et le Soleil furent seuls témoins de la disparition de Proserpine, dont les cris d'angoisses parvinrent jusqu'aux oreilles de sa mère. Ainsi le raconte l'hymne homérique. Suivant d'autres, Cérès apprit cette triste nouvelle des Phénéates ou des Hermioniensoude Chrysanthis d'Argos , ou d'Eubulus et de Triptolème, ou d'Hélice, ou d'Aréthuse, qui, allant d'Élis en Sicile à travers les profondeurs de la terre, put voir Proserpine, reine des enfers, et révéler ceci à la déesse (Ovide). Une dernière tradition dit qu'elle apprit sa perte en trouvant la ceinture de sa fille auprès de la source Cyané. — Égarée par le désespoir, elle parcourut la terre pendant neuf jours à la lueur des torches, ou, suivant Ovide, de deux sapins qu'elle avait allumés sur l'Etna, aux sons des cymbales et des tambours, sans prendre d'ambroisie ou de nectar, et sans se baigner. Le dixième jour, elle rencontra Hécate, qui lui apprît qu'elle avait entendu les cris de désespoir de sa fille, sans avoir reconnu le ravisseur. Les deux déesses se rendirent alors chez Hélios, qui, cédant aux prières de la mal-

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heureuse mère, lui découvrit que Pluton, favorisé de Jupiter, était le ravisseur de sa fille La déesse, irritée, s'enfuit de l'Olympe et se mêla parmi les hommes. Arrivée à Eleusis, elle prit la forme d'une vieille femme, et s'assit près d'une source à l'ombre d'un olivier, ou, suivant Apollodore, sur le rocher Agelastos, ou elle rencontra les filles de Céléos, Callidice, Clisidice, Démo, et Callithoé, nommées aussi Diogénia , Pammérope, Saesara (Pausanias), qui la saluèrent avec bienveillance et lui demandèrent d'où elle venait. Cérès répondit qu'elle s'appelait Dos, qu'enlevée par des pirates deCrète, elle avait pris la fuite, et qu'elle cherchait un asile chez les habitants d'Eleusis. Les jeunes filles lui nommèrent, parmi les maisons où elle serait reçue avec hospitalité, celles de Triptolème, de Dioclès, de Polyxinos, d'Eumolpos, de Dolichos et de leur père Célios, et retournèrent pour apprendre à leur mère Mantanire l'arrivée de l'étrangère.

Mantanire, frappée de la haute taille de la déesse, qui remplit la maison d'un éclat divin, l'accueillit avec respect. Cérès n'acepta cependant le fauteuil que Mantanire lui offrit que de la main de Jambe , et après que celle-ci l'eut couvert d'une toison. Jambé, voyant la déesse plongée dans une tristesse profonde, réussit à l'égayer par ses rires et ses jeux folâtres : ce fut là que Cérès but le cycéon, breuvage mystérieux,qui figura plus tard dans les Éleusinies. Métanire lui confia son fils cadet, le jeune Démophon, ou, suivant d'autres, Céléos, on bien Triptolème , qu'elle nourrit de son lait et d'ambroisie. L'ayant mis au feu pour lui donner une jeunesse éternelle en détruisant tout ce qu'il y avait de mortel en lui, elle fut surprise par la mère , qui poussa des cris d'effroi. La déesse lui reprocha son imprudence , parut sous sa forme naturelle , ordonna qu'on lui érigeât un temple et qu'on y enseignât les orgies, son culte mystérieux. Suivant Apollodore , l'enfant fut dévoré par le feu; mais Cérès, pour réparer cette perte, donna à Triptolème le fils aîné, un char attelé de deux dragons ailés, des grains de blé, et lui enseigna l'agriculture. Le récit d'Hygin diffère de celui d'Ovide en ce que Cérès fut reçue par Éleusinos , dont l'épouse était Cothonée et dont le fils Triptolème fut nourri par la déesse. Suivant d'autres , Cérès, pendant son séjour parmi les hommes, s'arrêta chez Pélasgos à Argos , chez Phylatos sur les bords du Céphissos, auquel elle donna l'olivier, et elle fut également reçue par Trisaulès et Damithalès, qui lui bâtirent un temple à Phénée et y instituèrent ses mystères. — D'autres mythes montrent la déesse en relation avec Baubo d'Éleusis, avec Mismé, qui l'accueillit en Attique et dont elle changea le fils Ascalaphe en lézard. Insultée par des paysans lyciens , pendant ses voyages , elle les métamor-, phosa en grenouilles. — Cependant, toujours irritée de l'absence de sa fille, Cérès frappa la terre de stérilité, brisa la charrue en Sicile, et

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accabla d'une épidémie meurtrière les hommes et les bestiaux (Ovide). Jupiter, ému de compassion pour le genre humain, qui allait périr, envoya Iris à Eleusis pour engager la déesse à se laisser fléchir; mais celle-ci résiste a toutes les instances ; vainement toutes les dignités de l'Olympe viennent la supplier d'oublier son ressentiment, Cérès jure que la fertilité ne reparaîtra sur la terre que lorsque sa fille lui sera rendue. Jupiter, n ayant pu l'engager à accepter le roi des enfers pour gendre, lui promit de lui rendre sa fille, pourvu qu'elle n'eût encore rien mangé dans les enfers; maisProserpine avait sucé un pepln de grenade , et fut dénoncée par Ascalaphe. La seule grâce que Cérès obtint de Jupiter fut queProserpine ne resterait qu'un tiers, Ovide et Hygin disent la moitié de l'an auprès de Pluton, et le reste de l'année dans l'Olympe, alors seulement Cérès rendit la fertilité à la terre ; avant de quitter Eleusis pour remonter dans le séjour des dieux, elle enseigna à f riptolème, à Dioclès, à Eumolpe et à Céléos, les mystères de son culte et les orgies. — Parmi les autres traditions principales relatives à Cérès figurent : I. Sa liaison avec Jasion ou Jasios , natif de Crète , fils de Minos et de la nymphe Phronie. Elle eut de lui Plutus (la richesse). Jasion fut foudroyé par Jupiter. 11. Tantale, père de Pélops, invita les dieux, et, pour les éprouver, leur servit la chair de son propre fils. Ils s'en abstinrent tous, excepté Cérès , qui en mangea une épaule : Tantale fut puni , et Pélops , après avoir été rendu à la vie, reçut de Cérès une épaule d'ivoire en échange de celle qu'elle avait dévorée. III. Lyncos, roi d'es Scythes, fut changé par Cérès en lynx pour avoir voulu tuer Triptolème, qu'elle lui avait envoyé. IV. Ayant enseigné ses mystères à Mélissa , femme native de l'Isthme , avec la défense de n'en rien révéler à personne , Mélissa fut déchirée par des femmes qui avaient voulu lui arracher son secret; Cérès, pour la venger, leur envoya la peste, et fit naître les abeilles du cadavre de Mélissa. V. Le serpent nourri par Cychreus à Salamis et chassé par Euryclos fut reçu à Eleusis comme serviteur de Cérès. VI. Érysichthon , fils de Triopas, envahit un jour avec vingt de ses esclaves la forêt consacrée à Cérès, pour y abattre des arbres, et comme il répondit avec insolence aux menaces de la déesse , qui avait d'abord pris la forme humaine, celle-ci, quittant son déguisement, fit fuir les esclaves devant son éclat divin , et punit Érysichthon en lui envoyant une faim dévorante (Voy. Erysichthon n° i et Ophiuchos).V1I. Elle préserva Pandaréos d'indigestion , quelque quantité de nourriture qu'il eût prise. VIII. On l'adorait aussi comme fille de Saturne et d'Ops et mère de Diane et d'Eubulos ou Eubuleus; le père de ce dernier était un mortel nommé Dysaulès. IX. Mécon, changé en pavot, fut, dit-on, son amant, ainsi que Céléos, à qui elle accorda ses faveurs pour lui avoir découvert le nom du

ravisseur de sa fille. — Cerès est la déesse de la terre , surtout du sol portant des fruits, et préside à l'agriculture. Sous le type de déesse de la fertilité, elle était considérée comme divinité de la fécondité en général, et, par analogie, comme déesse du mariage. C'est pourquoi elle était particulièrement adorée par les jeunes femmes, et ses prêtresses faisaient connaître aux jeunes mariés leurs devoirs conjugaux. Comme déesse du sol, X66vca, elle était aussi, de même que tous les dieux champêtres, considérée comme divinité dont "empire est dans l'intérieur de la terre , là. ou les rayons du soleil ne peuvent pénétrer. En sa qualité de déesse de l'agriculture, elle est représentée comme aimant la paix et donnant des lois ( Thesmophore). Elle enseigna l'agriculture aux hommes, et fit jeter par Triptolème les premières seuuences dans le sein de la terre. Déjà Homère nous dépeint la blonde Cérès comme séparant la paille lé= gère du grain au souffle des vents. Ovide nous dit : « Cérès a la première labouré la terre avec la charrue recourbée; la première, elle donna aux peuples des fruits et des aliments plus doux; Cérès donna des lois; c'est aux dons de Cérès que nous devons tout. » — Elle apprit à Triptolème l'art de semer et d'atteler les taureaux; elle donna aux Phénéates, qui la reçurent avec hospitalité, les plantes légumineuses, excepté les fèves ; c'est aussi d'elle queles hommes reçurentle miel, comme nous le prouve la fable de Mélissa. — La fable de Cérès et de sa fille se rapporte à ce qu'en hiver la puissance fécondante et protectrice de la nature disparaît ou plutôt reste cachée dans le sol, où elle domine encore, quoique plongée dans la tristesse et regrettant les rayons du soleil dont elle ne jouit plus. Proserpine, mangeant les fruits du grenadier, est le symbole de la floraison ; comme elle, Proserpine revient au printemps pour vivre pendant deux tiers de l'année dans les régions de la lumière, et pour nourrir de ses fruits toute la création. La disparition apparente et le retour de Proserpine ont été plus tard interprétés, particulièrement dans les mystères, comme se rapportant à Y immortalité de l'âme et regardés comme symbole de cette idée. C'est ainsi que nous les trouvons souvent, représentés sur les sarcophages. La croyance populaire et les poètes ont beaucoup ajouté au mythe originaire, soit pour expliquer certaines idées de la philosophie des mystères, soit pour donner une origine mythologique à certains usages mystérieux du culte de cette déesse. — Cérès était adorée en Crète, à Délos , dans l'Argolide , en Arcadie , en Attique , sur la côte occidentale de l'Asie , en Sicile et en Italie. Son culte était mystérieux et accompagné d'orgies. Parmi ces fêtes figurent les épiscires, en Arcadie, dont nous ne connaissons pas les détails; les mégalarties, ou la fête des grands pains à Délos; les proérosies, qui précédaient l'époque du labourage, et se

célébraient à Athènes pour toute la Grèce; ies choia , fêtes de la floraison ; les haloa, fêtes de la moisson. Les plus célèbres étaient les Thesmophories , les Éleusinies, et le.* Céréalies. On offrait en sacrifice à Cérès le pore, le taureau, la vache; le cycéon, boisson composée de miel pur, de miel en rayons et de fruits. A Phigalie, on ne lui offrait que des fruits et des rayons de miel. Les arbres fruitiers, l'orme, le sapin, l'hyacinthe, le pavot, lui étaient consacrés. — Ses temples, appelés Mrçara, se trouvaient souvent dans des forêts et près des fontaines ; il existait de ces temples dans ia forêt de Thèbes , sur la route de Tégée à Argos; dans une forêt de chênes, dans le voisinage de Pellène; près d'une source, dans la plaine dePylos, sans compter ceux qu'elle avait à Athènes, à Eleusis, à Phlionte, a Syracuse, à Enna, et près de Mégalopolis en Arcadie, entre Trézène et Hermione , à Lerne, à Hélos, en Mysie entre Argos et My cènes, aux Thermopyles, près de^Byzance, etc. — Son culte est quelquefois lié avec celui d'autres divinités , le plus souvent avec celui de Proserpine, mais aussi avec celui de Bacchus, qui dans les mystères d'Éleusisest surnommé Jacchos; il se lie aussi'avec ceux de Ne tune, d'Hercule, de Jupiter Hyetos,de Minerve.

Les Romains sacrifiaient à Cérès, et en même temps à Gé, déesse de la terre. — Cérès porte un grand nombre de surnoms , dont la plupart se rapportent à sa qualité de déesse de l'agriculture, tels que Anésidore, qui fait pousser les dons ;Auxithalès, qui favorise la croi»sance ; Chloé, la verdoyante ; sous cette dénomination, elle avait avec Gé un temple à Athènes; Chthor.ia, déesse du sol; sous ce nom, elle était adorée à Hermione et à Lacédémone , où l'on dit qu'Orphée importa ce culte (voy. Chthosie) ; Euchloos, qui est toute verdoyante; Julo Spicifera, déesse des gerbes; Carpophoros, qui porte des fruits ; Courotrophos, qui nourrit les enfants; Mégalarlos et Megaloraazos, déesse des grands pains, ainsi nommée à Syracuse; Plutodotire, Pandotire, qui donne des richesses, qui donne tout; Pammétire, la mère de tout ; Spermia, déesse des semences ; Aima, la nourrissante ; Ruricola, la rustique; etc., etc. D'autres lui étaient donnés du nom de l'endroit où elle était spécialement adorée, ou bien ils étaient empruntés à ce qui la concernait eomme déesse de la culture et de la législation ; telles qu'Ennea , Éleusinia , Mycalessia , Mysia, Amphictyonis, Catinensis, Axieros. nom qu elle portait comme Cabire de Samothrace; Thesmophoros, Légifer, la législatrice , Achero, Achsea, l'affligée ; Europa , l'obscure, la nocturne: on lui donnait cette épithète en sa qualité de nourrice de Trophonios, près de l'oracle duquel elle avait un temple où elle était adorée sous ce nom; Cabeiria; Cidaria , Calliplocamos, bien bouclée; Lousia, la baignante; Mélœné, la noire, parce qu'elle portait le deuil de sa fille , soit irritée de l'audace de

Neptune, soit en pleurant la perle de sa fille dans une caverne près de Phigalia, où elle se cachait, tandis que le sol était frappé de stérilité; Olympia; Pélasgis : de Pélasgos , fils de Triopas, qui lui avait érigé un temple a Argos; Prosymna : elle était adorée sous ce nom dans ia forêt du mont Pontinos près de Lerne, où on l'honorait avec Bacchus; Thesmia, Thermesia, Qui donne la chaleur; Inferna, Profunda , qui habite sous la terre. — Le culte de Cérès était généralement répandu chez les Étrusques, qui la rangeaient parmi leurs pénates, à côté de Vertumnus, dieu de l'année. Les Latins ont souvent confondu Cérès avec la Bona Dea , à cause des rapports qui existaient entre le culte de celleci et celui de Cérès; on le célébrait par les mêmes solennités nocturnes et mystérieuses, auxquelles les femmes seules pouvaient assister, et les sacrifices étaient les mêmes {voy. Bon^e Déesse). — L'art plastique lui a donné le même caractère maternel qu'à Junon ; mais ses traits sont plus doux, les yeux moins ouverts. Elle est représentée assise ou marchant, entièrement vêtue ; quelquefois même la partie postérieure de la tête est couverte. 11 paraît que l'idéal de Cérès est dû à Praxitèle. Attributs : elle porte une couronne d'épis, ou un simple ruban, et tient dans ses mains, tantôt le sceptre, tantôt des épis et des pavots, tantôt une torche ou la corbeille mystérieuse; son char est tiré, soit par des chevaux , soit par des dragons. Elle était représentée" sur le trône d'Apollon à Amyclée. Des statues de cette déesse furent exécutées par divers sculpteurs célèbres, tels que Praxitèle, Déraophen , Onatas, Sthénis; mais la plupart de celles qui nous restent sont incomplètes ou restaurées. On trouve son image, rarement sur des gemmes, plus souvent sur des bas-reliefs, le plus fréquemment sur des sarcophages, des monnaies et des vases; elle y est presque toujours représentée comme en courroux, et cherchant avec précipitation le ravisseur de sa fille , ou descendant avec Proserpine, pour une partie de l'année , dans l'enfer, ou montant avec elle sur la terre, ou encore donnant à Triptolème la charrue et des épis, pour répandre la fécondité sur la terre.

cérestus. Un des compagnons d'Énée en Italie.

cérobates. Qui a le j)ied cornu. Surnom de Pan.

céroessa. Fille de Jupiter et d'îo , mère de Byzas , qu'elle eut de Neptune.

cérom axtie. Sorte de divination, qui consistait à faire fondre de la cire, et à la verser goutte à goutte dans un vase d'eau, et à tirer des présages heureux ou malheureux de la figure que formaient ces gouttes.

certhé. Une des Thespiadés, mère de Iole, qu'elle eut d Hercule.

ce rus. Foy. Occasion.

CÉryxÈS , fils deTéménus, roi d'Argos,

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